Analyse sémio linguistique de quelques vêtements de

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Analyse sémio linguistique de quelques vêtements de
UNIVERSITÉ DE CERGY-PONTOISE
UFR DES LETTRES ET SCIENCES HUMAINES
DÉPARTEMENT DES LETTRES MODERNES
Analyse sémio-linguistique
de quelques vêtements de mode
Esquisse
dictionnairique et lexiculturelle
THÈSE
pour le Doctorat en linguistique
présentée et soutenue par
Elguebli Najat
M. Patrique Haillet :
Professeur en sciences du langage,
Université de Cergy-Pontoise
Mme Odile Le Guern :
Maître de conférences, Titulaire de
l’Habilitation à diriger des recherches,
Université de Lyon 2, Rapporteur
M. Salah Mejri:
Professeur en sciences du langage,
Université Paris XIII, Rapporteur
Mme Annie Mollard-Desfours :
Ingénieur de recherche au CNRS,
Université de Cergy-Pontoise
M. Jean Pruvost :
Professeur en sciences du langage,
Université de Cergy-Pontoise, Directeur
Décembre 2009
-2-
Dédicace
Je tiens à exprimer mes remerciments et ma sympathie à mon directeur, M. Jean
Pruvost, pour son orientation et ses précieux conseils méthodologiques.
Ma reconnaissance aux chercheurs pour leur lecture soigneuse et aussi à la famille
Kattan en Allemagne pour leur soutien, leur conseils et leur remarques attentives.
A ma fille, mes parents, ma sœur, mon frère, à toute ma famille et mes amis, je dédie
ce travail en témoignage de ma grande affection.
-3 -
INTRODUCTION
Dans le présent travail, nous procéderons dans un premier chapitre à une
approche fonctionnelle du vêtement. Ensuite, nous établirons un rapprochement entre le
vêtement et quelques faits de langue. Puis, toujours sur le plan théorique, nous traiterons
le sujet d’un point de vue sémiologique. Nous avons également esquissé dans un cadre
sémiologique quelques réflexions nécessaires liées au vêtement, en l’occurrence, les
codes d’entretiens, l’interprétation des rêves se rapportant aux vêtements, la liberté
vestimentaire et son rapport avec la question du voile islamique, les costumes
traditionnels et enfin les citations et les proverbes qui mettent en scène le terme
« vêtement ».
Notons que « vêtement » ne va pas sans mode et vice versa ; la mode rime avec le
vêtement. Le besoin de chercher à comprendre ce qu’est la mode, tant sur le plan
linguistique que sur le plan vestimentaire, s’impose pour prendre conscience du
développement des métamorphoses du vêtement. Une partie importante y sera
consacrée pour essayer de cerner la mode dans un contexte historique. Nous nous
intéresserons également à l’évolution de celle-ci en France. Une explication des
mécanismes de la mode sera effleurée dans un contexte sémiologique.
Dans un deuxième chapitre, nous ferons suivre d’une étude pratique la théorie
exposée au premier chapitre. Nous appliquerons l’analyse sur un corpus constitué à
partir de deux quotidiens, Le Monde et Le Figaro : « ce qui importe, en effet, par
rapport au sujet sémiologique, c’est de constituer un corpus raisonnablement saturé de
toutes les différences possibles de signes vestimentaires ; à l’inverse, il n’importe pas
que ces différences se répètent plus ou moins, car ce qui fait le sens, ce n’est pas la
répétition, c’est la différence » 1 . Le nombre de journaux étudiés sera limité dans le
temps, mais varié en matière de pièces vestimentaires. Nous avons opté pour le principe
de la diversité.
Le troisième chapitre répond à la nécessité de considérer le terme de notre
recherche, à savoir le vêtement, d’un point de vue dictionnairique.
Nous nous sommes fondée sur la triple investigation dictionnairique, un outil
scientifique imaginé par M. Jean Pruvost. Nous avons appliqué cette méthode sur le mot
1
Barthes, Roland, Système de la mode, Éditions du Seuil, Paris, 1967, p. 21.
-4 « vêtement », d’abord dans les deux dictionnaires les plus consultés, en l’occurrence le
Petit Robert et le Petit Larousse informatisés 2008. Nous avons ensuite appliqué cet
outil méthodologique pruvostien dans la même référence dictionnairique, mais cette
fois-ci, le terme choisi est un synonyme au signifiant « vêtement » : « habit ». Enfin,
nous nous sommes permis d’appréhender la triple investigation dictionnairique sous une
autre forme, en fait, nous avons recherché et analysé les articles qui ont nécessité
l’emploi des deux signifiants, « vêtement » et « habit », dans un seul discours
dictionnairique, en l’occurrence le TLF.
Au terme de chaque triple investigation dictionnairique, nous avons su ainsi dégager
le « dictionnaire caché » dans le désordre alphabétique du dictionnaire consulté.
Dans une deuxième section de ce troisième chapitre, nous avons effleuré la notion de
la lexiculture à travers des proverbes arabes traitant du vêtement. Nous avons divisé les
expressions parémiques que nous avons collectées dans différentes références au sein de
l’Institut du Monde Arabe, en deux parties : la première englobe des proverbes dits
« génériques » la deuxième contient des proverbes portant sur une telle ou telle pièce
vestimentaire, cette sous-division étant intitulée « termes spécifiques ».
Nous avons enfin analysé l’intégralité des proverbes collectés sous la lumière de
la lexiculture, un concept lancé par Robert Galisson, désignant la culture partagée en
dépôt dans les mots au-delà de leurs significations sémantiques.
Il faut noter que quelle que soit la nature des études et des recherches sur la mode
vestimentaire, linguistique, sociologique, économique ou bien historique, on ne saura
négliger les côtés médiatiques de la mode et les moyens de communication dont on se
sert pour atteindre le public en général. Pour cette raison, il faut discuter de la mode à
travers ses moyens de communication : l’image photographique ou bien publicitaire, le
dessin, l’affiche murale, etc., et se référer aux différentes voies de publication et leur
spécificité, notamment la presse écrite, la radio, la télévision et le cinéma sans oublier le
réseau de la toile Internet. Puisqu’un projet d’une telle envergure dépasserait le cadre
d’une thèse, nous nous sommes restreinte à l’analyse sémiologique de la mode publiée
dans la presse écrite, en particulier les quotidiens.
Nombre de linguistes ont choisi judicieusement, nous semble-t-il, d’attribuer à la
sémiologie les concepts de la signification et celui de la communication. En effet, la
sémiologie, en tant que métalangage descriptif, fournit un instrument interprétatif très
puissant dont on ne saurait se passer sous peine d’être lacunaire dans son analyse. Nous
-5 savons, en outre, que la sémiologie se présente sous deux types principaux : la
sémiotique verbale et la sémiotique non-verbale. La première catégorie comprend la
sémiologie du discours (système verbal), la deuxième catégorie peut être divisée en
plusieurs branches exclusivement visuelles : images, gestes, vêtements. Ces derniers
représentent un champ fertile, riche en matière de signification car « Le projet d’une
sémiologie du langage visuel postule que les représentations visuelles sont des
pratiques sémiotico-signifiantes, c’est-à-dire constituent des langages » 2 .
La communication verbale classique implique un émetteur et un auditeur, la
communication non-verbale, par le biais du signe vestimentaire, met en scène un
« vêtu » et un percepteur. Cette communication vestimentaire peut même se passer d’un
récepteur et s’exercer au sein d’un même locuteur qui est à la foi le destinateur et le
destinataire du message qu’il élabore, à titre d’exemple, une femme qui se « fait belle »
en s’habillant d’une nouvelle robe, tout en restant chez elle toute seule. Cette femme
cherche à s’informer sur elle-même en testant son degré de beauté et en cherchant à
savoir si cette robe est compatible avec son corps et sa personnalité.
2
Saint-Martin, Fernande, Sémiologie du langage visuel, 1987, Presses de l’université du Québec, p. 12.
CHAPITRE I
AUTOUR DE
LA MODE ET DU VÊTEMENT
ÉTUDE THÉORIQUE
RAPPROCHEMENT MODE – VÊTEMENT
RAPPROCHEMENT VÊTEMENT – LANGUE
− 7 −
INTRODUCTION : LE RAPPORT VÊTEMENT – MODE
Pour mieux comprendre ce que c’est la mode ou plutôt « le système de la mode »
selon la formule du sémiologue Roland Barthes 1 , il convient de la soumettre à une
analyse sémiologique approfondie. Bien qu’il y ait déjà un certain nombre de
recherches au sujet de la mode effectuées au sein de différentes disciplines
scientifiques, que ce soit la philosophie, la sociologie, l’histoire ou la psychologie par
exemple, il n’en est pas moins vrai qu’une étude sémiologique constitue une approche
innovante. Même si les travaux antérieurs ont tous permis de rassembler des
connaissances précieuses par rapport à la mode, nous essayerons de nous approcher
de notre objet d’étude d’un point de vue linguistico-sémiologique.Pour Umberto Eco,
« le sémiologue voit des signes là où tout le monde ne voit que des objets » 2 et, selon
lui, chaque objet est en même temps le signe de sa fonction. C’est donc l’usage de tel
ou tel vêtement qui en fait automatiquement un objet-signe. Afin de relever les
différents signes, nous nous interrogerons sur les diverses fonctions des vêtements.
Il faudra établir en premier lieu le lien entre les différents vêtements comme
objets-signes et la mode comme système de signes variables qui peuvent être
modifiés à tout moment et combinés d’après les choix personnels des créateurs de
mode. D’une manière ou d’une autre, l’ensemble des signes vestimentaires distinctifs
des vêtements devront être examinés pour permettre d’établir une liste d’éléments
significatifs parmi lesquels un créateur de mode choisit pour lancer une nouvelle
mode. En d’autres termes, il faudra essayer de dresser un inventaire quasiment
exhaustif de tous les objets-signe connus, qui ne pourra toutefois être une liste close et
définitive. En effet, personne ne pourra exclure qu’à un moment donné un nouvel
objet-signe ne sera pas imaginé par un créateur de mode.
De fait, établir et analyser un inventaire de toutes les pièces vestimentaires de
mode ne constitue pas l'objectif de notre thèse. Pour cette raison, nous
1
2
nous
Barthes, Roland, Système de la mode, 1967, Édition du Seuil.
Umberto Eco, Sémiotique et philisophie du langage, PUF, 1998, cité par Joly, Martine, L'image et les
signes, Nathan, 1994, p 23.
− 8 −
attacherons à mettre en œuvre une analyse représentative de quelques vêtements de
mode.
La distinction que Roland Barthes a établi entre la mode comme « un système
d’objets-signes » 3 et « la mode parlée ou écrite » mérite d’être étudiée ici parce
qu’elle revêt une importance fondamentale. Les deux concepts sont diamétralement
opposés puisque le premier représente un ensemble constitué par des vêtements
matérialisés sous forme de modes innombrables, tandis que le second se compose
d’un ensemble de textes sur la mode et d’un ensemble d’images représentant des
modèles de mode. Malgré la différence primordiale de communication entre les deux
concepts, nous voulons nous servir du second pour confirmer les resultats que nous
allons obtenir par l’analyse sémiologique du premier. C’est donc l’analyse de
différentes campagnes de mode qui nous servira comme moyen pour illustrer les
interprétations obtenues par cette analyse sémiologique de la mode.
La mode forme un concept complexe qui n’est point régi par des relations
simples et linéaires, mais qui constitue toute une architecture multiforme dépendant
de différents facteurs sociaux, économiques et culturels. À part ces vecteurs, il y a
également celui de la temporalité, de l’âge et du sexe. De prime abord, la polysémie*
du terme « mode » nécessite une analyse sémio-linguistique. En essayant de délimiter
la signification du terme « mode », nous allons en distinguer les différents sens et
expliquer à quel sens précis nous avons à faire dans la présente étude.
Dans son étude « La mode et ses enjeux », Frédéric Monneyron a consacré
toute une section à la question de savoir si la mode constitue ou non un système
sémiologique fermé. Par la suite, nous allons nous efforcer de démontrer par notre
analyse en quoi sa conclusion est pertinente.
Si la mode vestimentaire change, c’est que la société a changé. La sémiologie*
comme science des signes va nous aider à mettre en exergue ce changement d’un
point de vue linguistique car la mode vestimentaire constitue un langage « muet » qui
se sert de signes particuliers pour communiquer d’une façon non-verbale. Pour
atteindre notre objectif, c’est-à-dire déchiffrer les signes propres à la mode
3
Roland Barthes, L’aventure sémiologique, Éditions du Seuil, 1985, p. 252.
− 9 −
vestimentaire, nous allons nous livrer à une analyse sémio-linguistique des pièces
vestimentaires de la mode parue dans le quotidien « le Figaro » et dans « le Monde ».
Pourquoi un quotidien ? Pour nous, le journal constitue jour après jour un signe très
fort de l’évolution médiatique de notre temps.
SECTION I :
RAPPROCHEMENT ENTRE
VÊTEMENT ET LANGUE
Toujours dans la perspective d’une recherche sémiologique sur la signification
des pièces vestimentaires, nous aborderons la question vestimentaire sous l’aspect du
langage, en d’autres termes, l’objectif sera de traduire le vêtement en un langage
compréhensible ; puisque le vêtement est un système de sens qui a besoin d’un autre
système de signifiants* et de signifiés* pour le décrire : la langue.
Ce concept transforme en quelque sorte le « vêtement-image* » en « vêtement
écrit* », notamment dans les messages publicitaires figurant dans les supports
destinés à rendre accessible au public telle ou telle mode comme dans les magazines
et maintenant, de plus en plus, dans les quotidiens comme le Figaro ou encore le
Monde, à propos desquels nous avons souhaité appliquer toute une théorie
vestimentaire.
Roland Barthes, tout en comparant la langue et le vêtement, avance que la
photographie de mode possède son propre lexique, sa syntaxe et sa logique ; le
vêtement écrit* ou décrit a, de même, sa structuration linguistique : le vêtement écrit*
est porté par le langage, mais lui résiste.
On ne peut comprendre la mode actuelle sans retour à ses ressources
historiques, économiques, sociales et culturelles. Les événements historiques en
général et l’évolution de notre société en particulier ont façonné la mode. On dit que
chaque mode raconte une histoire. Bien que la mode représente un phénomène
universel connu par toutes les civilisations primitives ou contemporaines, elle
s’impose cependant en tant que concept et phénomène occidental relativement récent.
Pour cette raison, on consacrera le premier chapitre à la mode vestimentaire et à son
− 10 −
évolution historique. Notre réflexion nous conduira en France où l’on constate la
naissance d’une conception actuelle et particulière de la mode liée au développement
d’un système de communication ultrasophistiqué. Ce sera la base de nos recherches.
C’est sur un mode ironique que Anne Florence Schmitt rappelle ainsi le réseau
complexe d’interactions dans lequel se situe la conception actuelle de la mode : « A
force d’entendre que la mode est futile et qu’elle exerce sur nos esprits faibles une
tyrannie insoutenable, on finirait presque par en oublier quelques principes
fondamentaux.
(…)
Sans la mode, les femmes ne porteraient pas de pantalons ni de minijupes. Elles
seraient toujours sagement enfermées dans leurs corsets. Et Madonna n’en porterait
pas.
Sans la mode, Roland Barthes ne serait pas Roland Barthes.
(…)
Sans la mode, Karl Lagerfeld serait devenu caricaturiste pour des revues littéraires
allemandes, et John Galliano ferait l’illusionniste à Londres.
(…)
Sans la mode, le terme de créateur serait réservé à Dieu.
Sans la mode, le jean serait resté de la toile de Nîmes.
Sans la mode, les mères ne se serviraient pas dans le placard de leurs filles.
Sans la mode, les femmes seraient tristes et les hommes s’ennuieraient.
Sans la mode, les magazines de mode n’existeraient pas. Et le numéro que vous tenez
dans la main, non plus… » 4
La mode vestimentaire est un sujet très actuel, important, destiné à conserver
ces caractères : il préoccupe les sociologues, les historiens, les économistes et les
publicitaires et la sémiologie* peut à la fois contribuer aux études de la mode et faire
découvrir ce que les couturiers et les designers cherchent à exprimer à travers les
signes.
Le vêtement constitue – malgré son caractère apparemment superficiel – l’un
des traits les plus caractéristiques de « l’animal social » qu’est l’homme. L’habit
4
Schmitt, Anne-Florence, De vous à moi, en mode majeure, Madame Le Figaro, Samedi 4 mars 2006,
p 7.
− 11 −
dévoile plus d’un aspect de l’histoire des mœurs, et, comme l’écrit Balzac dans Traité
de la vie élégante, « la toilette est l’expression de la société » 5 .
La mode est un phénomène éphémère qui montre chaque année, voire chaque
saison, un nouveau visage et nous dicte à l’avance ce qu’on portera tous les trois
mois, la mode vestimentaire représente bien un signe d’appartenance sociale.
Un bref compte-rendu du développement historique de la mode au fil des temps
s’impose. C’est ce que nous allons faire dans la première section de ce chapitre, tout
en essayant de fournir une définition de ce que peut être la mode. Ensuite, dans la
deuxième section, nous concentrerons notre regard sur l’évolution de la mode en
France et finalement nous soumettrons la mode, en tant que concept moderne, à une
analyse sémiologique.
A.
REGARDS HISTORIQUES SUR L’ÉVOLUTION DE LA
MODE
Parler de la mode d’une façon sérieuse et efficace signifie, en effet, faire son
histoire, mais aussi faire l’histoire des quelques interprétations qu’elle a pu susciter
ainsi qu’effectuer le renversement philosophique nécessaire qui permettra une
appréhension satisfaisante.
On dira, sans doute, que l’histoire du vêtement et de la mode a donné lieu à de
très nombreux ouvrages, et que, par conséquent, il ne reste plus grand chose à ajouter.
Cependant, s’il est vrai que la démarche historique a été très féconde et que son
intérêt ne saurait être remis en question, elle n’a pas toujours su lutter contre un
certain nombre de lacunes. Si elle a suscité les ouvrages les plus passionnants et les
plus innovateurs sur le sujet, la plupart des ouvrages de vulgarisation relatifs au
vêtement et à la mode n’évitent pas toujours l’historicisme. En ce sens, le principal
5
Mollard-Desfour, Annie, METADIF (Métalexicographie et Dictionnairique Francophone, CNRS Université Les Chênes II / Cergy Pontoise, ILF (Institut de linguistique française), Les cahiers de la
recherche no 3, Luxe-Mode-Art, responsable Danielle Allérès; Université Paris III Sorbonne
Nouvelle, 2003, Fringues, vêtement, parures...ou comment les mots habillent notre vie sociale, p 33.
− 12 −
souci de chaque chercheur doit être de « se prémunir contre un historicisme trop
pointilleux pour se mettre au service d’une herméneutique approfondie » 6 .
B.
DÉFINITION DE LA MODE
Difficile de trouver une définition concise et précise de cet univers infini. On
pourrait dire simplement que la mode, c’est la nouveauté, l’originalité. En rupture
avec la tradition, c’est un précieux indicateur de l’évolution de notre société. 7
D’où vient le mot « mode » ? Dérivé du latin modus : « façon d’être
passagère », la« mode » exprime une transition. La mode désigne à la fois la
durabilité et le fugitif comme le rappelle le Trésor de la Langue Française. Elle
désigne également la manière passagère de vivre dans une société et de sentir sa
propre unicité comme individu vêtu.
La mode ne se contente pas de décrire nos habitudes vestimentaires, elle
exprime aussi des courants culturels qui affectent le design, l’architecture, mais aussi
les voyages, la littérature, la musique ou la cuisine. Dans le domaine vestimentaire, la
mode désigne toutes les habitudes passagères en relation avec les modèles esthétiques
de la société. Une personne « à la mode » ne sera pas nécessairement habillée dans
l’air du temps, mais tout simplement appréciée de ses contemporains.
Selon le Trésor de la Langue Française 8 , la mode est « une manière d’être, de
penser, d’agir, particulière à quelqu’un ». Ainsi la mode vestimentaire est la manière,
la façon, l’habitude ou encore la vogue du moment qui constituent autant de
synonymes. Si la mode désigne l’actualité et la nouveauté – ce qui est dans le temps,
dans le vent ou au goût du jour, elle est aussi l’expression de ce qui est chic, frivole,
snob ou tout simplement de bon goût.
D’une part, elle exprime la fantaisie et d’autre part, elle se dit particulièrement
de l’usage passager qui dépend du goût, de la fantaisie et du caprice. Ce qui est « à la
6
Monneyron, Frédéric, La mode et ses enjeux, Paris, Klincksieck, 2005, p. 14.
http://www.portaildelamode.com/histoire-mode-vetement.html.
8
Centre National de la Recherche Scientifique, Institut National de la Langue, Nancy, Dictionnaire de
la langue du XIXe et du XXe siècle (1789-1960), Tome onzième, (lot-Natalité), Gallimard, 1985.
7
− 13 −
mode » a plu d’abord à quelques personnes ou bien à tout le monde. On dit aussi
parfois « goût du jour » 9 en se référant à une manière de penser liée à un milieu, à une
époque déterminée, sachant que ce qui est à la mode aujourd’hui, sera demodé ou
dépassé demain. Dans ce sens, la mode signifie la manière de se vêtir d’après le goût
d’une époque dans une région déterminée ce qui englobe aussi d’autres domaines s’y
référant comme le maquillage, le parfum, la beauté ainsi que les modifications
corporelles. C’est un style de vie qui permet d’afficher sa personnalité, son rang
social, sa richesse.
Paradoxalement, la mode représente également le reflet des usages, des
convenances ou des us et coutumes. Elle exprime l’engouement, le succès, la folie et
le caractère épidémique, ce qui se traduit tout particulièrement par l’emploi des
anglicismes (« look » ou bien « fashion », par exemple). La mode est versatile autant
que sa définition peut l’être. 10
Quand on donne une définition concise à la mode vestimentaire, on se trouve
directement devant l’histoire du vêtement avec toutes ses étapes. Dans ce contexte, il
nous paraît important de parler aussi du caractère fonctionnel du vêtement et sa valeur
psychologique. Le dictionnaire des synonymes de la langue françaises (Larousse
1947) donne la définition suivante : « Les vêtements désignent d’une façon générale
ce qui sert à couvrir le corps pour le préserver des intempéries ou cacher sa
nudité ». 11 C’est justement cet aspect utilitaire qui fait du vêtement un signe par
excellence.
La publicité pousse parfois les consommateurs à acheter des objets dont ils
n’ont pas besoin. La mode illustre ce caractère gaspilleur puisqu’elle est régie par les
quatre saisons de l’année et que le vêtement est remplacé avant même d’être usé. Pour
certains, c’est l’image du gaspillage et de l’extravagance, mais pour d’autres, c’est la
mode qui représente l’image de la société actuelle, riche et élégante.
9
10
11
Bailly, René, Dictionnaire des synonymes, Larousse, Paris, 1947, p. 381.
Fouchard, Gilles, Idées reçues sur la mode, Édition Le Cavalier Bleu, 2004, p. 4.
Bailly, René, op. cit., p. 613.
− 14 −
La Bruyère a souligné ce trait de caractère inhérant à la mode, en disant : « La
mode a à peine détruit une autre mode qu’elle est abolie par une plus nouvelle, qui
cède elle-même à celle qui la suit et qui ne sera pas la dernière » 12 .
En effet, grâce au développement des moyens de communication, les créations
dans le domaine de la mode sont devenues accessibles à tout le monde, c’est-à-dire
aux gens appartenant à différents groupes ou milieux sociaux. Les couturiers des
grandes marques sont devenus des stars très médiatisées à l’échelle nationale aussi
bien qu’internationale et leur rôle est sensible auprès des différentes classes, dans la
mesure où ils donnent une orientation de goût et provoquent en elles le désir de suivre
une mode fugitive et parfois frivole. Dans son livre « Idées reçues sur la mode »,
Gilles Fouchard cite le propos de Frédéric Bergbeder : « Votre désir ne vous
appartient plus : je vous impose le mien. Je vous défends de désirer au hasard. Votre
désir est le résultat d’un investissement qui se chiffre en milliards d’euros. C’est moi
qui décide aujourd’hui ce que vous allez vouloir demain » 13 . Cela indique l’influence
très importante que les designers détiennent par l’intermédiaire de leur art sur les
amateurs de mode - en France comme partout dans le monde. Mais on peut y voir
également un « indice » de ce qu’on appelle « le diktat de la mode » qui soumet
l’individu à une quasi-nécessité de se vêtir conformément aux exigences de la mode
actuelle pour ne pas être stigmatisé comme « démodé » ou, ce qui serait pire, de
devenir même un objet de dérision critiqué par ses contemporains.
C.
L’ÉVOLUTION HISTORIQUE DU VÊTEMENT
I.
Vêtement fonctionnel
Dans la préhistoire, les anthropologues ont montré qu’à l’époque
moustérienne et paléolithique entre 200.000 et 40.000, l’homme s’est vêtu pour
se protéger du climat. Il s’est servi de l’élément de la nature pour s’habiller ;
probablement les vêtements de fourrure et de cuir furent les premiers à avoir été
portés ; le vêtement était utilitaire et fonctionnel. C’était la protection contre les
12
13
Le Robert informatisé, 2008.
Fouchard, Gilles, Idées reçues sur la mode, Édition Le Cavalier Bleu, 2004, p. 47.
− 15 −
agressions climatiques, la fourrure étant considérée comme « deuxième peau ».
Ce caractère fonctionnel du vêtement reste valable jusqu’à nos jours. On le voit
chez les Esquimos et dans les pays chauds et tempérés.
II.
Vêtement comme signe de pudeur
Si les vêtements étaient fonctionnels et circonstanciés selon leur utilité, la
Bible et les éthnologues auraient évoqué des raisons psychologiques. D’après
les religieux, les feuilles de vigne que portaient Adam et Ève comme cache-sexe
représentaient de manière symbolique le premier costume de l’humanité qui est
devenu le signe de la pudeur.
Par rapport à cette fonction, la Bible et plus largement les religions
voientt dans la parure plutôt l’expression d’une certaine spiritualité, tout en
évoquant les tabous et la magie. Ainsi les tribus habitant l’extrême sud du
continent américain sont souvent découverts, quasiment nus, enduits de graisse
en couleur en guise de vêtements pour se garantir de la rigueur de climat et
pour se protéger contre les insectes et chasser les mauvais esprits.
Si les avis divergent sur le fond, ils convergent sur la forme. Aux
prémices de l’humanité, les vêtements n’étaient que fonctionnels. Les deux
différentes raisons, l’une évoquées par la Bible et l’autre par les éthnologues
modernes, sont de même importance.
III. La parure et la distinction
Dans le passé, la fourrure ou le cuir constituait même une monnaie de
change qui, plus tard, fut remplacée par l’ambre et les coquillages, ce qui
montre que l’être humain a toujours su apprécier le parfum et la parure, le tout
commençant à se distinguer par des dessins sur la peau, avec le tatouage qui fut
un signe d’origine, une autorité et une force.
− 16 −
La peinture corporelle est quasiment universelle (en Australie, en Afrique
ou en Amérique). On la trouve presque partout dotée de plusieurs sens
notamment religieux.
Chez les aborigènes australiens et les autochtones, en général, la peinture
corporelle devait tenir une part importante du costume en tant qu’ornementation
ayant également pour origine des motivations spirituelles.
Par ailleurs, le désir de plaire existe aussi depuis longtemps. De ce
sentiment naîtra « la mode ».
Un autre objectif de la mode reste la distinction. Si la mode ne concernait
que les riches, les pauvres seraient exclus ou au moins figés dans une situation
de retard vestimentaire vis-à-vis des membres des autres classes. Pourtant la
différentiation de classes se fait ou bien se faisait toujours à l’aide
d’accessoires 14 – sacs à main, chaussure, écharpes, bijoux, etc. – ou à l’aide
d’éléments de valeur surajoutée – riches tissus à motifs, couleurs éclatantes ou
diversifiées tandis que l’infériorité sociale ou financière n’est montrée que par
la simplicité, c’est-à-dire l’absence de luxe et d’accessoires.
Bien qu’elle fût longtemps un privilège de l’aristocratie et plus tard de la
bourgeoisie, la mode s’est « vulgarisée » pour devenir accessible à toutes les
classes. En d’autres termes, elle s’est popularisée et elle est devenue un
phénomène de masses. Avec le début de la révolution industrielle elle a changé
le visage de la société.
Entre le Moyen Âge et le XIXe siècle, la société était fondée sur l’ordre
social, la hiérarchie, et la « culture des apparences » : le vêtement est
« représentation », et si l’on s’apprête, se pare pour donner une certaine image
de soi, l’habit se doit de respecter les règles vestimentaires en vigueur 15 , d’être
conforme à la condition, à l’époque, au sexe de celui qui le porte . . . Véritable
reflet de la personne, « carte d’identité sociale » devant indiquer le rang, le
14
15
Cf. Kraatz, Anne, Mode et Philosophie ou Le Néoplatonisme en silhouette 1470-1500, Les Belles
Lettres, Paris, 2005, p.146.
Le vêtement était strictement codifié, réglémenté, hiérarchisé par des lois appelées « lois
somptuaires » qui régissaient formes, textures, couleurs des vêtements et des accessoires.
− 17 −
statut social, le vêtement est aussi une manière, une façon d’être dans une
société dans laquelle on se doit de « tenir son rang ».
« Pourquoi la toilette serait-elle donc toujours le plus éloquente des
styles, si elle n’était pas réellement tout l’homme, l’homme avec ses opinions
politiques, l’homme avec le texte de son existence, l’homme hiéroglyphé ? » 16 .
D.
LA PRÉHISTOIRE DE LA MODE
La préhistoire de la mode est différente de la préhistoire du vêtement. Cette
dernière est très ancienne et marche côte à côte avec l’histoire de l’humanité, tandis
que la mode est quelque chose de plus moderne et plus récent. Pour mieux s’orienter
dans l’histoire de la mode, il convient de déterminer à quelle époque la mode aurait
vu le jour.
Selon Lipovetsky « la mode ne voit guère le jour avant le milieu du XIVe
siècle » 17 . Il maintient qu’avant cette période, le vêtement occidental subit peu
d’évolution, supposant que le vêtement des hommes et des femmes ne connaît point
de différentiation majeure au cours des siècles précédents, ni entre les sexes ni entre
les formes. D’après la théorie soutenue par certains auteurs comme François Boucher
et Gilles Lipovetsky, les hommes et les femmes portent indifféremment la robe
jusqu’à ce que, à partir de la deuxième moitié du XIVe siècle, les vêtements des deux
sexes commencent à se différencier : ajustement et raccourcissement pour les
hommes, les vêtements féminins restant longs quel que soit par ailleurs leur
ajustement.
Même si ce point de vue semble être peu contesté aujourd’hui, Anne Kraatz
soulève bien des doutes sur la fiabilité de cette analyse. Dans son livre « Mode et
Philosophie ou Le Néoplatonisme en silhouette 1470-1500 », elle offre plusieurs
exemples témoignant du fait que la différentiation entre les vêtements masculins et les
vêtements féminins s’est déjà faite à d’autres périodes bien antérieures. Elle y donne
16
17
H. de Balzac, Œuvres diverses, t. 2, Paris, Éditions Gallimard, 1830, p. 180.
Lipovetsky, Gilles, L’empire de l’éphémère. La mode et son destin dans les sociétés modernes,
Paris, 1987, p. 32.
− 18 −
des exemples d’une mode remontant au début du XIIe siècle et insiste sur le fait que la
mode « très courte et très serrée » pour les hommes a déjà existé au VIe siècle, c’està-dire « quelque huit cents ans avant l’apparition supposée de la mode » 18 . Même si
pour les femmes les représentations imagées se font rares, elle trouve un exemple
probant d’un vêtement féminin remontant au XIIIe siècle 19 .
Par ailleurs, le même auteur constate que « le reserrement du vêtement par
opposition au vêtement flottant » ne peut pas être considéré comme un critère absolu
de mode car d’après cette logique « la mode aurait bel et bien disparu à la fin du XVe
siècle [quand le vêtement masculin est strictement monolithique et couvre tout le
corps, de la tête aux pieds], pour ne revenir que quelques années plus tard, lorsque le
vêtement se reserre de nouveau » 20 . Elle résume que « Si le corps est à peine visible
dans sa morphologie, ce ne peut être parce que la mode n’existe pas ; ce ne peut être
que parce que la mode existe. Le cacher ou le montrer ne peut être qu’un acte
délibéré » 21 .
Par défaut de documents historiques, il paraît impossible de trouver à quel
moment précis de l’histoire humaine la mode serait née. Celle-ci ayant un caractère
universel et anthropologique, elle est tout naturellement inhérente au « désir de
plaire », mais la mode est aussi
un désir de classer, catégoriser, distinguer les
individus, les diverses classes sociales. Elle représente une impulsion instinctive et
qui s’est ensuite transformée imperceptiblement en une volonté fondamentale de
l’être humain. Par conséquent, la parure remplit une fonction essentielle, notamment
celle d’un premier élan en matière de mode.
Ainsi le terme « mode » apparaît en 1482 et désigne le changement dans les
détails du vêtement réservé à l’élite et l’expression « la nouvelle mode » devient dès
1549 « être à la mode » 22 .
18
19
20
21
22
.
Kraatz, Anne, op. cit., p.146. [L’auteur critique la position de Gille Lipovetsky relative à la
naissance de la mode au XIVe siècle avec véhémence. Cf. op. cit., pp. 142- 147].
Ibid., p. 147 [Il s’agit de la figure de Salomé portant une « robe collante »].
Op. cit., p. 149.
Ibid.
http://fr.wikipedia.org/wiki/HistoiredelamodeenFrance.
− 19 −
La mode portée alors à la cour n’a pas les mêmes connotations* que celles
propres à la mode du XXe siècle liée à plusieurs facteurs : économique, social,
industriel et commercial. C’est ce dont il sera rapidement question dans la section
suivante consacrée au processus de la mode en France à travers l’histoire.
SECTION II :
A.
L’ÉVOLUTION DE LA MODE EN FRANCE
LA MODE APRÈS LA RENAISSANCE
La naissance de la mode vestimentaire en France n’a pas été aisée. Il a fallu
attendre des siècles jusqu’à ce qu’on arrive à la situation actuelle, car la mode était
réglementée de façon rigide. Depuis le XIIIe siècle des règles vestimentaires
déterminant la mode étaient rédigées dans les communes par des magistrats et des
seigneurs, elles avaient pour but de maintenir les bonnes mœurs, d’aider l’industrie,
de se protéger des influences étrangères et du luxe inutile, mais tout particulièrement
de distinguer les différentes classes sociales.
Ces règles concernant le costume, l’ornement et le parfum ont commencé, peu à
peu, à s’accommoder des modes venant de l’Italie. Les Français alors conquis par la
révélation de cette élégance ramenèrent en France un grand nombre d’ouvriers et
d’artistes italiens qui s’établirent dans les grandes villes. Les artistes français
commencèrent à diffuser les usages vestimentaires de la cour au XIVe siècle et peu à
peu, à faire concurrence aux Italiens dans ce domaine. La haute couture parisienne
sera l’héritière de ce phénomène.
B.
LA HAUTE COUTURE
« La 'Haute Couture' est, en premier lieu, une activité artisanale visant à
mettre à la disposition d’une clientèle fortunée des vêtements sur mesure et d’un
grand luxe » 23 . À lire les études consacrées à la mode, la genèse de la Haute Couture
23
Grau, Françoise-Marie, La Haute Couture, Que sais-je ? PUF, 2000, p. 7.
− 20 −
semble ne recéler aucune difficulté, aucun mystère dans ses relations avec l’ordre
capitaliste, avec le système du profit et de rivalité des classes. On ne saurait s’étonner,
dès lors, que la mode, en tant que phénomène social, coϊncide avec celle des sociétés
bourgeoises d’Occident qui se mettent en place au XIXe siècle, plus précisément avec
celle des sociétés démocratiques qui essaient de se définir comme un agrégat
d’individus égaux entre eux. La société européenne moderne est née grâce à la
révolution industrielle qui résultait de la production de masses et qui a poussé les
colonialistes européens à aller au-delà de leur frontière pour chercher les matières
premières et pour ouvrir de nouveaux marchés. Par conséquent, la mode a profité du
développement économique et social pour se populariser et satisfaire la nouvelle
société qui détenait la richesse et qui souhaitait être « à la mode » en imitant les
nobles et les aristocrates. Ainsi le développement de la mode impliqua-t-il un
processus de « vulgarisation » qui s’est déroulé de manière verticale à partir des
classes supérieures vers les classes sociales inférieures.
En effet, pour la première fois de son histoire, le vêtement envahit les vitrines
des grands magasins des grandes villes, puis, plus tard, de province. Le premier
phénomène « mode de masses » est en mouvement et la confection, « l’ancêtre du
prêt-à-porter », bouleversa le marché des vêtements. La mode relève de la coutume et
de l’habitude, mais elle ne valorise pas la tradition et, au contraire, cherche la
nouveauté, la modernité, l’extravagance. Le créateur de mode au XIXe siècle se veut
« un esthète, non seulement le serviteur des codes de la bourgeoisie ». Le créateur de
mode s’est imposé comme un artiste de luxe d’après l’expression de Lipovetsky dans
« L’empire de l’éphémère ».
Sans doute le premier pionnier de la Haute Couture fut-il Charles Frederic
Worth qui introduisait le thème de l’ « innovation ». En 1858, il inaugura sa
« maison », rue de la paix, à Paris, choisissant un slogan qui aurait pu passer pour un
manifeste : « Hautes nouveautés » 24 , et qui garantissait de l’inédit à chaque saison. Il
a fait porter ses modèles sur des mannequins vivants (que l’on nomme « sosies »)
dans les prestigieux salons où se rassemblait une clientèle féminine aisée 25 .
24
25
Erner, Guillaume, Victimes de la mode ? La Découverte, 2006, p. 24.
Grau, Françoise-Marie, La Haute Couture, Que sais-je ? PUF, 2000, p. 34.
− 21 −
La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle ont vu une simplification des
modèles de la Haute Couture. Ainsi Paul Poiret invente, dès 1903, une nouvelle
silhouette pour la femme et la libère, par la suite, du corset : ses coupes simples font
scandale. Cette « Belle Époque » marque la fin d’un siècle sans réelle étincelle avec
ses bourgeois raffinés et décadents 26 .
Pour mieux comprendre l’histoire de la mode dans sa conception moderne et le
développement de la Haute Couture, on doit évoquer l’histoire de la presse spécialisée
qui a joué un rôle prépondérant dans la popularisation et la démocratisation de la
mode.
Pour Coco Chanel la mode a besoin de la presse et de la publicité et « . . . il n’y
a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue » 27 . Cette affirmation résume le
concept de la mode médiatisée avec tous les moyens de communication.
C.
LA NAISSANCE DE LA PRESSE SPÉCIALISÉE
Peu avant la Révolution française, la presse vestimentaire spécialisée est
constituée d’almanachs illustrés et c’est en 1785 que sera créé le premier journal de
la mode : « le Cabinet des Modes » 28 . Grâce à la gravure on découvre les premières
productions des modèles de vêtements. Pour que la mode puisse se développer, il a
fallu concevoir les périodiques de mode comme des « locomotives » qui conduisent la
mode au public, car, sans ces publications, la mode aurait toujours été réservée à une
classe distinguée et particulière. Grâce à la médiatisation, la mode devient donc un
phénomène établi. Elle se développe parallèlement à l’essor de la presse, celle-ci
jouera plus tard un rôle fondamental dans la libération des vêtements et
l’émancipation de la femme.
Le XXe siècle n’est pas seulement le siècle de la mode, mais il est aussi celui de
la photographie qui prend le relais de l’illustration, c’est aussi le temps où la
photogravure permet de les reproduire. La photographie de mode devient durablement
le miroir des styles de vie, des tendances de la mode et de l’« air du temps » relayé
26
27
28
Fouchard, Gilles, Idées reçues sur la mode, Édition Le Cavalier Bleu, 2004, p. 14.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:mode.
Fouchard, Gilles, Idées reçues sur la mode, Édition Le Cavalier Bleu, 2004, p. 25.
− 22 −
par tous les magazines de mode 29 . Le photographe de mode met en scène les topsmodels et les égéries des créateurs ; il devient également photographe de « pub ». La
communication médiatique et publicitaire bat son plein : tout est fait pour donner plus
de visibilité au produit afin de dynamiser les ventes. La mode en elle-même est un
phénomène de communication : elle représente le rêve véhiculé par l’image.
L’après Seconde Guerre mondiale est une aire de reconstruction, puis de forte
consommation, la mode profite alors du prêt-à-porter des masses, des magasins bon
marché et de la presse populaire. Mode, médias et communication cultivent les
mêmes logiques d’information et une séduction dévolue à toutes les couches de la
société.
D. L’IMAGE DE LA MODE EN FRANCE AU XXe SIÈCLE
Au XXe siècle, la mode, en France, est en pleine expansion. Grâce à la presse
illustrée de la mode, aux défilés des mannequins et aux moyens de communications,
surtout au puissant moyen de séduction de la publicité, on peut affirmer que l’histoire
de la mode dans sa conception moderne commence au XXe siècle.
En 1900, Paris compte une petite vingtaine de maisons de Haute Couture ; il y
en aura une centaine en 1946 ; mais actuellement, après les dernières fusions, il n’en
reste que dix-huit. 30
Si le XXe siècle est le siècle de l’audio-visuel, il est aussi le siècle des grands
créateurs de mode : Chanel, Cacharel, Yves Saint-Laurent et beaucoup d’autres. La
confection existait déjà au début du XIXe siècle, le prêt-à-porter de luxe créé par Yves
Saint-Laurent avec sa collection Rive Gauche en 1971 n’était pas d’évidence un
simple succédané de la Haute Couture. La philosophie de Yves Saint-Laurent reste en
effet simple : « Les modes passent, le style demeure. Mon rêve est de donner aux
femmes les bases d’une grande robe classique qui, échappant à la mode de l’instant,
leur permet une plus grande confiance en elles-mêmes » 31 .
29
30
31
Op. cit., p. 28.
Grau, Françoise-Marie, La Haute Couture, Que sais-je ? PUF, 2000, pp. 121-122.
Op. cit., p. 91.
− 23 −
Pour se diffuser, la mode a su faire alliance avec l’image et l’illustration grâce
aux revues de mode, dès 1930. La mode fait son premier pas dans le marché de la
publicité lorsque Coco Chanel et le producteur de cinéma Samuel Goldwyn ont
conclu un accord portant sur l’habillage des stars de la société « United Artists ». À
partir de ce moment, le port de tel ou tel vêtement devient fréquemment « à la mode »
après qu’une personnalité (star de cinéma, top-model) l’ait porté. C’est la loi de
l’imitation qui perdure en s’adaptant aux changements de la société moderne. En
définitive, le message de la publicité qui créait ce phénomène est assez simple : « Tu
regardes ton idole, tu aimes cet habit auquel tu veux ressembler ? Alors portele ! » 32 .
I.
L’émancipation de la femme après la Seconde
Guerre mondiale
Après la Seconde Guerre mondiale, la production de la mode est marquée
par la libération du corps de la femme amorcée auparavant par Paul Poiret en
1903. Ce couturier visionnaire qui ouvrit sa propre maison de couture et
entrepris de libérer les femmes de leurs jupons 33 fut suivi par Coco Chanel dans
cette tentative de libération de la femme, qui en vint même à créer le pantalon
de marin féminin 34 .
Les Français et les Européens ont cherché le changement et l’innovation.
L’influence des Américains pendant et après la Seconde Guerre mondiale a
inspiré la mode vestimentaire en Europe en général, en amenant des habitudes
guère connues des Européens comme le « chewing-gum », par exemple, ou bien
le « rock’n roll » et le jazz aussi bien que le jean. Les couturiers voulurent
satisfaire ce courant et populariser la mode en stimulant des mouvements de
mode adolescents. La mode se scinde alors entre les collections classiques et ce
32
33
34
http://www.portaildelamode.com/histoire-modevetement.html: Il s'agit d'un message publicitaire
des émergences des marques en 2000.
Mouzat, Virginie, Paul Poiret, un pionnier retrouvé, Le Figaro, 10 mai 2007, p. 31. Voir aussi:
Grau, Françoise-Marie, La Haute Couture, Que sais-je ? PUF, 2000, p. 42.
Fouchard, Gilles, Idées reçues sur la mode, Édition Le Cavalier Bleu, 2004, p. 100.
− 24 −
que les Anglais ont appelé utilement le « fashion » pour différencier la mode
bourgeoise de la mode moderne des jeunes.
Une année importante de l’histoire de la jeunesse a été 1968, et plus
précisément le mois de mai. Les manifestations estudiantines ont abouti à
l’émancipation de la femme dans divers domaines, notamment l’autorisation
d’employer des moyens contraceptifs et d’interrompre la grossesse. Un autre
phénomène, qu’on peut considérer comme le plus remarquable dans l’évolution
de la mode, est l’apparition de la mini-jupe qui ose découvrir le genou, ce qui
fut combattu par les gardiens des traditions. Cacharel en dira qu’ « un genou,
c’est moche et il faut le cacher . . . Ce qui est fondamentalement vrai » 35 . Cette
tendance de découvrir le corps de la femme progressivement se manifeste de
plus en plus nettement dans la mode d’alors surtout dans les nouvelles
collections de mode devant le public, les journalistes et les caméras. C’est la
transparence et le minimalisme qui caractérise cette nouvelle tendance.
II.
L’uniformité de la mode
En 1967, le port du « jean » commence à s’établir en France et par
conséquent, l’uniformité devient plus manifeste que la volonté de se distinguer.
Le « blue jeans » né de la toile des anciens bleus de travail outre-atlantique,
moulant les cuisses à la mode de James Dean, prend une nouvelle vocation
auprès des jeunes. Ce tissu résistant devient populaire et séduit les jeunes du
monde entier en devenant l’uniforme de la jeunesse sans distinction de sexe,
tout en faisant « exploser » le système pluriséculaire.
« Le jean: abréviation de 'blue-jean', [Mot anglo-américain, de blue:
'bleu' et jeans: 'treillis, grosse toile' d'où, par métonymie, vêtement fait avec ce
tissu. Jean(s) est la transcription de l'a. fr. Janne(s) correspond au fr. mod.
Gênes (mot anglais Gene, jene, puis angl. Jeane, jeen), ce vêtement ayant été
fabriqué, à l'origine, par un Américain (XIXe siécle) dans de la toile (en
35
http://www.portaildelamode.com/histoire-modevetement.html. Introduction : historique de la mode
et du vêtement.
− 25 −
provenance de Nîmes (Denim) et teinte à l'indigo ou bleu de Gênes (Ville
d'Italie d'où était exportée cette matière colorante) » 36
Le pantalon s’impose définitivement comme pièce centrale du vestiaire
féminin dans les années 1960-1970, et consacre l’image d’une femme qui se
libère, et perd peu à peu son rôle strict de vêtement professionnel, paysan ou
ouvrier.
III. Les « top-models » et la starisation de la mode
L’année 1980 a manifesté le nouveau visage de la mode représentée par
les top-models. Ces femmes-mannequins 37 aux mensurations parfaites selon les
critères des couturiers, aux sourires figés, séduisent les jeunes adolescents, et
deviennent des vrais « stars » dont les images envahissent les rues et les
panneaux publicitaires, la presse et la télévision.
Aujourd’hui, les contrats conclus avec les maisons de mode dépassent
des millions d’euros. Les noms des top-models aussi bien que celui des stars de
cinéma et des chanteurs sont devenus plus importants que les marques qui les
emploient, et les marques qui investissent les plus gros budgets pour la
communication s’emparent du marché et éliminent les marques les moins
fortes.
E.
LES MARQUES ET LES IMAGES PUISSANTES
Le phénomène des « marques » s’affirme et le nom du créateur du vêtement
compte plus que son aspect. Au fil du temps, la valeur du vêtement s’est enrichie de la
signature de son créateur, puis de la valeur de la marque associée. Au cours des
36
37
Mollard-Desfour, Annie, Le Dictionnaire des mots et expressions de couleur XXe – XXIe. Le Bleu,
Préface de Michel Pastoureau, CNRS ÉDITIONS, Paris, p. 136, Article: Blue-Jean(s).
Cindy Crawford, Naomi Campbell et Claudia Schiffer.
− 26 −
dernières années (2006-2007), il n’est pas suffisant d’être omniprésent, les marques
doivent chercher des images très porteuses pour se vendre, et les griffes se disputent
donc chanteurs, comédiens et sportifs dans le but d’assurer un effet immédiat sur les
ventes. Grand consommateur de célébrités dans ses publicités, H&M consacre jusqu’à
3,5% de son chiffre d’affaires à sa communication. 38
Néanmoins, notre but n’est pas d’entrer dans le domaine économique de la
mode vestimentaire, même si nous donnons quelques exemples de stars dont la
publicité propulse les ventes au plus haut. Quand, en mars 2007, la ligne M by
Madonna a été mise en rayon, les ventes de H&M ont bondi de 29% par rapport à
mars 2006 et Sharon Stone a fait augmenter les ventes des soins Dior de 30%.
« Dans un univers de communication saturé, les marques essaient de trouver
des images puissantes et immédiates. Or, les peoples sont elles-mêmes devenues des
marques porteuses d’images ». 39
Les top-models, les chanteuses, les acteurs et les stars en général ne
représentent que des signes de célébrité et de popularité internationale. Jusqu’à quelle
limite cependant peut-on exploiter ces signes publicitaires sans porter préjudice aux
marques ?
En accordant une importance toujours plus grande à la publicité, les marques
ont parfois négligé l’originalité créative du vêtement, c’est-à dire leur qualité. De fait,
« la création est réléguée au second plan par rapport à la communication. Ce qui
peut devenir inquiétant pour la vitalité de la mode » 40 .
Zara a bien compris ce risque ; depuis toujours, elle s’en tient à son principe :
pas de « pub », pas d’égéries ; ses stars, ce sont ses magasins et ses produits, efficaces
et moins chers. Mais il y a peu de marchands de mode qui suivent l’exemple de Zara.
En général, on pense que le succès médiatique garantit le succès commercial qui à son
tour garantit la longévité de la marque.
38
39
40
Collomp, Florentin et Lutaud, Lena, Les stars propulsent les ventes des marques, le Figaro, samedi,
12 mai 2007, Supplément Figaro Économie, p. 20.
Ibid.
Ibid.
− 27 −
Hier, Paris attirait les créateurs, aujourd’hui, les capitaux internationaux
absorbent des marques devenues apatrides, car un décret datant de 1986 concernant
les produits textiles n’oblige plus à indiquer le pays d’origine des vêtements.
La mode est entrée dans la phase critique de la mondialisation : l’ingérence des
grandes puissances économiques multinationales dans les affaires de la mode est
devenue évidente.
De surcroît, comme l’a observé Anne Kraatz, le problème reste d’établir un lien
entre les différentes formes que la mode adopte en fonction de la pensée
contemporaine et de prouver que la forme change si la pensée change. Les temps
modernes auraient-ils leur originalité propre à bien distinguer d’une nouvelle mode
s’ajoutant au fil des modes du passé ? La mode se présentant comme un phénomène
culturel, cette perspective philosophique ne saurait être éclipsée de notre analyse
sémiologique.
Une autre observation se rapporte au slogan bien connu que « la mode est un
éternel retour ». Si cette idée est vérifiée, le réservoir des éléments constitutifs de
mode doit être limité et répétitif, même s’il existe un nombre quasiment illimité de
variantes de ces derniers.
SECTION III : LA MODE ET LES SIGNES VESTIMENTAIRES
A.
APPROCHE SÉMIOLOGIQUE DE LA MODE
Même si la date de naissance de la Mode est plutôt brouillée et vague, on peut
pourtant distinguer le concept d’une mode pour les aristocrates du concept d’une
mode accessible à toutes les classes. Cette distinction est conforme au dévéloppement
propre à l’Occident à la recherche d’un modèle démocratisé du système social. La
mondialisation de la fabrication et de la distribution de la Mode en ont fait un
phénomène de masse, « dans la mesure précisément où elle est consommée à travers
une presse à grand tirage (d’où l’importance, et, en quelque sorte, l’autonomie de la
− 28 −
Mode écrite) » 41 . Le talent du sémiologue Roland Barthes est justement d’avoir conçu
et analysé la Mode comme un système moderne. Selon lui, la Mode « doit projeter le
modèle aristocratique, source de son prestige : c’est la Mode pure ; mais elle doit en
même temps représenter, d’une manière euphorique, le monde de ses consommateurs,
en transformant les fonctions intramondaines en signes (travail, sport, vacances,
saisons, cérémonies) : c’est la Mode naturalisée, dont les signifiés* sont nommés 42 ».
Roland Barthes lui attribue un statut ambigu puisqu’en signifiant* le monde et ellemême, elle se construit doublement « comme un programme de conduite » et
« comme un spectacle luxueux » 43 .
B.
LA MODE COMME VALEUR
Étudier le vêtement de mode, ce serait d’abord définir ce qu’est la Mode
vestimentaire. Nous l’écrivons avec majuscule pour exprimer l’idée qu’elle représente
un concept unique relatif au vêtement. « La Mode est un tout normatif, une loi sans
degré, faire varier la Mode, c’est s’en sortir » 44 . Elle constitue une classe qui ne
comporte qu’une seule alternative. Aussi pauvre qu’elle soit, cette variation seule
permet de constater que ce qui n’est point à la Mode, serait alors démodé.
L’unité de base de la Mode étant bien le vêtement dans toute sa matérialité, il
convient de souligner son caractère culturel. Les différents musées du costume dans
différents pays en témoignent. Le vêtement soumis aux influences culturelles a subi
des changements au fil du temps. Dans différents pays et à différentes époques, il y a
donc eu différentes modes vestimentaires.
Néanmoins nous préférons parler de la Mode au singulier puisque nous la
concevons comme une « pure valeur », quelque chose d’immatériel qui ne saurait
« produire le vêtement ou constituer l’un de ses usages » 45 .
41
42
43
44
45
Barthes, Roland, Système de la mode, Éditions du Seuil, avril 1967, p. 321.
Op. cit., p. 221 - p. 222.
Op. cit., p. 222.
Op. cit., p. 35.
Op. cit., p. 39.
− 29 −
I.
Les valeurs liées à la mode
En tant que « concept » le caractère de la Mode est complexe, composée
de différentes valeurs.
1.
Le changement, l'éphémère
Les changements des formes semblent se faire d’une façon
anarchique, imprévisible. On peut dire que l’évolution de la Mode « est
d’une part discontinue, elle ne procède que par seuils distincts, et d’autre
part endogène, puisqu’on ne peut dire qu’il y ait un rapport génétique
entre une forme et son contexte historique » 46 . À vrai dire, on ne peut pas
établir un rapport analogique entre la forme d’un vêtement et les
événements historiques ou bien contemporains. La mode reste
« extérieure à l’histoire ; elle change, mais ses changements sont
alternatifs » 47 . L’histoire peut pourtant intervenir et faire hâter les
changements, mais il est impossible d’établir un rapport analogique/sûr
entre « le Directoire » et « la taille haute », entre la forme d’un vêtement
et le style architectural d’une époque 48 ou bien entre la silhouette des
vêtements et la pensée philosophique d’une époque 49 , même si certains
historiens du costume se sont efforcés de le faire.
2.
L'original, le nouveau
Le renouvellement saisonnier des vêtements de Mode inclut une
actualisation à périodes régulières de l’orientation de la Mode. « La
Mode fait sans doute partie de tous les faits de néomanie qui sont
apparus dans notre civilisation probablement avec la naissance du
capitalisme : le nouveau est, d’une façon institutionnelle, une valeur qui
46
47
48
49
Op. cit., p. 330.
Ibid.
Ibid.
Kraatz, Anne, op. cit.
− 30 −
s’achète » 50 . Mais ce que la Mode présente comme un « nouveau
absolu », ne l’est pas. En vérité, le consommateur n’a tout simplement
pas le souvenir complet de toutes les Modes passées et ne voit donc pas
que le nombre de traits de Mode, bien qu’il soit élevé, n’est pas infini. En
realité, l’originalité de chaque vêtement de Mode n’est qu’une fiction qui
renverse le réel en mythe faisant croire au consommateur qu’il existe un
« foisonnement irrépressible, donc vital, de formes nouvelles » 51 .
II. La fonction normative de la Mode
1. Le caractère paradoxal de la Mode
D’une part, la Mode détient un pouvoir normatif et discriminant qui
se fonde sur un trait de caractère humain : l’esprit grégaire. La
ressemblance à autrui satisfait le besoin d’acceptation sociale de l’être
humain par les autres. Toute déviation de la norme peut attirer la critique,
voire la sanction, de sorte que l’imitation des autres par rapport aux
vêtements sert à éviter la marque de « non-conformité au goût
vestimentaire prépondérant ». Ou bien au contraire, on suit la Mode par
« conformisme », parce qu'on n'a pas de personnalité propre, et qu'il est
plus simple de suivre ce que d'autres ont pensé à notre place – ce qui aura
la même conséquence, notamment celle d’éviter toute sanction par la
marque déshonorante de « démodé ».
D’autre part, la Mode s’organise selon tout un système de signes
vestimentaires différents ce qui implique en même temps que l’individu
qui s’habille à la mode jouit d’une certaine distinction sociale. C’est là le
caractère paradoxal de la Mode d’avoir, d’une part, l’« imitation » comme
finalité et d’autre part, d’attribuer la « marque de distinction » dans la
hiérarchie sociale.
50
51
Op. cit., p. 335.
Op. cit., p. 334.
− 31 −
C’est ainsi que le vêtement à la mode constitue un signe
d’acceptation sociale et de statut social.
2.
Les « traits de la Mode »
Si l’on admet que le vêtement constitue la base réelle de toute Mode
vestimentaire, il faudra aller à la recherche du signe qui transmettrait le
message de Mode. Pour qu’un vêtement soit à la mode, il faut déterminer
quel trait de confection y est mis en valeur à un moment donné et lequel
ne l’est pas. Il faut souligner alors que la Mode représente en réalité une
classe assez pauvre qui ne contient qu’une seule variation : il faut
appliquer l’ « épreuve d’assertion » pour repérer quel trait de confection
possède la marque de « validité » et à quels traits elle fait défaut. Alors
tous les traits de confection marqués de cette façon seront considérés à la
mode (et désormais appelés par nous « traits de Mode ») tandis que les
autres formeront un réservoir latent de traits de confection ordinaires,
dans lequel les créateurs de mode sauront sélectionner de nouveaux traits
pour concevoir les modes futures. D’après cette définition, un trait de
Mode n’est qu’un simple trait de confection validée comme étant à la
mode.
Roland Barthes, cependant, donne une autre définition pour les
traits de Mode. Il se réfère à l’écriture de Mode dans un magazine de
Mode tout en analysant les énoncés de Mode d’un point de vue
sémiologique. La Mode fait, par exemple, succéder « les jupes longues
aux jupes courtes, la ligne évasée à la ligne droite, l’association de ces
genres et de ces variants étant, en tout état de cause, possible » 52 . Roland
Barthes définit le trait de Mode comme l’union d’un « genre » (matériel)
comme par exemple une jupe et d’un « variant » (immatériel) qui fixe la
longueur exacte. C’est justement le degré de cette longueur qu’il appelle
le « terme du variant » et il souligne que les différentes formes de Mode
52
Op. cit., p. 204.
− 32 −
concernent seulement les termes du variants et non les variants euxmêmes.
3.
L’origine de la force normative de la Mode
Alors, la question se pose de savoir quelle est l’origine de la force
normative de la Mode. En cherchant l’instance normative qui qualifie tel
ou tel trait de Mode comme étant noté à la mode, nous remarquons que le
créateur d’un vêtement impose sa propre vision du vêtement à l’acheteur.
L’acheteur, cependant, fait son choix en achetant un vêtement particulier
plutôt qu’un autre et par là même signale que ce modèle convient à son
goût. Un grand nombre d’achats de ce même vêtement établirait donc une
mode. Ce mécanisme de base définit la « mode » comme un goût
vestimentaire prédominant à un moment donné de l’histoire, à tel lieu,
dans tel ou tel milieu qui se pratique comme une prédilection collective.
En d’autres termes, ce ne serait « qu’un engouement pour certaines
formes ou certains détails, comme il [en] a existé de tout temps dans le
costume ; elle ne serait en rien une élaboration idéologique » 53 .
Mais ce mécanisme a été complété ou bien remplacé très souvent
par un autre mécanisme, comme l’a démontré Roland Barthes dans son
analyse du système de la Mode écrite. Il explique que c’est le rôle d’un
journal de mode de concrétiser ce qui est supposé d’être à la mode en
ayant recours à la langue. Tout en soulignant la fonction didactique de la
parole, il maintient que « le texte de Mode représente en quelque sorte la
parole autoritaire de celui qui sait tout ce qu’il y a derrière l’apparence
confuse ou imcomplète des formes visibles (de la Mode) » 54 .
53
54
Op. cit., p. 65.
Op. cit., p. 25.
− 33 −
4.
La fonction normative de la Mode écrite
Nous voudrions souligner que ce sont les designers et non pas les
journalistes qui créent une mode, même si ce sont surtout ces derniers qui
détiennent le rôle de propagateurs de la Mode. En se servant de la langue
comme d’un système significatif, ils parlent de la Mode tout en se référant
au code vestimentaire* réel et en ajoutant des concepts subtils que seule la
langue saurait – en grande partie – véhiculer. C’est grâce aux recherches
sémiologiques de Roland Barthes et à ses démonstrations dans « Système
de la mode », que le rôle de la langue comme relais linguistique de la
Mode a été mis en exergue. Selon Barthes, le concept de la Mode doit être
compris comme un systéme translinguistique, c’est-à-dire un système
« dont la signification passe par le relais de la langue » 55 et dont les
mérites sont: l’originalité et l’économie. Prenant en charge tout un
système extra-linguistique, en l’occurrence le système des vêtements, – et
par implication le code vestimentaire* – la langue
explicite la
signification implicitée, véhiculée par tel ou tel vêtement; vu la matérialité
de ce dernier, il ne serait intelligible pour l'homme que par l'usage et
l’expérience.
5.
Le signifié* rhétorique de la Mode écrite
Selon l’analyse de Roland Barthes, le système de la Mode écrite est
un système connoté et le signifié* rhétorique de l’écriture de Mode, c’està-dire l’« Idéologie de Mode » 56 , un signe latent. « Face au signifié*
implicite, le signifié* latent, (c’est le cas de tout signifié* rhétorique) [ . . . ]
situé au terme d’un processus de connotation*, [ . . . ] participe à sa
duplicité constitutive : la connotation* en général consiste en effet à
masquer la signification sous une apparence ‘naturelle’, elle ne se donne
jamais sous les espèces d’un système franc de signification : elle
55
56
Op. cit., p. 192.
Op. cit., p. 258.
− 34 −
n’appelle donc pas, phénoménologiquement, une opération de lecture ;
consommer un système connoté (en l’occurrence le système rhétorique de
la Mode) ce n’est pas consommer des signes, mais seulement des raisons,
des fins, des images ; il s’ensuit que le signifié* de connotation* est, à la
lettre, caché (et non plus implicite) ; pour le dévoiler – c’est-à-dire en
définitive, pour le reconstituer -, il n’est plus possible de s’appuyer sur
une évidence immédiate partagée par la masse des usagers du système,
comme c’est le cas pour la ‘masse parlante’ du système linguistique » 57 .
Mais un énoncé de Mode écrite reste compréhensible sur le plan de sa
dénotation*, même si son signifié* de connotation* n’est pas déchiffré par
le lecteur. Puisque le signifié* rhétorique ne s’avoue pas nettement
comme système de signification, son sens est « global, diffus, pénétré
d’un savoir inégal (selon le degré de culture des consommateurs),
immergé dans une zone mentale où les idées, les images et les valeurs
restent comme suspendues dans la pénombre d’un langage incertain » 58 .
En d’autres termes, le signifié* rhétorique reste confus « dans la mesure
où il dépend étroitement de la situation des individus qui manient le
message [. . .] : de leur savoir, de leurs sentiments, de leur morale, de leur
conscience, de l’état historique de la culture dans laquelle ils vivent » 59 .
Au niveau rhétorique, l’analyse se fait elle-même idéologique en
reconnaissant « les limites que lui imposent à la fois le monde historique
dans lequel elle s’énonce, et l’existence de celui qui l’énonce » 60 .
L’imprécision massive du signifié* rhétorique de Mode correspond en fait
à « une ouverture au monde » par laquelle la Mode atteint « la limite de
son système » et « se défait » 61 .
57
58
59
60
61
Op. cit., p. 259.
Ibid.
Op. cit., p. 261.
Ibid.
Ibid.
− 35 −
C. L’ANALYSE SÉMIOLOGIQUE COMME MÉTALANGAGE*
L’analyse sémiologique constitue un métalangage* dont le rôle est de
« pourvoir un système réel, saisi comme signifié*, d’un ensemble de signifiants*
originaux, de nature descriptive » 62 .
Dans le cas de l’uniforme militaire, par exemple, qui représente l’autorité, on
peut distinguer des signes de gradation qui établissent une hiérarchie dans la structure
du commandement. Une étoile ou une barre fonctionne alors comme symbole qui
dénote le degré du pouvoir d’émettre des ordres. L’accumulation de ces signes sur
l’uniforme désigne donc un pouvoir accumulé. En d’autres termes, plus il y a
d’étoiles ou de barres, plus le rang militaire du porteur de l’uniforme est élevé. Dans
le cas du vêtement de Mode, ces signes sont plus subtils et moins motivés.
D.
POURQUOI L’ÊTRE HUMAIN S’HABILLE-T-IL ?
Nous constatons dans le poème qui suit qu’il y a un dialogue ; or, dans un
dialogue classique nous avons coutûme d’avoir un locuteur et un interlocuteur, mais
ici ce dernier est seulement partiellement présent. Nous pouvons parler ici d’un
monologue. Le locuteur s’adresse à ses habits, il va même jusqu’à personnaliser son
habit, en lui attribuant des traits de caractère humains (« fidèle », « pauvre »,
« vieux »). Le poète, en dernier lieu, considère ainsi son habit comme un vieil ami.
« Sois-moi fidèle, ô pauvre habit que j’aime !
Ensemble nous devenons vieux.
Depuis dix ans, je te brosse moi-même.
Et Socrate n’eut pas fait mieux
A ton revers, j’admire une reprise
C’est encore un doux souvenir
Je dois bientôt, il me semble
Mettre pour jamais habit bas
Attends un peu ; nous finirons ensemble.
Sois-moi fidèle, ô pauvre habit que j’aime !
62
Op. cit., p. 42.
− 36 −
Ensemble nous devenons vieux.
Depuis dix ans, je te brosse moi-même.
Et Socrate n’eut pas fait mieux
A ton revers, j’admire une reprise
C’est encore un doux souvenir
Je dois bientôt, il me semble
Mettre pour jamais habit bas
Attends un peu ; nous finirons ensemble
Mon vieil ami, ne nous séparons pas. » 63
Au cours de ce développement nous tentons de répondre à la question pourquoi
l’être humain s’habille. C’est, en effet, une question épineuse. Pour pouvoir la cerner,
il convient d’abord d’établir une définition convaincante de ce qu’est le vêtement.
Ensuite, il va falloir puiser dans l’étymologie l’origine de celui-ci, son rôle et ses
formes.
L’importance de l’habillement provient du fait de son exclusivité humaine, en
effet, l’alimentation et la sexualité constituent deux actes communs à l’homme et à
l’animal, tandis que l’acte de se vêtir est propre à l’homme seul, même s’agissant de
l’homme primitif. Ce dernier n’a jamais été nu ; il s’est toujours distingué des autres
créatures en habillant son corps, ne serait-ce que par des tatouages, des scarifications
ou encore des mutilations. L’homme a su se distinguer également du reste de la nature
en empruntant à cette dernière quelques éléments pour se protéger contres les
intempéries.
L’habit remplit la fonction principale de protection. Cette fonction de
protection est récurrente dans toutes les définitions relatives au « vêtement » que nous
avons constultées. La protection semble être l’une des fonctions humaines la plus
évidente, en tout cas avant l’apparition des modes ostentatoires. Le premier homme
s’est en effet couvert le corps pour se protéger, associant ainsi au vêtement un
caractère magique. Ce dernier provient de la volonté de nos ancêtres d’emprunter à
d’autres êtres leur puissance en se revêtant d’éléments qui composent leur
morphologie.
63
Toudouze; Georges, Le costume français; Librairie Larousse; Paris VIe, 1945, p. 17.
− 37 −
Dans toutes les définitions que nous avons consultées, le vêtement sert à
« couvrir et à protéger le corps humain » 64 , ce qui confirme ce que nous avançons
plus loin, à savoir la primauté de la fonction protectrice du vêtement ainsi que
l’exclusivité humaine de ce dernier.
E.
LES
DIFFÉRENTS
EMPLOIS
LINGUISTIQUES
DU
« VÊTEMENT »
Un vêtement peut être un vêtement d’enfant, de femme, d’homme ; il peut être
ancien (démodé), moderne, à la mode ou encore ajusté, ample, cintré, collant, croisé,
décolleté, drapé, droit, étroit, fermé, flottant, lâche, large, plissé, serré, strict, vague ou
bien il peut aussi être chaud, court, léger, long, lourd. Il y a des vêtements pour
chaque saison et même demi-saison. Un vêtement est de bonne ou de mauvaise
coupe ; il est sur mesure ou bien il ne l’est pas. Il est fabriqué de différentes matières
premières (coton, cuir, drap, laine, soie, toile. etc.). Il est dans différents états :
froissé, fripé, élimé, hors d’usage, usé, baveux, taché, souillé ou alors de bonne
qualité, neuf, élégant, habillé. Il peut être clair ou sombre. Ajoutons qu’à chaque lieu
ou circonstance correspond un vêtement. On distingue entre vêtement de sport ou de
parade, vêtement de ville, de travail, d’intérieur, vêtement de dessus ou de dessous.
Un vêtement est correct ou convenable. On peut le nettoyer, le laver, l’essayer, le
coudre, l’acheter, le ranger, le retirer, l’assembler, l’offrir . . .
Cette liste des combinatoires n’est pas exhaustive, elle témoigne de la richesse
et de la fertilité du champ vestimentaire, par rapport à notre domaine de recherche
qu’est la sémiologie*.
Conformément à ce que nous avons avancé, la fonction première du vêtement
est la protection, or, une autre fonction semble être bien cachée, en l’occurrence le
sens caché de l’habillement. En effet, le vêtement est porteur de sens dans la mesure
où l’individu communique à travers ce qu’il porte. Cette communication est bien
entendu non verbale, puisqu’elle s’exerce sans que soit échangé le moindre mot. Le
vêtement peut dire bien des choses sur une communauté, il constitue un critère de
64
Le TLF informatisé, 2004, le Petit Robert informatisé, 2008 et le Petit Larousse informatisé, 2008.
− 38 −
distinction et d’appartenance sociale, voire une expression d’un état d’âme, ou encore
des goûts d’une personne. Loin de n’être qu’un accessoire ou qu’une apparence
trompeuse, le vêtement, a priori, « fait le moine » puisque, en se référant à un article
paru dans le magazine Sciences humaines intitulé « L’habit fait le médecin », le
résultat de l’enquête réalisée auprès d’une cinquantaine de patients dans un hôpital de
psychiatrie démontre l’impact de l’aspect vestimentaire des médecins sur ces derniers
qui préfèrent la tenue stricte (complet, tailleur) et rejettent la tenue décontractée
(jeans, T-shirt . . .), la première reflétant aussi bien la compétence que la confidence.
Le même article évoque une autre enquête réalisée auprès d’un groupe d’adolescents
qui, eux, préfèrent plutôt leurs médecins généralistes en tenue décontractée. Le
contenu de cet article reprend implicitement la question posée en guise d’introduction
« Faut-il juger un médecin sur sa tenue ? » La réponse étant affirmative, le proverbe
« l’habit ne fait pas le moine » peut être remis en cause dans la mesure où « le
vêtement est une manifestation humaine bien différente de ce que nous en pensons au
premier abord ». 65
Cependant, certains écrivains pensent que le vêtement est bien loin de
transmettre ou de communiquer un message efficient à la manière de Frédéric
Monneyron qui considère le vêtement comme « une apparence trompeuse » à
laquelle il con[vient] de préférer la vérité . . . toute nue » 66 . Cela fait penser à un
dicton arabe qui dit : « Si les gens avaient été jugés sur leur tenue, le paon aurait été
supérieur à l’homme ». Ce qui peut être complété voire contredit par un autre
proverbe arabe : « Mets des vêtements à ta taille, ils t’iront bien », qui connote une
certaine hiérarchie sociale déterminée par l’aspect vestimentaire de la personne. En
effet, le vêtement est de plus en plus considéré comme un élément fondateur
explicitant les comportements individuels aussi bien que les structures sociales. En
outre, il distingue les hommes entre eux et permet d’identifier telle ou telle époque.
En définitive, on le considère comme un signe social qui informe sur l’état, l’âge, le
rang, la classe et éventuellement la religion (le voile islamique), d’autant plus que, par
sa forme, sa matière, sa couleur et ses motifs, l’habillement est un enseigne sur telle
ou telle situation, comme la couleur noir, par exemple, qui signifie dans une
65
66
Julia, A., in Sciences humaines, No. 83, Mai 1998, p. 7.
Frédéric Monneyron, La frivolité essentientielle, PUF, 2001, la 4e du livre.
− 39 −
civilisation donnée le deuil. Il cache en même temps qu’il dévoile, dans la mesure où
il constitue l’expression du corps ; en effet, il est un fait socio-culturel qui inspire la
crainte ou l’autorité, à titre d’exemple le costume professionnel de l’avocat, de l’agent
de police, etc., donnant un poids à leur porteur et imposant respect, supériorité et
distinction. La « distinction » rime ici avec « information », mais aussi avec
« appartenance » à un groupe. Cet aspect vestimentaire informe sur le groupe
d’appartenance, soit par choix (le costume professionnel), soit par obligation comme
la tenue imposée aux prisonniers.
SECTION IV :
ÉTUDE
COMPARATIVE
LINGUISTICO-
VESTIMENTAIRE
Il existe un nombre considérable de points communs entre le système
vestimentaire et celui de la langue. Commençons par effleurer ces convergences
théoriquement. Quant à l’application, c’est-à-dire l’argumentation explicite par le
biais des exemples concrets, nous allons l’effectuer ultérieurement au cours de
l’analyse de notre corpus. Un premier point, c’est le fait que l’aspect vestimentaire
soit un langage tout comme n’importe quelle langue. Tout langage possède, selon
Roman Jakobson, six fonctions 67 : « le destinateur (= locuteur) envoie un message au
destinataire (= auditeurs). Pour être compris, le message requiert un contexte
linguistique ou une situation extra-linguistique auquel ou à la quelle il renvoie, et un
code* (= langue) commun au destinateur et au destinataire. Enfin, le message requiert
un contact, un canal physique et une connexion psychologique entre le locuteur et
l’auditeur, contact qui leur permet d’établir et de maintenir la communication. Le
destinateur, dans la communication vestimentaire est « l’habillé », c’est-à-dire celui
qui porte tel ou tel vêtement, ayant ou pas l’intention de transmettre un message. Le
destinaire, c’est l’entourage, ou plus précisément, les personnes qui « voient »,
« regardent » l’habillé et interprètent son discours vestimentaire. Le message, c’est
l’habit, un habit qui n’est pas ordinaire et qui attire les regards et incite à
67
Jakobson, Roman cité par: Baylor, C. et Fabre, 1998, La sémantique, Nathan, Paris, p. 58.
− 40 −
l’interprétation et au déchiffrement, d’où la fonction poétique du message. Le contact,
c’est le canal, c’est la culture partagée (dite la fonction phatique). Le voile islamique,
à titre d’exemple, ne représente pas les mêmes valeurs dans une communauté
musulmane que dans une autre communauté. Enfin, le code*, qui remplit la fonction
métalinguistique, se manifeste dans la communication vestimentaire par le fait du
décodage du costume, en d’autres termes, par la traduction du costume dans une
langue ou dans un langage compréhensible. La communication constitue donc un
point commun qui réunit la langue et le vêtement.
De même que dans la langue, l’univers vestimentaire peut être repertorié dans
des registres, en l’occurrence, l’habit soutenu (qu’on peut exemplifier par les
vêtements de parade), l’habit usuel (le bleu du travail, par exemple), l’habit de la rue
ou du « shopping » (comme le jeans et le T-shirt).
Une autre ressemblance entre le code vestimentaire* et la langue réside dans le
fait qu’on puisse distinguer dans le vêtement entre costume et habillement 68 , le
premier étant un fait culturel et social, ce qui correspond à la langue, l’habillement
étant plutôt individuel, destiné à la protection, ce qui fait écho à la parole dans la
division saussurienne. Toujours dans la perspective comparative de la dichotomie
vêtement–langue, nous pouvons parler de la notion de l’arbitraire* ou de
l’immotivation* et de la motivation* du signe vestimentaire*, une union classique en
linguistique établie par Saussure, qui fait que la relation entre le signifiant* et le
signifié* est arbitraire* ou immotivée. Cette immotivation*, Saussure l’argumente par
le phénomène de la synonymie « mutton » et « sheep » 69 , mais aussi par les langues
multiples qui existent : « arbre » en français, « tree » en anglais ; quant à l’arbitraire*
ou l’immotivation* du signe vestimentaire*, nous l’expliquons par le fait que le
vêtement / l’habit ou le costume soit le fruit / le résultat d’un travail de création
toujours recommencé ; puisque le vêtement correspond au signifiant* et la mode est
le signifié*, ce dernier est en perpétuel changement. Roland Barthes renforce cette
idée en avançant qu’« il (le signe de mode) n’est ni l’effet, ni d’une évolution
68
69
Barthes, Roland, Système de la mode, 1967, Seuil, Paris, p. 30 : L’opposition costume / habillement
a été avancée par Roland Barthes se basant sur la dichotomie saussurienne langue / parole.
C’est l’exemple qu’a donné Saussure dans son CLG, Cours de linguistique générale, (1915, 1917),
Payot, Paris, p. 98.
− 41 −
progressive (dont aucune ‘génération’ ne serait en propre responsable), ni d’un
consensus collectif ; il naît brusquement et en entier, chaque année, par décret
(‘Cette année, les imprimés triompheront aux courses’) ». Le même auteur parle de la
possibilité de motivation* du signe vestimentaire*, une motivation* relative qui
provient d’une « conformité fonctionnelle », c’est-à-dire quand il y a une analogie
entre le vêtement réel et le vêtement décrit, on parle de « motivation* fonctionnelle ».
Dans le cadre de la motivation*, une autre convergence, qui nous paraît
« légère » - nous l’évoquons tout de même au passage – est à signaler : il s’agit des
onomatopées*, nous savons que certains « substantifs » sont issus du bruit qu’ils
produisent. (tic, tac, boum
. . .), dans le vestimentaire, nous avons constaté
l’existence de quelques pièces vestimentaires dont la dénomination est faite à partir
du bruit qu’elles font : « le panier est probablement issu des criardes – ainsi nommés
à cause du bruit qu’elles faisaient » 70 .
En outre, il faut repérer les emprunts qui enrichissent les langues, dans chaque
langue nous observons en effet bon nombre de mots empruntés à d’autres langues
étrangères comme « alcool », « magazine » empruntés à la langue arabe et intégrés
dans la langue française. En ce qui concerne le monde de la mode vestimentaire, cette
dernière est capable d’influencer une autre (mode), et du coup, lui prêter telle ou telle
pièce d’habillement, à titre d’exemple, la toque de Florence, un couvre-chef à bords
relevés et orné d’une enseigne, est devenue au XVIe siècle très courant en France ou
encore le vertugadin de provenance espagnole qui prend la forme d’un jupon en
France.
Les emprunts vestimentaires* peuvent se faire au sein d’un même pays, d’une
même mode mais aussi entre des domaines de vie différents, en l’occurrence, au cours
du même siècle, l’épée a été empruntée au costume militaire et a été portée en
costume civil ; nous observons aussi de nos jours la mode du port des motifs
militaires, surtout par les adolescents, cette mode est de plus en plus en vogue et
observée chez les garçons comme chez les filles ou encore, le chandail marin, qui est
à l’origine un long vêtement marin réservé à un usage professionnel. Cette pièce
conçue pour protéger le dos des marins connaît des changements : des couleurs ou des
70
Barthes, Roland, Système de la mode, (1967), Éditions du Seuil, Paris, pp. 243-244.
− 42 −
rayures sont apparues, ce qui fait de ce vêtement marin un habillement culte du XXe
siècle comme le jeans ; il est porté aussi bien à la mer qu’en ville, par des pêcheurs ou
des non-pêcheurs, on parle même de mode marine, sur le plan sémiotico-linguistique,
c’est un emprunt vestimentaire, signe d’évasion vers les larges horizons. Il reste à
savoir, si les emprunts vestimentaires* sont considérés comme une ouverture sur
d’autres cultures ou s’ils sont simplement le résultat d’une volonté d’être à la mode,
une mode dite exotique puisque les emprunts relient l’aspect vestimentaire à la mode.
De plus, le phénomène des « variantes » en langue, étudié, surtout par la
science de la phonologie, est observé aussi dans l’habillement, notamment la robe à
la piémontaise portée en 1755 par la princesse de Piémont, et qui constituait une
variante de la robe à la française.
Nous évoquons également le phénomène du néologisme* dans la langue qui
consiste en la création de tel ou tel substantif par le biais de quelques « opérations »
comme la transaction, les mots-valises*. Dans le domaine vestimentaire, le
néologisme* correspond à la création de nouvelles pièces vestimentaires, c’est, en
effet, un fait de mode, en contrepartie d’autres pièces vestimentaires disparaissent. On
est devant le phénomène de l’archaïsme*.
Le corset est une pièce vestimentaire qui a disparu, et donc archaïque, et qui a
cédé la place au néologisme* des années 1920 qu’est le soutien-gorge. Ce phénomène
nous rappelle la condition humaine, à savoir ee néologisme* correspondant à la
naissance et l’archaïsme* faisant écho à la disparition.
La non-universalité de la langue est comparée à celle du vêtement. En effet,
chaque pays a sa propre langue, voire même chaque région, on parle à ce moment-là
de dialectes. De la même manière, les vêtements ont une identité, en d’autres termes,
ils appartiennent à des pays et des régions, les habitants de chaque ville ; régions ou
pays s’expriment à travers leurs traditions vestimentaires, ces dernières sont appelées
costumes ; cette / cet « individualité / individualisme » vestimentaire est omniprésente
dans les tranches d’âge, particulièrement chez les adolescents, ces derniers sont en
effet toujours à la recherche d’un style qui les révèle, d’une marque d’affirmation de
soi, à travers leur habillement, les adolescents cherchent leur personnalité en même
temps qu’ils affichent généralement leur appartenance à leur génération par le port
− 43 −
généralisé du jeans, d’un T-shirt, de baskets de marque, de longues vestes, et la
sobriété règne sur le tout, leur langage est aussi différent que leurs vêtements.
Enfin, la dichotomie connotation*/dénotation* en linguistique correspond
respectivement au sens caché/sens voilé des vêtements, la connotation* implique la
polysémie*, un autre point commun entre la langue et le vestimentaire, en effet, au
même titre que la langue, les vêtements sont porteurs de plusieurs sens.
A.
LES VÊTEMENTS DE MODE, UN VASTE CHAMP POUR
L’ANALYSE SÉMIOTIQUE
Les vêtements de mode constituent de fait un terrain fertile pour une pratique
sémiotique. Rappelons 71 que cette dernière représente un vaste champ d’études, c’est
un discours, mieux encore, c’est une « science générale des signes » qui vise à
analyser la manière dont s’élabore la signification et qui se rapporte à la totalité des
productions sociales (objets de connotations*, modes, en l’occurrence, modes
vestimentaires constituant le noyau de notre thèse, rituels, etc.).
C’est donc à travers cette démarche sémiologique du vêtement que nous allons
essayer de procéder à une analyse d’un corpus iconique composé essentiellement
d’éléments vestimentaires hétérogènes ; il s’agit de déterminer ce que peut révéler tel
ou tel vestème* 72 , en se concentrant sur l’interprétation du vêtement-image*. Ce
dernier constitue la première distinction barthienne dans le domaine de la mode
vestimentaire ; il correspond au vêtement photographié ou dessiné tel qu’il est
présenté dans un journal ou un magazine de mode. La deuxième distinction
correspond au vêtement-écrit qui est décrit et sur lequel Roland Barthes a fondé sa
théorie du système de la mode. La troisième s’assimile au vêtement réel, au sein
duquel, les deux premiers trouvent une identitié ; c’est donc sur le « vêtement tel
qu’on le (re)garde » que nous allons concentrer toute notre attention.
71
72
Nous avons utilisé le terme « rappelons » parce que la sémiologie* a fait l’objet de notre travail
DEA en 2005, le titre étant « La sémiologie de l’image publicitaire à travers la presse écrite ».
Nous employons le terme « vestème* » ici dans le sens de « signe vestimentaire* », c’est-à-dire que
nous avons fusionné les termes « sème » et « vêtement » en nous inspirant du terme « sémèmes ».
− 44 −
Nous avons la conviction que le système vestimentaire véhicule bien plus qu’un
seul message dans la mesure où « tout message est [. . .] composé de deux messages
superposés » 73 . Dans notre cas, nous dirons que tout message est composé au moins
de deux messages. Bien qu’ils soient non-verbaux, les comportements vestimentaires
sont, bel et bien, traduisibles en messages verbaux apportant ainsi des informations
plutôt identitaires sur les personnes vêtues. Cela n’est réalisable que dans le cadre
d’une perspective sémiotique. Une personne quelconque, en portant un habillement
quelconque diffuse consciemment ou inconsciemment une information, un message ;
elle peut aussi, volontairement ou non, représenter une tribu, incarner une culture ou
encore symboliser une valeur. « Dis-moi quelle marque tu décides d’afficher sur toi,
je te dirai qui tu es ou qui tu voudrais qu’on croie que tu es » 74 . Dans le fond, ce
palimpseste* renforce l’idée de l’identité ou de distinction à travers le choix d’un
style vestimentaire, mais en arrière de ce choix, il y a une sorte de masque ou de
déguisement qui met en relief une autre fonction du vêtement, dans le cadre du
paradoxe : montrer / cacher.
B.
LE CONCEPT DU SIGNE : LE SIGNE LINGUISTIQUE ET
LE SIGNE VESTIMENTAIRE*
Il importe de préciser encore une fois que langue et vêtement se croisent et
partagent une même notion, un concept identique, celui du signe. Sur le plan
linguistique, nous nous référons à Saussure : « Le signe linguistique unit non une
chose et un nom, mais un concept et une image acoustique [. . .] Nous proposons de
consacrer le mot signe pour désigner le total, et de remplacer concept et image
acoustique respectivement par signifié* et signifiant* » 75 . En d’autres termes le signe
linguistique est l’union de la dichotomie signifiant*/signifié* à laquelle s’ajoute le
73
74
75
Lethuillier, Jean-Pierre (dir.), Des habits et nous, vêtir nos identités, Rennes, Presses universitaires
de Rennes, 2007, p. 22.
Parallèlement à la trilogie vestimentaire de Barthes (vêtement-image*, vêtement écrit*, vêtement
réel) celle de Lethuillier est composée du vêtement tel qu’on le (re)garde « objets de collection,
iconographies, inventaires », le vêtement tel qu’on le pense (traités politico-moraux, ouvrages
médicaux) et le vêtement tel que l’on parle « actes de police et de justice ».
Minot, Françoise, op. cit., p. 9.
Saussure, Ferdinand de, CLG, (1916, 1972, 1985, 1995), Éditions Payot & Rivage, Paris, p. 98.
− 45 −
référent* ; le signifiant* est par définition l’expression ou la forme graphique à l’écrit
ou acoustique à l’oral, le signifié* désigne le contenu et le référent* représente l’objet
réel.
Quant au *, nous l’appréhendons comme étant un signe visuel et nous lui
attribuons la définition suivante de Charles S. Peirce : « Le signe, c’est quelque chose
sous quelque rapport ou à quelque titre » 76 . Le signe vestimentaire* est, par
conséquent, un objet, « quelque chose » qui se rapporte exclusivement à l’homme
« sous quelque rapport » et qui connote une situation « à quelque titre ».
Concernant les composantes de signes vestimentaires, nous nous sommes
inspirées du triangle sémantique d’Ogden Richards ou encore de celui établi par le
Groupe μ 77 , intutilé le triangle du signe iconique. Notre triangle sémiotique, celui du
« signe vestimentaire* », est constitué du vêtement (re)présenté et du vêtement réel,
placés à la base du triangle et le vêtement-catégorie au sommet.
I.
Le vêtement (re)présenté
Il correspond à l’image ou plutôt au contenu de l’image qui met en scène
un vêtement ; nous entendons ici l’image publicitaire de vêtement de mode qui
composera notre corpus. Le vêtement (re)présenté peut être dessiné ou
photographié. Le vêtement (re)présenté correspond au référent* d’OgdenRichards et de celui du Groupe μ, dans la mesure ou il renvoie à l’objet en
question ; néanmoins la différence entre les deux est que le référent* propre au
langage n’est pas nécessairement réel, c’est-à-dire qu’il n’a pas forcément une
existence concrète, comme en témoigne l’exemple habituel du centaure 78 , de la
sirène 79 ou encore de la licorne 80 , à l’opposé, le vêtement (re)présenté possède
forcément une existence palpable, car même si on dessine un vêtement
76
77
78
79
80
Peirce, Charles Sanders, Écrits sur le signe, (1978), Éditions du Seuil, Paris, p. 121.
Modèle du signe iconique*: Groupe μ, op. cit., p. 136.
Le centaure, d’après le Petit Robert informatisé 2008, est un « être fabuleux, moitié homme et
moitiè cheval ».
Cf. Le Petit Larousse, p. 943 : « 1. MYTH. GR ET ROM. Démon marin femelle représenté sous
forme d’oiseau ou de poisson avec tête et poitrine de femme, et dont les chants séducteurs
provoquaient des naufrages. »
La licorne est un animal mythologique, le symbole de la chasteté, telle que le peintre Raphaël
(1483-1520) l’a représentée dans son tableau « Énigmatique Jeune Dame à la Licorne ».
− 46 −
nouvellement crée sur papier, s’il n’existe pas encore ou n’a pas existé
auparavant, sa réalisation demeure faisable.
II. Le vêtement réel
C’est au sens barthien du terme que nous employons ici le terme
« vêtement réel ». C’est l’objet ou le produit dessiné ou photographié dans le
vêtement (re)présenté, en d’autres termes, c’est l’existence matérielle du
vêtement : « la structure du vêtement réel ne peut être que technologique ; les
unités de cette structure ne peuvent être que les traces des actes de fabrication,
leurs fins accomplies, matérialisées : une couture » 81 .
III. Le vêtement-catégorie
Le vêtement-catégorie a pour fonction d’assurer l’identité entre le
vêtement (re)présenté et le vêtement réel. Il désigne une famille vestimentaire,
mieux encore un stéréotype 82 : « nous expliquons la chose comme suit : un
pantalon photographié, c’est-à-dire un vêtement (re)présenté, a une
morphologie bien réelle (le vêtement est réel), cependant, ce n’est pas le seul
‘type’ de pantalon qui existe au monde, ni l’unique pantalon non plus ; en
terme de quantité, les pantalons sont au nombre infini aussi bien qu’en terme
de qualité ou de style, il existe bien plus qu’une seule coupe, matière ou design.
Il s’agit du côté conceptuel du vêtement en question, en d’autres termes, un
ensemble
de
caractéristiques
photographié. »
81
82
Barthes, Roland, op. cit., p. 15.
Barthes, Roland, op. cit., p. 83.
inhérentes
au
vêtement
dessiné
ou
− 47 −
C.
CARACTÈRES
CONNOTATIFS
ET
DÉNOTATIFS
DU
SIGNE VESTIMENTAIRE*
I.
Les constituantes du signe vestimentaire*
Au même titre que le signe linguistique, le signe vestimentaire* comporte
des unités lui assurant son statut de désignateur de sens. Pour le signe
linguistique, on parle de sèmes. Nous attribuons le substantif « vestème* » au
contenu sémantique du signe vestimentaire* ; par ailleurs, notre emploi de
« vestème* » n’est pas le même que celui de Roland Barthes. En tout cas, il
n’est pas sémantiquement identique. Barthes l’a utilisé en tant que mot
distinctif « institué par des oppositions de traits pertinents », pour les traits
pertinents, nous nous permettons de créer le terme « vestimentèmes* ». Comme
les sèmes, les vestèmes* sont dénotatifs, mais aussi connotatifs. Les premiers
se présentent plutôt sous la forme d’un métalangage*, on est du côté de leur
sens stable, de leur définition établie dans les dictionnaires. Les deuxièmes, que
nous appelons aussi « vestimèmes », désignent un ensemble de vestèmes*
virtuels, c’est le sens instable du signe vestimentaire*, qui change selon les
cultures, (et qu’on pourrait appeler « vesticulture* ». Il nous a été inspiré par le
terme « lexiculture* » qui doit sa création à Robert Galisson en 1987. Nous
entendons le terme « vesticulture* » dans le même sens employé pour
« lexiculture* », c’est-à-dire « La culture véhiculée par les mots à charge
culturelle partagée » 83 , nous dirons pour la vesticulture* que c’est la culture
véhiculée par les vêtements à charge culturelle partagée.
83
Galisson, Robert et Pruvost, Jean (Rédaction), (Octobre, décembre 1999), 116, Études de
linguistique appliquee, Revue de Didactologie des langues-cultures, vocabulaires et dictionnaires en
FLM et en FLE, Didier Érudition, Paris.
− 48 −
II. Les
vêtements,
entre
signes
volontaires*
et
signes involontaires* : Le signe vestimentaire*
dans le processus de la communication
Tout système de relations organisées d’un ensemble de signes constitue
un message. Qui dit message, dit communication. Cette dernière nécessite, bien
entendu, un émetteur, un récepteur, un canal et un code*. Dans le cadre de
l’interprétation
sémiotique,
le
signe
vestimentaire*
est
un
signe
communicationnel par excellence. Nous savons que tout signe pour être
compris et pour qu’il assure la communication entre l’émetteur et le récepteur,
nécessite un code* qui doit être déchiffrable et compréhensible et donc partagé
par les deux interlocuteurs. Dans le cas du signe vestimentaire*, le code* est la
Mode et/ou la culture.
Continuons notre esquisse sur l’aspect communicatif ou non des signes
vestimentaires. En effet, ceux-ci peuvent être destinés à la communication.
Dans ce cas, on parle de signes volontaires ou artificiels ; à l’opposé, ce même
signe vestimentaire* peut être involontairement significatif. Alors on l’appelle
signe vestimentaire* naturel ou involontaire.
1. Les signes vestimentaires* involontaires
Nous entendons par signes vestimentaires involontaires le fait que
les individus portent des vêtements par nécessité, c’est-à-dire qu’ils n’ont
aucune intention de communiquer ou de transmettre un message. Ils sont
vêtus de tel ou tel vêtement simplement pour protéger le corps du froid ou
de la chaleur, ou encore parce que l’acte de se vêtir est un acte quotidien
et presque naturel puisqu’il faut bien s’habiller, cet acte étant inhérent à
l’être humain. Cependant, ces gens-là, sans le vouloir ou même sans le
savoir, par leur comportements vestimentaires, véhiculent des messages
donnant des informations sur leur état d’âme par exemple, leur identité ou
− 49 −
encore leur goût : « Il est moins question d’assurer la primauté de
l’apparence sur l’être que d’obscurer l’impact de la première sur le
second » 84 . Les apparences ne sont donc pas trompeuses, en tout cas, pas
toujours, dans la mesure où « le paraître avoue l’être » 85 ; les apparences
vestimentaires sont plus profondes que l’on pense. Ils peuvent représenter
telle ou telle société : « La société se montre donc dans ses habits ou elle
ne se montre pas » 86 non parce qu’elle le sent, mais plutôt parce que
« l’habit est porteur de sens » 87 . Ainsi, un jeune habillé conformément
aux « normes » vestimentaires propres à sa tranche d’âge n’a pas
forcément la volonté d’informer sur son appartenance à tel ou tel groupe
social ; il en va de même pour une personne aisée, luxueusement vêtue ;
cet individu est habillé ainsi parce qu’il a les moyens financiers qui lui
permettent de s’offrir ce luxe et, par conséquent, cette personne donne
involontairement à autrui une information, celle de sa « richesse ». Cette
information est loin d’être « préméditée », car la personne en question ne
peut pas, vestimentairement, se comporter de la même manière qu’un
pauvre, « les différences économiques et sociales majeures existant entre
les riches et les pauvres ou bien les travailleurs et les oisifs, auraient
automatiquement entraîné une différence majeure d’habillement » 88 .
Dans
cette
catégorie
de
signes
vestimentaires
involontairement
signifiants, nous pouvons insérer les vêtements dits de profession comme
la robe des avocats, l’uniforme militaire, etc. Ces vêtements sont donc
porteurs d’information sur le métier qu’exerce l’« habillé ». Ce qui
confirme la signification involontaire des uniformes professionnels, c’est
que les porteurs ne sont pas vêtus ainsi par choix mais par obligation ou
nécessité.
84
85
86
87
88
Monneyron, Frédéric, La mode et ses enjeux, 50 questions (2005), Klincksieck, Paris, p. 13.
Ibid., p. 59.
Kraatz, Anne, op. cit., p. 13.
Ibid., p. 18.
Ibid., p. 25.
− 50 −
2.
Les signes communicationnels
Ce sont les signes « dont la fonction sociale est de véhiculer un
MESSAGE informationnel déterminé » 89 . Ils sont dits aussi volontaires,
car intentionnel, en effet, le port des vêtements peut dépasser les simples
fonctions de protection, de confort ou d’utilité. Les individus
communiquent à travers leurs comportements vestimentaires ; il s’agit de
vêtements de la mode, cette dernière représentant en elle-même une
communication à part entière ; elle communique les tendances au rythme
des saisons, aux individus qui, à leur tour, par le biais de leurs vêtements,
expriment leur identité et leur appartenance à une communauté
quelconque. Mode et communication sont donc interdépendantes dans la
mesure où la mode, pour se vendre, a besoin d’être communiquée à un
large public, la communication pour subsister et même pour survivre au
sein de ce domaine a besoin de la mode, cette dernière, de caractère
perpétuellement changeable, ne peut se passer d’une permanente
communication.
Nous évoquons alors un autre visage de la communication
vestimentaire ; il y a des vendeurs qui portent des modèles de la marque
qu’ils vendent, donnant ainsi une valeur mais aussi une vie à leurs
produits vestimentaires, ces vendeurs ont pour objectif, l’identification
avec les clients ; il s’agit là, bel et bien, de signes vestimentaires
communicationnels volontaires, puisque l’idée est de véhiculer la marque.
On parle aussi de communication de marque, de produit ou de nom ; la
mode accomplit ce rôle de signe communicationnel sans faire appel au
verbal, elle communique quelque chose sur l’individu du seul fait que
celui-ci porte un vêtement de telle ou telle marque.
89
François, F., (dir.). Linguistique, (1980), Presses universitaires de France, p. 56.
− 51 −
D.
VÊTEMENT(S), MODE(S) ET COMMUNICATION
La communication est un processus manifeste dans notre société, elle prend
différentes formes, elle est verbale ou non-verbale. Nous communiquons dans divers
buts : informer, s’informer, connaître, se connaître, expliquer, s’expliquer,
comprendre, se comprendre, bref, le principal reste d’être en relation avec le monde
externe, une relation « discursive » et surtout utile. Nous nous intéresserons dans ce
qui suit à une forme originale et moderne de communication, à savoir la
communication intervestimentaire. Avant d’aborder cette nouvelle forme de
communication, nous allons rapidement analyser la communication de la mode. Nous
savons que la mode représente à elle seule un acte de communication dans la mesure
où elle est destinée à être « vendue ». En effet, outre les producteurs ou les créateurs
de la mode, le rôle des professionnels de la communication est indéniable, notamment
celui des publicistes qui fournissent à la mode les meilleures stratégies de
communication. En effet, de la communication de nom à la communication du
produit vestimentaire en passant par la communication de marque, il s’agit de tout un
processus à travers lequel les « acteurs » de la communication transmettent leur
message-produit afin de cibler un large public et du coup un grand marché.
Communication et mode sont en interaction permanente puisque la mode change au
rythme des saisons.
Les individus à leur tour, en s’habillant à la mode ou non, véhiculent un
discours, comme nous venons de le voir, volontaire et / ou involontaire.
I.
Les
vêtements
communicants
ou
l’ordinateur
vestimentaire
De prime abord, l’ordinateur vestimentaire sera, selon Charles Halary 90 ,
aussi indispensable que la montre et le téléphone portable de nos jours. Comme
son nom l’indique, il s’agit d’un mini-ordinateur intégré aux vêtements, en
l’occurrence, les vêtements de mode, puisqu’il est question d’une
communication à la mode. Le même auteur prévoit que cette nouvelle forme de
90
Halary, Charles, directeur du TESLAB, université du Québec à Montréal.
− 52 −
communication sera le fruit d’un travail en collaboration des créateurs de mode
et des informaticiens. Cette nouvelle technologie vestimentaire accomplit ou
plutôt renforce à la fois la fonction de protection, première fonction à laquelle le
vêtement est destiné et celle d’information. Donnons un exemple: un individu
se (re)trouve dans un endroit isolé qui représente un risque pour sa vie, un
danger de mort, cet individu est équipé d’un téléphone portable, mais ce dernier
ne fonctionne pas pour des raisons liées à la batterie, au réseau ou à d’autres
problèmes de communication via le téléphone ; heureusement, cette personne
est revêtue d’un ordinateur vestimentaire lui permettant de signaler sa difficulté
à une autorité de protection pour l’aider à quitter la zone risquée. Ce vêtement
« intelligent » a donc su réconcilier protection et information, et cette dernière
implique forcément une communication. Cette nouvelle révolution, laisse libre
cours à notre imagination concernant les différents domaines d’intervention et
d’utilité qu’a l’ordinateur vestimentaire, notamment dans le domaine du sport
où le rôle de cette performance vestimentaire 91 sera incontournable, ne serait-ce
que pour mesurer les capacités du sportif en pleine action, ou encore résoudre le
problème du dopage. Dans les différents domaines professionnels, le port de ce
type de vêtement sera éminent : « Un système de communication, qui
s’émancipe des objets lourds et permanents, accompagne les individus sans
entraver leurs mouvements et se prête à une recherche esthétique autant que
fonctionnelle, voilà ce que peut offrir l’ordinateur vestimentaire qui devient le
maillon d’une chaîne de communication personnalisée. Comme pour certaines
montres aujourd’hui, il serait même possible de transmettre au point une
batterie rechargée à partir du corps en mouvement. Mieux encore, la batterie
serait constituée de pellicules de lithium polymère directement utilisables dans
la confection du vêtement » 92 .
Le même auteur conclut que le port de ce vêtement spécifique permettra
d’effectuer un contrôle des individus, notamment des malfaiteurs ; d’où
l’importance du rôle social que pouvait avoir selon son inventeur l’ordinateur
91
92
Décembre 2002, Interfaces humaines : La peau naturelle et le vêtement informatisé :
www.unites.uquam.ca/tlab/TESLABseminaire23janvier.doc.
Halary, Charles, http: //www.francetelecom.com/fr/groupe/rd/unc/videotheque/video/ vetement_ com.htm.
− 53 −
vestimentaire. Dans le monde de la mode, l’ordinateur vestimentaire peut être
synonyme d’une imagination débordante surtout que cette technologie
vestimentaire est supposée concerner un large public pour ne pas dire tout le
monde ou toute personne attirée par les modes : « Ces vêtements, qui sortiront
alors de leur univers militaire et professionnel, seront destinés à conquérir le
coeur et le corps de certaines fractions de la population. À partir de là, une
diversification du marché de l’ordinateur vestimentaire se fera en fonction des
modes du moment et des firmes qui en feront la promotion » 93 .
II. Les
vêtements
Télécom :
une
communicants
« nouvelle
de
mode »
France
de
communication
La chaîne de télécommunication française, France Télécom, est
probablement la première qui soit en train de matérialiser le grand projet de
l’ordinateur vestimentaire en créant le vêtement communiquant, ce dernier étant
né à partir d’un mariage homogène de trois éléments :
-
une technologie innovante d’écran souple couleur communicant,
-
des vêtements et accessoires tendances,
-
de nouveaux services à destination des mobiles.
Cette association savante de textile et d’écran connecté au téléphone mobile
permet d’afficher sur soi « l’image de soi », concept sur lequel France Télécom
a travaillé pendant cinq années avec la collaboration des technodesigners qui ont
intégré des sources lumineuses directement sur le tissu, permettant ainsi
d’afficher des messages textuels ou iconiques comportant des couleurs et des
animations, et du coup de communiquer le plus rapidement possible, avec une
efficacité redoutable, en temps réel, et beaucoup plus esthétique que les
impressions sur les T-shirts et les casquettes très en vogue jusque-là. Les
vêtements communicants reflèteraient ainsi une société d’une nouvelle
93
Ibid.
− 54 −
génération d’hyper-communication. « C’est une rencontre qui se fait tout
naturellement dans mon domaine de recherche, j’ai toujours fait ce travail de
recherche technologique dans la mode et les vêtements. Donc pour moi, c’était
une suite logique dans mon travail, c’était prendre des vêtements avec des
écrans » 94 .
III. Des normes vestimentaires imposées dans des
écoles publiques à la liberté des individus
L’adoption dans certaines écoles publiques d’un uniforme vestimentaire,
limite-t-elle les libertés des élèves ? Cette question se pose à partir du moment
où l’on rappelle que les gens « communiquent » ou « s’expriment » aussi à
travers leur tenue vestimentaire. La première action, « communiquer », se veut
informatrice, en tout cas plus que la seconde, « s’exprimer », qui représente
plutôt une extériorisation. Ou encore, la première consiste à transmettre un
message, la seconde constitue simplement un style, une image de soi et de son
intérieur. À l’instar de cette distinction, nous déduisons que l’obligation du port
d’un uniforme scolaire ou professionnel ne peut porter atteinte à la liberté des
individus dans la mesure où il s’agit d’une simple information. Nous nous
expliquons : Un élève qui porte une tenue scolaire ne s’exprime pas puisqu’il
est vêtu d’une « seconde peau » qui lui est imposée ; cependant il communique,
il informe qu’il appartient à une « catégorie » de la société, celle des personnes
scolarisées; il en va de même pour n’importe quelle autre personne représentant
par sa vêture une profession ou un métier quelconque et du coup, portant des
habits qui ont trait à son appartenance professionnelle ; nous évoquons ici
également les codes vestimentaires* de certaines religions ; là encore, se pose
une question à caractère complexe d’ailleurs, le sujet concernant le port de
signes religieux ostentatoires ayant fait l’objet de beaucoup de débats.
94
Senneville, Elisabeth, Windows Media France Télécom 2004, http: //www.francetelecom.com/fr/
groupe/rd/unc/videotheque/video/ vetement_ com.htm.
− 55 −
De prime abord, le choix de tel ou tel habit appartient à la vie privée et
relève de la liberté de l’individu ; cependant, cette dernière s’arrête là où
commence celle des autres ; la chose se présente en fait comme un cercle
« vicieux ». Nous paraphrasons comme suit : tout individu est libre de porter ce
que bon lui semble, mais tout en respectant la communauté dans laquelle il
exprime son « discours vestimentaire ». Ainsi « Lorsqu’un conseiller d’État
s’en prend à la tenue vestimentaire de l’une de ses subordonnées, l’affaire
mérite d’être prise au sérieux. La vétérinaire cantonale, Astrid Rod, qui s’était
présentée à des journalistes de la tribune de Genève en ‘tongs’ a provoqué l’ire
de Robert Cramer, qui réclame désormais le bannissement au bureau des
tenues donnant l’impression qu’on va à la plage » 95 . Nous constatons que cette
vétérinaire a transgressé les normes vestimentaires de « travail dans un
bureau », du coup, sa liberté « vestimentaire » se trouve limitée par des
contraintes correspondant aux codes vestimentaires* propres au personnel du
bureau. Cette anecdote nous rappelle un incident que nous avons lu sur
Internet 96 , dans une page d’informations intitulée « insolites » rapportant qu’un
chauffeur de bus a demandé à une jeune dame de changer de place, une place
qui lui était visible à travers le rétroviseur, parce que la femme en question le
déconcertait par ses vêtements « trop transparents ». Là encore, la liberté des
comportements vestimentaires est remise en question. Elle est, cette fois,
soumise aux normes et aux codes* de la société qui sont aussi des règles de
conduite et de comportements, or « la liberté n’est pas synonyme d’absence
totale de contrainte [. . .] la liberté de l’individu de faire ce qu’il entend doit,
dans toute société organisée, être assujettie à de nombreuses contraintes au
nom de l’intérêt commun » 97 .
Cet intérêt commun justifie donc l’imposition d’un code vestimentaire*
ou encore le port d’un uniforme, surtout que ce dernier traduit le désir du projet
95
96
97
http://www.unige.ch/presse/archives/unes/2006/20060620tongs.php?seek=print, Jacques Erard,
Une perspective de genre sur les codes vestimentaires*, Université de ‘Genève, Presse Information
Publications, juin 2006.
http://www.caramail.com.
http://cdpdj.qc.ca/fr/publications/docs/codes_vestimentaires.pdf. Me Daniel Carpentier, Codes
vestimentaires et uniformes dans les écoles publiques, juin 2005.
− 56 −
éducatif d’établir une égalité où les apparences vestimentaires ne peuvent guère
afficher les différences socio-économiques.
De son côté, Jonathan Hamel 98 , dans son archive des anciens textes sur la
politique et l’économie intitulé La sphère des idées exprime dès le titre son
opinion favorable « pour un code vestimentaire* » au sein du système scolaire ;
il conçoit que l’école est une institution publique qui a la charge de donner une
image de rigueur et de décence, notamment à travers le comportement
vestimentaire de ses élèves et que « l’État a tout à fait la légitimité d’imposer
un code vestimentaire* » au même titre que les parents auxquels il ne revient
pas seuls de décider l’orientation de l’éducation des futurs citoyens. D’ailleurs,
le même auteur rapporte, d’après un sondage effectué en février 2004 auprès
des parents d’enfants fréquentant l’école publique, que lesdits parents sont
favorables à l’uniforme. Toutefois, le conseiller juridique québécois, Daniel
Carpentier 99 , estime qu’un code vestimentaire* imposé aux élèves peut porter
atteinte à leur liberté d’expression s’il interdit tout message véhiculé par un
vêtement et que « l’application de la règle du port obligatoire d’un uniforme
devrait être suffisamment souple pour permettre l’expression d’un message
d’opinion. Le port d’un signe ou d’un symbole comportant un message ou une
revendication spécifique devrait être autorisé » 100 . En outre, le prix de
l’uniforme ne doit pas être élevé, sinon l’on tombe dans la discrimination ou
encore dans l’opposition au droit à la gratuité de la scolarisation.
IV. Les vêtements intelligents
Ce sont les vêtements du futur : des textiles thérapeutiques confectionnés
avec des fibres anti-stress ou anti-pollution, des pyjamas apaisants tissés dans
des fibres de verveine, des vêtements de camouflage interactif semblables à
ceux de la peau du caméléon, des T-shirt protégeant la peau de certains rayons
98
99
100
Hamel, Jonathan, Pour un code vestimentaire, http://decjh.blogspot.com/205/08/pour-un-codevestimentaire.html.
Ibid.
Ibid.
− 57 −
nocifs du soleil, et bien d’autres révolutions dans le monde vestimentaire qui
semble encore appartenir au domaine de la science fiction.
Pourtant, le concept du vêtement intelligent n’est pas aussi récent que
nous le pensons. En effet, « Elsa Schiaparelli, dès les années 1930, avait déjà
imaginé des tissus imitant l’écorce du bois ou la transparence du verre, des
robes du jour se transformant en robes du soir, des broches clignotant dans le
noir . . . » 101 , ou encore Olivier Lapidus, qui « en janvier 2000, lors de son
défilé de haute couture baptisé ‘Électroniquement’ réalisa une collection qui
intégrait la lumière, l’image et le son. » 102 En fait, l’idée de l’intelligence
vestimentaire n’est autre qu’une substitution à la magie vestimentaire, « cette
thématique qui est aussi ancienne que celle des plus veilles légendes » 103 .
En effet, le vêtement dissimulant de l’épopée indienne « Mahâbhâra » 104 a
existé il y a 2000 ans, ou encore le vêtement divin ; en l’occurence, le manteau
des prophètes et des saints, celui qui revêtait cet habit s’emparait de sa
puissance.
V. Les
dimensions
provocatrices
des
excès
vestimentaires chez les écoliers
« Ardeurs vestimentaires, hypersexualisation vestimentaire, tenue osée,
tenue déplacée, excès vestimentaires, mal-vêtus, dévêtus, vague vestimentaire
plutôt déshabillée » 105 ; tels sont les termes dénoncés par des professeurs et
directeurs d’écoles décrivant et déplorant ainsi la situation dans les
microcosmes de la société pour laquelle les élèves s’habillent comme pour la
101
102
103
104
105
Les cahiers de la recherche No 6, Luxe – Mode – Art, L’intelligence vestimentaire dans la Mode
contemporaine, Vêtement futur, Futur du vêtement, Longavesne, Jean-Paul, coordinateur
Département Vêtement-Ensad, Responsable Allérès, Dannielle, Université Paris III, Sorbonne
Nouvelle, 2006, p. 31.
Ibid.
Op. cit., p. 32.
Allérès, Danielle, Les Cahiers de la Recherche no 6, LUXE - MODE – ART, Longaversne, Paul,
Coordinateur Département Vêtement – Ensad, L’intelligence vestimentaire dans la Mode
contemporaine, vêtement future, futur du vêtement, Université Paris III – Sorbonne Nouvelle, 2005,
p. 32.
http://www.ledevoir.com/2003/09/13/36018.html, Chainard, Marie-Andrée, 2003, Au chapitre
del’uniforme scolaire – Une hypersexualisation du vêtement.
− 58 −
plage, notamment : « Certaines fillettes (. . .) portent camisoles à bretelles
spaghetti, aérant leur nombril et un ou deux anneaux au passage. Les pantalons
sont à taille si basse . . . » 106 .
C’est ainsi que les vêtements peuvent, selon ces témoins, connoter
érotisme et sexualité, et provoquer bien des maux liés en l’occurrence aux
harcèlements sexuels et aux « mauvaises » relations des filles avec les garçons.
Ces derniers ne sont pas moins « sexy » que les filles ; en effet, au string
apparent des filles, correspond le caleçon ou le boxer, volontairement dévoilé
des garçons. Du côté des adolescents, cette extravagance vestimentaire est
expliquée par deux phénomènes, le premier est celui de l’appartenance, de
l’identification ou encore ce que les sociologues appellent le phénomène tribal,
les adolescents sont regroupés en tribus dans lesquelles ils partagent des centres
d’intérêts identiques et par là, ils partagent, surtout, des styles vestimentaires
communs (jeans troués, vêtements des militaires, etc.). La deuxième explication
est inhérente à l’image de soi que les adolescents sont particulièrement
soucieux de renvoyer à autrui, et cette quête de soi passe partiellement par le
style vestimentaire. Cette idée trouve appui dans les modes qui représentent un
refuge pour les adolescents, car elles offrent un outil d’affirmation de soi, ils y
trouvent le petit détail qui les révèle tout en respectant les codes* de la tribu de
leur appartenance.
Anne Ricou et Amélie Castan 107 ont réalisé des interviews auprès des
jeunes de 17 à 20 ans au sujet de la personnalité ou de l’identité et de son
rapport aux apparences. Tous sont du même avis que le style vestimentaire joue
un rôle déterminant dans la construction d’une identité, de même que le
vêtement constitue un outil d’intégration pour être confondu dans la masse.
Ainsi, Laura, 16 ans raconte : « Avant, j’étais comme tout le monde : baskets et
jeans. Je voulais changer mais je ne savais pas trop. Il fallait avoir ce style
pour être accepté(e). Les vêtements, c’est important, c’est la première chose
que l’on voit quand on regarde quelqu’un ».
106
107
Ibid.
Génération et Moi..., Article anonyme paru dans Phosphore, Mai 2006, pp. 80-81.
− 59 −
Emma, 17 ans : « Je choisis mes vêtements en fonction de mon humeur
mais aussi en fonction des gens que je vais voir (. . .) Pour un oral, je ferai en
sorte de ne pas me faire remarquer, pas de jean troué, pas d’inscription. Bref,
une tenue très simple » 108 .
Catherine Joubert, en répondant à la question posée par le magazine
« Phosphore » : « En quoi, les accessoires, la coiffure et les vêtements
permettent de se construire une identité ? » 109 , affirme que « derrière le désir
de trouver son style, se cache l’idée de trouver sa personnalité. (. . . )
L’identification à de nouveaux modèles se concrétise souvent par le vêtement :
on s’habille comme son frère, par exemple. En cherchant le look qui va nous
coller à la peau (. . .) on change de style . . . ».
Le journaliste exclut enfin que les codes vestimentaires* deviennent
rigoureux et rigides dans le domaine professionnel, il illustre son propos par
une publicité sur une école de commerce qui met en scène un jeune homme
dans la salle de bain, les cheveux hirsutes, qui se rase torse nu en face à son
miroir. Son reflet montre la même personne mais avec une coupe de cheveux
classique, vêtue d’une veste sombre et une chemise blanche ; le message
d’accroche est une grande interrogation : « Que feras-tu après le bac ? » On
l’aura compris, l’image reflétée sur le miroir représente l’archétype du jeune
cadre dynamique, répondant ainsi à la question posée dans le message
d’accroche. Ce que la personne fera ou sera après le bac, c’est le comportement
vestimentaire qui le dit. « La réussite se mesure aussi à la coupe d’un
costume ».
1.
L’image
professionnelle
et
les
codes
vestimentaires*
Jonathan Hamel, déjà cité et qui a mentionné explicitement son
point de vue favorable pour un code* et pour un uniforme vestimentaire
108
109
Ibid., p. 80.
Ibid., p. 81.
− 60 −
scolaire, affirme dans son blogue, sensibilisant les élèves sur l’importance
de s’habituer tôt à des normes vestimentaires, que « Rares sont les
employeurs qui vont tolérer un total libre choix vestimentaire. L’éthique
en vigueur impose un certain code* ».
Une émission diffusée en 2003 sur la chaîne de M6 mit en scène
une jeune femme à la recherche d’un emploi, le comportement
vestimentaire de cette femme en question fut négligé, on l’a conseillée de
s’habiller plus « chic » pour aller à la rencontre des employeurs ; écoutant
les conseils des autres, la jeune femme changea complètement de
« look », le résultat fut immédiat et l’objectif, trouver un travail, fut
aussitôt atteint. Le pari de cette émission était de démontrer le poids et
l’importance des apparences dans une société par opposition à l’adage qui
dit que « les apparences sont trompeuses ». L’existence même de cette
émission témoignait de l’existence d’un système de communication
vestimentaire.
Pour améliorer son image professionnelle, décrocher un poste ou
encore bien gérer et communiquer l’image de soi, Stéphanie Whittaker 110
avance vingt et un conseils dont six points concernent la parole, sept
points se rapportant aux bonnes manières et enfin huit points étant liés à
l’apparence. « Ayez belle apparence et belle prestance. Dans bien des cas,
les gens jugent le moine par son habit et, dans bien d’autres cas, l’habit
fait le moine. Ayez beau costume et belle prestance » 111 .
Il est vrai que la confiance en soi est en rapport direct avec un
habillement assez « chic » ou encore « à la mode ».
Une certitude est que le métier ou la profession d’un individu est
reflétée par son costume car les conditions de son travail l’y obligent :
« Vous verrez rarement un cadre supérieur malhabillé. Il peut être habillé
110
111
http://ventiblog.aver-blog.com/rss2.php juin 2005.
Ibid.
− 61 −
de façon décontractée mais sa tenue est toujours soignée et elle
communique son statut et son pouvoir » 112 .
L’auteur met aussi en garde contre les accessoires et les bijoux usés,
froissés, trop colorés et clinquants, ils risquent de « contredire le message
transmis par un tailleur par exemple ou un costume très chic ; sobriété et
modération donc sont recommandées pour un mariage harmonieux entre
la tenue professionnelle et les bijoux ». Ajoutons une autre astuce : être
habillé beaucoup plus élégamment que son métier ne l’exige pourrait,
selon l’auteur, donner à son supérieur l’idée d’augmenter son grade.
2. L’uniforme professionnel, une liberté ou une
contrainte ?
une
forme
d’égalité
ou
de
discrimination ?
Nombreux sont les employeurs qui optent pour un uniforme et
l’imposent au personnel travaillant sous leur tutelle ; des métiers de santé
(médecins, infirmières), de droits (juges, avocats, . . .) à ceux de gardiens
de la paix (policiers, gendarmes . . .) ou encore les agents travaillant dans
des parcs d’attraction ou des parcs tout court ; sans oublier les employés
des grandes surfaces (hôtesses de caisse, vendeurs(s)es, . . .) ou les
métiers de beauté (esthéticiennes . . .) ; ces sujets fournissent bien des
renseignements sur les métiers qu’ils exercent. Dans ce qui suit, nous
allons essayer d’examiner les dimensions significatives de l’uniforme,
mais aussi essayer de répondre à la question qui s’impose ici : « Pourquoi
porte-t-on des uniformes ? »
De prime abord, l’article cinquante-huit du code* 113 autorise les
employeurs de l’industrie de l’accueil à fixer des normes vestimentaires et
à exiger de leur personnel le port d’un uniforme. Toutefois, ce dernier
peut faire l’objet du dépôt d’une plainte dans le cas où l’employé prouve
112
113
Wittaker, Stéphanie, op. cit.
http://www.gov.mb.ca/hrc/francais/publications/hosp_f.html, Lignes directrices pour l’industrie
d’accueil. La Commission des droits de la personne.
− 62 −
que ce règlement vestimentaire porte atteinte à sa dignité, ou qu’il
constitue un inconvénient dans le cadre de son emploi ou encore, pour les
femmes spécifiquement, que l’uniforme imposé par leurs employeurs
contribue aux harcèlements : « Par exemple, deux femmes ont allégué être
victimes de discrimination parce qu’elles étaient tenues de porter un
uniforme dans leur emploi. Elles ont indiqué qu’elles étaient l’objet de
harcèlement verbal et physique en portant cet uniforme (. . .) Le juge a
convenu que les femmes étaient obligées d’accentuer leur caractère
sexuel en portant un uniforme, que cette exigence leur était imposée parce
qu’elles étaient des femmes, et qu’il s’agissait aussi d’une mesure
discriminatoire selon le sexe » 114 .
Quant au pourquoi de l’exigence du port de tel ou tel uniforme, une
première explication est que ce dernier joue un rôle éminent dans le
support des objectifs commerciaux de l’employeur, car il représente leur
entreprise. La deuxième explication est liée aux exigences de sécurité
selon la nature du métier, à titre d’exemple, on peut citer les pompiers
dont le métier représente un risque, le port d’un uniforme sécurisant est
donc indispensable pour l’exercice de cette activité dans des conditions
vestimentaires confortables.
Parce qu’à chaque profession peut correspondre une tenue,
l’uniforme professionnel est perçu comme distinctif, ce qui constitue une
troisième cause existentielle de l’uniforme. Ce trait distinctif peut être
illustré par l’exemple d’agents travaillant dans un parc, ces agents ont
pour fonction principale de renseigner les visiteurs, pour être « visibles »
par les visiteurs. Les employés de parc doivent être distingués par leur
aspect vestimentaire d’où la nécessité du port d’un uniforme sans lequel
les agents seraient confondus dans la masse de visiteurs, et par là même,
ils rempliraient mal leur tâche d’informateurs. L’uniforme peut donc aussi
satisfaire le besoin d’identification par le public.
114
Op. cit.
− 63 −
L’homogénéité au sein du personnel est préconisée dans presque
tous les métiers ; l’uniforme réalise ce souci d’uniformité. Ainsi : « Une
allure générale en harmonie avec les costumes portés et bien entendu,
une condition sine qua non de l’emploi à Euro Disney » 115 , car
l’originalité de la tenue Disney réside dans le fait que chaque employé se
présente comme un acteur sur une scène théâtrale pour satisfaire mieux
les besoins des visiteurs de se distraire.
L’uniforme peut aussi être universel, c’est par exemple le cas des
chaînes de magasins où l’uniforme est portée en guise de publicité.
Un uniforme peut être imposé aussi pour des raisons d’hygiène.
Pensons aux restaurants où les cuisiniers doivent respecter des normes de
propreté jusqu’aux plus petits détails.
En somme, étant donné que le vêtement est un moyen de
communication et d’expression de soi, et qu’imposer et dicter à un
individu ce qu’il doit porter et le priver de choisir ses préférences
vestimentaires serait une atteinte à sa liberté, il revient donc à
l’employeur de démontrer que son obligation en matière de tenue
vestimentaire est justifiée en la fondant sur des motifs de sécurité,
d’identification, de représentation ou encore de propreté.
E.
LES CODES* D’ENTRETIEN VESTIMENTAIRE :
DECODAGE DES SYMBOLES
Ces codes* se présentent sous forme de symboles figurant sur une étiquette
cousue à même le vêtement et donnent des indications sur le lavage, le blanchiment,
le repassage, le nettoyage à sec et le séchage en tambour. Ces indications peuvent se
faire aussi sous l’aspect langagier. Ces symboles sont utilisés par treize pays :
l’Autriche, l’Allemagne, la Belgique, la Grèce, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la
115
Une socio-anthropologue dans les coulisses de Disneyland, Paris, Véronique Chesneaux :
http://socio-anthropologie.rennes.org/documents36.html.
− 64 −
République Tschèque et la Suisse. En outre, « Les indications doivent correspondre à
un article fini et non à une des seules fibres entrant dans la composition d’un
vêtement. Pour donner les meilleures indications d’entretien, le confectionneur doit
tenir compte des modes de fabrication et de toutes les composantes du vêtement. Les
fibres, la doublure, mais également le fil utilisé, les ornements, les entoilages » 116 .
Le symbole
, représentant un récipient, contient des chiffres qui indiquent les
températures maximales de lavage en degrés Celsius. Un trait est parfois placé sous le
récipient, indiquant la réductibilité de l’action mécanique, mais aussi celle du rinçage
et de l’essorage. Deux traits placés sous le logo indiquent une vitesse minimale et
renvoient au programme laine, un seul trait renvoie au programme synthétique, et le
logo sans trait renvoie au programme coton. Une main à l’intérieur recommande un
lavage à la main uniquement avec rinçage manuel et essorage avec précaution.
Les températures les plus courantes qu’on indique sur les étiquettes sont :
30° pour les couleurs délicates. Action mécanique très réduite, rinçage normal et
essorage normal, réduit en cas de présence du trait.
40°
:
Tee-shirts en couleur, les sous-vêtements avec élastique. Action mécanique
réduite, rinçage température décroissante et essorage réduit en cas de présence du
trait, autrement le rinçage et l’essorage sont normaux.
60°
: draps couleurs. Action mécanique, rinçage et essorage normaux si le trait n’est
pas indiqué. La présence de ce dernier signifie que le rinçage doit être à température
décroissante et que l’essorage doit être réduit.
95° : draps blancs. Le trait recommande une action mécanique réduite et un rinçage à
température décroissante. Le dernier représenté avec une croix rouge met en garde
contre tout lavage. 117
116
117
Boutin-Arnaud, Marie-Noëlle, Tasmadjian, Sandrine, Le vêtement, Nathan, Paris, 2005, p. 34.
Ibid., pp. 34-35.
− 65 −
I.
Blanchiment
Le pictogramme
un pictogramme vierge
renseigne sur les possibilités de chlorage, ainsi :
indique que tout blanchiment est possible, les deux
lettres (CL) à l’intérieur du logo signifient que le chlorage à l’eau de Javel doit
être dilué à froid ; le même signe avec traits
recommande un blanchiment à
base d’oxygène seulement. Le pictogramme barré à l’aide d’une croix interdit
tout blanchiment.
II. Repassage
Cette action est symbolisée avec un dessin représentant un fer à repasser
, le nombre de points à l’intérieur correspond à la température Celsius à
laquelle les vêtements peuvent être repassés, en l’occurrence :
- Un point renvoie au repassage au fer froid, à une température de 110° pour les
matières acryliques, nylon, acétate.
- Deux points correspondent à un repassage au fer chaud (150°) pour le
polyester et la laine.
- Trois points signifient un repassage au fer chaud, à une température forte
(200°) pour le coton et le lin.
Les composantes d’un vêtement sont indiquées sur une seconde étiquette
également cousue au vêtement.
Le logo représentant un fer à repasser barré d’une croix rouge interdit ou
restreint fortement le repassage.
III. Nettoyage professionnel
Il est indiqué par un cercle
utilisables, notamment :
, une lettre au milieu indique les solvants
− 66 −
- Un cercle vide ou avec un A indique que le vêtement est nettoyable à sec
avec tout les solvants courants de nettoyage, y compris le trichloréthylène.
- La lettre F autorise le nettoyage aux essences minérales, en l’occurrence les
solvants pétroliers R 113 et l’hydrocarbone. Ces deux derniers sont permis
aussi avec la lettre P et on y rajoute le perchloréthylène. Le trait en dessous
du cercle où est marquée la lettre P renvoie à des restrictions sévères
concernant l’addition de l’eau, l’action mécanique, la température et le
séchage. Ces mêmes restrictions sont valables pour la lettre F soulignée.
- L’aqua-nettoyage sans produit, ni à sec en lavomatic, est symbolisé par la
lettre « w » au milieu du cercle. Ce dernier barré de la croix Saint-André
interdit le nettoyage à sec, le même symbole rempli et barré interdit le
nettoyage à l’eau.
IV. Séchage en machine
Cette action est symbolisée par le signe
qui peut contenir des points
renvoyant à la température maximale, pourvu de points, le logo ne restreint pas
le degré de température. Un seul point indique un séchage modéré à 60°
maximum, deux points ne font pas de restrictions de température de séchage. La
croix Saint-André sur le logo interdit tout séchage en tambour. Le symbole
conseille un séchage à l’air libre, le symbole
suspendu, le symbole
recommande un séchage
correspond à un séchage à plat mais il est devenu
obsolète.
F.
LE VÊTEMENT CULTUREL, LA CULTURE DU VÊTEMENT
OU LA VESTICULTURE*
Nous avons évoqué précédamment notre source d’inspiration pour la création
du terme « vesticulture* ». Ce dernier est né du mariage des deux termes vêtement et
culture. Nous allons aussi appréhender le vêtement comme étant un objet de culture,
− 67 −
c’est-à-dire représentant un permis d’intégration d’un individu ou d’un groupe dans
un autre groupe social.
I.
La
culture :
Quelle
définition
thématico-
contextuelle adéquate ?
Nombreuses et différentes sont les définitions qui ont été attribuées au
lexème* « culture ». Le Petit Larousse 118 assigne huit définitions pour le même
vocable, celle qui est en rapport à notre thème est placée en sixième position :
« Ensemble de convictions partagées, de manières de voir ou de faire qui
orientent plus ou moins sciemment le comportement d’un individu, d’un
groupe. Culture d’entreprise, ensemble des traditions de structure et de savoirfaire qui assurent un comportement licite et la cohésion à l’intérieur d’une
entreprise ».
En effet, le comportement vestimentaire de chaque individu reflète la
société dans laquelle il réside, car le vêtement est un facteur d’intégration dans
un groupe, à titre d’exemple nous avons déjà évoqué le phénomène tribal chez
les adolescents ou encore les modes vestimentaires. Nous déduisons que la
culture s’oppose à la nature, et donc que l’acquis s’oppose à l’inné, le vêtement
illustre bien cette opposition parce que l’on naît dévêtu / nu. Cependant,
l’acquisition de l’habillement n’est pas tout à fait libre, elle est imposée par la
société ou la communauté qui exclut tout individu refusant de s’assujettir à ces
normes et codes vestimentaires*. Par exemple, une entreprise quelconque,
qu’on peut désigner par une microsociété, peut imposer à ses employés le port
d’un uniforme de travail pour des raisons que nous avons citées auparavant. Si
un employé refuse le port de cet uniforme, il risque d’être licencié, s’il ne
présente pas d’arguments reposant sur des fondements réels, en l’occurrence
l’atteinte à sa dignité ou à sa liberté d’expression. Ainsi, le port d’un vêtement
spécifique, propre à un groupe social restreint, permet l’appartenance à la
culture du groupe ou de la communauté en question. Du coup, s’impose le
118
Petit Larousse 2003.
− 68 −
partage de références et de modèles de comportements vestimentaires
identiques, l’une des caractéristiques de la culture est en effet de fonder une
collectivité dans laquelle les individus cohabitent en harmonie puisque leur
vesticulture* leur permet de communiquer aussi. Ces caractéristiques de la
culture, à savoir la cohabitation, la communication et le partage d’une
collectivité de références vestimentaires identiques suggèrent que la culture
adapte l’homme à son environnement à travers un système de valeurs, mais
aussi de normes à respecter, comme en témoigne le cas des codes
vestimentaires* à ne pas transgresser au sein d’un collège ou d’un lycée.
II. La vesticulture* entre sous-culture, contre-culture
et acculturation
La sous-culture représente par définition une conscience collective
développée au sein d’un groupe social (les adolescents – les ouvriers, les
entreprises . . .), elle est introduite dans les sociétés dites hétérogènes dans le
but d’atténuer la pesanteur du poids des contraintes vestimentaires, notamment
celui des costumes traditionnels, mais aussi elle (la sous-culture) permet à la
collectivité sous-culturelle de se différencier, sans pour autant s’opposer à la
culture légitime de la société à laquelle elle appartient, et c’est là à ce niveau
que commence sa différence par rapport à la contre-culture affirmant son
autonomie et son indépendance de la culture. Elle va même jusqu’à afficher une
volonté de rejet, voire de destruction de la culture dominante. À l’instar de ce
phénomène surgit une crainte présentée comme « la MacDonalisation de la
culture » 119 qui résultérait d’une uniformisation vestimentaire culturelle et qui,
par conséquent, risquerait de faire disparaître les cultures les plus fragiles. On
sous-entend par là le phénomène de l’acculturation. Cette dernière par
définition naît en effet d’un contact continu et direct entre des groupes
d’individus de cultures différentes, ce qui entraîne des modifications au sein de
119
http://users.skynet.be/aped/Aped/Analyses/Articles/Steiner.html. Réforme scolaire centrée sur
l’efficacité : scénario 2010 par Gito Steiner Khamsi, professeur de science de l’éducation
comparées et internationnal, Teachers College Columbia University.
− 69 −
la culture ou des cultures « mères » de l’un ou des deux groupes d’individus de
cultures différentes. Ceci implique aussi des modifications : ces changements
sont mutuels mais jamais à un degré identique, car il s’agit en somme de la loi
du plus fort, c’est-à-dire que c’est la culture du pays le plus aisé
économiquement qui l’emporte sur la plus faible. Ainsi ce processus
d’acculturation aboutit à l’évincement d’une culture vestimentaire quelconque,
nous pouvons évoquer par exemple le cas des costumes traditionnels qui sont
révélateurs des cultures d’une région, d’une communauté ou d’une époque, et
qui dans certaines régions ne se portent qu’en parade, tandis que dans d’autres,
les costumes traditionnels sont « acculturés » ou modernisés et se portent tous
les jours.
III. Les costumes traditionnels : une richesse vesticulturelle dans le monde
Les costumes traditionnels sont nombreux, riches et aussi divers que la
diversité culturelles des pays, des régions, des communautés ou encore des
religions. Ils sont aussi caractéristiques d’une époque ; ils sont par définition
des ensembles assortis de vêtements, ils servent à vêtir les identités des
porteurs : « ces discours de fils, d’étoffes et de couleurs, sont de merveilleux
documents pour entrer dans la culture des sociétés anciennes et, par le recul
qu’ils nous proposent, pour comprendre nos attitudes actuelles » 120 , ils sont
dits ausssi populaires, or qui dit populaires dit qu’ils sont à la portée de tout le
monde, à la réserve près que dans quelques régions, les costumes traditionnels
sont très coûteux étant seulement portés lors des cérémonies comme la Takchita
ou le caftan. Ainsi, à titre d’exemple, la première est composée, dans tous les
cas, de deux pièces : une « tahtia » et une « fughya », et les deux sont, comme
le veut la tradition marocaine, amples et larges, se présentant sous différentes
couleurs et réalisées à partir de diverses sortes de tissu. La deuxième est une
robe longue, et la lexie y correspondant est à charge culturelle plus ou moins
120
Lethuillier, Jean-Pierre, (dir.), Des habits et nous, vêtir nos identités, 2007, Presses universitaires de
Rennes, p. 13.
− 70 −
partagée. Le caftan, cafetan, khaftan ou encore quaftan est en effet porté aussi
bien au Moyen-Orient qu’en Afrique du Nord, notamment au Maroc où le
caftan est porté exclusivement par les femmes et essentiellement en parade. Et
cela par opposition au Moyen-Orient, où le caftan est porté par les femmes
comme les hommes, et où il représente un vêtement de tous les jours. Le
cafetan est un vêtement musulman au même titre que l’abaya, une robe longue
et large portée chez soi par les deux sexes, le jilbab faisant partie de la famille
du caftan et de l’« abaya », mais il est destiné à être porté en ville avec la
« chéchia », une coiffe masculine, et le « niqab », un voile recouvrant
l’intégralité du corps féminin y compris le visage et ne laissant voir que les
yeux. La dernière pièce est une vesticulture* partagée entre tous les (pays)
musulmans ; il est nommé « niquab » ou « khimar » en Afrique du Nord, et
« tchador » au Moyen-Orient, véhiculant les mêmes valeurs, à savoir la
préservation du corps féminin ; ainsi un chanteur algérien 121 met en valeur une
femme portant le « khimar », tout en demandant de se marier avec elle, parce
qu’elle porte le « khimar » : « Madame qui portez le khimar, donnez-moi votre
adresse ».
On citera aussi le témoignage d’une femme iranienne, habillée en
« tchador », déclarant au cours d’une brève interview au bord d’un bateau, dans
une émission diffusée en août 2007 par Arte : « Porter le tchador ou être
habillée en occidentale, le principal c’est d’avoir la liberté de le faire », elle
ajoute à jugement personnel : « Plus le corps est dissimulé, mieux c’est ».
« Tchador », « niqab » ou « khimar » renvoient à une lexie identique
révélatrice d’une vesticulture* partagée se rapportant à un prototype de femme
identique et précis, à savoir une femme qui en l’absence de toute contrainte de
mettre le Niqab montre beaucoup de foi en tant qu’une vraie musulmane
pratiquante.
Examinons un autre élément de vêtements traditionnels et qui, au fil du
temps, a été transformé en un signe à part entière, il s’agit de la « keffieh », une
coiffe traditionnelle des Bédouins. À l’origine, la « keffieh » servait à masquer
121
Jalti, Abderrahmane dans sa chanson : Ya moulat el khimar (Madame qui portez le khimar)
− 71 −
le visage pour se protéger du soleil et des tempêtes de sable, mais elle
constituait un signe de distinction entre les citadins et les ruraux. Aujourd’hui,
la coiffe a pris une plus grande envergure, elle est portée par tous les Arabes du
Moyen-Orient et même ceux du Maghreb en témoignage de leur solidarité et de
leur soutenance pour la cause palestinienne ; parce qu’elle est portée par les
révolutionnaires qui veulent se dissimuler pour ne pas être reconnus par les
Britanniques, la « keffieh » acquiert alors la dimension sémiologique d’une
opposition et devient le symbole de la résistance palestinienne.
SECTION V :
LA
DIMENSION
SIGNIFICATIVE
ET
L’INTERPRÉTATION DE QUELQUES PIÈCES
VESTIMENTAIRES DANS LES RÊVES EN
ISLAM
En nous fondant sur les interprétations de Ibn Sirin réputé pour son
déchiffrement des rêves dans le contexte de la religion islamique, nous allons
présenter les significations de quelques pièces vestimentaires dans les songes en
Islam, le livre de référence étant intitulé « Interprétations des songes par Ibn
Sirin » 122 . Il s’agit là en somme d’une source d’indications lexiculturelles.
A.
LE TURBAN
Commençons par la couronne des Arabes, à savoir le turban, une coiffe
traditionnelle qui constitue la force, la fièreté et le pouvoir des hommes.
Son port dans un rêve est interprété selon la façon dont il a été mis, le turban
prend sens également selon la matière avec laquelle il a été confectionné ; fait en
coton ou en laine, le turban fait allusion à une autorité ; un homme qui se voit
entortiller le turban sur sa tête dans un rêve est censé avoir à effectuer un voyage
122
Chaaban, Fawzi, Interprétation des songes par Ibn Sirin, chapitre 29, Les différentes couleurs et
sortes de vêtements, Dar El Fikr, Beyrouth, Liban, 1994, pp. 184-196.
− 72 −
important. S’il voit que son turban a été retiré, il risque de répudier sa femme. Une
telle interprétation est indicative quant à la puissance vesticulturelle de ce vestème.
B. LE BONNET
Le bonnet symbolise la hiérarchie professionnelle, le voyage lointain ou le
mariage. En terme de hiérarchie, il représente le patron, une autorité supérieure, son
obtention indique donc que la personne en question gagnera la confiance de son chef.
Si le bonnet a été mis à l’envers, la personne changera de patron, ce dernier changera
d’habitudes. L’interprétation des songes se rapportant au bonnet s’effectue également
suivant la matière avec laquelle il est fabriqué, ou encore si le bonnet est sale ou
propre, troué ou en bon état.
C.
LA TUNIQUE
La tunique désigne une délivrance ou un enfant ; dans le verset 93 la sourah 12
(Joseph), le père de ce dernier retrouve la vue après la cecité grâce à la tunique de son
fils « Bissmi allahi arrahmani arrahim, portez ma tunique que voici, et appliquez-la
sur le visage de mon père : il retrouvera [aussitôt] la vue ». Si une femme enceinte
se voit porter une tunique, elle aura une fille.
D.
LE VOILE
Le voile de la femme désigne son mari : « Elles sont un vêtement pour vous, et
vous êtes un vêtement pour elles » 123 .
En effet, le vêtement symbolise dans ce système culturel une source de
tranquilité, de quiétude et de complémentarité entre les époux.
123
La vache (en arabe « al baqarah »), Verset 187 du Coran.
− 73 −
E.
LE MANTEAU
Le manteau désigne un appui ; son port, dans le songe d’un homme, représente
le visage du mariage, en l’occurrence s’il est confectionné en soie, s’il est en velours,
il symbolise une arme redoutable sur les ennemis ; l’imperméable est interprété par
des louanges. L’ampleur du vêtement désigne une abondance et une richesse, si une
tâche le salit, cela désigne la perte de la fortune. Si un homme est vêtu d’un manteau
en été, c’est un signe avant-coureur d’un souci et d’un malheur, par ailleurs, le
manteau mis en hiver est un bon présage. D’une manière générale, les valeurs
attribuées au manteau revêtu dans un rêve sont celles de la réunion, de la sécurité et
de la protection.
F.
LES
COULEURS
DES
VÊTEMENTS
EN
ISLAM :
INTERPRÉTATION DES SONGES
L’interprétation des couleurs dans les rêves en islam est complexe. Elle dépend
de l’état d’âme que veut exprimer la personne. Notamment la couleur noire vêtue par
quelqu’un n’ayant pas l’habitude de se vêtir en noir représente un malheur ou un
deuil.
La couleur verte reste une couleur chère aux musulmans, car elle est portée par
les gens du Paradis, ses valeurs sont la force, la foi, l’adoration plus intense et la
satisfaction vis-à-vis du Seigneur / Dieu.
L’interprétation des vêtements rouges est différente selon la classe sociale ; si
un roi porte cette couleur, il sera occupé par le plaisir et les amusements. Si un malade
se voit en rouge, il mourra. Cette couleur désigne une joie quand elle est portée en un
jour de fête.
La couleur jaune des vêtements signifie une maladie et une faiblesse par
ailleurs si le vêtement jaune est en soie et s’il est porté par une femme cela est un bon
présage ; si c’est un homme qui le porte, cela désigne que sa foi est affaiblie car le
port de la soie par les hommes est interdit en islam.
− 74 −
SECTION VI :
LE VÊTEMENT ENTRE LIBERTÉ DE SOI ET
RESPECT DES AUTRES
Le vêtement est un acte universel certes, mais c’est un acte surtout individuel,
c’est une frivolité certes, mais c’est une traduction d’un art de vivre puisqu’il s’agit de
l’expression visuel d’une identité. Or, une question s’impose et se pose ici : peut-on
s’exprimer sans limites ? La réponse à cette question se présente sous forme d’un
adage : la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres, ce qui veut dire
qu’un individu, pour qu’il soit accepté et intégré dans la société dans laquelle il vit,
doit respecter ses codes vestimentaires* puisque le vêtement est un moyen direct
d’aller au cœur du social. La transgression des normes vestimentaires de sa
communauté constituerait une provocation et un irrespect, voire une cause directe
d’un licenciement. « En 2001, un salarié venu en bermuda a été licencié car ‘sa tenue
portait préjudice à l’image de la société’. La justice a confirmé le licenciement, le
salarié a fait appel » 124 . Les normes sont différentes d’une communauté à une autre,
d’une religion à une autre.
Dans la communauté arabo-musulmane la chose est plus complexe, l’aspect
vestimentaire féminin est soumis à des exigences très strictes ; ces exigences sont
différentes et variables d’une famille musulmane à une autre. Ainsi outre les
vêtements courts, serrés ou transparents, il y a des familles qui considèrent que le port
d’un jean par les femmes est tabou, plus encore qu’il s’agirait d’un irrespect et d’une
transgression et d’un dépassement des limites, car des limites existent en termes de
règles vestimentaires féminines. Puisque le jean est considéré comme un vêtement
moulant, il fait partie des interdits vestimentaires de l’islam pour la femme. 125
124
125
Article anonyme, publié dans le magazine Femme actuelle, mai 2005, p. 28.
http://www.fatawaislam.com/index.php?option=com_content&task=view&id=881&Itemid=147.
− 75 −
A.
LE
VOILE
ISLAMIQUE :
UN
CHOIX
OU
UNE
OBLIGATION, UNE LIBERTÉ OU UNE CONTRAINTE ?
Rappelons les propos de l’Iranienne que nous avons rapportés auparavant et qui
font que le port d’un « tchador » par cette femme est un choix individuel, puisqu’elle
est libre de se vêtir ainsi ; certaines femmes sont effectivement voilées par choix, par
opposition à d’autres à qui le voile islamique a été imposé par leur mari ou d’autres
proches. Ces derniers réclament à ces femmes le respect ; vêtement et respect sont
donc liés étroitement en Islam. Si nous appréhendons le voile islamique sous l’angle
de la laïcité, nous découvrons encore une fois que la liberté vestimentaire est mise en
question tout comme l’obligation d’un uniforme que nous avons déjà évoquée ; le
voile islamique peut être considéré aussi comme une sorte d’uniforme dans la mesure
où il s’agit d’un vêtement quasi-identique pour toutes. L’uniforme, au sein d’une
société laïque, est considéré comme un acte de civilité, par opposition au voile qui est
loin de l’être.
Revenons à la notion de la liberté ou de « licéité » 126 , et particulièrement celle
du choix vestimentaire qui, loin d’être absolu, est relative dans tous ses états ; nous
entendons par là le vestimentaire caché / voilé et le dévoilé, puisque l’interdiction de
l’aspect « voilé » n’implique pas l’autorisation du nu ou du quasi-nu.
B.
VOILE . . . STRING . . . ET LIBERTÉ VESTIMENTAIRE
À vrai dire, à choisir entre les deux, la deuxième pièce vestimentaire est
beaucoup plus provocatrice que la première, à titre d’exemple le phénomène de mode
du look « nombril et string apparent » pour lequel optent les jeunes filles au sein
même des établissements scolaires.
126
http://www.menapress.com/article.php?sid=759. Raphaël Lellouche, Laïcité et licéité: « Ce terme
de « licéité » est donc à la fois exact et pertinent. Je l’emploie aussi, on l’aura deviné, parce qu’il
m’offre le plaisir d’une assonance amusante avec le principe même auquel je veux l’opposer, celui
de laïcité ».
− 76 −
Dans un article du journal « Aujourd’hui » consacré à ce phénomène Ségolène
Royal établit un lien direct entre cette tenue vestimentaire et les attouchements et
agressions sexuelles : « Après, on s’étonne que les adolescentes soient victimes
d’attouchements et de violence sexuels . . . » 127 .
Nous ne pouvons nous empêcher ici de nous interroger de nouveau au sujet
même de l’aspect vestimentaire, mais cette fois-ci celui des garçons ; les calçeons
apparents des garçons a-t-il le même effet provocateur que le string apparent des
filles ? En d’autres termes, les garçons ont-ils davantage de liberté dans leur choix
d’une tenue que les filles ?
Revenons à la question du voile islamique ; étant donné que ce dernier est un
couvre-chef dont le port est interdit dans les établissements scolaires en France ainsi
que dans les lieux publics en tant que couvre-chef, la liberté religieuse aussi bien que
l’égalité des sexes, ne sont pas impliquées ; c’est donc la liberté privée qui est mise en
cause au nom d’un accommodement à des normes vestimentaires. Or, toutes les
pièces « ostentatoires » 128 ne sont pas soumises à une interdiction ou à une restriction
aussi stricte qu’à laquelle est soumis ce bout de chiffon qu’est le foulard dit
islamique ; on l’aura compris, nous signalons le string apparent qui représente
l’essence de la provocation, ce dernier pourrait, en fonction d’un règlement
homogène, être interdit dans les établissements scolaires au même titre que le voile,
ou encore que la casquette, et cela au nom de l’assujettissement aux normes
vestimentaires scolaires, mais aussi au nom de l’égalité. Quant à la liberté
vestimentaire, nous avons la conviction qu’elle est de toute façon restreinte pour ne
pas dire exposée à de multiples contraintes, ne serait-ce qu’aux limites d’hygiène
(dans les métiers de la restauration par exemple) ou celles de sécurité (l’obligation du
port du casque).
Revenons à la polémique du voile islamique. Nombreux sont ceux qui ne
croient pas à la liberté du port du voile et que le fait de se voiler les cheveux soit un
choix pur et dur de bien des femmes libres dans leur autodétermination. À l’opposé de
127
128
Royale, Ségolène cité par Rosso, François, Après le voile le string, in : http://multitudes.samizdat.
net/article1163.html.
Nous entendons ici le terme « ostentatoire » dans le sens de faire apparaître publiquement ce qui
doit être caché et non dans le sens de signe* ostentatoire religieux.
− 77 −
ces points de vue qui ne voient dans le « hijab » qu’une forme d’oppression et de
soumission, il y a des femmes (de notre connaissance) qui, en terme de religion, ont
beaucoup de foi et du coup, respectent les codes* ou les prescriptions vestimentaires
dictée par leur religion musulmane sans l’intervention de quiconque et qui peuvent
être majeures ou mineures.
Ainsi, une étudiante musulmane d’origine marocaine née et grandie en France
(il s’agit d’une camarade) est voilée volontairement. Cette jeune femme affirme ne
jamais ôter son voile même pour des raisons de travail. Une autre étudiante d’origine
turque, étant voilé volontairement, puis dévoilée pour des raisons de racisme au
travail, se voit ridiculisée et insultée par son mari ; dans ce dernier cas le voile se
transforme en un drapeau, voire en un linceul qui traduit l’oppression de l’homme et
la soumission de la femme à un programme prédéterminé. Il y a des femmes qui se
retrouvent devant l’obligation d’effectuer un choix, ainsi Mina Ahadi 129 , une
Iranienne, qui a renoncé à ses études de médecine à Teheran pour avoir refusé de
porter le « tchador ».
Le « hijab » n’échappe pas au phénomène de la mode, ainsi après les
événements du 11 septembre 2001, le voile ne cesse d’être en vogue, le nombre de
femme qui le portent ne cesse d’augmenter et les formes et les couleurs évoluent et
changent au rhythme des saisons.
En somme, nous pouvons avancer que le port du voile peut parfois, dans le cas
d’une obligation, être une forme de limitation, voire de privation de liberté. Son
interdiction l’est aussi. Laisser les femmes s’habiller comme bon leur semble serait un
respect de la liberté individuelle, encourager ou obliger la femme à s’exhiber n’est
autre qu’une autre forme de soumission et n’est en aucun cas une forme de liberté, de
liberation ou de libertinage.
Toujours en ce qui concerne la question du voile, notons que parfois ce dernier
n’a aucun rapport avec la religion, il se présente sous forme d’une protection contre
les convoitises des autres hommes ; certains hommes, pour préserver la femme qu’ils
« possèdent », se cachent derrière la religion et cachent leur femme sous un voile ;
d’autres ont pour but de cacher la beauté des femmes pour ne pas y succomber, et du
129
Mentionnée dans un article anonyme paru dans le magazine « Elle », 26 mars, 2007, p. 26.
− 78 −
coup, éviter de commettre l’illicite ; cet emprisonnement vestimentaire prouve une
grande faiblesse de l’homme face à la femme. Dans d’autres cas, comme nous l’avons
déjà mentionné, c’est la femme elle-même qui choisit de se voiler par sa propre
conviction et sa propre volonté, ce qui constitue une forme de liberté vestimentaire.
Rappelons, au passage, l’existence du corset imposé aux femmes durant des
siècles. Il traduisait une pression morale pratiquée par les normes vestimentaires
dictées par la société.
Au Maroc, non seulement les hommes s’opposent à la liberté vestimentaire de
la femme dans les lieux publics, mais les femmes aussi ; en effet, soixante-sept pour
cent des femmes marocaines sont défavorables au fait que la femme s’habille à sa
guise dans les lieux publics. Nous expliquons ces réactions féminines par la crainte
des femmes que leurs hommes soient tentés par ces femmes libres.
SECTION VII : LE SENS, LE RÔLE, L’ÉVALUATION DU
VÊTEMENT
TANTÔT
TANTÔT
VALORISANTE,
DÉVALORISANTE
EXPRESSIONS
PARÉMIQUES
DANS
LES
ET
LES
CITATIONS
A.
LES PROVERBES : LE VÊTEMENT ENTRE VICE ET
VERTU
Nombreux sont les proverbes et les citations qui traitent du phénomène humain,
à savoir le vêtement. Dans ce qui suit, nous en avons selectionné quelques-uns;
l’exhaustivité est loin d’être réalisable puisque « les proverbes ressemblent aux
papillons, on en attrape quelques-uns, les autres s’envolent »
130
, d’autant plus que
ces derniers ne constituent pas notre sujet principal. Le besoin de se référer à cette
sagesse populaire s’est avéré nécessaire pour bénéficier d’une représentation de la
130
Wander, William, cité par Maloux, Maurice, Dictionnaire des proverbes, sentences et maximes,
2006, Larousse, p. X.
− 79 −
vanité ou de la valeur du vêtement ; pour cela, nous nous efforcerons de dégager le
sens caché du vêtement dans chaque proverbe.
Notre corpus, nous l’avons puisé essentiellement dans le dictionnaire des
proverbes, sentences et maximes 131 qui contiennent des expressions parémiques
provenant du monde entier organisées par thèmes et classées par ordre alphabétique.
Sous le thème « vêtements » à la page 534 sont subsumés vingt-deux proverbes, mais
grâce à des renvois indiqués à la fin de chaque thème, nous avons trouvé encore dix
autres proverbes classés sous d’autres catégories. Par exemple, la catégorie même de
« vêtements » nous renvoie à celles d’« Apparence », « Élégance », « Femme et la
Parure » ou encore « Mode ». Notons que les proverbes n’y ont pas été expliqués.
Ainsi, en nous référant au thème de l’apparence, nous avons découvert le proverbe
thématique suivant : « Ne vous fiez pas à la blancheur du turban, peut-être le savon
fut pris à crédit», et ainsi de suite. Cette méthode d’exploitation rappelle celle de la
triple investigation dictionnairique pruvostienne pour laquelle nous allons consacrer
une partie importante du troisième chapitre.
I.
Les proverbes discréditant le vêtement
[1]
« Beau vêtement n’est rien sans la poche pleine » 132 .
[2]
« Ventre de son, vêtement de velours » 133 .
[3]
« Il y a des sottises bien habillées, comme il y a des sots bien vêtus » 134 .
[4]
« Le singe est toujours singe, fût-il vêtu de pourpre » 135 .
[5]
« Coûteux vêtement montre pauvreté d’esprit » 136 .
[6]
« Il est plus facile à une prostituée vêtue de fourrure d’entrer au temple
qu’à dix honnêtes femmes en haillons de pénétrer dans la maison d’un
homme de bien » 137 .
131
132
133
134
135
136
Maloux, Maurice, Dictionnaire des proverbes, sentences et maximes, Éditions Larousse, 2006.
http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/proverbe_fr, Dictionnaire des proverbes.
Ibid.
http://www.citations.ca/index.cfm?fuseaction=citations,searchresultsNext&startRow=17&Page
Num3, Citations.ca, sagesse des nations.
Proverbe grec cité par Erasme, in : Maloux, Maurice, Dictionnaire des proverbes, sentences et
maximes, 2006, Larousse, p. 534.
Proverbe latin médiéval, ibid.
− 80 −
[7]
« . . . Ce n’est pas sur l’habit que la diversité me plaît, c’est dans
l’esprit » 138 .
[8]
« L’habit ne fait pas le moine » 139 .
[9]
« Ne vous fiez pas à la blancheur du turban, peut-être le savon fut pris à
crédit » 140 .
Comme nous l’avons pu constater, les neuf proverbes ci-dessus mettent en
avant le caractère éphémère et superficiel de la vie. En effet, le premier
proverbe souligne la futilité du vêtement qui ne reflète pas forcément la
situation financière de la personne quoique bien vêtue.
Le son et le velours dans le deuxième proverbe constitue un paradoxe,
puisque le premier terme fait écho à la pauvreté, le deuxième à la richesse ; ce
deuxième proverbe va dans le même sens que le premier, à savoir l’effet de
masque que peut avoir le vêtement ; en d’autres termes, le vêtement - loin
d’être un calque de la réalité – est capable de la voiler, plus encore de montrer
son opposé.
Le troisième proverbe exprime exactement la même idée avancée dans les
deux premiers proverbes. Nous pouvons paraphraser ce proverbe par un autre :
« Les apparences sont trompeuses » ou encore les apparences vestimentaires
sont trompeuses.
Le septième proverbe désigne la même signification ainsi que le huitième
et le dixième proverbes. La sagesse exprimée dans ces six proverbes se trouve
conceptualisée et résumée dans le neuvième proverbe qui révèle clairement
cette réflexion de la frivolité de l’habit qui ne fait pas le moine.
[10] « Coûteux vêtement montre pauvreté d’esprit »
[11] « . . . Ce n’est pas sur l’habit que la diversité me plaît, c’est dans
l’esprit ».
137
138
139
140
Proverbe chinois, ibid.
Proverbe français, ibid.
Proverbe latin médiéval cité par Rutebeuf, le frère Denise, XIIIe siècle, cf. Roman de la rose 11110,
in : Maloux, Maurice, op. cit., p. 36.
Proverbe turc, ibid.
− 81 −
La notion d’esprit est mise en relief par rapport à celle du vêtement dans
les proverbes ci-dessus ; l’esprit, concept abstrait, l’emporte sur le vêtement,
objet concret. La primauté de l’esprit sur l’habit est exprimé implicitement dans
les deux proverbes, tantôt en évoquant l’excès de la consommation ostentatoire
du « vêtement coûteux » dans le premier proverbe, tantôt par sa variété dans le
deuxième proverbe.
Nous venons de présenter quelques proverbes dévalorisant le vêtement ;
examinons maintenant d’autres qui le valorisent :
[12] « Vêtement de laine tient la peau saine » 141 .
[13] « À Saint Serge – Achetez vos habits de serge » 142 .
[14] « Prends tes habits légers le 24 juin –Et reprends ceux d’hiver le
lendemain » 143 .
[15] « Quand Mardi gras est de vert vêtu – Pâque met des habits blanc » 144 .
[16] « L’habit volé ne va pas au voleur » 145 .
[17] « Si l’habit du pauvre a des trous, celui du riche a des tâches » 146 .
[18] « Un verre de vin vaut un habit de velours 147 ».
[19] « On est reçu selon l’habit, reconduit selon l’esprit » 148 .
[20] « Si l’habit ne fait pas l’homme, du moins il le pare » 149 .
[21] « L’habit fait l’homme » 150 .
[22] « Dans mon pays, mon nom ; dans un pays étranger, mon habit » 151 .
[23] « Les tailleurs font bien des grands seigneurs » 152 .
141
142
143
144
145
146
147
148
149
150
151
152
Ibid.
http://www.dicocitations.com/citation/Habit/1/100php.
Ibid.
Ibid.
http://www.dicocitations.com/citation/Habit/1/300php.
Ibid.
Ibid.
Ibid.
Ibid.
Maloux, Maurice, op. cit., p. 36.
Proverbe hébreu cité par J. Ray, Adagia hebraica, in : Maloux, Maurice, op. cit.
Proverbe allemand, ibid.
− 82 −
[24] « On pardonne plus volontiers un trou dans le caractère d’un homme que
dans ses vêtements » 153 .
[25] « Dans l’homme que l’on connaît, on respecte la vertu : dans l’homme
que l’on ne connaît pas, on regarde l’habit » 154 .
[26] « Fais en sorte que ton habit ne laisse pas voir ce que tu es, mais ce que
tu dois paraître » 155 .
[27] « Les belles plumes font les beaux oiseaux » 156 .
[28] « L’oiseau doit beaucoup à son plumage » 157 .
[29] « Sois toujours bien habillé, même pour mendier » 158 .
[30] « Mange à ton goût et habille-toi selon le goût des autres » 159 .
[31] « Un homme regarde le visage de la mariée, une femme examine sa
robe » 160 .
[32] « L’aiguille habille les autres et demeure nue » 161 .
Statistiquement on note qu’il y a une supériorité au niveau du nombre des
proverbes rendant hommage au vêtement par rapport à ceux qui le dénigrent.
II. Les proverbes valorisant le vêtement
Décortiquons
ces
proverbes
favorables
et
dégageons
le
degré
d’importance de l’acte de se vêtir ; essayons aussitôt de constater à quel niveau
réside cette importance.
Le premier proverbe de cette série met en valeur une matière précise du
vêtement, à savoir la laine ; il conseille de s’en vêtir pour ses bienfaits sur la
peau. Les trois formules qui suivent, assimilées a des sagesses populaires,
153
154
155
156
157
158
159
160
161
Proverbe anglais, ibid.
Proverbe chinois, ibid.
Proverbe espagnol, ibid.
Proverbe français, ibid.
Proverbe français, ibid.
Proverbe indien, ibid.
Proverbe persan, ibid.
Proverbe anglais, ibid.
Proverbe basque, ibid.
− 83 −
indiquent qu’à chaque contexte, chaque circonstance ou endroit correspond un
habit. La notion de conformité du vêtement à chaque corps est annoncée dans le
cinquième proverbe, en d’autres termes, les habits sont différents selon les
différences morphologiques des corps. Par conséquent, nous déduisons que le
vêtement est un objet personnel, voire intime ; c’est aussi un bien qu’on
possède. Les apparences vestimentaires sont révélatrices des situations ; en
effet, au sixième proverbe, les trous des habits dévoilent la pauvreté de celui
qui le porte ; les tâches sur les vêtements d’un homme riche montrent que ce
dernier se nourrit bien (et ce en faisant abstraction d’un éventuel sens figuré).
Dans la septième parémie, il y a une structure équative (A = B) ou (vin = habit)
introduisant une comparaison entre le vin et les habits et mettant en exergue les
effets bénéfiques sur le corps quand il a froid, c’est-à-dire les propriétés
réconfortantes du vin explicitement et celles des vêtements implicitement. Ce
proverbe rejoint le premier au niveau de la signification et aussi de l’indication
d’une matière première précise du vêtement, à savoir le velours. Le huitième
propos sentencieux souligne l’importance de l’expression vestimentaire dans
nos relations avec autrui. Cette perspective est renforcée également par le
proverbe numéro onze. Ce dernier accentue le poids du discours vestimentaire
dans le jugement de notre entourage puisque quand on ne nous connaît pas, on
nous estime ou sous-estime selon la façon de s’habiller. Cette pensée est
confirmée par le quatorzième proverbe.
Les paroles populaires numérotées quinze, dix-huit et dix-neuf se
présentent sous forme de conseils dans lesquels on recommande aux individus
de se comporter élégamment dans leur vêture dans le but d’impressionner et de
se faire accepter au sein d’une communauté quelconque. La vingtième réflexion
fait écho à la perspective mise en avant dans les trois proverbes que nous
venons d’inspecter avec une accentuation sur la femme, qui, a priori, s’intéresse
plus que l’homme aux aspects vestimentaires.
Entre la question si « L’habit fait le moine » ou non, les deux expressions
parémiques neuf et dix « hésitent » ; en effet, le proverbe « Si l’habit ne fait pas
l’homme, du moins il le pare. » met en valeur le vêtement dans tous les cas, ne
− 84 −
serait-ce qu’accessoirement. À l’opposé au dixième proverbe, l’homme doit
beaucoup à son habit comme « l’oiseau doit beaucoup à son plumage » ou
encore « Les belles plumes font les beaux oiseaux ». Le douzième proverbe
confirme et renforce cette même idée. La signification du proverbe « On
pardonne plus volontiers un trou dans le caractère d’un homme que dans ses
vêtements » n’est guère loin ou différente de la vie que « L’habit fait l’homme,
sinon on se demande comment le Pape s’habillerait». Enfin, le dernier proverbe
établit un lien entre les valeurs d’altruisme et d’abnégation et celle du vêtement.
B.
CONNAÎTRE LE VÊTEMENT PAR DES CITATIONS
« La citation classique est le mot de passe des lettrés du monde entier » 162 .
La citation est définie comme étant « parole, ou phrase, passage, texte
empruntés à un auteur et que l’on reproduit textuellement, de vive voix ou par écrit,
pour illustrer, éclairer ou appuyer ce que l’on veut dire » 163 .
Notre spéculation nous a permis de mettre la main sur le patrimoine de citations
de différents auteurs de différentes origines et de domaines divers ; ces citations se
rapportent toutes au seul thème de l’habit. Il est illusoire d’imaginer d’être exhaustif
sur un tel sujet, nous avons cependant tenté d’en rassembler une cinquantaine pour
bénéficier d’un corpus représentatif.
Nous les énumérons en les classant en deux catégories, d’abord celles
défavorables, puis celles favorables au vêtement.
I.
Citations défavorables au vêtement
[1]
« Les vêtements sont la dernière priorité d’un ingénieur, pour peu qu’ils
soient adaptés à la température ambiante et ne franchissent pas le seuil
de la décence » 164 .
162
163
Johnson, Samuel (1709-1784), cité in: http://www.citation.ca/index.cfm?fuseaction=citations,
searchDynamique.
Centre nationale de Ressources Textuelles et Lexicales, http://www.cntrl.fr/lexicographie/citation.
− 85 −
Les personnes qui travaillent dans les domaines de la science et de la
technologie, en l’occurrence les ingénieurs, sont généralement considérés
comme des gens donnant la priorité plutôt à leur vie professionnelle qu’à leur
apparence. Les vêtements constituent pour eux en général un simple principe de
pudeur, de bienséance et de protection des intempéries, et non un but. Au-delà
de ces objectifs vestimentaires tout est gaspillage et abus, nous révèle la citation
ci-dessus.
[2]
« Vous êtes fort bien vêtu contre votre usage ; pourquoi sous cet habit,
qui est très propre, une chemise sale ?
– C’est que je n’en ai qu’une.
– Et pourquoi n’en avez vous qu’une ?
– C’est que je n’ai qu’un corps à la fois » 165 .
Les locuteurs de cette citation-dialogue sont respectivement l’épouse du
narrateur et le pendant du Médecin malgré lui. Ayant une vision philosophique
et médiatrice de la vie, ce personnage est persuadé qu’à un seul corps
correspond une seule chemise ; en d’autres termes, il bannit tout excès
vestimentaire, pour lui deux chemises au lieu d’une seule représentent un abus.
Cette citation rejoint la première sur le plan sémantique.
[3]
« Eh bien oui, c’est cela, que l’habit aille à la taille de chacun : la misère
aux peuples, le malheur au roi » 166 .
L’habit, ici, est associé à la misère et au malheur.
1.
[4]
À l’origine l’être humain est nu
« Si nous n’étions pas aveuglé par la sotte habitude, nous nous
apercevrions que le corps humain n’est vraiment sain et beau que dans sa
nudité » 167 .
164
165
166
Adams, Scott, http://www.dicocitations.com/citations-topvote.php.Dictionnairedescitations.
64000citationsmaximesetproverbesdumondeentier.
Diderot, Denis, Jacques le fataliste et son maître (1796), http://www.dicocitations.com/citation/
Habit/1/100.php.
Flaubert, Gustave, Agonies, in: Écrits de jeunesse, Éd. Rencontre, 1964, p. 220, http://www.gillesjobin.org/citations/?p=f&ai=146.
− 86 −
La présente citation laisse entendre que l’acte de se vêtir est une
« sotte habitude » et que la nudité est le meilleur habit pour le corps, car
à l’origine l’être humain est nu.
[5]
« Nu je suis venu au monde, et nu je le quitterai . . . » 168 . Ou encore
[6]
« L’homme et la femme étaient tous deux nus et n’en avaient pas
honte » 169 .
Cette idée de nudité originale est appuyée aussi par une autre citation :
[7]
« C’est qui ces deux-là ? Je ne sais pas . . . C’est la réponse que vous
obtiendrez à cent pour cent, si vous mettez des habits à Adam et Ève » 170 .
L’acte de se vêtir serait une simple imitation, un fait de société :
[8]
« L’artifice du costume et de la parure est de ceux qui, par la sotte vanité
et le servile esprit d’imitation, entraînent le plus souvent à la corruption
générale de la société » 171 .
2.
La vérité est toute nue
Certains penseurs considèrent que les vêtements ne font que dissimuler et
cacher la vérité.
[9]
« La nudité, c’est la vérité, c’est la beauté, c’est l’art » 172 .
De même, l’auteur espagnol, Benavente Jacinto, affirme que
[10] « Le nu est la sincérité du corps. . . une honnêteté que les gens habillés ne
peuvent pas avoir » 173 .
D’autres auteurs vont jusqu’à penser que la seule manière de s’exprimer et
de traduire ses pensées réside dans la nudité :
167
168
169
170
171
172
173
Mohandas, Karamchand Ghandi, dit le Mohatma, fondateur de l’Inde moderne, né en 1869, cité in :
http://www.clubnaturiste.net/documentation/citations-naturistes.html, Vive le soleil comme seul
vêtement.
Miguel de Cervantès, écrivain espagnol, né en 1547, ibid.
La bible, livre sacré chrétien, ibid.
Sébastien, Patrick, carnet de notes 2001, http://www.dicocitations.com/citation/Habit/1/250.php.
Heclus, Elisé (extrait de L’Homme et de la terre), savant français, géographe, écrivain et
conscience libre, né en 1830, ibid.
Duncan, Dora Angela, dite Isadora Duncan, danseuse américaine, née en 1895, ibid.
Benavente Jacinto, né en 1866, prix Nobel de littérature en 1922, ibid.
− 87 −
[11] « Peut-on se montrer tel que l’on est vraiment, sans être nu ? . . . » 174 .
Jacques Laurent considère que la nudité originale est de retour :
[12] « La seconde moitié du vingtième siècle a inventé un nouveau vêtement :
le dévêtu » 175 .
3. La liberté du corps est dans sa nudité
[13] « Viens à la joie et chante ! Rejette ton habit austère et danse ; sinon, va
t’asseoir dans ton coin, caché sous des voiles hypocrites » 176 .
Le poète, auteur de cette citation, associe le bonheur et la liberté à la
nudité ; il invite le lecteur à se déshabiller pour pouvoir danser ; il décrit les
vêtements comme étant des « voiles hypocrites ».
Nietzsche définit sans hésiter la liberté par la nudité :
[14] « Être libre, c’est vivre nu et sans honte » 177 .
L’écrivain français, Antoine Rivaroli, établit une comparaison entre les
habits et les lois, entre la nudité et la dépendance ; un corps vêtu serait pour lui
un corps dépourvu de liberté et soumis à des obligations :
[15] « Les hommes naissent nus et vivent habillés, comme ils naissent
indépendant et vivent sous des lois » 178 .
Le poète libanais Khalil Jibran associe les vêtements à des chaînes qui
privent les gens vêtus de leur liberté :
[16] « Bien que vous recherchiez en vos habits le sceau de votre liberté, vous
n’y trouverez bien souvent que des chaînes » 179 .
174
175
176
177
178
179
Ruel-Mézières, Laurence, dite Camille Laurens, écrivain française, née en 1957, ibid.
Laurent, Jacques, Le nu vêtu et dévêtu, http://www.dicocitations.com/auteur/2604/JacquesLaurent.php.
Chams al Din Muhammad Hafiz, Les Ghazels, http://www.dicocitations.com/citation/Habit/1/200.
php.
Nietzsche, Friedrich Wilhelm, http://www.dico-citations.com/etre-libre-c-est-vivre-nu-et-sanshonte-nietzsche-friedrich-wilhelm/
Rivaroli, Antoine, dit Conte de Rivaroli, ibid.
Jibran, Khalil, http://www.dicocitations.com/citation/Habit/1/150.php.
− 88 −
Pour René Crevel, le bonheur est en étroite relation avec la liberté d’un
corps sans vêtement.
[17] « Nu . . . il n’y a de bonheur que pour les corps libéré de leurs
vêtements » 180 .
Toujours dans cette perspective de la liberté nue, nous citons les propos
de l’actrice américaine Jennifer Aniston qui affirme que :
[18] « Je crois qu’il y a quelque chose de libérateur à se promener
complètement nu. Je me sens vraiment à l’aise avec la nudité » 181 .
4. La beauté du corps est dans sa nudité
[19] « Nous vivons une époque étrange où tout le monde a peur de la nudité,
mais j’ai été élevée dans l’idée que c’est quelque chose de beau » 182 .
On l’aura compris, la nudité constitue pour cette actrice une beauté
en soi. En outre, les vêtements auront un rôle négatif, à savoir :
[20]. « Nos vêtements dissimulent beaucoup de notre beauté, et ne cachent
point ce qui n’est pas beau » 183 .
De même Milan Kundera parle de « laideur des vêtements » qui
détermine « la laideur de l’homme ».
[21] « La laideur de l’homme, c’est la laideur des vêtements » 184 .
Ou encore, nous citons le pape Jean-Paul II, qui pense que :
[22] « Le corps humain nu garde inchangé son lustre et sa beauté » 185 .
Ajoutons que la valeur de l’égalité peut être incarnée entre autre par
la nudité ; le monarchiste marocain, Allal El Fassi se demande :
180
181
182
183
184
185
Crevel, René, cité in: Vive le soleil comme seul vêtement, http://www.clubnaturiste.net/
documentation/Citations-naturistes.html.
Aniston, Jennifer, ibid.
Milano, Alyssa, ibid.
Kundera, Milan, Le livre du rire et de l’oubli, ibid.
Ibid.
Wojtila, Karol, dit Jean-Paul II, cité in : Crevel, René, op. cit.
− 89 −
[23] « Quand nous rendrons-nous compte que Dieu (Allah) qui a créé le
premier homme nu et la terre pourvu d’ornements, continue de nous faire
sortir du ventre de nos mères égaux dans la nudité, afin que nous
profitions des ornements de la terre ? » 186
L’égalité dans la nudité est certes approuvée par l’écrivain, mais ce
point de vue n’implique pas son aliénation aux naturistes ; l’auteur
annonce la nécessité de profiter des ornements de la terre, ces derniers
peuvent être interprétés par les vêtements.
II. Citations favorables au vêtement, défavorable à la
nudité
De même qu’un train peut en cacher un autre, une citation peut en cacher
d’autres. En effet, les propos de Allal El Fassi nous mène à évoquer d’autres
citations qui à la fois abolissent la nudité et valorisent les vêtements :
[24] « Le nu éveille des émotions excessives. La chasteté du vêtement les
tempère. Comment dicter des lettres raisonables à une secrétaire
nue ? » 187
Ou encore :
[25] « La nudité, c’est pire qu’indécent, c’est bestial ! Le vêtement, c’est l’âme
humaine » 188 .
Puisque :
[26] « L’habit fait le moine. Les gens nus n’ont pas ou peu d’influence sur la
société » 189 .
[27] « Le vêtement est parfois la partie la plus réelle des choses. Avez-vous
remarqué la vérité de cette vieille expression : ‘Vêtu et dans son bon
sens’. L’homme n’est pas dans son bon sens s’il n’est pas revêtu des
186
187
188
189
El Fassi, Allal, écrivain marocain, ibid.
Maurois, André, Lettres à l’inconnu, Fayard, p. 72, cité in : Le dictionnaire des citations, op. cit.
Tournier, Michel, ibid.
Twain, Mark, ibid.
− 90 −
symboles de sa dignité sociale. L’humanité n’est pas humaine quand elle
est nue » 190 .
L’acte de se vêtir est un acte infini, en d’autres termes :
[28] « Les moralistes du troisième millénaire noteront sans doute que c’est au
moment précis où les hommes cessèrent d’épouser les femmes que les
vêtements cessèrent d’épouser le corps » 191 .
En termes de beauté :
[29] « Les vêtements doivent entrer dans l’idée de la beauté ; ils font la
grâce » 192 .
Le même penseur avance que :
[30] « Les beaux habits sont un signe de joie » 193 .
Marivaux partage le même point de vue avec Joubert :
[31] « Chez certaines gens, un habit neuf, c’est presque un beau visage » 194 .
Dans la même optique :
[32] « Ma foi, les beaux habits servent bien à la mine » 195 .
L’élégance de l’homme est sans doute celle des habits :
[33] « Oui, l’habit ça flatte toujours, et ce n’est pas moi qui suis élégant, c’est
mon costume » 196 .
Du côté des grands designers, ils ne peuvent que mettre en avant les
vêtements, et à leurs manières.
[34] « Il n’y a plus de mode, rien que des vêtements » 197 .
Ou encore :
[35] « Je ne crée pas des vêtements, je crée des rêves » 198 .
190
191
192
193
194
195
196
197
Chesterton, Gilbert Keith, L’ombre du requin, trad. J. Fournier-Pargoire, p. 62, in : Le poète et les
lunatiques, L’imaginaire-Gallimard, cité in : http://www.gilles-jobin.org/citations/?P=c&au=75.
Bouvard, Philippe, Mille et une pensées, cité in : Le dictionnaire des citations, op. cit.
Joubert, Joseph, Pensées, cité in : Le dictionnaire des citations, op. cit.
Ibid.
Pierre-Carlet de Chamblain de Marivaux, La vie de Marianne, cité in : Le dictionnaire des
citations, op. cit.
Abbé Mathurin Régnier, Sartires, cité in : Le dictionnaire des citations, op. cit.
Pagnol, Marcel, Fanny, cité in : Le dictionnaire des citations, op. cit.
Lagerfeld, Karl, cité in : Le dictionnaire des citations, op. cit.
− 91 −
Léonard De Vinci, compare les vêtements à la patience qui
[36] « joue contre les offenses exactement le même rôle que les vêtements
contre le froid » 199 .
Un autre point fort du vêtement élucidé par Charles Perrault :
[37] « Si le fils d’un meunier, avec tant de vitesse, gagne le cœur d’une
princesse, (. . .) c’est que l’habit, la mine et la jeunesse, pour inspirer de
la tendresse, n’en sont pas des moyens toujours indifférents » 200 .
Les vêtements peuvent avoir un effet bienfaiteur sur le corps mais aussi
sur l’esprit :
[38] « Gens en santé, payez-vous un grand luxe . . . passez une journée en robe
de chambre. Malades, payez-vous le luxe . . . d’une journée en habit de
voyageur » 201 .
La distinction et l’identité sont dans bien des cas révélées par les
vêtements :
[39] « En vous voyant sous l’habit militaire, j’ai deviné que vous étiez
soldat » 202 .
La valeur de l’individu repose le plus souvent sur celle de ses vêtements :
[40] « Ah mon habit, que je vous remercie ! – Que je valus hier, grâce à votre
valeur ! » 203
Sedaine dans cet extrait expose le pouvoir d’un bel habit ; le même
auteur, dans le même poème avance que
[41] « Ici l’habit fait valoir l’homme, là l’homme fait valoir l’habit » 204 .
Ailleurs :
198
199
200
201
202
203
204
Lauren, Ralph, cité in : Le dictionnaire des citations, op. cit.
Ibid.
Perrault, Charles, Contes de ma mère, l’oye, le maître ou le chat botté, cité in : Le dictionnaire des
citations, op. cit.
Leclerc, Félix, cité in : Le dictionnaire des citations, op. cit.
Brazier, Nicolas, L’enfant du régiment, cité in : Le dictionnaire des citations, op. cit.
Sedaine, Michel-Jean, L’épître à mon habit, cité in : Le dictionnaire des citations, op. cit.
Les citations de Michel-Jean Sedaine, http://www.evene.fr/celebre/biographie/michel-jean-sedaine1369.php?citations.
− 92 −
[42] « L’habit d’un homme proclame ce qu’il fait, sa démarche révèle ce qu’il
est » 205 .
Cette citation fait écho aux uniformes professionnels qui communiquent
le métier des individus « uniformisé ».
En outre, le vêtement peut habiller la pensée ainsi :
[43] « La parole est le vêtement de la pensée, et l’expression en est
l’armure » 206 .
Même les enfants ont besoin de préserver leur fraîcheur dans un
vêtement :
[44] « Rien ne met mieux en valeur la fraîcheur et la gentillesse d’un enfant
qu’un vêtement sombre et austère » 207 . »
CONCLUSION DU CHAPITRE I
Après avoir rappelé la définition de la mode ainsi que son évolution et son
rapport avec le vêtement, après avoir repéré les points de convergence entre le
vêtement et la langue, nous avons focalisé notre attention sur les signes
vestimentaires. On a compris que la sémiologie* peut aussi se définir comme
« l’étude des procédés de communication, c’est-à-dire des moyens utilisés pour
influencer autrui et reconnus comme tels par celui qu’on veut influencer » 208 .
Examinée sous cet angle, l’approche sémiotique apparaît comme un instrument
primordial pour effectuer une interprétation scientifique des vêtements en tant que
signes volontaires, involontaires et/ou communicationnels. Tout l’univers de la
réthorique visuelle et de la communication publicitaire s’est alors ouvert à la fois
prometteur d’enrichissements, mais aussi de performances créatrices en vue d’une
approche sémiotique appliquée.
205
206
207
208
Bible, Ecclésiaste XIX, 30, cité in : Le dictionnaire des citations, op. cit.
Rivarol, Antoine de, Maximes, pensées et paradoxes, Le livre club du libraire, p. 59, cité in : Le
dictionnaire des citations, op. cit.
Tournier, Michel, Le médianoche amoureux, p. 128, Folio, cité in : Le dictionnaire des citations,
op. cit.
Buyssens, Eric, «La communication et l’articulation linguistique», cité par Mounin, George,
Introduction à la sémiologie, (1970), Editions de Minuit, p. 13.
− 93 −
Le deuxième chapitre répond à la nécessité d’approfondir davantage les
connaissances sémiologiques en matière de vêtement. Les composantes des images
publicitaires de notre corpus seront analysées en profondeur.
CHAPITRE II
ANALYSE SÉMIOLOGIQUE DE VÊTEMENTS DANS DES
PUBLICITÉS DE MODE
ET
ÉTUDE COMPARATIVE
LINGUISTICO-VESTIMENTAIRE
- 95 -
Après avoir établi les fondements théoriques de notre recherche dans le chapitre
précédent, nous procédons maintenant à l’application de ces connaissances de base sur
un corpus sélectif d’images publicitaires. Notre corpus est constitué à partir de deux
journaux quotidiens Le Figaro et Le Monde.
Longtemps, le domaine publicitaire de la mode fut réservé aux magazines de
mode spécialisés grâce à la qualité du papier et des images en couleur. C’est le
développement de la technologie de la photographie qui permet aujourd’hui d’insérer
des publicités vestimentaires en couleur même dans la presse quotidienne dont le seul
avantage sur les magazines hebdomadaires est de pouvoir changer la publicité
journellement pendant les quatre saisons. Puisque Le Figaro et Le Monde représentent
au début du XXIe siècle les deux quotidiens français les mieux distribués en France, ils
aident à répandre le sujet de la mode vestimentaire comme un sujet sérieux parmi
d’autres. Le Figaro et Le Monde y consacrent même une rubrique intégrant la mode
comme faisant partie de la culture ce qui contribue à donner à l’image de la mode
vestimentaire une plus grande importance. La mode n’apparaît plus uniquement comme
un sujet marginal destiné aux femmes, mais s’établit dans la conscience du public par
son omniprésence dans les médias. En effet, la haute-couture et le prêt-à-porter
cherchent toujours le public le plus large à travers les mass media. Pour populariser
l’image de la mode vestimentaire, ils ne se servent plus uniquement de la télévision ou
de la presse spécialisée, mais aussi de la presse quotidienne qui expose ses lecteurs de
façon subliminale à un sujet moderne. Le lecteur d’un quotidien s’intéressant
prioritairement aux nouvelles politiques et économiques, nationales et internationales,
tombe involontairement sur les publicités vestimentaires en couleur couvrant une demi
page ou une page entière du journal. C’est justement la caractère récent de la publicité
vestimentaire dans un journal qui nous a poussé à choisir le support d’un quotidien
plutôt que celui d’un magazine de mode, afin de soumettre les publicités vestimentaires
retenues à une analyse sémiotique.
Dans notre démarche nous avons appliqué le principe de la synchronie ce qui
veut dire que nous avons préféré un corpus serré dans le temps, réduit à la période de
mai-juillet 2008 car notre but n’est ni d’étudier l’évolution des journaux, ni celle des
vêtements, ni celle de la mode non plus, mais plutôt de procéder à une étude
sémiologique appliquée. Il importe de souligner que notre esquisse sémiologique ne se
- 96 limite pas seulement à l’analyse des signes vestimentaires*, mais, comme annoncé dans
le titre du présent chapitre, nous essaierons également d’établir une étude comparative
linguistico-vestimentaire.
Nous n’avons pas, par ailleurs, négligé l’étude des autres composantes des images
publicitaires, en l’occurrence les objets et le cadre, ainsi que les mimiques et la
gestualité des mannequins ; précisons que ces derniers ne sont pas uniquement des
femmes mais aussi des mannequins- hommes.
Avant de préciser quelle est la structure de ce chapitre, il convient de souligner
que notre corpus représente « une collection finie de matériaux » pour laquelle « un
certain arbitraire* » est inévitable selon Roland Barthes mais sur laquelle l’analyste
doit travailler. Le caractère arbitraire* réside ici, d’une manière particulière, dans le
choix des noms de marques (Dolce & Gabbana, Hugo Boss, Versace, et Hogan) ainsi
que dans la sélection des pièces vestimentaires analysées.
Consciente de ce problème, nous nous sommes efforcée de concevoir un lien
logique entre les différentes parties qui subdivisent cette analyse appliquée. Au fil de
nos analyses, nous nous sommes rendu compte des points de convergence qui lient les
faits de langues aux vêtements en général et ceux représentés par les publicités de mode
composant notre corpus en particulier puisqu’ils sont appréhendés dans des contextes
précis favorisant ce rapprochement entre la linguistique et le vêtement, en l’occurrence,
l’antonymie, la communication, l’euphémisme et la question de motivation* ou
d’immotivation*.
Sur le plan structural, deux thèmes régissent ce volet, le premier met en relief une
situation vestimentaire inadéquate ; le deuxième traite un comportement vestimentaire
inapproprié.
SECTION I :
CONTEXTE
OU
SITUATION
VESTI-
MENTAIRE INADÉQUATE
A.
LA PIÈCE VESTIMENTAIRE « ROBE »
Nous disposons ici de quatre variantes d’une même publicité dont trois mettent en
scène une même pièce vestimentaire, il s’agit d’une robe ; à ces quatre images
- 97 publicitaires nous ajoutons une cinquième qui partage le même thème, à savoir
l’inadéquation du contexte vestimentaire ; la dernière, bien qu’elle aille dans la même
perspective, peut être classée dans la rubrique « situation vestimentaire inadéquate ».
Commençons par l’analyse de la première image vestimentaire.
B.
LECTURE DÉNOTATIVE
En bas de la page à droite apparaît une image de petite taille, faisant paraître une
jeune femme allongée par terre et habillée d’une robe blanche courte, l’image du
mannequin est reflétée par un miroir.
La posture du mannequin est une posture inhabituelle, surtout, si l’on suppose que
la jeune femme est dans un magasin de prêt-à-porter, plus précisément dans une cabine
d’essayage.
Le cercle qui entoure la jeune femme fait écho à un cirque. Le nom de la marque
« miu miu » est quasiment dans le cercle.
C.
ANALYSE
SÉMIOLOGIQUE
DE
LA
PIÈCE
VESTI-
MENTAIRE « ROBE »
L’unique pièce mise en relief ici est une robe courte de couleur blanche.
Signalons qu’à l’origine la robe était longue, mais elle représentait aussi un vêtement
masculin par excellence. Ce vêtement constitue également un signe vestimentaire*
distinctif de certaines professions que l’on porte par-dessus d’autres vêtements.
- 98 -
Image no 1 : Publicité de miu miu, Le Figaro, 3 mars 2008, p. 1.
- 99 -
Sous l’Ancien Régime la robe renvoyait à des rangs sociaux aisés ; l’expression
« gens de robe » en témoigne.
Pourtant dans le présent contexte, la robe est représentée comme un signe
vestimentaire* exclusivement féminin.
D.
LE DOUBLE RENVOI DE LA ROBE BLANCHE
Sur le plan sémiotique, nous sommes parvenues à relever deux sens de la robe. En
effet, l’image double du mannequin reflétée anormalement par un miroir ainsi que le
nom de la marque sous forme d’une dichotomie dont les deux parties sont identiques
(mais aussi notre double interprétation du lieu « cabine d’essayage » / « cirque » où se
trouve la jeune femme) renforce la double signification de la robe ; en effet, cette
dernière fait office tantôt d’une robe de mariée, tantôt d’une robe de fillette, le papillon
rouge sur la tête du mannequin appuyant cette dernière métaphore. Dans les deux cas de
figure, le mannequin semble être emporté dans deux mondes lointains, celui d’une
nostalgie de son enfance et celui de l’espérance de vêtir la robe blanche de mariée, et du
coup, de se marier après avoir trouvé l’âme sœur.
La coupe de la robe courte, serrée, ajustée permet à des destinataires prédéfinis,
les jeunes filles, de s’identifier au mannequin. La couleur blanche de la robe ne fait que
consolider la dichotomie sémiotique de la robe, à savoir, l’opposition entre la fillette et
la jeune femme mariée. « Le blanc multiplie les associations symboliques : du blanc de
la lumière et du Paradis à la royauté, entre hygiène du corps et pureté de l’âme, de la
peau aux cheveux blancs, du blanc du linge aux vêtements, des langes au linceul, entre
vie et mort, entre joie et deuil, le blanc varie de la neutralité à l’espoir, entre vertue,
fascination et terreur » 209 . Sur le plan connotatif, les sèmes attribuées à la couleur
« blanche », pureté, transparence, innocence et virginité, soutiennent l’idée de
l’existence des deux êtres coexistant dans le mannequin revêtu de cette robe ; les valeurs
de la robe se marient parfaitement avec celles de la couleur blanche. Le comportement
ou la posture inhabituelle du mannequin penche plutôt vers celui d’une fillette rêveuse ;
le ruban avec le nœud papillon représente un signe* fort de l’incarnation d’une petite
209
Mollard-Desfour, Annie, Le Blanc, Dictionnaire de la Couleur, Mots et expressions d’aujourd’hui,
XXe-XXIe, Préface Jean-Louis Étienne, CNRS ÉDITIONS ; Paris, 2005, p. XIX.
- 100 fille dans le mannequin. Les manches longues de la robe produisent le même effet. Le
col de la robe est similaire à un bavoir. Le Petit Robert dans l’article « robe » parle de
« vêtement d’enfant en bas âge : robe de bébé ». Ce même col rappelle la mode de la
fraise (en vogue au XVIe siècle et au début du XVIIe siècle): Est-ce là une autre
nostalgie, celle d’une époque révolue ?
E.
ROBE LONGUE VERSUS ROBE COURTE
Ailleurs, nous avons précisé, qu’à l’origine, la robe était un vêtement d’homme, il
s’agissait en l’occurrence de robes longues « descendant aux genoux ou au pied » 210 .
Or, dans notre support, la robe est très courte, on peut parler de minirobe. Elle est
portée par une femme. Au quinzième siècle, la robe désignait un vêtement de dessus,
longue ou courte pour les hommes et seulement longue pour les femmes.
Dans une variante de la même publicité, le même mannequin réapparaît vêtu
encore une fois d’une robe, cette fois-ci de couleur noire, avec un décolleté profond. Les
accessoires que porte le mannequin, à savoir les deux bracelets et le collier en tissu de la
même texture que la robe, assortis avec celle-ci et faisant office de bijoux, le minuscule
sac à main ainsi que la coupe et la couleur noire de la robe nous révèlent le contexte
spatial et événementiel dans lequel était ou se trouve le mannequin. D’ailleurs, on parle
de robe de soirée. Nous devinons qu’il s’agit d’une soirée plutôt amoureuse. La posture
sexy du mannequin allongé, les jambes découvertes, et son regard rêveur en même
temps que provocateur nous le confirme. Par ailleurs, le ruban en nœud de papillon
subsiste et renvoie toujours à une petite fillette.
En somme, le contexte vestimentaire des deux images publicitaires est
inapproprié et paradoxal, tout comme la mode : « La mode change sans cesse, mais tout
en elle ne change pas. Les modifications rapides concernent surtout les ornementations
et accessoires, les subtilités des garnitures et des amplitudes, alors que la structure du
costume et les formes générales sont beaucoup plus stables. Le changement de mode
porte avant tout sur les éléments les plus superficiels . . . » 211 .]
Récapitulons les sémèmes ayant trait à la robe dans les deux contextes : robe de
fillette ou d’enfant, robe de mariée, robe de soirée, robe d’ange, robe de démon.
210
211
Le Petit Robert informatisé, 2008.
Lipovetzky, Gilles, L’empire de l’éphémère, Éditions Gallimard, 1987, p. 35.
- 101 -
Image no 2 : Publicité de miu miu, Le Figaro, 3 mars 2008, p. 1.
- 102 -
F.
ROBE BLANCHE VERSUS ROBE NOIRE, ANGE VERSUS
DÉMON
En effet, les deux couleurs, à savoir le noir et le blanc, peuvent être des
antonymes*, en d’autres termes, les valeurs liées à la couleur blanche s’opposent à
celles de la couleur noire, mieux encore, ces deux couleurs reçoivent toutes les dualités
tranchées, notamment le mal / le bien, le mauvais / le bon, l’impur / le pur, le deuil / la
joie, la mort / la vie.
En outre, le vêtement blanc est associé aux anges et aux dieux, tandis que le noir
constitue l’habit du démon. « Le blanc brillant, par opposition au noir, est encore de
nos jours associé à la lumière de Dieu et du Paradis11.C’est la couleur des êtres
surnaturels, de l’ange blanc ou ange de lumière, opposé à l’ange noir ou ange des
ténèbres, principe du bien contre principe du mal12. C’est le blanc éclatant des saints,
des auréoles, de l’hostie symbolique représentant le corps du Christ. C’est la couleur
des vêtements des Pères de l’Église, du pape, de l’aube des prêtres, des enfants du
chœur et des communiantes13. C’est la magie blanche, qui opère de façon occulte sur les
forces et les esprits du bien (opposée à la magie noire) » 212 .
Ajoutons la dichotomie du caché / dévoilé qui implique clarté / obscurité, ce qui
veut dire que la vêture noire du mannequin révèle son côté énigmatique qu’elle tente de
cacher. Sur l’autre image publicitaire, le même mannequin-star porte une robe de
couleur blanche, la notion de dualisme ou de dualité que nous avons observée
auparavant est omniprésente. En effet, la personnalité du mannequin-star est
volontairement divisée par des valeurs contradictoires, ces valeurs – nous les avons
évoquées en dégageant le symbolisme des deux couleurs des deux robes portées par le
même mannequin. Nous avons parlé de la dichotomie mort / vie, en supposant que le
vêtement noir fait écho au deuil (dans bien des cultures) tandis que la couleur blanche
du vêtement transmet un message de gaité, de joie et, du coup, de vie (nous pensons ici
surtout à la robe de mariée qui est de couleur blanche sur le plan universel comme nous
croyons). Or, un paradoxe s’impose quant à la couleur blanche par rapport à la question
de la mort par opposition à la vie ; le linceul, bien que symbole fort de la mort, ce
« vêtement final » ou « dernier vêtement » que porte tout individu ayant quitté ici-bas est
212
Mollard-Desfour, Le Blanc, op. cit., p. XIX.
- 103 pourtant de couleur blanche. Est-ce qu’une autre dualité est exprimée par la même
vêture, à savoir la robe blanche du mannequin ? En d’autres termes, la jeune femme, en
portant la robe blanche, pense-t-elle à sa future vie de femme mariée ou espère-t-elle
une seconde vie meilleure, dans un au-delà créé par son imagination ?
G. LA ROBE STARISÉE OU LA STARISATION D’UNE ROBE
Il s’agit d’un choix stratégique publicitaire, ayant pour finalité la crédibilité de la
promesse ou des promesses ; ici la starisation de la robe et du coup de la marque
consiste à attribuer à tous les deux, la robe et la marque, une personnalité, un caractère
raffiné, mais surtout un physique reconnaissable car « être une personne, c’est être [. . . ]
une personne que tout le monde connaît, qui fait vendre et qui dure » 213 .
La star-mannequin, Kirsten Dunst, en revêtant la robe de marque miu miu, a
imprégné cette dernière de son style particulier, son goût prononcé pour l’élégance, mais
surtout sa réputation et sa renommée ; la robe devient donc, au même titre que Kirsten
Dunst, une star hollywoodienne, à la mode, et cela d’autant plus que l’effet de
reconnaissance consiste en une identification immédiate par le consommateur. Ce
processus s’accomplit d’autant plus effectivement que l’apparition de la star ne remonte
pas loin, qu’elle a eu du succès sur le plan international et que c’est justement Kirsten
Dunst qui a joué le rôle de la fiancée du héros Spiderman dans le film ainsi intitulé.
Cette théorie de « star-système » procède de l’effet de surprise, en effet, le
produit-robe incarné par la star est présenté dans un contexte étrange, la mise en scène
inhabituelle de la robe entraîne le spectateur dans un univers imaginaire.
213
Séguéla, Jacques, Heude, Rémi Pierre, Guide de la communication pour l’entreprise, Édition Maxima,
6è édition, Paris, 2005, p. 44.
- 104 -
SECTION II :
COMPORTEMENT VESTIMENTAIRE INAPPROPRIÉ
A.
LES QUATRE PIÈCES VESTIMENTAIRES DE LA MODE
VERSACE
Toujours dans la perspective du contexte d’un comportement vestimentaire
inapproprié, nous disséquons une autre série d’images de vêtements de mode de marque
Versace.
L’inadéquation des robes de mode de la marque que nous venons d’analyser a été
observée sur le comportement du mannequin par rapport à sa vêture. L’anomalie ou
l’inappropriation se présente dans les trois différentes publicités de Versace sur
plusieurs niveaux. Pourtant les couleurs comme les pièces vestimentaires sont
différents ; en effet, nous apercevons sur la première image (nous insistons sur le verbe
« apercevoir » parce que sur les trois images nous arrivons à peine à identifier les
vêtements, ce qui constitue une première inadéquation) trois vêtements différents qui ne
sont pas mis en valeur par le photographe ou plutôt nous préférons dire que le
photographe semble, ou mieux encore, feint de ne pas vouloir accorder une grande
importance aux vêtements ; nous entendons par là, la prétérition, une figure de style qui
consiste à faire mine de ne pas expliciter le nom ou l’image du produit ; les deux
éléments sont ici implicites, seul le nom de la marque apparaît. Nous évoquons un
paradoxe ; du mannequin, nous ne voyons que les jambes et les mains, comme si le
publiciste ou le photographe voulait concentrer toute l’attention sur ce que porte le
mannequin, c’est-à-dire sur ses accessoires et sur ses vêtements, alors que ces derniers
ne sont visibles que partiellement ; rappelons que l’ellipse du buste du mannequinpersonnage, ainsi que sa décapitation constituent deux aspects provocateurs, car
inhabituels, voire hors norme, puisque le visage, qui a un rôle important dans les images
publicitaires, a été supprimé. Nous supposons que cet anonymat laisse libre cours aux
futures « habillées » de la nouvelle série du prêt-à-porter de la marque Versace
d’imaginer le visage manquant et de s’identifier avec le corps qui semble idéal, formant
ainsi un stéréotype de jeunesse à caractère global qui permet au consommateur de
s’imaginer dans les mêmes vêtements ou dans des vêtements semblables.
- 105 Ici nous y opposons une autre publicité, toujours de la marque Versace (2005) 214 ,
la première a été représentée par la star mondiale Madonna (cf. notre travail de DEA
2005, page117 à page 132), la deuxième par la star Demi Moore. Cette dernière apparaît
sur une photo dans un décor aussi transparent que celui dans lequel est apparue
Madonna pour la même marque et avec le même texte : « Madonna for Versace » ici,
« Demi Moore for Versace » là. L’opposition en fait est observée au niveau de la
dichotomie starisation versus anonymat, puisque dans les trois publicités la marque est
représentée par une « personne » à moitié, puisqu’on n’en voit que les jambes.
Évoquons un autre point comparatif entre les deux publicités des deux stars. Il
s’agit cette fois d’un point de convergence. En effet, les deux représentations de la
marque Versace mettent en scène un vêtement contextuellement déplacé. Rappelons la
star Madonna vêtue de robe de soirée, agenouillée, ce qui constitue un premier nonconformisme concernant le vêtement par rapport au comportement. D’une manière
générale, on peut dire que les gestes d’une femme habillée de la sorte doivent être en
coordination avec son style vestimentaire ; en d’autres termes, elle doit faire preuve
d’une certaine élégance qui marie comportement et vêtements. Le deuxième
« déplacement » réside dans le fait que le mannequin est dans un bureau. Ce dernier
connote « travail », « labeur », « devoir » et « nécessité » et exige une autre tenue que la
robe de soirée. Par opposition le fait de porter une robe de soirée connote « oisiveté »,
« loisir » et « repos ».
Dans la deuxième publicité de Versace, mettant en scène Demi Moore, une autre
star qui a succédé à Madonna, en s’inscrivant dans la même dynamique d’ambassadrice
de la marque, il s’agit d’une autre pièce vestimentaire, un manteau cette fois-ci. Demi
Moore apparaît dans un endroit évoquant une salle de bain, les serviettes blanches pliées
et rangées sur une chaise nous suggèrent cela, la star, nue, est en train d’enfiler un
manteau ; le mannequin accomplit secrètement cette action, concrétisant ainsi
l’expression « sous le manteau ».
La tenue du mannequin n’est donc pas compatible avec l’espace dans lequel elle est
représentée. L’incompatibilité vestimentaire est observée sur l’habit lui-même, étant
donné que le manteau est par définition « un vêtement à manches longues, boutonné sur
le devant » 215 . Jusque là, la représentation iconique de cette pièce vestimentaire
214
215
Nous insérons cette publicité de « Madonna for Versace » dans l’annexe pp. 318-319 comme publicité
no 17 a+b pour donner au lecteur la possibilité de mieux suivre la comparaison effectuée ci-dessus.
Le Petit Robert informatisé, 2008.
- 106 correspond à sa définition par le dictionnaire ; ce dernier continue la description du
manteau : « qui se porte par-dessus les autres vêtements » 216 . Or, le mannequin le porte
à même la peau ; en dessous on ne voit aucun vêtement, est-ce une stratégie
publicitaire ? En tout cas, le manteau dans le contexte présent perd le sème suivant :
« qui se porte par-dessus les autres vêtements » et acquiert d’autres virtuèmes* :
« vêtement que l’on met en sortant du bain », ou encore « vêtement d’intérieur ». Le
premier virtuème*, on l’aura compris, correspond au signe vestimentaire* « peignoir »,
le deuxième à « robe de chambre ». En effet, l’attitude, le mouvement du mannequin et
la façon avec laquelle elle enfile le manteau ressemble à celle avec laquelle on met un
peignoir ou une robe de chambre, le mannequin semble nouer ou attacher la ceinture de
l’un de ses derniers vêtements. De ce fait le manteau devient un signe vestimentaire*
polysémique.
B.
VÊTEMENTS INVERSÉS
Outre l’apparente négligence des pièces vestimentaires constituant une
inadéquation contextuelle, le comportement vestimo-corporel du mannequin-personnage
anonyme-absent nous révèle une autre attitude peu commune ou peu habituelle : il est de
coutume qu’on s’habille d’abord, puis une fois habillé, on met les accessoires ; or, ici,
cette habitude vestimentaire semble être inversée. En effet, sur les trois images
publicitaires le mannequin ne s’habille qu’en dernier lieu, c’est-à-dire après avoir mis
les accessoires, ces derniers sont quasi-identiques (deux bracelets rigides) sur le bras
gauche sur la première image, sur le bras droit sur la deuxième. À chaque fois le
mannequin porte une bague ; sur la troisième image, en revanche, les bracelets ont été
substitués à une montre. Dans les trois apparitions du mannequin, cette dernière tient
d’une main la pièce vestimentaire en question (un pantalon ? une jupe ? une veste ?) et
de l’autre main un sac à main de couleur différente (beige sur la première image,
pastèque sur la deuxième et vert sur la troisième). Sur les trois publicités analysées, la
couleur de la pièce vestimentaire en question est à chaque fois identique au sac à main et
aux escarpins et aux bijoux portés par le mannequin. Ces accessoires devancent ou
216
Ibid.
- 107 -
Image no 3 : Publicité de Versace, Le Figaro, 27 octobre 2005, p. 29.
- 108 -
précèdent les vêtements d’une manière inaccoutumée ce qui met encore une fois les
habits dans un cadre insolite, voire extravagant.
C.
TROIS
PIÈCES
VESTIMENTAIRES,
TROIS
SIGNI-
FICATIONS, TROIS RELATIONS, UN SEUL CONTEXTE
I.
Le pantalon
Sur la première image, nous apercevons un pantalon que le mannequin tente
d’enfiler avec sa main gauche, la main droite tenant le sac avec insistance ; notons
que nous ne pouvons trancher si le mannequin est en train de s’habiller et par
conséquent, si elle le baisse pour l’enlever ou non. La présence des escarpins
cependant nous oriente vers l’hypothèse de l’habillement.
Examinons de près quelles valeurs véhicule un pantalon et quel est son
rapport avec le genre féminin puisque sur l’image c’est une femme qui le porte.
L’appellation « pantalon » vient du nom d’un personnage de la comédie
italienne qui s’appelait Pantaleone et qui portait un habit d’une pièce de la tête
jusqu’aux pieds.
À l’origine, le pantalon est un vêtement pour homme. Pendant la
Révolution, les sports comme l’équitation, la bicyclette et le ski permettent aux
femmes de s’habiller enfin en pantalon et de se réjouir d’une plus grande liberté
de mouvement. Dans la présente image, le modèle de pantalon fait écho à un
pantalon d’équitation, ce qui nous permet d’avancer qu’il s’agit d’une personne
sportive ou en tout cas d’une personne qui aime faire du sport. Son choix d’enfiler
un pantalon, symbole de toute sorte de libération, implique et dévoile la quête de
la liberté à laquelle aspirent le mannequin et la femme en général ; liberté qui se
laisse voir par l’acte même de s’habiller et de porter un pantalon.
Une autre raison d’être du pantalon était de cacher les imperfections
éventuelles des jambes des hommes comme celles des femmes ; dans le présent
contexte, les jambes du mannequin semblent être idéales. Le port du pantalon ici
est purement symbolique et véhicule plus d’une valeur. En effet, outre la liberté
- 109 ou la libération, le pantalon est un signe vestimentaire* d’égalité de sexe ;
l’ellipse du buste et du visage du mannequin peuvent renforcer la valeur de parité
homme-femme. La strate gestuelle de la main qui tient le pantalon dans la paume,
puis refermée sous la forme d’un coup de poing, fait écho à la force masculine,
mais aussi s’obstine à hausser le pantalon pour aller à l’encontre de l’expression
« baisser son pantalon » qui traduit soumission et lâcheté.
II. La jupe
1.
La jupe : un vêtement féminin, masculin ou
unisexe
Sur la deuxième image, il s’agit fort probablement d’une jupe, ou d’une minijupe, un vêtement féminin par excellence. Le mannequin, tout comme dans les
trois images, est en pleine action de s’habiller ou, plus précisément, elle est en
train d’enfiler la jupe.
Examinons les virtuèmes*, c’est-à-dire les sèmes virtuels contextuels de
cette « partie de l’habillement féminin qui descend de la ceinture à une hauteur
variable » 217 .
Nous avons auparavant évoqué le pantalon qui servait entre autres à cacher
les imperfections éventuelles des jambes ; nous pouvons parler d’antonymie de
cette dichotomie pantalon / jupe puisque qui dit mini-jupe dit jambes dévoilées, et
par conséquent, provocation et séduction ce qui constitue l’opposé du pantalon.
En ce qui concerne la symbolique de la liberté, la mini-jupe incarne la liberté de
s’habiller comme bon le semble à la gent féminine ; même si, en terme de liberté
de mouvement, la jupe prescrit une certaine manière de marcher et surtout une
certaine façon de s’asseoir d’après les règles de la bienséance. Nous l’aurons
compris, cette limitation de mouvement compose un deuxième point de
divergence entre le pantalon et la jupe. D’ailleurs la gestualité du mannequin sur
la première image confirme cela par sa manière d’enfiler son pantalon qui semble
être plus « libre » que dans la publicité où elle met sa jupe, notamment au niveau
des jambes qui sont plus écartées sur la première image que sur la deuxième. On
217
C’est la définition attribuée à la jupe par le Petit Robert informatisé, 2008.
- 110 -
Image no 4 : Publicité de Versace, Le Figaro, 6 mars 2008, p. 3.
- 111 -
peut même se demander si ce n’est pas une certaine timidité qui s’exprime par la
façon dont elle met la jupe. De plus, la manière dont le mannequin tient la jupe du
bout des doigts atteste une féminité absolue : cette dernière représente une valeur
indéniable de la jupe ; au reste, l’expression « coureur de jupon » est en étroite
relation avec la féminité, puisqu’elle désigne un homme multipliant des conquêtes
féminines.
Dans le présent support, la couleur rouge orangée de cette pièce
vestimentaire consolide cette idée de féminité par sa symbolique de sensualité,
d’énergie et de bonne visibilité, surtout puisque le port de la jupe en général et de
la mini-jupe en particulier se veut distinctif mais aussi un signe* de l’évolution
des mœurs au fil du temps.
Le phénomène de la mode joue un rôle important et influence considérablement
les comportements de l’homme ; la jupe est ici évoquée dans un contexte de
vêtement à la mode. Le mannequin, en se revêtant de la mini-jupe, exprime son
désir de s’intégrer dans la société, mais elle veut aussi montrer son existence
indissociable de sa liberté et son indépendance. Mieux encore, la jupe affiche le
pouvoir de la femme-mannequin, un pouvoir de séduction, et du coup d’emprise
sur autrui.
Par ailleurs, autrefois les hommes portaient des jupes et continuent à les
porter même de nos jours, le kilt écossais en témoigne, mais aussi l’étymologie du
terme lui-même qui signifie un « pourpoint d’homme » en atteste. Cette mode
d’homme en jupe est de retour. En effet, dans le défilé de mode de certains grands
couturiers comme Jean-Paul Gaultier, Anders Landinger, Sandra Kuratle et
d’autres, des mannequins-hommes défilent en jupe. Par ailleurs, comme le
maquillage pour homme, les jupes pour homme ne ressemblent pas tout à fait à
celles pour femme. Elles sont adaptées à la morphologie masculine. Au reste, une
association appelée HeJ (Homme en Jupe) a pour raison d’être de défendre la
liberté des hommes de porter une jupe : « . . . pas de travestisme, pas de
fétichisme, nous parlons de la jupe pour homme ‘au masculin’ et défendons la
liberté de la porter dans notre vie de tous les jours comme nous portons de la
- 112 -
Image no 5 : Publicité de Versace, Le Figaro, 14 mars 2008, p. 3.
- 113 -
même façon le pantalon » 218 . L’auteur de cet article établit une comparaison entre
la jupe et le pantalon, en se demandant : « Quelle serait la réaction de nos arrièregrands-parents en voyant, aujourd’hui le nombre de femmes en pantalon ?
Seraient-ils choqués ? » 219 En effet, le vêtement unisexe est un phénomène tout à
fait récent. Jusqu’au XIXe siècle, il n’était pas permis à la femme de porter un
pantalon de même qu’un homme en jupe ne passe pas inaperçu de nos jours. Nous
nous demandons si la mode, en démocratisant le port de la jupe par les hommes,
saura bannir la discrimination en raison du sexe et si elle réussira à
métamorphoser la jupe encore considérée comme un vêtement exclusif de la
femme en un vêtement unisexe.
Néanmoins, une autre interrogation se pose et s’impose ici : le port de la
jupe par un homme, est-il motivé par une tendance de la mode, par un style ou par
une commodité comme l’est le port du pantalon par la femme ?
Le présent contexte, c’est-à-dire l’apparition uniquement des jambes
dévoilées, étaye la fonction à laquelle la mini-jupe est destinée : la mise en valeur
du corps ou d’une partie du corps féminin, de même que les virtuèmes*, tel que
l’aspect provocateur, la séduction, la sensualité et la stimulation sont connotés
aussi bien par la photographie du mannequin (préférant montrer sans complexes
ses jambes plutôt que son visage) que par la jupe. Cette dernière représente donc
un signe vestimentaire* fondé sur l’audace et l’autosatisfaction. Ainsi sans voir le
visage de la femme, on peut cependant à travers son choix vestimentaire lui
attribuer une identité et une personnalité de femme osée au goût prononcé de
féminité et d’élégance, ayant l’esprit du temps puisqu’elle s’habille à la mode.
218
219
http://www.masculin.com/style/149-jupe/2.html, Salomé, Jérôme, Boucher, Christophe, Jupes pour
homme ??? État des lieux.
Ibid.
- 114 -
2.
La jupe : un vêtement remis en question
Au cours de nos recherches, nous avons découvert l’existence de la journée
de la « jupe » 220 ou encore « Le Printemps de la Jupe et du Respect » 221 , la
première fait l’éloge de la jupe et espère la « réhabiliter » 222 . En essayant de
bannir les préjugés qui font que porter une jupe serait synonyme de « fille facile »,
des lycées ont organisé la journée de la jupe, voulant lutter contre ces opinions
défavorables à la jupe et instituer le dialogue entre les filles et les garçons sans
arrière-pensées sexuelles. Le deuxième, se présente sous la forme de multiples
supports pédagogiques documentaires sous-titré « jupe ou pantalon » ; les
objectifs du documentaire rejoignent ceux de la journée de la jupe : « Être
féminine est parfois vécu comme une véritable provocation, à tel point que les
jeunes filles vivent la jupe comme un tabou. À l’école, la plupart d’entre elles
s’habillent comme des garçons » 223 .
III. La veste
Le thème du « contexte vestimentaire inadéquat » est fortement traduit,
visible et omniprésent dans la troisième image représentant, tout comme dans les
deux autres images que nous avons observées et analysées, les jambes nues d’une
femme en train de s’habiller, en pantalon sur la première image, en jupe sur la
deuxième. Pour être portées, ces deux pièces vestimentaires, nous le savons et
comme le veut la logique, passent par les pieds. Sur le présent support nous sont
représentées a priori les mêmes jambes, le même contexte et probablement la
même action, celle de s’habiller. Le vêtement désigné ici est une veste. Cette
dernière est par définition « un vêtement couvrant le torse, ouvert devant » 224 . Or,
dans le présent contexte, cette veste ne semble pas être destinée à couvrir le torse,
car une veste se passe par les bras, en haut et non en bas par les jambes comme le
220
221
222
223
224
http://lajupe.site.voila.fr/page6.html (source: AFP 21/03/2006).
http://www.printempsdelajupe.com/jupe-ou-pantalon.
La réhabilitation de la jupe chez les ados est un article paru dans le journal Le Monde, 1er avril
2008, page 25 qui rapporte des propos, des objectifs et renseignements sur la journée de la jupe.
Extrait du documentaire réalisé par la pédagogue Brigitte Chevet, durée 52 minutes, lieu Bretagne,
année 2007, titre : « Jupe ou pantalon », publié sur Internet : op. cit.
Le Petit Robert informatisé, 2008.
- 115 sous-entend le présent contexte vestimentaire. Ce qui nous pousse à supposer que
le mannequin est en train de se déshabiller ou encore que le mannequin refusant
de « subir un échec », de « ramasser une veste », préfère laisser tomber cette
dernière, affichant ainsi une victoire.
Une victoire que nous assimilons à la veste verte de golf. Car porter une
veste verte en golf signifie qu’on a gagné et qu’on est vainqueur.
Ainsi le Figaro 225 , rapportant la victoire du Sud Africain Treva Immelman,
intitule l’article en question « La veste pour Immelman », affichant la photo de ce
dernier revêtant une veste verte ; la photo est commentée de la sorte « Comme de
coutume Zach Johnson, vainqueur en 2007, remet la veste verte à Treva
Immelman » ; ou encore « France 24 » 226 rapportant le même fait : « Immelman
revêt la prestigieuse veste d’augusta ».
D.
CONTACT VESTIMENTAIRE ET SENSUALITÉ OU LES
RELATIONS SENTIMENTALES ENVERS LES VÊTEMENTS
- LECTURE COMPARATIVE DE LA GESTUALITÉ Dans cette trilogie, nous avons observé une femme tenant trois pièces
vestimentaires de morphologie différente dans chaque image, mais aussi de
couleurs différentes. Quant à la gestualité, nous constatons que cette icône
féminine accomplit une pantomime identique dans les trois images ou presque. En
effet, le mannequin apparaît penché, ce qui nous permet de voir ses mains. Ces
dernières sont mises avec le vêtement dans un rapport de préhension,
spécifiquement sur la première image dans laquelle sa main droite saisit le
pantalon d’un poing fermé, cette attitude gestuelle faisant écho à la force
masculine. Est-ce que cela a un rapport avec le pantalon en tant que nom masculin
et en tant que vêtement réservé à l’origine aux hommes ? Y a-t-il un contraste
225
226
http://www.lefigaro.fr/golf/2008/0.4/14/02005-20080414ARTSPO00274-la-veste-pour-immelman.
phpLefigaro.fr,14/04/2008.
http://www.france24.com/fr/20080414-golf-augusta-masters-georgie-immelman:France24, l’Actualité
Internationale24h/24, lundi 14 avril 2008-08-16.
- 116 -
Image no 6: Publicité de Versace, Le Figaro, 1 mars 2008, p. 5.
- 117 -
avec la manière énergique dont le mannequin saisit le pantalon il effleure la jupe
et la veste du bout des doigts, ces dernières pièces vestimentaires étant sur le plan
morphologique des noms féminins par opposition au pantalon ?
Nous signalons, en tout cas, la présence d’un tiers actant, d’un homme figé
et incarné par un élément vestimentaire. Cette dichotomie absence / présence d’un
mâle nous est suggérée par le jeu de séduction « caché / dévoilé » entrepris par
l’action « s’habiller / se déshabiller ». En effet, comme nous l’avons évoqué
auparavant, nous ne pouvons trancher si cette femme est en train de s’habiller ou
de se déshabiller.
Ses deux mains sont « actives », l’une saisissant ou effleurant un vêtement,
l’autre étant en pleine action de prendre ou de poser un sac à main. Nous optons
pour la dernière interprétation car l’hypothèse de la présence d’un homme ou en
tout cas d’une relation amoureuse nous pousse à supposer que la jeune femme
(stéréotype du corps idéal) est arrivée ou a atteint sa destination, c’est-à-dire son
point de rencontre ou son rendez-vous avec son amant ; par conséquent, elle pose
son sac à main par terre pour passer au rapport sensuel. Ce dernier est fortement
ressenti, particulièrement sur la troisième image dans laquelle la jeune femme
entre avec les vêtements (la jupe dans la deuxième image, la veste sur la
troisième) dans une relation d’auto-contact direct ; le mannequin entretient un
contact caressant avec ses vêtements ; les deux pièces vestimentaires étant
rapprochées du corps féminin avec volupté et douceur, et spécifiquement des
jambes qui constituent une métonymie, un rapprochement du sexe féminin. La
position écartée des jambes au contact du vêtement évoque une certaine
jouissance, un certain plaisir, ce qui constitue une confusion entre le vêtement et
l’être aimé, que ce soit une autre femme ou un homme. La main droite caresse et
effleure la pièce vestimentaire en question.
La prise du vêtement, la jupe ou la veste, est effectuée par le bout des
doigts, ce qui donne l’impression de légèreté du vêtement-objet d’autant plus que
le vêtement acquiert la fonction ou le rôle du double de l’icône féminine puisque
sa couleur est identique aux autres éléments-objets constituant ainsi un esthétisme
parallèle à celui de la femme-mannequin. Par ailleurs, la photographie de l’image
prise d’en bas rend la femme beaucoup plus grande par rapport aux vêtements, ce
qui donne à ce dernier non seulement le statut d’un objet mais le réduit à un
- 118 attribut de la femme ; autrement dit, ce vêtement n’est qu’un objet possédé par
cette femme.
E.
ATTITUDE VESTIMENTAIRE ANTONYMIQUE / PIÈCE
VESTIMENTAIRE
ANTONYMIQUE :
BOSS
ET
DOLCE
GABBANA
I.
Homme versus femme : analyse d’une publicité de
mode de la marque Boss
Toujours dans des contextes précis, nous allons relever des pièces
vestimentaires antonymiques. De même nous allons prendre en compte la
sémiologie de la scénographie des protagonistes ; autrement dit, leur mise en
scène et leur position par rapport à leur vêture. Deux « habillements » sont
présentés et sont totalement opposables : un maillot de bain et un costume, le
premier étant porté par une femme, le deuxième par un homme, nous l’avons
compris, par deux sexes différents, pour ne pas dire par deux adversaires. Les
sèmes connotés par les deux vêtements représentent des valeurs antonymiques. En
effet, le maillot de bains symbolise des vacances (au bord de la mer) et par
conséquent l’été ; il signifie également « oisiveté », « liberté », « désœuvrement »,
« repos », « loisir » ; d’ailleurs « sa démocratisation ira de pair avec l’avènement
des loisirs, des congés payés, des nouveaux tissus, mais aussi avec la nouvelle
conception du corps » 227 .
Le costume, à l’opposé, connote les sèmes suivants : « travail » (dans un
bureau le plus souvent), « l’hiver », « l’effort », « l’obligation », « le devoir »,
« la dépendance », « le sérieux », « l’activité ». « Le costume est devenu
l’uniforme civil masculin. Il symbolise à la fois le rôle actif de l’homme dans la
société et l’élégance » 228 .
II. La
sémiologie
gestuelle*,
un
calque
sur
sémiologie vestimentaire* ?
227
228
Boutin, Arnaud, Tasmadjian, Marie-Noël, Sandrine, Le vêtement, Édition Nathan, 2005, p. 66.
Ibid., p. 38.
la
- 119 Nous allons inspecter ici la kinésique, les mimiques, ainsi que les postures
des protagonistes par rapport à leur vêture.
Le thème de l’antonymie est de fait omniprésent dans cette strate gestuelle ;
leurs regards vont dans deux axes différents ; l’homme est pensif, la femme fixe
de son regard un objet ou une personne ; tous les deux partagent cependant la
notion du regard ‘hors champs’. Un autre trait antonymique opposant les deux
sexes réside dans le fait que le visage de la jeune femme est visible dans son
intégralité, bien qu’il ne soit pas pris d’en face mais plutôt d’un angle oblique afin
qu’il n’interpelle pas le regard du récepteur. Le visage du jeune homme est à
moitié visible puisqu’il est photographié de profil. Comme sa vêture, la bouche du
jeune « costumé » est fermée révélant ainsi un sérieux allant de pair avec une
mimique et une vêture sérieuses.
Quant à la jeune femme, sa mimique rime avec sa vêture, à savoir une
bouche voluptueusement ouverte, impliquant un mélange de plaisir, de jouissance
et de séduction renforcé par le décolleté du maillot de bain. Notre mannequin
apparaît totalement opposé au jeune homme aussi bien sur le plan vestimentaire
que sur le plan mimique. Contrairement à lui, elle se fond dans le décor naturel.
Un paradoxe est à relever au niveau de la posture. L’arrondissement des
épaules est un signe* de féminité, les épaules carrées représentant un trait inhérent
à la masculinité. Or dans le présent contexte, ces formes semblent être inversées
puisque les épaules de la jeune femme sont ici de forme carrée tandis que celles
du jeune homme sont arrondies, cette dernière « inversion sexuelle » renforçant
l’idée de l’antonymie.
III. Scénographie du couple et interprétation lexicosémiotique du nom de la marque Boss
Le jeune homme est accroupi au bord de la piscine, son corps tourné vers la
jeune femme avec le dos rond tandis que la jeune femme se tient debout, le corps
- 120 -
Image no 7 : Publicité de Hugo Boss, Le Figaro, 14 mars 2008, p. 35.
- 121 tout droit à la différence du jeune homme dont le dos est courbé si ce n’est pas
« bossu ». Sur le plan sémantique aussi bien que sur le plan phonétique, cet
adjectif fait écho au nom de la marque Boss qui rappelle le verbe « bosser », une
expression familiale d’usage plutôt parlé qui signifie « travailler » ayant pour
étymologie « être courbé sur le travail ». Cependant, l’adjectif « bossu » ainsi que
le verbe « bosser » ne correspondent pas au « costume » car le fait d’« être habillé
en costume » implique avoir un métier non pas physique, mais noble et
intellectuel. Les deux unités lexicales sont donc antonymiques à l’aspect
vestimentaire du jeune homme.
Ce réseau antonymique est omniprésent. En effet, toujours sur le plan
linguistique, le signifiant* « Boss » (le nom de la marque) signifie (toujours dans
le registre familial) le patron, le chef, c’est-à-dire la personne qui commande, qui
ordonne, qui sait se faire obéir. Ces attributs sont assignés, on l’aura compris, à la
jeune femme tandis que le jeune homme accomplit la fonction du subordonné
domestique, du subalterne, son assujettissement devant la jeune femme
confirmant sa « servitude ». Cette proxémie interpersonnelle du rapport homme –
femme renforce encore une fois l’idée de l’antonymie.
Par ailleurs, l’espace où se déroule la scène ne révèle aucun contexte
professionnel ; en d’autres termes, la relation des deux êtres hétérosexuels n’est
pas représentée dans un cadre de travail nécessitant des codes* et des normes à
respecter. Dans le présent contexte, la seule loi qui s’impose est celle de la
séduction ; la soumission du jeune homme provient de sa fascination, son
attirance envers la jeune femme qui exerce son pouvoir de séduction, voire
d’ensorcellement. Ce pouvoir lui est alloué par sa vêture, le maillot de bain étant
un vêtement réputé pour son aspect « sexy ».
Ajoutons, au terme de ce réseau antonymique, un autre paradoxe au niveau
du nom de la marque par rapport à l’attitude des deux protagonistes. Comme nous
avons pu le constater, le statut du « boss » (chef) est attribué à la jeune femme.
Puisque le nom intégral de la marque est « Hugo Boss », Hugo étant un nom
masculin, le « chef » devait être le jeune homme si l’on admet qu’il est nommé
Hugo ou bien qu’il représente le créateur Hugo Boss lui-même.
- 122 -
IV. La relation significative du prénom Hugo en rapport
avec son aspect vestimentaire
Notre curiosité nous a conduit à effectuer une recherche sur Internet 229 sur
le prénom Hugo en tant que complément de la marque Boss sur laquelle nous
sommes en train de travailler ; notre recherche a abouti à établir un lien entre la
signification du prénom Hugo et ses affinités avec l’aspect vestimentaire et la
mise en scène de notre mannequin masculin. En effet, l’étymologie de « Hugo »
est Germanique et signifie « esprit », « pensée », les deux signifiants* étant
synonymes et renvoyant à une abstraction. Dans la mesure où il semble « absent
d’esprit » parce qu’il est occupé par une « pensée », la mimique faciale du jeune
homme est conforme à ces deux signifiants*. En fait, « Hugo » (Boss) est en plein
acte de méditation, de réflexion et de rêverie.
La même source informative qui n’est bien entendu pas à prendre comme
un éternel objectif, mais comme une sorte de référence lexiculturelle, de
subjectivité partagée, à la manière des « charges culturelles partagées » signalées
par Robert Galisson, souligne que « Hugo est un être exigeant, parfois même trop
perfectionniste ou trop sélectif [. . .]. Ce souci de détail peut s’observer dans son
apparence physique raffinée, élégante ou bien dans un côté ordonné de
ponctualité
extrême
ou
encore
dans
une
conscience
professionnelle
scrupuleuse » 230 . Assurément cet Hugo (Boss) répond à ce portrait convenu, il fait
preuve d’une « élégance » et d’un « raffinement » sans égal aussi bien au niveau
du comportement vestimentaire qu’au niveau de l’aspect comportemental, c’est-àdire de la galanterie. Ici, « la ponctualité » peut correspondre au fait que le jeune
mannequin est au rendez-vous amoureux à l’heure, qu’il est arrivé avant que le
mannequin-sirène plonge ou replonge dans l’eau. Quant à la « conscience
professionnelle », elle se détache par l’habitus vestimentaire du mannequinhomme, mais aussi par sa mimique, précisément son regard vide qui révèle son
esprit pensif ; en d’autres termes, le mannequin est en train de réfléchir, ce qui
implique qu’il est encore absorbé par son travail bien qu’il se trouve actuellement
dans un cadre de loisir. Cette dernière idée d’abstraction marque une autre
dichotomie antonymique, à savoir la présence / l’absence du jeune mannequin,
229
230
http://www.signification-prénom.com/prénom/prénom-Hugo.html: Signification du prénom Hugo,
extrait du livre écrit par Barbault, Martine, Choisir son prénom, choisir son destin, édition J’ai lu.
Ibid.
- 123 son corps étant présent, son esprit étant plutôt absent. Si l’on admet qu’il essaie de
lire les pensées de la jeune femme, une télépathie s’installe entre les jeunes
« amoureux », une sorte de transmission de pensées. L’imaginaire est facilement
sollicité. L’analyse de cette communication de pensées peut ainsi nous faire
avancer que la jeune femme est en train d’inviter ou d’inciter le jeune mannequin
à plonger avec elle dans l’eau plutôt que de plonger dans le travail. Cette
incitation de la part de la jeune femme ne se limite pas à une seule action
puisqu’elle l’invite non seulement à plonger, mais aussi à changer son apparence
au niveau vestimentaire. Notons encore une fois qu’un paradoxe se manifeste au
niveau de la communication entre les jeunes amoureux. En effet, la télépathie est
par définition le « sentiment de communication à distance par la pensée » 231 .
Néanmoins, les deux interlocuteurs sont présents, ne serait-ce que dans une
présence uniquement corporelle. En guise d’explication, nous suggérons que
l’incompatibilité vestimentaire des deux personnes et le fait qu’ils ne se regardent
pas directement dans les yeux laisse entendre qu’ils tentent de se retrouver dans
l’abstrait, en regardant dans le lointain. On le constate : la mise en scène choisie
pour cette photographie publicitaire est destinée à stimuler l’imaginaire, à la
manière de ce qu’on appelait naguère à l’école élémentaire, les « images à parler»
destinées à faire s’exprimer celles et ceux qui les regardaient, avec pour objectif la
mémorisation de ce qui était vu et dit. En définitive, c’est bien le même objectif
que poursuivent les publicités.
V.
T-shirt et robe, le duo ou le couple féminin chez
Dolce & Gabbana
À l’opposé de la publicité Boss que nous venons d’inspecter et qui met en scène
un couple hétérogène, (l’idée d’antonymie est présent également à ce niveau,
c’est-à-dire dans le corpus lui-même) la présente publicité met en scène deux
jeunes femmes, l’une à moitié allongée, les jambes écartées, la bouche ouverte,
les yeux entr’ouverts et la main droite en position ambigue, l’autre est debout, les
mains s’appuyant sur le meuble, en l’occurrence un fauteuil ou un canapé, sur
lequel l’autre femme est assise / allongée. La position du mannequin debout est
231
Le Petit Robert informatisé, 2008.
- 124 semblable à celle d’un animal traquant sa proie, son regard est droit et dur. Nous
nous posons la question suivante : s’agit-il d’un duo lié par une simple relation
d’amitié ou d’un couple amoureux de femmes ? La réponse à cette question
s’effectuera à travers la sémiologie* vestimentaire.
VI. Le T-shirt versus la jupe : le duo « femme-femme »
Le même mannequin porte deux pièces vestimentaires totalement opposées,
une jupe, symbole de féminité et bien d’autres valeurs qui y sont liées (cf. l’image
no 5, publicité de Versace que nous avons disséquée auparavant, p. 108 ss.) et un
T-shirt constituant notre cible d’analyse dans la présente publicité. En effet, le Tshirt est à l’origine un vêtement masculin, porté par les joueurs de baseball, ce qui
confère au mannequin l’attribut de masculinité. Cette idée est renforcée également
par le message iconique imprimée sur le T-shirt, à savoir l’image de la moitié du
visage d’un homme que nous interprétons par deux manières ; la première, c’est la
présence quelque part d’un homme quelconque, la deuxième, c’est que le port du
T-shirt par la jeune femme transmet à travers l’image imprimée le message
suivant : je suis un homme à moitié. Cet oxymore est renforcé par le style
« mélangé » du mannequin qui consiste en l’association de la jupe avec le T-shirt,
mélangeant ainsi des sèmes, des valeurs ou des virtuèmes* discordants,
notamment « masculinité » versus « féminité », « décontraction » (symbolisée par
le T-shirt) versus « contraction » (liée à la limitation du mouvement par la jupe
que nous avons déjà expliquée préalablement).
En outre, le « T » de T-shirt renvoie à la forme de ce vêtement 232 , ce qui
étaye l’hypothèse selon laquelle la jeune femme habillée en T-shirt joue le rôle de
l’homme.
232
« L’orthographe française tee-shirt est erronée : son nom vient de T-type shirt. Ce n’est en aucun cas
une abréviation » cité par M. N. Boutin-Arnaud, S. Tasmadjian, op. cit., p. 154.
- 125 -
Image no 8 : Publicité de Dolce & Gabbana, Le Figaro, 16 mars 2008, p. 22.
- 126 -
VII. Le T-shirt, un phénomène social popularisé par le
cinéma hollywoodien
L’image de la moitié d’un visage d’un homme renvoie à l’acteur américain
STEVE MCQUEEN, dont le nom est également affiché sur le T-shirt. Une
question se pose et s’impose ici : Pourquoi un acteur américain ? Le message que
transmet le vêtement constitue un signe volontaire* à caractère informatif sur la
popularité de cette pièce vestimentaire. En effet, les plus grandes stars adoptent le
T-shirt dès 1957 de sorte qu’il est devenu le vêtement préféré des cinéastes de
cette époque, synonyme de confort, de facilité d’entretien, de décontraction, de
mode, mais aussi un symbole de la culture américaine. L’envahissement du
phénomène T-shirt atteint également les stars européennes avant qu’il ne soit
adopté par toutes les catégories de personnes. Confectionné dans toutes les formes
et toutes les couleurs et dans diverses matières, il devient un emblème de
communication, particulièrement dans le secteur de la publicité.
Le T-shirt est aussi vecteur de bien des messages personnels ; il permet de
« faire part à son entourage de son avis sur tel ou tel sujet de société, d’exprimer
son point de vue politique (Votez Untel), de faire rire, de détendre l’atmosphère
[. . .]. Le T-shirt est un produit que l’on peut consommer sans modération. L’abus
du T-shirt n’a jamais tué personne . . . » 233 .
VIII. L’antonymie ou la dichotomie présence / absence
masculine
La présente publicité met en scène deux femmes : des sœurs jumelles, des
amies confidentes complices, ou un couple de femmes ?
Le T-shirt est un signe* fort d’une présence masculine, la jeune femme en
T-shirt, manches retroussées, ayant les épaules de forme carrée et la posture plutôt
masculinisée, voire même une formation de muscle, se voit attribuer les codes*
comportementaux et vestimentaires masculins pour accomplir son rôle
« d’homme », notamment vis-à-vis de l’autre « femme mannequin » qui, elle,
possède tous les attributs de la féminité (aspect vestimentaire et scénographie). Le
233
http://t-Shirts-word.com/articles.php?Ing=fr&pg=9.
- 127 paradoxe réside donc dans cette dichotomie présence / absence de la gent
masculine. En effet, la mise en scène du double de la même personne et du même
sexe élargit sa liberté et ses moyens de s’exprimer; en d’autres termes, ces
femmes expriment leur désir féminin libéré de la tutelle masculine. Cette
transgression de normes sociales en matière de rapports entre les sexes est
légitimée par le port du T-shirt comme alternative à l’homme. Par ailleurs, ce
brouillage des codes* de la sexualité et cette bousculade de l’ordre établi n’est
rien d’autre qu’une stratégie publicitaire qui repose sur la provocation renforcée
par le regard des deux femmes dirigées vers le spectateur, mettant ainsi en avant
que la féminité se porte mieux à deux. Malgré l’absence de l’homme, ce dernier
n’est tout de même jamais loin ; en d’autres termes, l’homme ici est peu présent,
mais il n’est pas totalement absent non plus. Le message est le suivant : la
présence effective de l’homme n’est pas ou n’est plus nécessaire pour le plaisir.
Celui-ci se manifeste clairement sur le mannequin-femme qui incarne la féminité,
notamment au niveau de la gestualité de sa main: les bouts du doigt sur la peau
(du buste), la paume sur le vêtement.
IX. La
robe
vertugadin
à
panier
versus
le
T-shirt :
antonymie vestimentaire
Dans la même publicité, nous assistons à une autre forme de mélange
d’opposés, à savoir, valeurs modernes versus valeurs traditionnelles ou encore
néologismes* versus archaïsmes.
En effet, à l’opposé du T-shirt (porté par le mannequin-homme) véhiculant
des valeurs nouvelles (commodité, confort, praticité, aise, facilité d’entretien et de
déplacement, décontraction) synonymes de modernité et de nouveauté, la robe
portée par la femme rappelle le vertugadin 234 ou le « panier » représentant ainsi
un style ancien en vigueur au XVe siècle et donc archaïque et synonyme des
virtuèmes*
« incommodité »,
« gêne »,
« inconfort »,
« malaise »
et
« contrainte ». Pour ce vêtement incommode, on mettait dans les endroits publics
234
Le vertugadin ou vertugade, mode espagnole de la fin du XVe siècle introduite en France au XVIe
siècle. Jupon de grosse toile tendue sur de gros fils de fer qui soutenait les jupes (vertugadin, un entonnoir.
À la fin du XVIIe siècle, l’adjonction d’un plateau circulaire et rigide caractérise le vertugadin, dit
tambour : Boucher, François, Histoire du costume en Occident de l’Antiquité à nos jours, Flammarion,
1965, Paris, p. 443.
- 128 des chaises hautes spéciales dites « chaises à vertugadin » 235 . Le malaise des
femmes dans ces robes à vertugadin mérita l’ironie de Montaigne : « Pour faire
un corps bien espagnolé, quelle gehenne les femmes ne souffrent-elles pas ? » 236
Notons en passant un antagonisme au niveau vestimentaire entre les deux
cultures, la culture américaine et la culture espagnole.
Toujours est-il que, dans l’idée de l’antonymie, peut être opposée à la
publicité de Dolce Gabbana que nous venons d’analyser une représentation de la
même marque, divergente au niveau du nombre des personnes aussi bien qu’à
celui de leur sexe et de leur habitus. En effet, la publicité en question met en scène
trois hommes qui sont tous en train de marcher, bien que l’un d’entre eux avance
dans le sens opposé aux deux autres, son visage et son regard étant pourtant
tournés dans la même direction que celle des deux autres mannequins. Celui
marchant à l’encontre des autres est vêtu d’un style quasi-identique à l’un des
deux autres mannequins ; en d’autres termes, les deux hommes situés à droite et à
gauche ont un aspect presque identique, un style plutôt militaire en contraste à la
vêture du mannequin au milieu habillé en costume. Les deux tenues impliquent
l’action de « travail » dans un « métier », l’espace et les conditions de travail dans
les deux métiers s’y opposant cependant. Par conséquent, à l’instar des deux
styles vestimentaires, nous obtenons les oppositions suivantes présentées dans les
dichotomies « extérieur / intérieur », « bruit / calme », « sérénité / trouble »,
« paix / guerre ».
Les trois quidams portent autour du cou une sorte de foulard, d’écharpe
nouée qui rappelle le keffieh palestinien, le regard déterminé ainsi que les pas
sûrs. Bref, la scénographie des trois « guerriers » va de pair avec les valeurs que
véhicule le keffieh : la résistance, la révolution et l’opposition.
X. Dolce & Gabbana entre « make love » et « make
war »
Nous nous demandons, contre quoi ou contre qui s’opposent nos trois « héros ».
Nous supposons qu’ils s’opposent à la transgression des codes* de la société
manifestée dans l’image publicitaire de la même marque que nous venons
235
236
Ibid., p. 236.
Ibid.
- 129 d’inspecter et qui met en exergue une éventuelle relation homosexuelle féminine,
d’autant plus que cette dernière publicité est apparue avant celle des hommes, la
première étant publiée le 15 mars 2008, la deuxième le 20 mars de la même
année, tous les deux étant divulguées dans le même support, c’est-à-dire le journal
quotidien « Le Figaro ».
En outre, l’antinomie des deux images publicitaires réside dans la
dichotomie « faire l’amour » / « faire la guerre », en d’autres termes, le slogan
politique des hippies des années soixante « make love – not war » est en partie
implicité dans la première publicité. La deuxième publicité prône le « make
war ». Nous remarquons que même le message que transmet la marque en
question est paradoxal, car tantôt elle prône la non-violence (dans la première
publicité), tantôt elle incite à la violence (dans la deuxième).
F.
Le vêtement théâtralisé
En effet, nous assistons dans toutes les images de notre corpus à des « mises en
scènes » des vêtements de mode, « Mode et théâtre sont des champs de la
représentation qui connaissent des affinités sans bien sûr se recouper (. . .) alors
que le théâtre se réfère au monde, en constitue le double illusoire, la mode, elle,
ne se réfère qu'à elle-même, ne représente qu'elle-même » 237 .
Sur la présente image, le concept est fortement présent, la scénographie est
élaborée et recherchée. Les deux femmes sont élégamment exposées, et le
vêtement est mis en scène comme un objet digne d'être exposé en soi: « c'est le
vêtement qui engendre le monde-monde de sons, de lumières, d'images fixes
recréées artificiellement en régie – et non plus, comme autrefois, le monde (la
société) qui préscrit la forme du vêtement » 238 .
Le vêtement théâtral est aussi un vêtement porté uniquement sur scène, à
titre d'exemple, la robe que porte le mannequin mi-allongé est une robe
« improbable », « ne pouvant se porter ailleurs que sur une scène de théâtre ou un
podium »; notons au passage que cette stratégie est similaire à celle de la
starisation.
237
238
Barbérus, Isabelle, Mode et théâtralité: quelques propositions, Université de Paris X-Nanterre, in Les
cahiers de la recherche No. 6, LUXE-MODE-ART, Responsable: Allérès, Danielle, Université Paris
III, Sorbonne Nouvelle, p. 39.
Op. cit., p. 42.
- 130 -
Image no 9 : Publicité de Dolce & Gabbana, Le Figaro, 20 mars 2008, p. 16.
- 131 -
G.
LA COMMUNICATION VESTIMENTAIRE NON-VERBALE:
UN SIGNE* DE COMMUNICATION VOLONTAIRE
I.
Le blouson en cuir : un vêtement unisexe
Nous avons choisi d’observer deux images publicitaires hétérogènes aussi
bien sur le plan spatio-temporel, par rapport au nom de la marque que sur le plan
sexuel ; néanmoins il s’agit du même type de vêtement, un blouson en cuir. Nous
avons effectué une esquisse lexicographique et historique de cette pièce
vestimentaire.
II.
Aperçu historique, origine, définition et famille
lexicale d’appartenance du terme «veste »
Le Petit Larousse 239 définit le terme veste comme suit : « vêtement à
manches, boutonné devant, qui couvre le buste jusqu’aux hanches ».
Cependant, cette définition ne correspond pas aux traits de la « veste » dans
l’image publicitaire à analyser. Nous avons donc fait recours à la famille lexicale
du vestème* « veste ».
III. Origine et appartenance lexicologique du terme
«veste »
L’origine des vestes est danoise et remonte à l’âge de bronze. Des vestes ont
été trouvées dans des cercueils parmi des habits féminins, ce qui ne veut pas dire
forcément que la veste est exclusivement féminine ; en fait, elle constitue
l’habillement des deux sexes. Elle peut être avec ou sans manches. Jadis, la veste
se portait uniquement avec le complet tandis qu’à nos jours, elle se porte
volontiers indépendamment ; elle se porte même parfois pour pratiquer un sport.
Sur le plan lexico-vestimentaire, la veste, au cours du temps, a pris
différentes formes en tant que vêtement réel et, du coup, différentes formes
linguistiques : « blouson », « veston », « tunique », « boléro », « cameçon »,
239
Le Petit Larousse informatisé, 2003.
- 132 « camisole », « casaque », « cotte hardie », « gilet », « jupon », « justaucorps »,
« lendner » et « pourpoint ».
Après avoir consulté différentes définitions de ces formes linguistiques,
nous préférons la lexie « blouson » dont la définition correspond bel et bien à la
pièce vestimentaire mise en publicité. Nous pouvons attribuer, d’un point de vue
sémantique, la valeur de « sémème » au terme « blouson » et « archilexème* » au
terme « veste ».
Les trois dictionnaires que nous avons consultés 240 définissent le « blouson
de cuir » comme un vêtement qui n’est porté que par des voyous ou des
délinquants ; toutefois ce côté négatif de l’habit est complètement évincé par la
présence d’autres pièces vestimentaires représentant un style noble et marqué par
une certaine classe en contraste avec le style « punk » du blouson ; le sens positif
de ce vêtement est réalisé à partir du contexte vestimentaire, nous pouvons faire
état ici de la notion du contexte vestimentaire qui fait abstraction de l’image
négative du blouson et lui attribue un niveau noble et positif.
Le blouson en cuir est par ailleurs associé au pilote de l’air, notamment aux
pilotes de combat d’Angleterre pendant la Première et la Seconde Guerres
mondiales, lesquels étaient toujours vêtus de leurs gros blousons de cuir, ne seraitce que pour se protéger contre le froid.
Après les pilotes des deux guerres mondiales, ce sont les Nazis qui se sont
emparés du blouson de cuir afin d’évoquer la crainte et de semer la terreur.
Le blouson de cuir est celui aussi de la « Rébellion et de la violence » 241
« Dans les années 50, sur le modèle du héros du film américain L’Équipée
sauvage, interprété par Marlon Brando, la jeunesse rebelle, souvent violente,
prend comme étendard de virilité le blouson noir qui a donné son nom au groupe
des ‘ mauvais garçons’ ou Blousons noirs. »
« (...) je viens de l’école des faux-semblant macho. Je n’ai jamais vraiment
été un gosse des rues, ni un dur. Je m’habillais comme un blouson noir, je
m’identifiais à Marlon Brando et à Elvis Presley mais je n’étais pas dans les
240
241
Le TLF informatisé 2004, le Petit Robert informatisé 2008 et le Petit Larousse informatisé, 2008.
Ibid.
- 133 -
Image no 10:
Publicité de Hugo Boss, Le Monde, 26 novembre 2005, p. 12.
- 134 -
Image no 11 : Publicité de Hogan, Le Monde, 13 mars 2008, p. 5.
- 135 -
bagarres de rue et je ne faisais pas partie d’une bande. J’étais juste un jeune de
la banlieue qui imitait les rockers, mais avoir l’air d’un dur, c’était
important » 242 .
IV. Le rapport linguistico-vestimentaire : le nom de la
marque
Sur les deux représentations publicitaires, à première vue, rien n’indique au
lecteur quel objet ou quel produit de la marque Boss ou de la marque Hogan a été
mis en valeur. Un regard observateur et scrutateur permet de percevoir sur la
première image une signature à peine visible, gravée sur la partie métallique de la
ceinture du blouson représentant bel et bien le produit en question, la marque
Boss. Sur le plan linguistique, la marque Boss est mentionnée trois fois en tout.
La deuxième mention de la marque est située tout en bas de la page à droite en
gros caractères gras surmontant le nom complet du créateur Hugo Boss, toujours
en gras, mais en plus petits caractères, le tout étant écrit noir sur blanc, occupant
le tiers de la page et remplissant ainsi la fonction d’annonce d’accroche. La
troisième mention de la marque se présente sous la forme d’un site Internet :
www.hugoboss.com ayant comme raison d’être un but commercial, permettant au
lecteur/client potentiel de connaître la référence, se procurer éventuellement ce
vêtement et, du coup, adopter les valeurs associées au blouson de cuir signé Hugo
Boss.
Dans la deuxième publicité, nous assistons également à trois occurrences
linguistiques de la marque Hogan. La première constituant le message d’accroche
occupe une place stratégique au milieu de la page. La deuxième apparition du
nom de la marque figure sur le sac à main que le mannequin tient avec insistance
de la main gauche. La troisième occurrence à peine visible sous forme de l’initiale
de la marque Hogan est brodée sur le côté gauche du blouson de cuir.
Ce jeu consistant à montrer ou cacher le nom de la marque constitue une
figure de style de suppression qui est la prétérition, cette dernière étant par
242
Cité in, Fringues, vêtements, parures . . . ou comment les mots habillent notre vie sociale, op. cit.,
p. 94, (interview de Rolling Stone par Jonathan Cott, 5 décembre 1980, in http://www.clic.net/~dany
/beatles/entrevues/jl800505.htm).
- 136 définition une simulation, une feinte. En effet, la signature de la marque Boss à
peine visible sur la ceinture du blouson ainsi que l’écart spatial entre l’image du
mannequin vêtu en blouson et le message verbal du nom de la marque dans la
première publicité et seulement l’initiale sur le blouson jaune de la jeune femme
et aussi le caractère transparent, flottant comme les nuages du nom de la marque
Hogan dans la deuxième image publicitaire représentent des procédures ou des
stratégies volontairement établies. Le publiciste a deux buts : le premier est
d’attirer l’attention du lecteur et les consommateurs potentiels puisque ce sont des
procédures inhabituelles. Le deuxième est de prétendre que le nom de la marque
ne constitue pas le centre d’intérêt alors que c’est visiblement l’inverse. En outre,
nous soulignons l’absence de tout autre message linguistique décrivant la pièce
vestimentaire en question. Cette pratique consistant à seulement mettre en
exergue le nom de la marque nous laisse entendre que la marque et, par
conséquent, le vêtement en question, est autonome ; autrement dit que sa
réputation n’a pas besoin d’être explicitée verbalement.
V.
L’absence
du
verbal :
vers
une
interprétation
sémiologique large
Comme nous le mentionnons plus loin, hormis le nom de la marque, il faut
souligner l’absence de tout autre texte pouvant jouer un rôle de limitation,
d’orientation ou d’ancrage du sens de l’icône. Ainsi cette dernière peut s’ouvrir à
un univers infini d’interprétations selon la culture de l’interprétant. Nous nous
appuyons pour la présente image sur le langage vestimentaire.
VI. La
poétique
du
vêtement-blouson
et
la
communication de sa qualité
Dans les deux présentes publicités le message est purement iconique. Ce
niveau iconico-visuel se passe quasi-entièrement de l’aspect linguistique et se
suffit à lui-même si ce n’est le nom de la marque Hugo Boss. Selon Roland
Barthes, ce genre de représentation s’appelle la « description intransitive ». Cette
dernière implique, selon le même auteur, un imaginaire qui fait qu’au moment où
nous analysons le produit en question, à savoir la pièce vestimentaire, nous lui
- 137 attribuons à coup sûr un sens second qui s’ajoute à sa qualité ; celle-ci est
communiquée à travers beaucoup de valeurs apparentes sur le produit ; en effet, la
luminosité de ce dernier dans les deux images attire l’attention sur la matière, la
forme et la tactilité du blouson de cuir, donnant une perfection exceptionnelle au
corps du porteur qui, à son tour, donne vie au vêtement en le mettant en valeur.
En outre, l’emplacement du blouson dans un axe focalisé au centre de l’image
souligne l’importance du produit, le rend luxueux et le transforme aussi en un
objet de désir, un objet désiré par les consommateurs potentiels qui aspirent à être
au même niveau esthétique que le mannequin. En d’autres termes, notre vêtement
est placé dans l’axe des regards, constituant ainsi une zone privilégiée d’attention.
Les futurs « vêtus » du blouson seront aussi attirés par le côté mystérieux du
blouson dans le présent contexte.
1.
LE
BLOUSON
DE
CUIR :
UN
VÊTEMENT
« MYSTÉRIEUX »
Les éléments iconiques qui connotent ce thème se focalisent autour des yeux et
plus précisément du regard. Le mannequin ne regarde pas le lecteur en face, son
regard étant plutôt sombre, triste, sceptique. Le mystère est renforcé par un
contraste savant de deux couleurs, le noir et le gris.
En effet, l’image est verticalement aussi bien que horizontalement composée de
deux axes. Dans le premier axe de division nous apercevons deux parties, la partie
gauche ou règne une sobriété totale dans laquelle se confond la moitié gauche du
blouson, donnant au lecteur l’impression que cette partie de la pièce vestimentaire
s’étend vers l’infini et la partie droite qui est beaucoup plus claire de sorte qu’on
puisse penser qu’il y a un projecteur illuminant cette partie dominée par la couleur
grise. Horizontalement, c’est la moitié du haut où la sobriété l’emporte sur la
clarté, contrairement à la moitié du bas, cette dernière répartition correspondant à
l’aspect vestimentaire du mannequin. En effet, le vêtement principal, le blouson,
est de couleur noire et porté en haut du corps. Ces signifiants*, à savoir les deux
couleurs, leur répartition et celle des lumières, se réunissent pour accentuer le côté
mystérieux révélé par le vestème* « blouson ». Un autre élément s’ajoute à ce
contexte et donne naissance à une idée qui s’harmonise parfaitement avec le
réseau du mystère, il s’agit du concept de la mort révélé par l’ombre du
- 138 mannequin et qui apparaît comme une deuxième personne ou plutôt comme une
personne fantomatique, mystérieuse ; ce qui confirme cette impression, c’est
l’aspect à la fois sombre et transparent, dû à la couleur noire et à la lumière
rayonnante qui le rend transparent jusqu’à même laisser voir le mur à travers son
« corps » ; tous ces éléments évoquent l’idée de la mort et celle de la tombe
suggérée par le décor dans lequel se trouve notre mannequin, notamment le
marbre, une matière primordiale dans la construction des tombes. Ce serait sans
doute aller trop loin que d’établir un rapport explicite entre la tombe et le blouson,
la première découverte de vestes ayant été historiquement réalisée dans des
cercueils. Le publiciste a-t-il visé ce rapport de la tombe et du blouson pour
transmettre implicitement l’information sur la découverte des premières vestes ?
2.
Le blouson en cuir, un symbole d’évasion et de
force : vers une masculinisation de la femme
Dans la deuxième image, le blouson de cuir est porté par une femme et
représenté dans un décor dissemblable à la première image. En effet, le seul
message verbal transmettant le nom de la marque Hogan est représenté sous
forme de nuages qui sont omniprésents dans l’image, leur présence étant
renforcée par des lueurs de couleur bleue, ce qui confirme qu’on se situe à la
hauteur du ciel. Le mannequin, en portant le blouson de cuir, se voit ainsi dotée
d’une énergie qui lui permet de s’envoler et de s’évader jusqu’au ciel. La force
que dégage le blouson est renforcée également par la couleur jaune, symbole de
pouvoir et d’immortalité, mais aussi de force puisque le jaune est dans
l’inconscient collectif la couleur de l’or, le métal le plus précieux.
3. Le blouson de cuir : symbole de résistance et
d’imperméabilité
Ici le blouson en cuir de couleur jaune symbolise également le soleil aussi
bien par sa couleur que par sa matière à caractère imperméable ; en effet, le cuir
est réputé par son imperméabilité, c’est-à-dire qu’il constitue un barrage par
rapport à la pluie, raison pour laquelle nous supposons qu’il a été placé dans un
décor nuageux, puisque les nuages annoncent la pluie, le publiciste a choisi de le
- 139 placer ainsi pour démontrer son caractère résistant ; le publiciste est allé même
jusqu’à attribuer au blouson la nature du soleil à travers la couleur jaune.
4.
Le blouson de cuir - deux images, deux couleurs,
deux sexes pour une seule symbolique
Nous venons d’évoquer le thème de l’évasion dans la publicité de Hogan et
nous allons maintenant l’appliquer aussi dans la première représentation
publicitaire du blouson de cuir. En effet, la couleur du blouson contribue à la
dimension symbolico-interprétative de cette pièce vestimentaire, que ce soit sur la
deuxième image dans laquelle la couleur jaune attribue au blouson le statut du
soleil ou sur la première où tout se joue entre les deux couleurs dites « degré zéro
de la couleur », à savoir le noir et le blanc, avec lesquelles nous allons tenter de
mettre en relief le lien avec le thème de l’évasion, commun à ces deux images
publicitaires représentant un blouson de cuir. Sur la deuxième image, ledit thème
est manifesté sous forme d’une métamorphose. La transformation du blouson en
soleil obéit en effet à la volonté de la personne « blousée » de s’évader vers le
ciel, de fuir l’ici-bas monotone pour atteindre un au-delà nuancé. Quant à la
première image, les valeurs antonymiques « le mal / le bien », « le mauvais / le
bon », « l’impur / le pur », incarnées par les deux couleurs, le noir et le blanc, sont
manifestées à travers le personnage et le fantôme. En effet, si nous avons
l’impression que le mannequin et son ombre représentent le tout et son contraire,
cette ombre rappelle une partie sombre de la personne à qui elle a décidé de
tourner le dos, tout en essayant de s’éloigner de ce mal intime qui le hante. Ce mal
est également révélé par le blouson lui-même puisque selon la définition du Petit
Larousse
ce
vêtement
constitue
lexiculturellement
« un
habillement
incontournable des voyous », incarnant leur animalité et leur virilité. Par ailleurs,
le Petit Robert, en définissant le blouson, exemplifie ce dernier de la sorte :
« blouson noir : jeune voyou vêtu d’un blouson de cuir noir » ou encore « une
bande en blousons noirs » (cf. « mauvais garçon ») 243 .
243
Le Petit Robert informatisé, 2008, attribue comme deuxième sens au verbe blousé : « trompé ». Nous
exploitons cette définition au profit de notre interprétation sémiologique du blouson et spécifiquement
celui de couleur jaune.
- 140 Le jeune homme donne l’impression d’avoir l’intention de s’évader. Son
regard vide associé au blouson de cuir renforce cette idée d’évasion et accentue
une volonté d’atteindre le futur, tout en matérialisant la symbolique de l’évasion.
En outre, cette même pièce vestimentaire a transformé nos deux jeunes
mannequins en deux êtres surnaturels, l’un d’eux incarné par l’ombre-fantôme et
l’autre par la capacité à atteindre le ciel ainsi qu’à se transformer en soleil. Ici, cet
être surnaturel apparaît d’une manière inhabituelle et inverse, plus grand que son
ombre vis-à-vis de laquelle il marque une indifférence totale qui s’exprime par
son comportement gestuel, les mains dans les poches traduisant son refus de
donner la moindre importance à son double représentant un passé indésirable que
le mannequin voudrait fuir.
En effet, sa posture fait inconsciemment écho au mythe de l’Ouest
américain parodié par Lucky Luke qui voulait être plus rapide que son ombre. Un
autre rapprochement mérite d’être fait avec le mythe de Narcisse qui s’est épris de
lui-même en voyant son image reflétée dans l’eau. Il s’agit tout de même d’un
rapprochement convergeant, de sens opposé puisque dans le présent contexte le
jeune homme semble fuir son double comme s’il refusait l’existence de toute
autre personne habillée comme lui ou ayant une ressemblance avec lui.
H. LA CRAVATE COMME ACCESSOIRE
I.
L’euphémisme vestimentaire
Pour atténuer le sens péjoratif du blouson de cuir, notre mannequin est vêtu
d’une cravate, la dimension significative de ce vêtement résidant dans le rôle
d’équilibre et d’atténuation qu’il accomplit. En effet, la cravate représente une
sorte de limite qui restreint les actes et les comportements asociaux attribués aux
voyous. Le blouson apparaît dans quatre entrées de sens négatif dans le Petit
Robert : « voyou », « loubard », « mauvais » et « noir », tous vêtus d’un blouson
de cuir. La cravate dote son porteur d’un respect et d’un sérieux, mais aussi d’une
politesse, bref, des valeurs qui « cravatent » le jeune homme « blousé ».
- 141 -
II. Esquisse
diachronique
et
synchronique
d’une
cravate et de la cravate
Le terme « cravate » serait issu de « croate » car les Croates portaient une sorte
de foulard autour du cou, dont la forme et la matière informaient de l’origine
régionale. D’autres origines sont susceptibles d’avoir donné naissance au
signifiant* « cravate », notamment le terme « rabat » sous forme de bande de
tissus qui servaient à maintenir le col fermé, défini par le Petit Robert comme
étant un « grand col rabattu porté autrefois par les hommes mod. large cravate
formant plastron, portée par les magistrats, les avocats, les professeurs en robe,
certains religieux » 244 .
Les moines tibétains portaient une sorte d’étole dite « kala » qui aurait
donné le terme « cravate » ; ou encore l’unité lexicale « cravache » ayant pour
étymologie le mot turc « kyrabacs » et le mot hongrois « korbacs » pourraient
également être à l’origine de ce vêtement. « A fortiori, ‘le mot croate’ étant
aisément prononçable en français, ce n’est pas sa forme française qui est à
l’origine du mot ‘cravate’ comme on le lit habituellement, mais sa forme croate :
‘hrvat’. En effet, ‘croate’ se dit ‘hrvac’ en croate, et le h ‘croate’ [proche du ‘h’
anglais ‘have’] quasi imprononçable en français, a été logiquement remplacé par
un ‘k’: ‘krvat’, qui est rapidement devenu cravate » 245 .
Quant à la cravate et son développement ou bien sa naissance en tant que
pièce accessoire vestimentaire, référent* et signifiant*, la cravate avait pour début
la « fraise » : « collerette empesée et plissée sur plusieurs rangs que portaient
hommes et femmes au XVIe siècle et au début du XVIIe siècle » 246 .
La fraise est née au XVIe siècle avec une volonté de rigorisme dans
l’évolution du costume masculin ; ensuite vint le jabot « un ornement
vestimentaire dentelle ou en mousseline, attachée à la base du col d’une chemise,
et qui s’étalait sur la poitrine. Il était porté au XVIIe siècle » 247 . Le jabot se
détache petit à petit du col pour devenir une pièce vestimentaire ou mieux encore
un accessoire à part entière. Puis, la deuxième moitié du XIXe siècle a connu
244
245
246
247
Le Petit Robert, ibid.
http://pagesperso-orange.fr/gf-gateau/histoire/histoire.htm: Histoires de cravate.
Le Petit Robert informatisé, 2008.
http://www.jesuiscultive.com/spip.php?rubrique27: Pourquoi les hommes portent-ils des cravates ?
- 142 -
Image no 12 : Publicité de Canali, Le Monde, 3 avril 2008, p. 2.
- 143 -
Image no 13: Publicité de Ralph Lauren, Le Figaro, 11 mars 2008, p. 62.
- 144 -
l’éclosion de la régate, une première forme qui avoisine avec la cravate dans sa
morphologie actuelle et qui, par définition, est une « cravate (rappelant celle des
marins) avec un nœud d’où sortent deux pans verticaux et superposés » 248 .
Cependant l’inconvénient de la régate est de se froisser et de se déformer, ce qui a
favorisé la cravate contemporaine qui a vu le jour grâce à l’usage désavantageux
de la première. En effet, « le cravatier new yorkais Jess Langsdorf a alors l’idée,
en 1924, de couper la cravate dans la diagonale du droit-fil du tissu et de la
confectionner en trois parties : une bande de tissu, une triplure et une doublure
(. . .) à partir de cette date, la cravate est plus solide, se tient et retrouve sa forme
initiale après avoir été dévoyée » 249 .
Sur le plan de la forme, la cravate stagne et n’évolue plus si ce n’est au
niveau des motifs et des matériaux devenus quasi-infroissables.
III. Le
port
de
la
cravate :
un
acte
motivé
ou
arbitraire* ?
La réponse à cette question étant complexe, nous allons essayer de répondre
à une autre question : Pourquoi les hommes portent-ils une cravate ?
D’une part, la cravate représente avant tout une position sociale qui renvoie
à la vie active et au monde professionnel. Ainsi on s’étonne en voyant un cadre
supérieur ou un commercial sans cravate qu’il se passe volontairement de cette
marque de respect et de politesse qu’est la cravate. En portant une cravate,
l’homme « cravaté » montre son respect à ses interlocuteurs en même temps qu’il
se fait respecter davantage lui-même. Cet effet de respect mutuel est ce qu’on
appelle « l’effet-cravate » qui fait que les gens respectent forcément et
automatiquement
la
personne
« accessoirée ».
Notons
en
passant
que
traditionnellement la cravate représente un accessoire masculin au même titre que
les bijoux des femmes. En somme, derrière le port de la cravate, il y a bel et bien
une motivation* si ce n’est un but : la recherche d’une meilleure intégration
sociale qui traduit un besoin naturel d’estime de soi.
248
249
Le Petit Robert informatisé, 2008.
http://www.lacravate.net/histoire/premices.aspx: Les origines de la cravate.
- 145 D’autre part, il y a des individus qui conçoivent la cravate comme étant un
signe* de soumission comme dans le cas d’un salarié qui, en donnant toute
priorité aux intérêts de son entreprise, y soumet toute son individualité et son
propre confort. De plus, la comparaison de la cravate à une « laisse » institue la
dichotomie « infériorité / supériorité », tout en mettant l’accent sur l’inégalité
entre un homme « cravaté » et la personne à qui il a cédé sa liberté.
Certes, quelques-uns conçoivent la cravate comme un accessoire masculin
par excellence, un symbole phallique valorisant la force et l’autorité, mais
d’autres n’y voient qu’un signe* infâme de la sujétion de l’homme à autrui,
notamment à une femme qui s’en servirait pour diriger l’homme et le dominer.
Dans ce contexte, il convient de signaler qu’aujourd’hui la cravate n’est plus une
pièce vestimentaire exclusivement masculine, mais est aussi parfois portée par les
femmes.
En effet, le verbe « cravater » apporte une confirmation à l’idée de la
soumission si on considère que le deuxième sens de ce verbe est « attaquer
quelqu’un en le prenant et en le serrant par le cou » 250 et que le troisième sens
relève du registre familier signifiant « prendre, attraper quelqu’un. [La police a
cravaté le voleur] » 251 .
Encore dans la perspective dévalorisante de la cravate, cette dernière se
compare occasionnellement à un « bavoir pour adulte » 252 , l’expression
renvoyant à un contexte politique puisqu’il s’agit de la cravate portée par les
hommes politiques. L’image métaphorique d’un bavoir fait rabaisser le porteur
d’une cravate au niveau d’un bébé bavardant trop sans pour autant produire un
discours raisonnable. Par contraste, toujours dans un contexte politique, la cravate
est parfois valorisée par l’attitude sérieuse de son porteur à l’occasion d’une
délibération budgétaire serrée puisqu’« on ne réforme pas l’État avec une cravate
jetée nonchalamment par-dessus l’épaule et un col dénoué voire mal ajusté » 253 .
La réponse à l’interrogation initiale concernant la motivation* ou la nonmotivation* s’effectue implicitement. Le port de la cravate, tantôt dévalorisé par
des connotations* négatives (cf. « laisse » égale « soumission », « bavoir » égale
250
251
252
253
Le Petit Robert informatisé, 2008. Nota bene : l’exemple donné dans le dictionnaire a été mis entre
crochets par nous pour ne pas gêner la syntaxe de la phrase.
Ibid.
http://bravepatrie.com/cravate-club: Le vrai journal des vraies valeurs de la France vraie, Cravate
Club, John Bigballs, vendredi 3 octobre 2003.
Ibid.
- 146 « manque de maturité », etc.), tantôt valorisé en tant qu’insigne de pouvoir, de
respect et de sérieux, loin d’être un acte conventionnel ou arbitraire*, est bel et
bien motivé, cette motivation* étant sous-jacente à la fois au contexte et à
l’individu lui-même. Quelles que soient les circonstances, le port de la cravate
demeure un « acte vestimentaire motivé » pour ne pas employer le terme « choix
vestimentaire » pour la simple raison qu’il est le plus souvent réglementé par la
société et n’est pas toujours l’expression d’un choix libre.
Dans le souci d’étayer la thèse que le port de la cravate est motivé, nous
avons interrogé notre directeur de thèse, M. Jean Pruvost, sur la motivation* de
ses habitudes vestimentaires. Nous avons compris qu’une multitude de facteurs
ont déterminé son comportement vestimentaire qui varie aux rythmes des périodes
de sa vie, des différents statuts et circonstances. Élève en troisième, la première
motivation* pour lui a résidé dans l’espoir d’avoir l’air adulte. En terminale, la
volonté d’être respecté tout en exprimant son propre respect lui a valu une
remarque du proviseur qu’il a retenu jusqu’à présent : « Vous nous respectez, vous
portez une cravate. » Plus tard, sa motivation* de porter souvent une cravate a
consisté en un « souci d’élégance » pour faciliter les contacts sociaux puisque la
cravate « faisait partie des coutumes vestimentaires, dans la mesure où il fallait
apparaître au même niveau que les gens avec lesquels j’entrais en contact. » De
plus, la cravate lui semble garantir une « élégance facile et sans recherche » car
pour assurer l’élégance par d’autres moyens il faudrait y consacrer plus de temps.
En somme, nous établissons un rapprochement linguistico – vestimentaire
en considérant la « cravate » d’une part comme une unité linguistique à qui les
caractéristiques de la langue en tant que système sémiologique sont inhérentes et
d’autre part comme une unité vestimentaire constituant aussi un signe* dont
l’usage est également motivé.
IV. La cravate – une mode qui ne se démode pas
En somme, symbole de rigueur, d’étiquette et de raffinement, la cravate
demeure un accessoire conforme au goût du jour et de tous les jours car elle
apporte aux « cravatés » une touche de couleur et de distinction. Sa forme, depuis
les années cinquante ne subit pas de modifications si ce n’est dans le choix des
motifs et des textiles qui sont devenus infroissables.
- 147 Ci-contre, le port de la cravate par les deux mannequins dans les deux
publicités, celle de Canali et celle de Ralph Lauren, est motivé par la mode.
V. Le rapport métier-cravate
Dans la perspective de la cravate-profession, la Chambre de Commerce et
d’Industrie 254 a publié dans le journal « Le Monde » du 23 mai 2008, page 36, une
image représentant simultanément, grâce à un montage photographique, un
adolescent sous deux apparences : la moitié droite du jeune homme le représente
avec les cheveux frisés, décontracté, vêtu d’un sweater à capuchon et d’un Tshirt ; et la moitié gauche dépeint le même protagoniste, en beaucoup plus
sérieux, cheveux lisses et surtout habillé d’un costume cravate.
Deux messages accompagnent respectivement les deux apparences formant
une antinomie étonnante : « Vous y entrez pour des études supérieures ... »,
« ...vous en sortez avec un métier ».
Dans un dépliant du CIJ (Centre Information Jeunesse), la même photo du
même jeune homme fait la une de la brochure 255 ; par ailleurs, des différences sont
à noter. Sur le plan iconique, nous observons une différence chromatique. Sur le
plan verbal, il faut signaler que les deux messages cités dans Le Monde ont été
remplacé par deux autres : « Les études qui vous ressemblent . . . » « pour un
métier qui passionne ». Le signifiant* de métier est présent dans les deux publicités
et accompagne la moitié « cravatée » du jeune homme dans les deux supports, ce
qui renforce l’idée du rapport profession-cravate. Ajoutons que l’année 2008/2009,
l’année de la rentrée, est divisée en deux étapes et nous en déduisons que la cravate
qui représente un métier va être portée dans un futur proche.
254
255
La Chambre de Commerce et d’Industrie, Versailles, Val d’Oise / Yvelines (enseignement et
formation).
Cf. Annexe, Image no 16 : Publicité de la CCI, verso du dépliant, (cf. III, p. 317).
Nous insérons cette publicité dans l’annexe pour montrer que la même publicité que celle du jeune
homme existe aussi avec la représentation d’une jeune fille à la différence que sa tenue négligé et son
« look » soigné ne s’y distinguent pas aussi nettement que dans la publicité avec le jeune homme sur
les images no 14 et 15 (cf. II, pp. 148-149).
- 148 -
Image no 14 :
Publicité de la Chambre de Commerce et d’Industrie, Le
Monde, 23 mai 2008, p. 36.
- 149 -
Image no 15 :
Publicité de la Chambre de Commerce et d’Industrie, recto
du dépliant 2008/2009.
- 150 -
Pour conclure cette partie consacrée à l’analyse sémiologique, nous notons que
nous ne pouvons que nous interroger sur la justesse de nos interprétations. Comment
savoir si nos idées interprétatives correspondent aux intentions du publicitaire ?
Précisons néanmoins qu’une image, quelle qu’elle soit, représente un univers ouvert à
toute analyse et à toutes lectures. Ces dernières constituent une suite qui fait vivre
l’image. S’interdire ou ne pas oser l’analyse d’une présentation iconique sous prétexte
que notre lecture n’entre pas dans les intentions de son créateur est une fausse idée car
chacun a ses propres interprétations, différentes les unes par rapport aux autres et cela
d’autant plus que, comme nous venons de le mentionner, une image est fatalement
polysémique et s’ouvre donc à plusieurs possibilités de décodage. Néanmoins, nos
lectures, si diverses soient-elles, reposent sur des grilles de lecture relativement
convenues, relevant par exemple de nos connaissances dans le domaine de la
psychanalyse, de l’histoire et de la mythologie. Par ailleurs, le créateur lui-même ne
maîtrise pas toutes les significations de sa propre œuvre, dans la mesure où il ne peut
pas être l’autre, comme il lui est impossible de vivre dans les mêmes situations que
l’autre ou d’avoir sa culture. Nous avons analysé diverses relations humaines dans la
publicité vestimentaire. Enfin, il convient de souligner que notre corpus, sur le modèle
de Roland Barthes, représente « une collection finie de matériaux pour qui un certain
arbitraire* est inévitable (. . .) mais sur laquelle l’analyste doit travailler » 256
Nous avons démontré que la mode et la société sont en constante interaction
déterminant le choix et / ou le goût vestimentaire des individus. Dans notre analyse de
quelques publicités vestimentaires, nous avons essayé de montrer comment les
publicitaires se servent des vêtements « à la mode » pour leur attribuer un sens plus
profond en employant des signes iconiques*. C’est justement l’analyse des images
publicitaires pour des vêtements de marques « à la mode » qui souligne le lien entre la
mode et la langue car, sans la dimension sémantique de l’analyse, il serait impossible
d’expliquer la sémiologie* de la mode.
256
Barthes, Roland, L’aventure sémiologique, op. cit., p. 81.
CHAPITRE III
INVESTIGATION DICTIONNAIRIQUE
ET
ÉTUDE LEXICULTURELLE*
- 152 -
SECTION I :
ÉTUDE
LEXICOGRAPHIQUE
DU
TERME
« VÊTEMENT »
A.
ENQUÊTE
DICTIONNAIRIQUE
DU
TERME
« VÊTEMENT »
On l’aura compris, il n’est pas sans importance, avant d’entamer notre
« investigation dictionnairique » 258 , d’appréhender, ou plutôt de « ré »appréhender ce
qu’est un dictionnaire et plus spécifiquement ce qu’est un dictionnaire général.
Le Petit Robert attribue au dictionnaire les analogies et synonymes suivants :
« nomenclature, lexique, vocabulaire, glossaire, lexicographie, encyclopédie,
terminologie, code, répertoire, concordance, bibliothèque » 259 .
Et le dictionnaire y est défini comme étant un « recueil d’unités signifiantes de
la langue (mots, termes, éléments . . .) rangées dans un ordre convenu, qui donne des
définitions, des informations sur les signes ».
Pour chercher la définition d’un mot quelconque, on procède, nous le savons,
par ordre alphabétique, ce qui constitue une lacune dans la mesure où le chercheur n’a
pas la possibilité d’élargir sa quête du terme en question. À titre d’exemple, si nous
désirons bénéficier de toutes les occurrences lexicographiques du signifiant*
« vêtement » dans l’intégralité du dictionnaire, cela ne nous est pas possible sans la
version informatisée. Cette dernière offre en effet la possibilité d’un usage optimisé,
permettant ainsi d’exploiter au mieux la richesse d’un dictionnaire et, du coup, de
mieux cerner le mot que l’on veut étudier, et ce en visualisant tous les articles qui ont
nécessité l’emploi de ce mot ; pour ce faire il suffit de cliquer sur « recherche par
critères », puis sur « texte intégral », il faut ensuite taper le mot désiré et enfin lancer
la recherche.
258
259
Pruvost, Jean, La relation lexicographique quaternaire, université de Cergy-Pontoise, Laboratoire
CNRS Métadif (UMR 8127), http://www.u-cergy.fr/metadif/articles/jp_relation_lexicographique_
quaternaire_linx.htm.
Le Petit Robert informatisé, 2008.
- 153 -
Pour le Petit Larousse, la manipulation est un peu différente de celle du Petit
Robert, elle est un peu plus compliquée ; il faut taper le mot-clé dans la case réservée
à cet effet, cliquer sur « l’œil » qui renvoie au mode d’exploration, puis sur
« recherche avancée », ensuite retaper le terme et enfin lancer la recherche.
Cette opération de recherche en plein texte constitue une deuxième requête de
la « triple investigation dictionnairique » pruvostienne 260 .
« Nous proposons ici une méthode particulière que nous intitulons la ‘triple
investigation dictionnairique’ pour, d’une part, mieux percevoir les différences entre
les différents dictionnaires d’une période et, d’autre part, mieux cerner un mot que
l’on choisirait d’étudier, en essayant de bénéficier de la plus large information sur
celui-ci à travers les dictionnaires consultés. Pour procéder à la triple investigation
dictionnairique, il est nécessaire de bénéficier des dictionnaires sur support
informatique, ce qui est aujourd’hui possible pour la plus grande majorité des
dictionnaires . . . » 261 .
Cette dernière constitue un outil méthodologique indispensable à une recherche
systématique. En effet, de même qu’« un train peut en cacher un autre », « un
dictionnaire peut en cacher un autre », révélé par la triple investigation
dictionnairique, et particulièrement la deuxième.
B.
APPLICATION
DE
LA
TRIPLE
INVESTIGATION
DICTIONNAIRIQUE AU SIGNIFIANT* « VÊTEMENT »
I.
La première investigation dictionnairique :
Celle-ci consiste à comparer deux articles de dictionnaires pour un même
article, permet de faire surgir des variantes, mais aussi des sèmes différents, par
conséquent enrichissants pour une radiographie la plus complète possible du
mot, or appelons donc tout d’abord les deux définitions du terme « vêtement »
offertes par deux dictionnaires, le Petit Robert 2008 et le Petit Larousse 2008,
et comparons-les. Le premier définit le vêtement comme suit :
260
261
Pruvost, Jean, op. cit.
Ibid.
- 154 -
vêtement [v tm ̃] nom masculin
ETYM.
vestiment XIe ◊ de vêtir, d'après le latin vestimentum
Famille étymologique
vêtir
I CE QUI COUVRE, PARE, PROTEGE LE CORPS
A Didact. LE VÊTEMENT Ensemble des objets fabriqués pour couvrir le
corps humain, le cacher, le protéger, le parer (coiffure, chaussures, linge,
habits et accessoires).
équipement, garde-robe, habillement.
« une petite
robe de laine, un tablier, une brassière de futaine, un jupon, un fichu, des
bas de laine, des souliers, un vêtement complet pour une fille de huit ans »
(Hugo).
B Cour. LES VÊTEMENTS Ensemble des objets servant à couvrir le corps
humain; habillement (comprenant le linge mais non les chaussures); spécialt
les vêtements de dessus
(opposé
à
sous-vêtements).
costume,
habillement, habit, mise, tenue, toilette; fam. fringues, frusques, nippe,
3. sape; région. linge; vx ajustement.
garde-robe.
(
Les vêtements de qqn.
affaires, effets,
Vêtements d'homme, de femme, unisexes. Vêtements ridicules
accoutrement, affublement).
Vêtements militaires
(
uniforme),
civils.
Laver, nettoyer, raccommoder des vêtements. Deux petits garçons
« empêtrés dans leurs vêtements raides » (Camus). Vêtements neufs, usés,
en loques
(
guenille, haillon).
Vêtements de travail
jours, du dimanche. Vêtements habillés, de soirée
ville, de sport, de ski
(
tenue).
(
(
bleu),
de tous les
habit, smoking),
de
Vêtements de grossesse. Des vêtements
légers, chauds, d'hiver, d'été. Vêtements à la mode, démodés. Vêtements de
créateurs. Porter tel genre de vêtements. Mettre ses vêtements.
se
vêtir.
Vêtements d'occasion.
penderie; vestiaire.
fam.
fripe.
s'habiller,
Placard à vêtements.
« Nos vêtements sont langage, mais c'est un langage
surajouté au corps et second par rapport à leur fonction utilitaire »
(Tournier). Principaux vêtements : bas, blouse, blouson, body, bustier,
caleçon, cape, caraco, châle, chandail, chapeau, chaussettes, chemise,
chemisier, collant, combinaison, corsage, corset, culotte, débardeur,
- 155 -
déshabillé, écharpe, gant, gilet, imperméable, jaquette, jogging, jupe*, jupeculotte, kilt, liquette, maillot, manteau*, paletot, pantalon*, pardessus,
parka, peignoir, polo, porte-jarretelles, pull-over, pyjama, robe, salopette,
short, slip, socquettes, soutien-gorge, survêtement, sweat-shirt, tablier, teeshirt, tricot, veste*, veston. Vêtements assortis.
habit, tailleur.
Vêtements de bébé.
2. complet, 2. ensemble,
layette.
▫ Vêtements portés dans d'autres pays.
boubou,
burnous,
gandoura, haïk, kimono, obi, pagne, paréo, poncho, sari.
sacerdotaux.
djellaba,
Vêtements
2. aube, chasuble, soutane, surplis.
(1937) LE VÊTEMENT (sing.
collect.) :
industrie, commerce du vêtement
1. mode; tailleur…).
(
les vêtements. Fabrication,
bonneterie,
confection,
couture,
Il travaille dans le vêtement.
C Veilli UN VÊTEMENT Une pièce de l'habillement de dessus (spécialt
manteau, veste). Un vêtement de demi-saison. Donnez-moi votre vêtement.
II CE QUI COUVRE, CACHE, PARE, PROTEGE (QQCH.)
manteau, parure.
enveloppe,
« La forme n'est pas une sorte de […] vêtement plastique
d'une pensée » (R. Huyghe). « La grâce est le vêtement naturel de la
beauté » (Joubert).
Le deuxième procède à la définition de vêtement de la sorte :
Une première remarque s’impose concernant le fait commun que les deux
dictionnaires débutent la définition par l’indication de l’étymologie du terme
- 156 -
« vêtement », le Petit Robert indiquant cependant l’étymologie avec beaucoup plus
de précision, en donnant par exemple des informations sur les dérivations ainsi que
sur la période de leur création.
Un deuxième point commun réside dans l’énumération des rôles du vêtement,
ce dernier servant, d’après les deux dictionnaires, à « couvrir le corps humain », cet
acte de couvrir ayant pour but de protéger le corps humain puis de le parer. Le rôle
de protection dans le Petit Robert est classé en troisième position, à la différence du
Petit Larousse qui le mentionne en deuxième position. Pourtant une autre fonction
du vêtement qui est celle de « cacher » ne figure pas dans le Petit Larousse. Dans les
deux dictionnaires, la fonction de parure est placée en dernière position.
Un point de divergence entre les deux dictionnaires réside dans le fait que le
Petit Larousse a l’exclusivité de définir ce qui relève de « l’héraldique ». Dans ce
dernier développement, le terme « vêtement » assume un sens tout à fait particulier.
Le Petit Robert apporte beaucoup plus de renseignements sur le terme
« vêtement ». En effet, en terme de synonymes et contraires, il suffit de cliquer sur la
case « synonymes et contraires » pour avoir une liste de dix-huit lignes dont
cinquante-sept synonymes du terme « vêtement », tous renvoyant à d’autres articles
ayant un rapport avec notre thème de recherche (« costume, habillement, habit, mise,
tenue, toilette, . . . »). En cliquant sur l’icône « citations », on obtient ainsi quatre
citations, respectivement de Hugo, Camus, Huyghe et Joubert.
Quant aux exemples et expressions, ces dernières sont au nombre de vingt.
Deux exemples montrent l’emploi du terme « vêtement » précédé de l’article indéfini
« un » et neuf exemples sont employés avec l’article défini « le ». Le même article
indique cinquante-cinq principaux vêtements. De plus au sein de l’article, nous
repérons quatorze renvois (« accoutrement, affublement, uniforme, guenille, haillon,
bleu, habit, smoking, tenue, bonnetrie, confection, couture, mode, tailleur »).
Nous constatons que « La diversité des regards lexicographiques est
enrichissante pour la connaissance la plus fine et la plus large du mot consulté ». 262
262
Pruvost, Jean, op. cit.
- 157 -
En effet, si les deux dictionnaires sont d’accord sur « le noyau définitoire » du
mot vêtement, chacun apporte sa touche, un regard différent de l’autre, favorisant
ainsi une meilleure approche du même terme.
II. La deuxième investigation dictionnairique
Il s’agit d’effectuer une recherche dans l’intégralité du texte afin de
mettre en relief les mots, et donc la constellation sémantique, qui fait appel au
terme de « vêtement ». Pour ce faire, nous avons suivi les procédures que nous
avons expliquées à la page 152 et 153.
Dans les deux références dictionnairiques choisies, nous avons donc
effectué une enquête par critères nous permettant ainsi de visualiser la liste des
articles qui emploient le substantif « vêtement ». Ils comprennent cinq cent
soixante-quinze entrées dans le Petit Robert 2008 et deux cent soixante-huit,
dont deux « résultats à forte pertinence » dans le Petit Larousse. Dans ce qui
suit, nous allons analyser le noyau commun aux deux dictionnaires.
1.
Le vêtement sous-entendu ou les sous-entendus du
« vêtement » dans le Petit Larousse
Notons un autre point de divergence entre les deux dictionnaires, c’est que
toutes les entrées du Petit Larousse 2008 ont une relation sémantiquement logique
avec le terme « vêtement », permettant de l’imaginer implicitement, soit en
l’interpellant par des accessoires ou parures (agrafe, broche, bouton, épinglette ,
etc.), soit par des verbes qui impliquent forcément la présence du vêtement
(« ajuster,
allonger,
ceintrer,
confectionner,
couvrir,
croiser,
customiser,
déboutonner, déchirer, déceintrer, décolleter, découvrir, dédoubler, défaire,
défroisser, défroncer, dégraisser, délustrer, déplisser, élargir, endosser, enfiler,
engoncé, essayer, évaser, flotter, fourrer, froncer, garder, griffer, habiller, lustrer,
marquer, mettre, nager, porter, profiter, rapiécer, rebroder, recouper, remettre,
reprendre, retoucher, retourner, revétir, serrer, surpiquer, suspendre, tailler,
- 158 -
tomber, trousser, zipper »), soit encore par des noms masculins ou féminins ayant un
rapport direct ou indirect avec le vêtement (« aise, barboteuse, bas, battle-dress,
bleu, blouse, body, bouton, boutonnage, boutonnière, bure, burqa, cache-cœur,
cachemire, cache-misère, caleçon, caoutchouc, capuchon, caraco, carrure, ceinture,
chandail, chape, chasuble, chausses, chemise, civil, col, collant, combinaison,
combi-short, corsage, corselet, corset, costume, cotte, coude, coule, coupe, coupevent, cour-vêtu, cran, crevé, cuir, culotte, dalmatique, décolletage, découpe,
défroque, demi-deuil, demi-saison, dépassant, déshabillé, dessous-de-bras, deuxpièces, domino, doublure, emmanchure, empiècement, encollure, épaulette,
épendyme, épinglette, essayage, essayeur, falbala, fouille, fourrage, fourrure,
frange, fringue, frippe, froncis, frou-frou, gaine, ganse, gilet, griffe, grimace,
guenille, habillement, habit, haillon, hijab, hoqueton, industrie, jersey, jupe,
justaucorps, kimono, lacet, lainage, laine, lichette, liseré, liseuse, loque, maillot,
manche, manteau, marquer, martingale, mesure, modestie, négligé, mesure, nippe,
noir, ouatine, pan, panneau, par-dessus, paréo, passant, patron, patte, peignoir,
pélerine, pelure, pièce, pince, pin’s, poche, poignet, pourpoint, prêt-à-coudre,
pyjama, queue, raglan, redingote, rentré, retouche, retoucheur, retournage,
retroussis, robe, ruche, saie, salopette, san-benito, sape, scaphandre, sequin,
simarre, slip, soufflet, sous-vêtement, soutane, spencer, surpiqûre, surplis, surtout,
survêtement, suspente, tablier, taille, tartan, toge, traîne, traînerie, transfert,
travesti, treillis, tunique, uniforme, veste, vestimentifère »).
De la même manière, les adjectifs (« alluré, avachi, baleiné, blousant . . . »)
employés dans cette même nomenclature sous-entendent aussi le signifiant*
« vêtement ».
- 159 -
2.
Au-delà
d’une
relation
sémantiquement
logique :
analyse de quelques entrées dans le Petit Robert
2008 où apparaît le terme « vêtement »
Outre le noyau commun partagé par les deux dictionnaires, mettant en exergue
une zone sémantique fondatrice, le Petit Larousse comme le Petit Robert disposent
d’un réseau sémantique spécifique ; en d’autres termes, le caractère complémentaire
des deux dictionnaires consultés réside dans la révélation de deux nomenclatures
distinctes et caractéristiques pour chaque dictionnaire. Or, à première vue, quelques
articles dans le Petit Robert ayant requis l’usage du signifiant* « vêtement »
n’entretiennent aucun rapport sémantique immédiatement imaginable avec
« vêtement », à titre d’exemple l’adverbe « contre » qui introduit le terme
« vêtement » en mentionnant une citation : « Son visage semblait très pâle contre ses
vêtements noirs » (Le Clézio) ou le nom féminin « eau » dans lequel le mot
vêtement est mis entre deux parenthèses précédés par la séquence « ne pas être
imperméable ». Le lexicographe a néanmoins établi ici un lien qui lui a paru naturel.
À l’inverse pour le verbe pronominal « s’endimmancher». Le Petit Robert fournit
cette fois un exemple contenant le sème « vêtement » : « Il a l’air endimmanché,
emprunté, mal à l’aise dans des vêtements inhabituels et fragiles ». Dans l’article
« épreuve » le dictionnaire met « le vêtement à l’épreuve du feu ». Citons un autre
exemple qui emploie le terme « vêtement » dans l’entrée du verbe « fumer » :
« vêtements mouillés qui fument devant le feu ». L’adjectif ou le nom « juif »
introduit les « vêtements » en les attribuant aux religieux juifs. L’adjectif, le pronom
ou l’adverbe « même » requiert l’emploi de « vêtement » dans un exemple : « porter
un vêtement à même la peau » . . . Notre liste d’exemples n’est pas exhaustive. Nous
renvoyons le lecteur à l’annexe 3a (cf. pp. 314-323) contenant toutes les
nomenclatures.
- 160 -
3.
Le
« vêtement »
ou
les
« vêtements » :
quelle
importance ou quel regard dans les deux références
dictionnairiques
Signalons une étonnante divergence que nous avons pu constater au cours de
notre requête du lexème* « vêtement ».
a.
Dans le Petit Robert :
Nous avons tapé « vêtement » au singulier dans la case consacrée à la
recherche en texte intégral, nous avons obtenu cinq cent soixante-quinze résultats
dans lesquels les deux nombres de vêtement apparaissent soulignés, c’est-à-dire le
« vêtement » au singulier et les « vêtements » au pluriel. Cependant quand on
recherche « vêtements » au pluriel, on obtient curieusement aucun résultat. Les
investigations dictionnairiques offrent ainsi l’occasion de repérer des lacunes du
système de balisage informatique.
b.
Dans le Petit Larousse :
Nous obtenons deux cent soixante-seize résultats en recherchant le terme
« vêtement » au singulier ; le Petit Larousse énumère et souligne les occurrences de
« vêtement » uniquement au singulier, sans prendre en considération « vêtements »
au pluriel.
Par ailleurs, nous aboutissons à trois cent soixante-treize résultats en
recherchant « vêtements » au pluriel.
III. La troisième investigation dictionnairique
Il s’agit de repérer les cotextes du sème « vêtement » en étudiant sa
conjoncture en amont et en aval.
Dans ce qui suit, nous allons illustrer les résultats de notre recherche dans un
tableau, facilitant ainsi pour le lecteur le repérage des divergences cotextuelles dans
les deux dictionnaires. Ce sont les résultats auxquels nous avons abouti en travaillant
- 161 -
sur la nomenclature des entrées contenant le sème « vêtement », commune aux deux
dictionnaires. Dans cette même nomenclature nous avons pu observer et relever des
points de convergence, mais aussi des points de divergence.
Nous avons classé ces deux dernières sous des rubriques comportant chacune
un titre annonçant le contenu. À titre d’exemple, pour une même entrée les deux
dictionnaires attribuent parfois deux cotextes totalement différents. La question du
nombre relatif à notre mot de recherche a également constitué un désaccord entre les
deux dictionnaires au même titre que la valorisation ou la dévalorisation du
vêtement. Ajoutons que ce dernier fait l’objet dans une même entrée de plus d’une
apparition, soit illustrée dans un exemple ou simplement mis entre parenthèses sans
aucune autre indication, soit seulement insérée dans la partie dédiée à l’étymologie,
ou encore carrément mentionné dans la définition elle-même.
1.
Pluriel ou singulier du terme « vêtement »
Entrées
Le Petit Robert
1.
2.
« Iron.
(surtout plur.)
Petit bijou
en commun
« affiquet »
Le Petit Larousse
« Petit
bijou
qui
ou objet de parure agrafé aux
s'agrafait à un vêtement,
vêtements. »
au chapeau. »
« SE METTRE A L'AISE : se
« aise »
« Dans une position,
débarrasser des vêtements,
un vêtement
des objets qui gênent. »
confortable ; sans gêne
physique.
Mettez-vous à l'aise. »
- 162 -
3.
« Vêtements
antiglisse :
« anti-glisse «
« Vêtement antiglisse :
vêtements de ski conçus pour
vêtement de ski fait
éviter au skieur de glisser sur
dans un tissu de
la neige en cas de chute. »
texture rêche qui
accroche la neige et
empêche de glisser sur
la pente en cas de
chute. »
4.
« Devenu informe pour avoir
« avachi, ie »
« Se dit d'un vêtement,
été trop porté (vêtements,
d'un tissu devenu sans
tissus…). »
forme, sans tenue par
un usage prolongé. »
5.
« Fabriquer en série (des
« confectionner »
vêtements). »
6.
« Bande servant à serrer la
« Confectionner
un
gâteau, un vêtement. »
« ceinture »
« Bande
de
cuir,
taille, à ajuster les vêtements à
d'étoffe,
etc.,
portée
la taille. »
pour fixer un vêtement
autour de la taille ou
comme ornement. »
« d'un
vêtement
maintient
qui
celui-ci
autour de la taille. »
7.
« Ouvrir (un vêtement) en
« déboutonner »
« Déboutonner
ouvrir
un
dégageant les boutons de leur
vêtement :
boutonnière. »
vêtement en dégageant
« défaire les boutons de ses
les
vêtements. »
boutonnières. »
boutons
« Déboutonner
vêtement. »
un
des
son
- 163 -
8.
« Arracher une partie de, par
« déchirer »
« Déchirer une lettre,
un vêtement. »
accident. Déchirer ses
vêtements »
« Fam. Vous êtes tout
déchiré ! votre vêtement est
déchiré. »
9.
« (début XIIIe) Ôter ce dont on
« découvrir »
« Ôter ce dont on est
est couvert (spécialt les
couvert,
vêtements). »
particulièrement
un
vêtement, un chapeau. »
10.
« Détacher, dénouer (les
« défaire »
« Ôter
un
pièces d'un vêtement, d'un
assemblé,
ajustement). »
vêtement. »
élément
un
« Défaites-vous : ôtez votre
manteau; enlevez vos
vêtements »
11.
« Vieux vêtements qu'on
« défroque »
« Moderne.
Vêtement
démodé, ridicule. »
abandonne lorsqu'on les juge
hors d'usage.
▫ Vieux vêtements ou
habillement bizarre. »
12.
13.
« Cercle de tissu imperméable
« dessous-de-bras »
« Garniture
de
tissu
destiné à protéger les
épais
vêtements de la transpiration
vêtement à l'endroit de
aux aisselles. »
l'aisselle. »
« (1677) Cour. Habiller (qqn,
« draper »
protégeant
un
« Disposer
une forme humaine) de
harmonieusement
les
vêtements amples, formant des
plis d'un vêtement. »
plis harmonieux; représenter
« S'envelopper dans un
- 164 -
vêtement ample. »
(une figure humaine) ainsi
vêtue. »
« Arranger ses vêtements de
manière à former d'amples
plis. »
14.
15.
« Personne qui essaie les
« essayeur, euse »
« Personne qui procède
vêtements aux clients, chez un
à
couturier, un tailleur, ou dans
vêtement,
une maison de confection. »
tailleur, un couturier. »
« Spécialt Vêtements amples
« flotter »
qui flottent autour du corps. »
l'essayage
d'un
chez
un
« Avoir de l'ampleur, en
parlant d'un vêtement. »
« Flotter
dans
un
vêtement :
porter
un
vêtement trop grand ou
trop large. »
16.
« Bande de tissu d'où pendent
« frange »
« Ornement de vêtement
des fils tirés ou des filets
ou
de
passementerie
rapportés, servant à orner en
constitué
bordure des vêtements, des
rangée de fils pendants,
meubles, etc. »
plus
par
ou
une
moins
travaillés. »
17.
« Fam. Vêtements. »
« fringues »
« (Surtout pluriel.)
Familier. ‘Vêtement.’
18.
« Vieux vêtement, haillon. »
« fripe »
« (Surtout
« Plus cour. Vêtements
Vêtement
d'occasion (rare au sing.) »
d'occasion. »
« Collect. La fripe : ensemble
de ces vêtements; commerce
des vêtements d'occasion. »
»
pluriel.)
usé,
- 165 -
19.
« COUVRIR DE VÊTEMENTS,
ORNER
« habiller »
« Être
seyant,
en
parlant d'un vêtement. »
»
« XVe ◊ Couvrir (qqn) de
vêtements. »
« Fournir (qqn) en
vêtements. »
« Fabriquer les vêtements de
(qqn). »
« Couvrir (qqch.) comme d'un
vêtement. »
20.
« (fin XIe) Placer (un
« mettre »
« S'habiller
vêtement, un ornement, etc.)
manière,
sur qqn en le disposant comme
vêtement. »
de
telle
avec
tel
il doit l'être. » « Mettre ses
vêtements à un enfant. »
« Passer, revêtir (ses propres
vêtements, un produit). »
« Mettre ses vêtements, ses
habits. »
21.
« Fam. Être au large (dans
« nager »
ses vêtements). »
« Familier. Nager dans un
vêtement : être trop au
large
dans
un
vêtement. »
22.
« Fam. et vieilli (Au plur.)
« nippe »
« Familier. Vêtement. »
« ouatine »
« Nappe de fibre textile
Les vêtements. »
23.
« Étoffe molletonnée utilisée
pour doubler certains
cousue entre deux tissus
vêtements. »
légers,
comme
et
utilisée
doublure
vêtement. »
de
- 166 -
24.
« Arg. LES SAPES : les
« sape »
« Familier. (Surtout
vêtements. fringues. »
pluriel.) Vêtement,
« Collect. La sape : les
habit. »
vêtements; l'habillement. »
25.
« ETYM. 1925 ◊ de sous-
« sous-vêtement »
« sous-vêtement
et vêtement »
pluriel sous-vêtements »
« Sous-vêtements d'homme
« Pièce de lingerie ou
(
linge [de corps]), de femme
de bonneterie que l'on
(
2. dessous, lingerie). »
porte
sous
les
vêtements, à même la
peau. »
26.
« ETYM. 1538 ◊ de
« taille »
« Dimension
standard
1. taille, qui, à la fin du
d'un
vêtement,
d'une
XIIe, avait le sens de
paire de chaussures. »
‘coupe, manière dont
on coupe les vêtements’,
vêtements que l'on taillait aux
«Partie
ajustée
du
mesures de la personne. »
vêtement qui marque la
taille de la personne. »
27.
« Vêtements, tissus usés. »
« usé, ée »
« Vêtement usé. »
28.
« Vêtements neufs, usés, en
« vêtement »
« vêtement
loques ( guenille, haillon). »
« Vêtements de travail ( bleu),
de tous les jours, du
dimanche. »
« Vêtements habillés, de
soirée ( habit, smoking), de
ville, de sport, de ski
(
tenue). »
vestimentum) »
(latin
- 167 -
« Vêtements de grossesse ».
« Des vêtements légers,
chauds, d'hiver, d'été. »
« Vêtements à la mode,
démodés. »
« Vêtements de créateurs. »
« Porter tel genre de
vêtements. »
« Mettre ses vêtements. »
« Vêtements d'occasion. »
« Placard à vêtements. »
« Nos vêtements sont langage,
mais c'est un langage
surajouté au corps et second
par rapport à leur fonction
utilitaire » (Tournier).
« Principaux vêtements : bas,
blouse, blouson, body, bustier,
caleçon, cape, caraco, châle,
chandail, chapeau,
chaussettes, chemise,
chemisier, collant,
combinaison, corsage, corset,
culotte, débardeur, déshabillé,
écharpe, gant, gilet,
imperméable, jaquette,
jogging, jupe*, jupe-culotte,
kilt, liquette, maillot,
manteau*, paletot, pantalon*,
- 168 -
pardessus, parka, peignoir,
polo, porte-jarretelles, pullover, pyjama, robe, salopette,
short, slip, socquettes,
soutien-gorge, survêtement,
sweat-shirt, tablier, tee-shirt,
tricot, veste*, veston. »
« Vêtements assortis. »
« Vêtements de bébé. »
« Vêtements portés dans
d'autres pays. »
« Vêtements sacerdotaux. »
« (1937) LE VÊTEMENT (sing.
collect.) :
les vêtements. »
« Fabrication, industrie,
commerce du vêtement »
« Il travaille dans le
vêtement. »
« Veilli UN VÊTEMENT »
« Un vêtement de demisaison. Donnez-moi votre
vêtement. »
« La forme n'est pas une sorte
de […] vêtement plastique
d'une pensée » (R. Huyghe).
« La grâce est le vêtement
naturel de la beauté »
(Joubert).
- 169 -
2.
Association favorable ou défavorable
« aise »
« se débarasser des vêtements
1.
2.
vêtement
confortable »
qui gênent »
3.
« un
Cotexte identique
« Iron. (surtout plur.) Petit bijou
« affiquet »
« Petit
bijou
qui
ou objet de parure agrafé aux
s'agrafait à un vêtement,
vêtements. »
au chapeau. »
« vêtement de jeune enfant d'une
« barboteuse »
« Vêtement de jeune
seule pièce, à culotte bouffante et
enfant, d'une seule pièce,
qui laisse les jambes et les bras
formant une culotte
nus. »
courte légèrement
bouffante. »
3.
4.
« vêtement de travail que l'on met
« blouse »
« Vêtement
de
travail
par-dessus les autres pour les
porté pour se protéger,
protéger. »
protéger ses vêtements. »
« action
de
boutonner
(un
« boutonnage »
vêtement) ».
« action de boutonner ;
manière
dont
se
boutonne un vêtement »
5.
« Petite fente faite à un vêtement
« boutonnière »
pour y passer un bouton. »
« Fente faite à un
vêtement pour y passer
un bouton. »
6.
« Sous-vêtement masculin, culotte
« caleçon »
« Sous-vêtement
à jambes longues (caleçon long)
masculin à jambes
ou, plus souvent, courtes. »
longues ou, le plus
souvent, courtes. »
7.
« Industrie du vêtement. »
« industrie »
« Industrie
vêtement. »
du
- 170 -
8.
« Partie du vêtement qui entoure
« col »
le cou. »
9.
« Vêtement à capuchon porté par
entoure le cou. »
« coule »
certains religieux »
10.
« Vêtement féminin de tissu qui
« Partie du vêtement qui
« Vêtement à capuchon
de certains moines. »
« corsage »
recouvre le buste. »
« Vêtement féminin de
tissu léger qui recouvre
le buste. »
11.
12.
« (1690) Passer l’un sur l’autre
« croiser »
« Passer l’un sur l’autre,
(en parlant des bords d’un
en parlant des bords d’un
vêtement). »
vêtement. »
« (début XIIIe) Ôter ce dont on est
« découvrir »
couvert (spécialt les vêtements). »
« Ôter ce dont on est
couvert, particulièrement
un
vêtement,
un
chapeau. »
13.
« Défaire les plis de (une étoffe,
« déplisser ».
un vêtement). »
« Défaire les plis, les
faux plis d’une étoffe,
d’un
vêtement ;
défroisser. »
14.
« Fam. Qui porte un vêtement
« dépoitraillé»
largement ouvert sur la poitrine. »
« Familier. Qui porte un
vêtement
largement
ouvert sur la poitrine. »
15.
« Mettre sur son dos (un
« endosser »
vêtement). »
16.
« Se revêtir de, mettre (un
son dos, sur soi. »
« enfiler »
vêtement). »
17.
« ETYM. 1855 ◊ grec epi ‘sur’ et
« Action d’essayer (un
vêtement). »
« Passer rapidement un
vêtement. »
« épendyme »
enduma ‘vêtement’ »
18.
« Mettre un vêtement sur
« (grec
epi,
sur,
et
enduma, ‘vêtement’) »
« essayage »
« Action
d’essayer
vêtement en cours de
un
- 171 -
confection pour le mettre
au point. »
19.
« (1881 ; ‘bourse’ XVIe ◊ de
« fouille »
« Argot. Poche d’un
vêtement. »
l’argot ancien fouillouse ‘poche’
[1632], antérieurement ‘bourse’
1486 ; de fouiller) Pop. Poche
(d’un vêtement). »
20.
« Conserver sur soi (un vêtement,
« garder »
un bijou) »
21.
« (1951) Morceau d’étoffe cousu
« Conserver sur soi un
vêtement. »
« griffe »
« Petit morceau de tissu
sur un vêtement, généralement à
cousu à l’intérieur d’un
l’intérieur, portant le nom du
vêtement et portant le
créateur. »
nom de son créateur. »
« Enlever la griffe d’un vêtement »
22.
« Industrie du vêtement. »
« industrie »
« Industrie
du
vêtement. »
23.
24.
« Cordon étroit, plat ou rond,
« lacet »
« Cordon qu’on passe
qu’on passe dans des œillets pour
dans des œillets pour
serrer un vêtement, attacher une
serrer un vêtement, des
chaussure. »
souliers, etc. »
« Vêtements en laine, en tissu de
« laine »
laine, ou en laine tricotée. »
« Familier. Vêtement de
laine tricoté. »
« Fam. Une laine : un vêtement de
laine tricotée, généralement gilet,
pull-over. »
25.
« Ruban étroit dont on borde un
« liseré »
vêtement. »
26.
« Vêtement souple, généralement
de tricot, porté à même la peau et
« Ruban étroit dont on
borde un vêtement. »
« maillot »
« Vêtement
souple,
généralement en tissu à
- 172 -
qui moule le corps. »
mailles, qui couvre le
« Vêtement collant qui couvre le
corps en totalité ou
haut du corps. »
jusqu’à la taille et qui se
« Spécialt Maillot de corps : sous-
porte sur la peau. »
vêtement d’homme, d’enfant. »
« Maillot de corps : sous-
« vêtement de bain en mailles
vêtement
extensibles ou tout autre textile. »
torse. »
couvrant
le
« Maillot de bain, ou
maillot :
vêtement
de
collant
ne
bain. »
« Vêtement
couvrant que le haut du
corps. »
27.
« Partie du vêtement qui recouvre
« manche »
« Partie du vêtement qui
entoure le bras. »
le bras jusqu’au poignet (manches
longues) ou jusqu’au coude
(manches courtes). »
« Vêtement, robe sans manches.
28.
« Vêtement à manches longues,
« manteau »
« Vêtement à manches
boutonné sur le devant, qui se
longues,
porte par-dessus les autres
devant, que l’on porte
vêtements pour protéger le corps
sur les autres vêtements
du froid et des intempéries. »
pour
« Petit vêtement protégeant un
froid. »
se
boutonné
protéger
du
chien du froid, de la pluie. »
29.
« (1873) Bande de tissu, de cuir,
« matingale »
« Bande de tissu placée à
etc., placée horizontalement dans
la taille dans le dos d’un
le dos d’un vêtement, à hauteur de
vêtement
la taille. »
resserrer. »
pour
le
- 173 -
30.
« Se dit d’un vêtement qu’on peut
« mettable »
mettre. »
« Se dit d’un vêtement
que l’on peut mettre,
porter. »
31.
« Fam. Et vieilli (Au plur.) Les
« nippe »
« Familier. Vêtement. »
« pan »
« Partie
vêtements. »
32.
« Grand morceau d’étoffe ; partie
tombante
et
flottante ou tombante d’un
flottante d’un vêtement ;
vêtement. »
grand
morceau
d’étoffe. »
33.
34.
« Vêtement masculin de laine
« pardessus »
« Vêtement
long
qu’on porte par-dessus les autres
masculin qui se porte
vêtements pour se garantir des
par-dessus
intempéries. »
vêtements ; manteau. »
« Qu’on peut porter (vêtement). »
« portable »
les
autres
« Se dit d’un vêtement
que l’on peut mettre,
porter. »
35.
36.
« Garnir (une étoffe, un vêtement)
« rebroder »
« Garnir une étoffe, un
d’une seconde broderie qui se
vêtement d’une broderie
superpose à une première. »
après sa fabrication. »
« ETYM. 1725 ◊ anglais riding-coat « redingote »
« (anglais
‘vêtement pour aller à cheval’ »
vêtement pour aller à
« Anciennt Vêtement d’homme,
cheval) »
riding-coat,
longue veste croisée, à basques. »
37.
« (début XIVe) Mettre de nouveau
« remettre »
« Mettre
de
nouveau,
notamment un vêtement »
(un vêtement, des lunettes) sur
soi. »
38.
« ETYM. 1675 ; sant béni 1578 ◊
« san-benito »
« (mot
espagnol,
saint
mot espagnol ‘saint Benoît’, ce
Benoît, parce que ce
vêtement rappelant celui des
vêtement
bénédictins. »
l’habit des bénédictins) »
rappelait
- 174 -
39.
« Suspendre des vêtements à un
« suspendre »
« Suspendre un lustre, un
vêtement. »
portemanteau, dans une
penderie. »
40.
« Décalcomanie, motif reporté sur
« transfert »
un vêtement. »
« Spécialement.
Décalcomanie collée sur
un vêtement. »
41.
« Vêtements, tissus usés. »
4.
Cotexte différent
1.
« SE METTRE A L’AISE : se
« usé, ée »
« Vêtement usé. »
« aise »
« Dans une position, un
débarrasser des vêtements, des
vêtement confortables ;
objets qui gênent. »
sans gêne physique
Mettez-vous à l’aise. »
2.
« Petit objet souvent circulaire,
servant
3.
4.
5.
à
la
décoration
« bouton »
des
« Petite pièce de
matière dure servant à
vêtements ou à l’assemblage de
orner ou à fermer un
leurs diverses parties »
vêtement. »
« Bijou de femme, composé d’une
« broche »
« Bijou muni d’une
épingle et d’un fermoir, servant à
épingle permettant de le
attacher ou orner un vêtement. »
fixer sur un vêtement. »
« Vêtement de bonne apparence
« cache-misère »
« Vêtement ample, pour
sous lequel on dissimule des habits
cacher une tenue
ou du linge misérables »
négligée. »
« Un caoutchouc : un vêtement
« caoutchouc »,
caoutchouté. »
« Vêtement, chaussure
en caoutchouc ou
imperméabilisés au
caoutchouc. »
6.
« Étym. Zamarra ‘vêtement de
berger’ ; cf. simarre »
« chamarrer »
« (de l’espagnol
zamarra,
- 175 -
vêtement en peau de
mouton) »
7.
« Vêtement sacerdotal en forme de
« chasuble »
« Vêtement
la
liturgique
manteau à deux pans, que le
ayant
forme
d’un
prêtre revêt par-dessus l’aube et
manteau sans manches,
l’étole, pour célébrer la messe. »
que le prêtre met pour
« Par ext. Vêtement sans manches
célébrer la messe. »
qui a cette forme. »
8.
« Surtout au plur. Vx Partie du
« chausse » /
« Vêtement
vêtement masculin qui couvrait le
« chausses »
d'abord porté par les
médiéval,
corps depuis la ceinture jusqu'aux
deux sexes, couvrant les
genoux (haut-de-chausses, au
jambes par deux parties
XVIe)
indépendantes, qui, au
ou jusqu'aux pieds (bas-de-
XIVe s., sont réunies et
chausses. »
deviennent une sorte de
caleçon
long
(bas-de-
chausses) ou une culotte
courte
(haut-de-
chausses),
portée
e
jusqu'au XVII s. »
9.
« Fabriquer en série (des
« confectionner »
vêtements). »
10.
11.
« Vieilli Vêtement de travail,
« Confectionner
un
gâteau, un vêtement. »
« cotte »
« Cotte
d'armes :
pantalon montant sur la
vêtement ample porté sur
poitrine. »
l'armure. »
« Vêtement de bonne coupe. »
« coupe »
« Action de couper une
étoffe,
de
vêtement
tailler
un
d'après
un
patron ; la pièce d'étoffe
coupée. »
- 176 -
12.
13.
« Vêtement léger et imperméable
« coupe-vent »
« Vêtement
dont
la
s'oppose
au
dont le tissu protège contre le
texture
vent. »
passage de l'air. »
« Qui a un vêtement. »
« couvert, erte »
« Qui est protégé par un
vêtement, un chapeau. »
14.
« Couvrir son corps, sa nudité
« couvrir »
« Mettre
un
vêtement
pour se protéger. »
d'un vêtement. »
« S'envelopper d'un vêtement. »
15.
« Anciennt Vêtement masculin de
« culotte »
« Vêtement habillant le
dessus qui couvre de la ceinture
corps de la taille aux
aux genoux (d'abord serré aux
genoux. »
genoux) et dont la partie
« Sous-vêtement féminin
inférieure est divisée en deux
habillant le corps de la
éléments habillant chacun une
taille au haut des
cuisse (opposé à pantalon; cf. Les
cuisses. »
sans-culottes). »
« Mod. Vêtement de forme
analogue porté par les enfants et
les sportifs. »
16.
« Laisser le cou, la gorge, les
« décolleter »
épaules de (une femme) à nu. »
« Échancrer le haut d'un
vêtement. »
« porter un vêtement décolleté. »
« (1700) Couper (un vêtement) de
manière qu'il dégage le cou. »
17.
« Vieux vêtements qu'on
abandonne lorsqu'on les juge hors
d'usage. »
« Vieux vêtements ou habillement
bizarre. »
« défroque »
« Moderne.
Vêtement
démodé, ridicule. »
- 177 -
18.
19.
« Mod. Vêtement féminin d’étoffe
« déshabillé»
« Vêtement
légère, plus luxueux que le
léger,
peignoir ou la robe de chambre. »
femmes. »
« (1677) Cour. Habiller (qqn, une
« draper »
d’intérieur
porté
par
les
« Disposer
forme humaine) de vêtements
harmonieusement les plis
amples, formant des plis
d’un vêtement. »
harmonieux ; représenter (une
« S’envelopper dans un
figure humaine) ainsi vêtue. »
vêtement ample. »
« Arranger ses vêtements de
manière à former d’amples plis. »
20.
« Une chemise d’encolure 39. »
« encolure »
« COUTURE Partie du
« Partie du vêtement par où passe
vêtement destinée à
la tête. »
recevoir le col. »
« Partie échancrée du
vêtement autour du
cou. »
21.
« Fam. Vêtements. »
« fringues »
« (Surtout pluriel.)
Familier. ‘Vêtement’. »
22.
« Vêtement, robe qui moule
« gaine »
« Sous-vêtement féminin
comme une gaine »
en tissu élastique pour
« Spécialt (1909) Sous-vêtement
maintenir le bassin. »
en tissu élastique enserrant les
hanches et la taille (femmes). »
23.
« Région. (Canada) Petit morceau
« ganse »
« Cordonnet tressé ou
de tissu cousu sur un vêtement
ruban
pour l’accrocher, maintenir une
ornement
ceinture. »
vêtement, le matelassage,
le
utilisé
costume
etc. »
comme
dans
le
militaire,
- 178 -
24.
« Action de pourvoir ou de se
« habillement »
pourvoir de vêtements. »
« Profession
du
vêtement.»
« (milieu XVe) Ensemble des
habits dont on est vêtu. »
« costume, effet, habit, vêtement ;
région. Linge. »
25.
« COUVRIR DE VÊTEMENTS,
ORNER
« habiller »
»
« Être seyant, en parlant
d’un vêtement. »
e
« XV ◊ Couvrir (qqn) de
vêtements. »
« Fournir (qqn) en vêtements. »
« Fabriquer les vêtements de
(qqn). »
« Couvrir (qqch.) comme d’un
vêtement. »
26.
« ETYM. 1155 ◊ latin habitus
« habit »
« Vêtement masculin de
‘manière d'être, mise’ et ‘tenue,
cérémonie
vêtement’ ‘Sing. Vieilli Pièce
basques,
d'habillement.
partir
costume,
dont
les
arrondies
des
à
hanches,
vêtement.’ »
pendent par-derrière. »
« Plur. LES HABITS : l'ensemble
« Québec.
des pièces composant
neige :
l'habillement.
d'extérieur, surtout porté
affaires, effets,
Habit
de
vêtement
vêtements; »
par les enfants, couvrant
« Vêtement caractéristique d'une
tout le corps et destiné à
époque, ou propre à une fonction,
protéger du froid. »
une profession. »
« Vêtement
religieux. »
des
- 179 -
27.
« Vieux lambeau d'étoffe servant
« haillon »
de vêtement. »
« (Surtout
pluriel.)
Vêtement
en
loques ;
guenille. »
28.
« Poche intérieure d'un
« intérieur »
vêtement. »
« Robe,
veste
d'intérieur :
vêtement
confortable
que
l'on
porte chez soi. »
29.
« Ancien vêtement serré à la taille
« justaucoprs »
« Vêtement collant d'une
et muni de manches et de basques
seule pièce utilisé pour la
généralement assez longues. »
danse
et
certains
sports. »
30.
« (fin XVe) (Vêtement) Qui n'est
« large »
« Vêtement large. »
« nager »
« Familier. Nager dans
pas serré. »
31.
« Fam. Être au large (dans ses
vêtements). »
un vêtement : être trop
au
large
dans
un
vêtement. »
32.
« Cout. Pièce d'étoffe, élément
« panneau »
d'un vêtement cousu, assemblé. »
« COUTURE Pièce de
tissu rapportée de façon
apparente
dans
un
vêtement pour l'orner ou
pour
lui
donner
de
l'ampleur. »
33.
« Vêtement de plage fait d'un
« paréo »
« Vêtement
traditionnel
morceau de tissu que l'on drape
tahitien, pièce d'étoffe
autour du corps. »
nouée au-dessus de la
poitrine ou à la taille et
qui couvre les
jambes jusqu'au- dessous
du genou. »
- 180 -
34.
« ETYM. 1550; pate 1531 ◊ du
« patte »
germanique °paita ‘vêtement’ »
« Languette de cuir,
d'étoffe, etc., servant à
maintenir, à fermer, à
décorer un vêtement. »
35.
« Vx Vêtement dont on
« peignoir »
« Vêtement
ample,
en
pour
la
s'enveloppe pour se peigner. »
tissu-éponge,
« Mod. Ample vêtement de
sortie du bain. »
protection, à manches, en usage
« Vêtement féminin
chez les coiffeurs et dans les
d'intérieur, en tissu
instituts de beauté. »
léger. »
« (1814) Mod. Vêtement en tissu
éponge, long, à manches, que l'on
met en sortant du bain. »
« Par anal. Vêtement semblable
porté par certains sportifs. »
« (1846) Vêtement léger
d'intérieur porté par les femmes. »
36.
« Mettre une pièce à un
« pièce »
vêtement. »
« Un vêtement une, deux,
trois pièce(s) : un
vêtement composé de un
ou plusieurs éléments. »
« Morceau de tissu pour
le raccommodage d'un
vêtement. »
37.
« Faux anglic. Petit insigne
« pin’s »
« Petit badge métallique
décoratif qui se pique (sur le
muni d'une pointe de
vêtement, la coiffure). »
punaise, qui se fixe à un
embout
à
vêtement. »
travers
un
- 181 -
38.
« Mouton retourné : peau de
« retourner »
« Refaire un vêtement, un
mouton dont la fourrure est
coussin, etc., de façon à
tournée vers l'intérieur du
mettre l'envers du tissu à
vêtement. »
la place de l'endroit déjà
usé. »
39.
« ETYM. 1925 ◊ de sous- et
« sous-vêtement »
« sous-vêtement
vêtement »
pluriel sous-vêtements »
« Sous-vêtements d'homme.»
« Pièce de lingerie ou de
bonneterie que l'on porte
sous les vêtements, à
même la peau. »
40.
« ETYM. 1564; sottane 1550 ◊
« soutane »
« Long
vêtement
en
italien sottana ‘jupe’, de sottano
forme de robe, porté par
‘vêtement de dessous’, de sotto
les ecclésiastiques. »
‘sous’. »
41.
« Vêtements (
sportwear),
« sport »
« Se dit d'un vêtement
chaussures, sac, articles de
confortable
sport. »
habillé, conçu pour la
campagne
et
plutôt
peu
que
pour la ville.»
42.
« Cour. Vêtement de protection
« tablier »
« Vêtement de protection
constitué par une pièce de matière
que l'on attache devant
souple maintenue par des
soi pour préserver ses
attaches, qui garantit le devant du
vêtements. »
corps. »
43.
« ETYM. 1538 ◊ de 1. taille, qui, à
« taille »
« Dimension
standard
la fin du XIIe, avait le sens de
d'un
‘coupe, manière dont on coupe les
paire de chaussures. »
vêtements’, vêtements que l'on
«Partie ajustée du
vêtement,
d'une
- 182 -
44.
taillait aux mesures de la
vêtement qui marque la
personne. »
taille de la personne. »
« Dans l'Antiquité, Vêtement de
« tunique »
« ANTIQUITÉ Vêtement
dessous, chemise longue, avec ou
cousu, court ou mi-long,
sans manches. »
avec ou sans manches,
« Liturg. cathol. Vêtement
généralement resserré à
liturgique en soie que certains
la taille. »
prélats portent sous la chasuble
« Moderne.
ou la chape, dans les cérémonies
droit plus ou moins long,
solennelles (on dit aussi
porté sur une jupe ou un
TUNICELLE)
pantalon. »
dalmatique. »
Vêtement
« Vêtement porté par le sousdiacre sur l'aube. »
« Anciennt Vêtement couvrant le
buste (veste, redingote). »
45.
« (1831) Habit, vêtement
« uniforme »
« Vêtement de coupe et
déterminé, obligatoire pour un
de
groupe (professionnel, etc.). »
réglementaires porté par
« Fig. Aspect extérieur, vêtement
divers corps de l'État et
semblable pour tous. »
diverses catégories de
personnel
ligne,
couleur
(pilotes
gardes-chasse,
etc.). »
5.
Cotexte partiellement identique / différent
1.
« Vêtement ajusté, qui dessine la
« ajuster »
de
« Ajuster un vêtement,
taille, les formes (opposé à
un couvercle de
ample). »
boîte. »
- 183 -
2.
« Devenu informe pour avoir été
« avachi, ie »
trop porté (vêtements, tissus…). »
« Se dit d'un
vêtement, d'un tissu
devenu sans forme,
sans tenue par un
usage prolongé. »
3.
« Vêtement souple qui sert à
« bas »
« Pièce de vêtement »
couvrir le pied et la jambe »
habillant le pied et la
« Vêtement féminin qui couvre le
jambe. »
pied et la jambe jusqu'au haut des
« Spécialement.
cuisses. »
vêtement féminin, en
textile à mailles, qui
gaine le pied et la
jambe jusqu'au haut
de la cuisse. »
4.
« Anglic. Vêtement, sous-vêtement
« body »
« Vêtement féminin
féminin très collant, d'une seule
couvrant le tronc,
pièce, couvrant le tronc. »
d'une seule pièce, et
fermant par pressions
à l'entrejambe. »
5.
« Vêtement de cette étoffe. »
« bure »
« Vêtement fait de
bure »
6.
« Large bonnet formant la partie
« capuchon »
« Partie d'un
supérieure d'un vêtement, et que
vêtement en forme de
l'on peut rabattre sur la tête. »
bonnet ample, qui
recouvre la tête et
peut se rabattre dans
le dos. »
7.
« Mod. Sous-vêtement féminin
« caraco »
« Moderne. Sous-
droit et court, à bretelles, couvrant
vêtement féminin
le buste. »
droit et court,
- 184 -
couvrant le buste,
souvent porté avec
une culotte assortie. »
8.
« Largeur d'un vêtement aux
« carrure »
épaules. »
« Largeur
vêtement
d'un
entre
les
épaules. »
9.
10.
« Vêtement couvrant le torse
« chemise »
« Vêtement
masculin
(porté souvent sur la peau). »
qui couvre le buste et
« Chemise de femme : anciennt
les bras, comportant le
sous-vêtement qui se mettait sous
plus souvent un col et
le corset; »
un
« Chemise américaine : sous-
devant. »
vêtement de tricot (tee-shirt). »
« Vieilli.
« CHEMISE DE NUIT : vêtement de
vêtement en tissu fin
nuit, plus ou moins long (analogue
porté
à une robe), porté de nos jours
peau. »
surtout par les femmes. »
« Chemise
« Spécialt Vêtement de tissu
vêtement de nuit en
couvrant le torse qui se boutonne
forme de robe plus ou
sur le devant. »
moins longue. »
« Rendre (un vêtement) ajusté à la
« cintrer »
taille. »
boutonnage
à
Sousmême
de
la
nuit :
« Ajuster un vêtement
à la taille, au buste,
par des pinces. »
11.
« Vêtement imperméable de tissu
« ciré »
(huilé, puis plastifié). »
« Vêtement
imperméable en tissu
huilé ou plastifié. »
12.
« (1812) Qui épouse les formes du
« collant »
« Vêtement
de
tissu
corps (vêtements) ».
extensible couvrant le
« Sous-vêtement féminin qui unit
corps de la taille aux
- 185 -
bas* et culotte. »
pieds. »
« Sous-vêtement
féminin associant le
slip et les bas en une
seule pièce. »
13.
« (1895 ◊ traduction de l'anglais
« combinaison »
« Sous-vêtement
‘vêtement qui en combine deux’)
féminin
d'une
seule
Sous-vêtement féminin,
pièce, maintenu par
comportant un haut et une partie
des
remplaçant le jupon »
épaules et habillant le
« (1920) Vêtement d'une seule
corps
pièce réunissant veste et
genoux. »
pantalon. »
« Vêtement d'une seule
bretelles
pièce
aux
jusqu'aux
couvrant
la
totalité du corps, pour
le travail, le sport,
etc. »
14.
« Vêtement d'une seule pièce
« combishort » /
« Vêtement de sport
couvrant le tronc et le haut des
« combi-short »
féminin, d'une seule
cuisses. »
pièce,
très
collant,
couvrant le tronc et le
haut des cuisses. »
15.
« (1533) Vêtement féminin
« corselet »
Ancien.
« Vêtement
(costumes régionaux) qui serre la
féminin qui se laçait
taille et se lace sur le corsage. »
par-dessus
un
corsage. »
16.
« Vêtement habituel particulier à
« Vêtement
d'homme
un pays, une époque, une
comportant
un
condition.
pantalon, un veston et
« accoutrement, vx
équipage, habillement, habit,
« costume »
éventuellement un
- 186 -
vêtement. »
gilet ; complet. »
« vêtement; tenue. Costume
« Vêtement
d'apparat, de cérémonie. Vieilli ou
d'un pays, d'une région
région. (Suisse, Canada) »
ou
« Cour. Vêtement d'homme
Costume
composé d'une veste, d'un
écossais. »
d'une
typique
époque.
grec,
pantalon et parfois d'un gilet. »
17.
« Partie de la manche d'un
« coude »
vêtement, qui recouvre le coude. »
« Partie
correspondante de la
manche d'un
vêtement. »
18.
« Dont le vêtement est court. »
« court-vêtu »
« Qui
porte
un
vêtement court. »
19.
« Vêtement de cuir. »
« cuir »
« Peau, en particulier
des
gros
bovins,
tannée, corroyée, etc.,
propre aux usages de
l'industrie ;
objet,
vêtement en cuir. »
20.
« Ouvrir (un vêtement) en
« déboutonner »
« Déboutonner
un
dégageant les boutons de leur
vêtement : ouvrir un
boutonnière. »
vêtement en dégageant
« défaire les boutons de ses
les
vêtements. »
boutonnières. »
boutons
« Déboutonner
des
son
vêtement. »
21.
« Arracher une partie de, par
accident. Déchirer ses vêtements »
« Fam. Vous êtes tout déchiré !
votre vêtement est déchiré. »
« déchirer »
« Déchirer une lettre,
un vêtement. »
- 187 -
22.
« Morceau d'étoffe rapporté (sur
« découpe »
« COUTURE.
un vêtement) à des fins
Morceau
d'étoffe
décoratives. »
découpé et rapporté
suivant une ligne, qui
structure ou décore un
vêtement. »
23.
« Détacher, dénouer (les pièces
« défaire »
« Ôter
un
d'un vêtement, d'un ajustement). »
assemblé,
« Défaites-vous : ôtez votre
vêtement. »
élément
un
manteau; enlevez vos vêtements »
24.
« Se dit d'un vêtement qui est
« dégriffé, ée »
« Se dit d'un vêtement,
vendu moins cher parce qu'il n'a
d'un accessoire vendu
plus sa griffe d'origine. »
sans sa griffe d'origine
et à prix réduit. »
25.
« L'automne ou le printemps.
« demi-saison »
« Un
vêtement
de
demi-saison. »
Vêtement de demi-saison, ni trop
léger, ni trop chaud. »
26.
« Cout. Ornement qui dépasse la
« dépassant »
« COUTURE
Biais
partie du vêtement à laquelle il est
d'étoffe qui dépasse la
adapté. »
partie du vêtement à
laquelle il est fixé. »
27.
« Cercle de tissu imperméable
« dessous-de-bras »
« Garniture de tissu
destiné à protéger les vêtements de
épais protégeant un
la transpiration aux aisselles. »
vêtement à l'endroit de
l'aisselle. »
28.
« Chacune des deux ouvertures
« emmanchure »
« Ouverture
d'un
d'un vêtement, faites pour adapter
vêtement pour y coudre
une manche ou laisser passer le
une manche ou laisser
bras. »
passer le bras. »
- 188 -
29.
30.
« Pièce rapportée constituant le
« empiècement »
« Pièce rapportée dans
haut d'un vêtement (corsage, robe,
le
jupe, pantalon…). »
vêtement. »
« Faire paraître, d'une façon
« engoncer »
haut
d'un
« Déformer
la
disgracieuse, le cou enfoncé dans
silhouette en faisant
les épaules (en parlant d'un
paraître le cou enfoncé
vêtement). »
dans les épaules, en
« Le vêtement de prison qu'il a
parlant
gardé l'engonce et le grossit
vêtement. »
d'un
encore » (Gide).
« Par ext. Faire paraître à l'étroit
(en parlant d'un vêtement). »
31.
« (1930) Ruban étroit qui passe
« épaulette »
« Bande
de
tissu
sur l'épaule pour soutenir un
étroite
retenant
un
vêtement féminin. »
vêtement féminin aux
« Rembourrage en demi-cercle
épaules. »
cousu sous l'épaule d'un
« Rembourrage dont la
vêtement. »
forme épouse le haut
de l'épaule et qui sert à
élargir la carrure d'un
vêtement. »
32.
« Spécialt Mettre (un vêtement,
« essayer »
etc.) pour voir s'il va. »
« Passer sur soi un
vêtement, mettre des
chaussures pour voir
s'ils sont aux mesures,
s'ils conviennent. »
33.
« Personne qui essaie les
« essayeur, euse »
« Personne
qui
vêtements aux clients, chez un
procède à l'essayage
couturier, un tailleur, ou dans une
d'un vêtement, chez un
maison de confection. »
tailleur, un couturier. »
- 189 -
34.
« Spécialt Vêtements amples qui
« flotter »
flottent autour du corps. »
« Avoir de l'ampleur,
en
parlant
d'un
vêtement. »
« Flotter
dans
un
vêtement : porter un
vêtement trop grand ou
trop large. »
35.
« Peau d'animal munie de son
« fourrure »
« Peau de mammifère
poil, préparée pour servir de
avec son poil, préparée
vêtement, de doublure,
pour garnir, doubler
d'ornement. »
ou
« Vêtement doublé de fourrure. »
vêtement ;
« Par ext. (1816) Vêtement de
vêtement. »
constituer
un
ce
fourrure. »
36.
« Bande de tissu d'où pendent des
« frange »
« Ornement
de
fils tirés ou des filets rapportés,
vêtement
servant à orner en bordure des
passementerie
vêtements, des meubles, etc. »
constitué
par
une
rangée
de
fils
pendants,
plus
ou
ou
de
moins travaillés. »
37.
« Vieux vêtement, haillon. »
« fripe »
« (Surtout
Plus cour. « Vêtements d'occasion
Vêtement
(rare au sing.) »
d'occasion. »
pluriel.)
usé,
« Collect. La fripe : ensemble de
ces vêtements; commerce des
vêtements d'occasion. »
38.
« Vêtement féminin orné,
« froufrou » /
(Surtout
pluriel.)
aguichant. »
« frou-frou »
« Ornement de tissu
- 190 -
d'un
vêtement
féminin. »
39.
« Vêtement court, avec ou sans
« gilet »
« Vêtement
masculin
manches, se portant sur la peau ou
court et sans manches,
sur la chemise. »
boutonné sur le devant,
qui se porte sous le
veston. »
Vieux.
« Sous-
vêtement de flanelle,
de coton, etc. »
40.
« (1664) Au plur. Vêtement en
« guenille »
lambeaux. »
« (Souvent
pluriel.)
Vêtement
sale,
en
lambeaux. »
41.
« Impossible à porter
« importable »
(vêtement). »
« Se dit d'un vêtement
que l'on ne peut ou que
l'on n'ose pas porter. »
42.
« Par
extension.
gimon 1603 ◊ mot japonais
Vêtement
d'intérieur
‘vêtement, robe’ »
consistant
« Par ext. Peignoir léger
peignoir léger dont la
rappelant ce vêtement. »
coupe
« Par appos. Manches kimono,
évoquent
qui font corps avec le vêtement,
japonais. »
« ETYM. 1899; kimona 1796;
« kimono »
en
ou
le
un
l'étoffe
kimono
non rapportées, souvent larges
lorsqu'elles sont longues. »
43.
« Vêtements qui tombent en
« loque »
« (Souvent
pluriel.)
loques. »
Vieux
« Par ext. Vieux vêtement sale et
vêtement très abîmé. »
déchiré. »
vêtement,
- 191 -
44.
« Vêtement aux mesures de qqn. »
« mesure »
« Prendre les mesures
« Loc. Sur mesure, se dit d'un
de quelqu'un : mesurer
vêtement exécuté pour une
le corps ou une partie
personne en particulier. »
du corps de quelqu'un
en
vue
de
confectionner ou de
choisir un vêtement. »
45.
« Étoffe molletonnée utilisée pour
« ouatine »
doubler certains vêtements. »
« Nappe de fibre textile
cousue
entre
deux
tissus légers, et utilisée
comme
doublure
de
vêtement. »
46.
47.
« Vêtement de femme en forme de
« pèlerine »
« Vêtement
féminin
grand collet rabattu sur les
couvrant les épaules et
épaules et la poitrine. »
la poitrine. »
« (1725) Fig. et fam. Habit,
« pelure »
vêtement. »
« Familier.
Vêtement. »
« Spécialement.
Vêtement
de
dessus
(manteau,
imperméable, etc.). »
48.
« Partie d'un vêtement formant
« poche »
« Partie d'un vêtement
contenant et où on peut mettre les
en forme de petit sac
objets qu'on porte sur soi. »
où l'on peut mettre de
« Poche intérieure, sur la
me« Déformation, faux
doublure du vêtement. »
pli d'un tissu, d'un
vêtement. »nus
objets. »
- 192 -
49.
50.
« (1315) Partie d'un vêtement qui
« poignet »
« Extrémité
recouvre le poignet; extrémité de
manche
la manche. »
vêtement. »
« (1857) (D'un vêtement, d'une
« porter »
parure) Être porté par qqn. »
de
la
d'un
« Avoir sur soi comme
vêtement,
comme
ornement,
comme
marque
distinctive,
etc. »
« En
parlant
d'un
vêtement, devoir être
mis de telle manière. »
51.
« Anciennt Partie du vêtement
« pourpoint »
« Vêtement
ajusté
d'homme qui couvrait le torse
d'homme, en usage du
jusqu'au-dessous de la ceinture. »
XIIe au XVIIe s., qui
couvrait le corps du
cou à la ceinture. »
52.
« ETYM. pyjaamah 1837 ◊ anglais
« pyjama »
« Vêtement de nuit ou
pyjamas, de l'hindoustani pâê-
d'intérieur, ample et
jama ‘vêtement de jambes’ »
léger, composé d'une
« (1895) Cour. Vêtement de nuit
veste
ou d'intérieur, ample et léger, fait
pantalon. »
et
d'un
d'un pantalon et d'une veste. »
53.
54.
« Recouper un vêtement, en
« recouper »
« Donner une coupe
modifier la coupe en ôtant de
différente
l'étoffe. »
vêtement ; retoucher. »
« Reprendre un vêtement, y faire
« reprendre »
à
un
« Rétrécir un vêtement
une retouche (surtout pour le
en
refaisant
rétrécir). »
coutures
pinces. »
ou
les
les
- 193 -
55.
« Adaptation d'un vêtement de
« retouche »
« Rectification
d'un
confection aux mesures de
vêtement de confection
l'acheteur. »
aux
mesures
d'un
client. »
56.
« Retournage d'un vêtement
« retournage »
usagé. »
57.
« Partie d'un vêtement retroussée
« Action de retourner
un vêtement. »
« retroussis »
de façon permanente. »
« Partie du bord d'un
chapeau
ou
d'un
vêtement
qui
est
relevée, repliée vers le
haut. »
58.
« Couvrir (qqn) d'un vêtement
« revêtir »
« Mettre sur soi un
vêtement.»
particulier (signe d'une fonction,
d'une dignité). »
« Mettre sur soi (un vêtement, un
habillement spécial). »
59.
« ETYM. XIIe ◊ germanique °rauba
« robe »
« Vêtement
féminin
‘butin’ (cf. dérober), d'où
composé d'un corsage
‘vêtement dont on a dépouillé
et d'une jupe d'un seul
qqn’ »
tenant. »
« VÊTEMENT QUI ENTOURE LE
« Vêtement
CORPS
»
long
et
ample, que portent les
« VÊTEMENT LONG »
juges,
« Dans l'Antiquité, en Orient,
etc. »
Vêtement d'homme d'un seul
« Robe de chambre :
les
avocats,
- 194 -
tenant descendant aux genoux ou
vêtement
d'intérieur
aux pieds (
chiton, tunique). »
tombant
jusqu'aux
« Vêtement d'homme distinctif de
pieds. »
certains états ou professions. »
« Robe de professeur, aujourd'hui
uniquement portée dans les
cérémonies officielles, par-dessus
d'autres vêtements. »
« Anciennt Vêtement d'enfant en
bas âge. »
« (1576) ROBE DE CHAMBRE :
long vêtement d'intérieur, pour
homme ou femme, à manches, non
ajusté. »
« VÊTEMENT DE FEMME (XIIe)
Vêtement féminin de dessus,
couvrant le buste et les jambes. »
60.
« Vêtement de travail qu'on met
« salopette »
« Vêtement
constitué
par-dessus ses vêtements, pour
d'un pantalon prolongé
éviter de les salir. »
par
« Vêtement d'enfant ou vêtement
bretelles. »
une
bavette
à
de sport, composé d'un pantalon et
d'un plastron retenu par des
bretelles. »
61.
« Arg. LES SAPES : les vêtements.
fringues. »
« Collect. La sape : les vêtements;
l'habillement. »
« sape »
« Familier.
pluriel.)
habit. »
(Surtout
Vêtement,
- 195 -
62.
« Scaphandres à casque et
« scaphandre »
« Vêtement pressurisé
vêtement souple. » [exemple !]
et étanche que portent
« (1933) Scaphandre autonome :
les
vêtement étanche, pourvu d'une
travailler sous l'eau et
bouteille à air comprimé. »
les spationautes à bord
plongeurs
pour
de certains vaisseaux
spatiaux ou lors de
sorties
extravéhiculaires. »
63.
« Culotte échancrée sur les
« slip »
« Culotte moulante à
cuisses, à ceinture basse, que l'on
taille basse, échancrée
porte comme sous-vêtement ou
en haut des cuisses,
comme culotte de bains. »
servant
de
sous-
vêtement ou de culotte
de bain. »
64.
« Techn. Piqûre apparente, le plus
« surpiqûre »
« COUTURE
Piqûre
souvent décorative, sur la couture
apparente faite sur un
d'un vêtement, d'un objet en
vêtement. »
cuir. »
65.
« Vêtement de lin à manches
« surplis »
« CATHOLICISME
larges, souvent plissé, que les
Vêtement liturgique de
prêtres portent sur la soutane, et
toile fine, blanche, à
qui descend à mi-jambe. »
manches larges, qui
descend jusqu'aux
genoux et se porte sur
la soutane. »
66.
« Vx Vêtement de dessus, cape ou
grand manteau ample. »
« surtout »
« Ancien.
Vêtement
ample porté par-dessus
les autres vêtements. »
- 196 -
67.
« ETYM. 1939; sur-vestement
« survêtement »
« Vêtement
souple
‘vêtement mis sur un autre’ 1606 ◊
composé d'un pantalon
de sur- et vêtement »
et d'un sweat-shirt ou
« Par ext. Cour. Vêtement de
d'un
sport ou de détente, composé d'un
par-dessus une tenue
blouson (ou d'un sweat-shirt) et
de sport ou utilisé
d'un pantalon. »
comme
blouson,
porté
vêtement
de
détente. »
68.
69.
« Région. (Suisse) Boucle de
« suspente »
« Suisse.
Cordonnet
ganse permettant de suspendre un
cousu à un vêtement
vêtement, un torchon, etc. »
pour le suspendre. »
« Étoffe de laine à bandes de
« tartan »
« Vêtement, châle de
cette étoffe. »
couleur se coupant à angle droit,
vêtement traditionnel des
montagnards d'Écosse
(
2. plaid). »
« Vêtement fait de cette étoffe. »
70.
« (1843) Bas d'un vêtement qui
« traîne »
« Partie d'un vêtement
traîne à terre derrière une
long qui se prolonge
personne qui marche. »
par-derrière et traîne à
terre. »
71.
« (fin XIVe) Vieilli Relever (un
« trousser »
vêtement qui pend). »
« Replier, relever un
vêtement
pour
l'empêcher
de
traîner .»
72.
« Anciennt ‘Vêtement couvrant le
torse, ouvert devant.’ »
« veste »
« Vêtement à manches,
boutonné devant, qui
couvre
le
buste
jusqu'aux hanches. »
- 197 -
6.
Multiples cotextes dans une seule entrée
Dans ce qui suit, nous dégageons des vêtements ayant plus d’un cotexte dans
une telle entrée.
Les deux
Le Petit Larousse
dictionnaires
bas
ceinture
chemise
flotter
collant
gilet
combinaison
nager
culotte
surtout
déboutonner
tablier
draper
encolure
épaulette
fourrure
loque
maillot
manteau
mesure
pardessus
peignoir
poche
robe
sous-vêtement
survêtement
taille
tunique
sape
scaphandre
- 198 -
tartan
uniforme
vêtement
C.
LES VÊTEMENTS SONT-ILS CONSIDÉRÉS COMME DES
OBJETS DANS LE PETIT ROBERT ?
Pour essayer de répondre à cette question, nous s’impose une étude statistique,
c’est-à-dire un relevé des occurrences dans lesquelles le signifiant* « objet » s’associe
au contexte de « vêtement ».
Dans l’article « abîmer », le vêtement est associé à deux autres objets : un
livre et un meuble. Chacun de ces trois objets peut être abîmé.
Les objets sont explicitement évoqués dans l’entrée « archelle » et peuvent au
même titre que les vêtements être suspendus.
Le verbe « assortir » ne concerne pas seulement les vêtements, il s’applique
également à des « choses », ce terme étant synonyme de « objet ».
On peut « balancer » des vêtements, mais aussi des objets : « balancer
quelque chose ».
Le Petit Robert énumère les objets qu’on peut « bourrer », un « fusil », une
« valise » ou une « pipe », par exemple aussi bien qu’un sac de « vêtements », ce
sont tous des objets.
On peut dire « un fauteuil confortable » comme on peut dire « un vêtement
confortable » ; l’adjectif « confortable » peut qualifier un vêtement aussi bien que
beaucoup d’autres objets.
« La couleur d’un vêtement. Une voiture de couleur rouge » : On l’aura
compris, un vêtement peut être coloré comme tout autre objet, une voiture par
exemple.
« Se débarasser d’un vêtement. Se débarasser d’un objet encombrant ou
inutile » : Encore une fois, vêtement et objet font bon ménage, tout comme dans
l’article démodé : « Vêtement, objet démodé ».
- 199 -
« Dérober une montre, un bijou, un vêtement », on peut ici parler d’objets de
valeur et du coup, d’un vêtement de valeur.
« Verres, vêtements douteux » : Par juxtaposition verres et vêtements sont
semblables en tant qu’objet.
Un « fourbi » désigne un désordre d’objets : « la malle, les vêtements, les
cartons ».
Le « fourniment » regroupe « objets, matériel, vêtements, . . . ».
La « grébiche » est une garniture métallique au bord d’un vêtement, d’un objet
de maroquinerie.
Les meubles et les vêtements sont des objets qu’on peut protéger à l’aide
d’une housse.
Dans les exemples suivants, les vêtements sont associés à des objets, soit
implicitement, soit explicitement.
« Objets, vêtements, meubles, indispensables » (cf. l’entrée « indispensable »).
« On confectionne un objet, un vêtement » d’après un « model » (cf. l’article
« confectionner »).
« Garnir les doublures de vêtements, des objets de literie . . . » (cf. « ouate »).
« Ornement des vêtements, des meubles, etc. » (cf. « passementerie »).
« Revendeur de meubles, de livres, de vêtements » (cf. « revendeur »).
« Photos et objets pornographiques (godemichés, poupées gonflables, fouets,
vêtements spéciaux…)» (cf. « sex-shop »)
« La solidité d’une construction, d’un meuble, d’un vêtement ». (cf. « solidité »)
« . . . qui vendait des vêtements, des objets de parure » : Dans l’entrée « tirer »,
l’association des vêtements aux objets est explicite de même que dans l’entrée
« tricot » : « Objet, vêtement tricoté ».
« Vêtements, couvertures, sacs de voyage » Les vêtements sont encore une fois
perçus comme des objets.
Nous constatons que le lexicographe, dans ses approches inconscientes du
vêtement, associe ce dernier le plus souvent aux objets, en juxtaposant les deux, mais
il le considère parfois aussi comme un objet en soi, en l’évoquant comme tel.
- 200 -
D.
LE
VÊTEMENT
COMME
OBJET
DANS
LE
PETIT
LAROUSSE 2008
Le fait que le vêtement soit un objet est explicitement mentionné dans l’entrée
« siglé » : « se dit d’un objet, notamment d’un vêtement . . . ».
Enfin, dans la définition de « traînerie », « vêtement » est juxtaposé à « objet ».
Nous rapportons la même constatation à laquelle nous sommes convenus dans le Petit
Robert. Les deux dictionnaires considèrent le vêtement comme un objet et ce en
juxtaposant les deux signifiants*. Signalons que le Petit Robert définit le vêtement
comme un « Ensemble des objets fabriqués pour (. . .) ». Dans sa définition du
vêtement (« tout ce qui sert à couvrir le corps humain »), le Petit Larousse laisse
également entendre le signifiant* « objet », en employant l’adverbe « tout ».
E.
LES
COTEXTES
DE
« VÊTEMENT »
RELATIF
AUX
COULEURS DANS LE PETIT ROBERT EN VUE D’UNE
QUÊTE LEXICULTURELLE*
Nous observons dans ce qui suit quelles sont les couleurs qui sont associées
aux vêtements en général ou à tel ou tel vêtement en particulier et dans quel
contexte. En outre, le but de cette recherche est de voir s’il y a une mention
lexiculturelle* à propos des couleurs vestimentaires.
L’article consacré à la pièce vestimentaire « aube » note qu’il s’agit d’un
« vêtement ecclésiatique de lin blanc ».
La définition de la préposition « contre » fait appel à un exemple mentionnant
la couleur des vêtements, le « noir ».
Dans l’article « couleur », ce même terme générique est employé deux fois :
« la couleur d’un vêtement », « vêtements de couleur déterminée ».
La couleur « noir » des vêtements est encore attribuée aux vêtements, mais
dans un contexte lexiculturel* cette fois. En effet, les couleurs noir, gris, violet et
mauve des vêtements sont des couleurs de deuil dans la civilisation occidentale. Le
- 201 -
terme spécifique « gris, grise » prête sa teinture aux vêtements. La couleur « noire »
est employée pour la troisième fois dans le cotexte des vêtements dans l’article
« guindé, ée ». Le jaune est à la fois une couleur, un terme spécifique et une entrée
constituant un cotexte de vêtement ainsi que le kaki employé dans un contexte plus ou
moins lexiculturel* puisqu’il s’agit de la « couleur des vêtements militaires ».
Mis à part ces cotextes de couleur, le Petit Robert en mentionne encore deux :
« Se mettre en blanc » dans l’entrée « mettre » en parlant du vêtement et enfin la
couleur verte des vêtements dans l’article « vert, verte ».
La redondance de certains cotextes relatifs aux couleurs des vêtements
confirme que le « lexicographe ignore en vérité quels sont tous les articles du
dictionnaire qui ont requis l’usage de ce mot » 263 .
Signalons aussitôt que la notion de lexiculture* a fait l’objet de quelques
timides apparitions.
F.
LES COTEXTES DE « VÊTEMENT » RELATIFS AUX
COULEURS DANS LE PETIT LAROUSSE EN VUE D’UNE
QUÊTE LEXICULTURELLE*
Dans l’article « demi-deuil » le Petit Larousse fait état du noir et du blanc en
même temps ; ce sont en effet des couleurs de vêtement de demi-deuil. Cependant, le
lexicographe ne précise pas dans quelle culture ces deux couleurs se portent pour
exprimer la situation de demi-deuil.
En outre, la couleur bleue dans l’article « bleu » constitue un cotexte explicite
du vêtement, notamment d’un vêtement de travail.
263
Pruvost, Jean, op. cit.
- 202 -
G.
COTEXTE RELATIF AUX DEUX GENRES (FEMININ,
MASCULIN)
DANS
LES
DEUX
RÉFÉRENCES
DICTIONNAIRIQUES
Au sein de la nomenclature propre au Petit Robert, nous avons observé vingtdeux occurrences de genre féminin dans les cotextes du vêtement contre seulement
sept cotextes masculins. Les articles dans lesquels figurent des vêtements ou des
sous-vêtements féminins sont respectivement « atour, bustier, cache-sexe, chiffon,
dessous, djellaba, dos, escot, fronteau, haïk, modiste, pantalon, parure, parurerie,
parurier (ière), pèlerine, péplum, port-jarretelles, pretintailles, toilette, trousseau,
voile ». Les entrées ayant nécessité l’usage du cotexte relatif au genre masculin sont
« chemiserie, jaquette, livrée, mignonette, scapulaire, sous-vêtement ».
La micostructure du Petit Larousse comprend six adjonctions féminines dont
deux qui réunissent les deux cotextes ; il s’agit des « bobettes » : un « sous-vêtement
féminin ou masculin » et de « simarre » : « vêtement porté par les hommes et les
femmes ». Les quatre autres entrées relatives au genre féminin sont « burqa, cachecœur, décolletage, hijab ».
On peut se demander au terme de cette étude statistique, si la suprématie de
l’usage des vêtements féminins par rapport à celui des vêtements masculins est
consciemment ou inconsciemment prépondérante. Autrement dit, cette prééminence
féminine des vêtements signifie-t-elle qu’il s’agit d’un domaine féminin par
excellence ? avec un sens péjoratif ? L’expression « ne s’occuper que de chiffons »
relevée à l’entrée « chiffon » le laisse penser.
H.
LES COTEXTES EXLUSIFS AU « VÊTEMENT » DANS
LES DEUX INVENTAIRES
Il s’agit de signifiants* ne se combinant qu’avec notre terme de recherche :
« vêtement ».
- 203 -
I.
En aval
Dans le Petit Robert, les termes exclusivement employés avec
« vêtement »
sont
« dégriffée »,
« qui
engonce »,
« immettable »,
« importable », « prêt-à-porter ».
Dans le Petit Larousse, les exclusivités servant de cotexte au
« vêtement » sont « blousant », « qui blouse », « moulant », « qui moule »,
« prêt-à-coudre ».
II. En amont
Dans le Petit Robert, le verbe « endimancher » est une adjonction de
« vêtement ». Dans le Petit Larousse, c’est le verbe « rapiécer » qui sert de
cotexte au vêtement.
I.
La « vesticulture »*
La triple investigation dictionnairique que nous avons appliquée au mot
« vêtement » nous a permis de restituer l’information et la définition la plus
complète, « cachée dans le désordre formel alphabétique » 264 . En effet, les
différentes expressions et les divers exemples relatifs au signifiant* « vêtement » que
nous avons explorés tout au long des deux dictionnaires dans cinq cent quinze
articles dans le Petit Robert et deux cent soixante-seize articles dans le Petit
Larousse nous ont révélé un dictionnaire caché dans le dictionnaire lui-même, et
notamment des aspects lexiculturels. Ainsi on perçoit le regard français sur les
vêtements étrangers repérés et listés dans les dictionnaires français. Le choix est en
lui-même révélateur de ce qui a retenu l’attention des Français.
Bien que l’article consacré à la définition de « vêtement » contienne nombre
d’expressions et d’exemples relatifs à ce terme, il reste très lacunaire par rapport aux
renseignements apportés tout au long des huit cent cinquante deux entrées recencés
dans le cadre de la triple investigation dictionnairique.
264
Pruvost, Jean, op. cit.
- 204 -
Ajoutons que la liste spécifique à chaque dictionnaire apporte davantage de
renseignements, puisque chaque dictionnaire possède un regard qui lui est propre et
peut-être différent de l’autre, ce qui contribue une connaissance plus précise du mot
étudié.
Dans le domaine vesticulturel, les termes sont par exemple signalés les termes
« burqa » et « hijab » dans le Petit Larousse, pièces vestimentaires traditionnelles
portées par les femmes musulmanes.
Dans le Petit Robert, il y a aussi des termes relatifs à la lexiculture*, en
l’occurrence « aube », « cafetan », « djellaba », « haïk » et « plaid ».
Le « cafetan », la « djellaba » et le « haïk » partagent l’appartenance à la
même culture, à savoir la culture orientale et musulmane.
Le « plaid » peut être qualifié de vêtement lexiculturel* par deux aspects : le
premier, c’est le fait qu’il soit un vêtement des montagnards écossais ; le deuxième,
par son usage spécifique en tant que couverture de voyage en lainage écossais.
SECTION II :
LA TRIPLE INVESTIGATION
DICTIONNAIRIQUE
RÉFÉRENCE
DANS
LA
DOUBLE
DICTIONNAIRIQUE
DU
SIGNIFIANT* « HABIT »
Nous esquisserons danc ce qui suit une analyse comparative du Petit Robert 265
et du Petit Larousse 266 en ce qui concerne la définition du mot « habit ». Dans les
deux dictionnaires, l’article est présenté de manière polysémique.
265
266
Le Petit Robert informatisé, 2008.
Le Petit Larousse informatisé, 2008.
- 205 -
A. DEUX DÉFINITIONS DU TERME « HABIT » :
I.
Dans le Petit Robert :
habit [abi] nom masculin
ETYM.
1155 ◊ latin habitus « manière d'être, mise » et « tenue,
vêtement »
Famille étymologique
1 Sing. Vieilli
habit, avoir
Pièce d'habillement.
costume, vêtement.
L'étoffe d'un
habit. Habit de velours.
2 Plur.
LES HABITS : l'ensemble des pièces composant l'habillement.
affaires, effets, vêtements; fam. fringues, frusques, hardes, nippes.
Mettre ses habits (
s'habiller).
dimanche*. De vieux habits (
grotesques, ridicules (
Habits de deuil, de travail; habits du
hardes),
en loques (
guenille),
accoutrement, défroque, oripeau).
« S'il
avait soin de lui-même et de ses habits, il n'aurait pas l'air d'un vanu-pieds » (Balzac). Brosse à habits. Vieilli Marchand d'habits.
fripier.
3
Vêtement caractéristique d'une époque, ou propre à une fonction, une
profession.
▫ Anciennt Habit à la française, à l'espagnole. Habit de cour.
▫ Mod. Habit de chasse, de gala.
costume, tenue.
Un habit
d'arlequin*, de Pierrot.
▫ Habit de laquais.
livrée.
Habit d'huissier, de magistrat (
robe).
L'habit vert : tenue officielle des membres de l'Institut de France,
surtout de l'Académie française. L'habit militaire.
uniforme.
▫ Habit de lumière*.
4
Habit religieux (
froc, soutane).
Prendre l'habit : devenir prêtre,
moine. Cérémonie de la prise d'habit : entrée en religion, prise de
voile. Quitter l'habit : se défroquer. Loc. prov. L'habit ne fait pas le
- 206 -
moine : on ne doit pas juger des gens sur l'apparence (cf. L'air* ne
fait pas la chanson).
5
Costume de cérémonie.
▫ Vx Veste.
jaquette.
▫ Mod. Costume masculin de cérémonie, à veste ajustée très courte pardevant et à longues basques par-derrière.
frac, 1. queue (de pie).
Venir en habit (cf. fam. En pingouin*). L'habit est obligatoire (cf.
Tenue* de soirée).
Fig.
Apparence. « Les Habits neufs de la politique », d'Alain
Duhamel.
II. Dans le Petit Larousse
habit
(latin habitus, manière d'être)
▸ nom masculin
1. Vêtement masculin de cérémonie dont les basques, arrondies à partir des
hanches, pendent par-derrière.
− Habit vert : habit de cérémonie des membres de l'Académie française.
2. Québec. Habit de neige : vêtement d'extérieur, surtout porté par les enfants,
couvrant tout le corps et destiné à protéger du froid.
3. Vêtement des religieux.
− Prise d'habit : cérémonie qui marque l'entrée en religion.
Notons au passage que le Petit Robert évoque explicitement le pluriel du
lexème* en question (« plur. les habits ») alors que le Petit Larousse se
contente de le mentionner implicitement « nom masculin pluriel ».
La définition de « HABITS » au pluriel est presque identique dans les
deux dictionnaires.
- 207 -
B.
LA DÉFINITION DU TERME « HABIT » AU PLURIEL
I.
Dans le Petit Robert
2
Plur.
LES HABITS : l'ensemble des pièces composant l'habillement.
affaires, effets, vêtements; fam. fringues, frusques, hardes, nippes.
Mettre ses habits (
s'habiller).
dimanche*. De vieux habits (
grotesques, ridicules (
Habits de deuil, de travail; habits du
hardes),
en loques (
guenille),
accoutrement, défroque, oripeau).
« S'il
avait soin de lui-même et de ses habits, il n'aurait pas l'air d'un vanu-pieds » (Balzac). Brosse à habits. Vieilli Marchand d'habits.
fripier.
II. Dans le Petit Larousse
▸ nom masculin pluriel
Ensemble des pièces de l'habillement ; vêtements. Ôter ses habits.
Pour l’exemplification le Petit Robert illustre « habits » par l’action
« mettre ses habits (s’habiller) » tandis que le Petit Larousse se sert de la
contre-action « ôter ses habits ». En outre, dans cette partie consacrée à la
fixation du sens de « habits », le Petit Larousse évoque un unique synonyme :
le « vêtement » ; le Petit Robert, cependant, en offre six autres, à savoir
« affaires », « effets », « fringues », « frusques », « hardes » et « nippes », ces
quatre derniers substantifs relèvent du registre familier.
Mis à part « vêtements » et « frusques », les autres synonymes ne
requièrent pas l’usage de « habits » dans leur partie définitoire.
- 208 -
C.
À LA RECHERCHE D’UNE SYNONYMIE EXHAUSTIVE DE
« HABIT » DANS LE PETIT ROBERT
Pour ce faire, nous allons relever la liste des synonymes évoqués dans l’article
« habit » que nous avons complétée par d’autres lexie recherchées dans les cent vingtdeux entrées du Petit Robert ayant requis l’usage du lexème* « habit » dans leur
définition.
I.
Les
synonymes
de
« habit »
dans
l’article
« habit »
Ils sont au nombre de vingt-trois synonymes. En l’occurrence :
« costume », « vêtement », « affaires », « effets », « fringues », « frusques »,
« hardes »,
« défroque »,
« nippes »,
« oripeau »,
« s’habiller »,
« fripier »,
« guenille »,
« tenue »,
« accoutrement »,
« livrée »,
« robe »,
« uniforme », « froc », « soutane », « jaquette », « frac », « queue de pie ».
II. Autres synonymes de « habit » dans les autres
entrées
Les synonymes que nous venons de citer sont en partie ré-évoqués dans
d’autres articles employant le signifiant* « habit » ; nous ne mentionnons cidessous que les synonymes qui ne figurent pas dans l’entrée « habit » ; dans le
tableau suivant, nous précisons l’entrée dans laquelle apparaît tel ou tel
synonyme.
Entrées
Synonymes
costume
« équipage », « complet », « costard »,
« tailleur », « maillot », « costumé »,
« déguisement »
- 209 -
défroque
« haillon »
équipage
« toilette »,
« frac »,
« queue
de
morue »
paillasse
(étant lui-même synonyme)
pékin
« pékiné »
pelure
« manteau »
en
pingouin
(locution
« en smoking »
familiale qui veut dire : « en
habit »)
prendre
« prendre le voile »
toge
étant lui-même un synonyme à « habit »
uniforme
« aspect extérieur »
vestiaire
« garde-robe »
vêtement
« linge », « sape », « ensemble »
vêture
étant lui-même un synonyme à « habit »
Nous tenons à préciser que les synonymes que nous avons recherchés ne
sont pas tous explicitement indiqués en tant que tels bien qu’ils soient employés
pour définir le signifiant*.
D.
LES SYNONYMES DE « HABIT » DANS LE PETIT
LAROUSSE
Dans le Petit Larousse la majorité des vingt-sept entrées employant le
signifiant* « habit » constituent eux-mêmes des synonymes au lexème* en question,
notamment « froc », « spencer », « morue », « queue de pie », « san-benito »,
« sape », « surcot », « tenue », « uniforme », « vêtement ». Quelques-uns de ces
entrées-synonymes en introduisent d’autres :
- 210 -
Entrées
Synonymes
froc
« pantalon »
spencer
« veste de tailleur courte »
tenue
« uniforme »
vêtement
« pièce de l’habillement »
Nous rajoutons à cette liste l’entrée d’un nom propre, à savoir « arlequin »
puisque cette lexie introduit un autre synonyme : « ensemble ».
Un autre point nécessitant une comparaison entre les deux dictionnaires est que
le Petit Larousse commence la définition de « habit » par l’indication du sens
moderne sans pour autant mentionner qu’il s’agit d’un sens moderne tandis que le
Petit Robert achève par une définition quasi-identique, tout en indiquant qu’il s’agit
du sens moderne ; en outre, le premier dictionnaire emploie « vêtement masculin », le
deuxième « costume masculin ».
Reste à indiquer, pour conclure cette première investigation, que sur le plan
formel et quantitatif, le Petit Robert fait preuve d’une plus grande richesse aussi bien
par son apport important de synonymes et le nombre d’expressions et d’exemples que
par ses répartitions et leurs contenues ; en l’occurrence :
1.
pièce d’habillement
2.
les habits
3.
vêtement caractéristique d’une époque, ou propre à une fonction, une profession
4.
habit religieux
5.
costume de cérémonie
6.
fig. apparence
Néanmoins, le Petit Larousse apporte une précision quant à l’usage
syntagmatique du signifiant* « habit », absente dans le Petit Robert ; il s’agit de :
« habit de neige » à dimension lexiculturelle* québécoise.
- 211 -
Notre sous-titre « Comparaison n’est pas raison » représente un clin d’œil à la
complémentarité des deux dictionnaires quant à l’accumulation des informations sur
le mot recherché.
E.
LA DEUXIEME INVESTIGATION DICTIONNAIRIQUE OU
LA TRAQUE DES OCCURRENCES DE « HABIT » DANS
LE DISCOURS DU PETIT ROBERT ET DU PETIT
LAROUSSE
Effectuer une « radiographie » dictionnairique, c’est ici repérer le réseau
sémantique d’articles ayant nécessité l’usage du lexème* « habit ». Cette étude n’est
exécutable que sur le support informatisé du dictionnaire permettant de visualiser les
cent vingt-et-une entrées dans le Petit Robert (cf. l’annexe 3e pp. 393-397) et pour les
repartir sous différentes catégories.
I.
Les champs sémantiques du lexème* « habit »
dans le Petit Robert
Le souci de cerner le plus possible le mot concerné dans le discours du
Petit Robert nous a conduit à distinguer quatre catégories. En effet, outre les
termes issus de la même famille étymologique du mot en question (habitable,
habitacle, habitat, habiter, habituation, habitude, habitué, habituelle, habituer,
habitus, inhabiter, inhabituel, réhabituer, saint frusquin, centon, cohabitation,
cohabiter, déshabituer) sans qu’ils n’entretiennent pourtant le moindre rapport
onomasiologique avec le signifiant* « habit » et en dehors de l’article qui lui
est consacré, les autres entrées peuvent être regroupées de la sorte :
- 212 -
CATÉ-
RELIGION
GORIES
THÉÂTRE /
PERSONNES ET ENTRÉES-
LITTÉRATURE
PERSONNAGES VÊTEMENTS /
HABITS
article
ecclésiastique arlequin
académicien
cache-misère
laïque
centon
arlequin
chamarrure
moine
chanson
clown
costume
novice
fripier
défroque
religieux
laquais
friperie
religion
paillasse
fripier
sécularisation
froc
frusques
habillement
haut-de-forme
jaquette
livrée
loqueteux
oripeau
pan
pékin
smoking
tenue
toge
uniforme
vêtement
vêture
- 213 -
A priori, tous les articles répertoriés sous ces quatre catégories
entretiennent un rapport sémantique direct ou indirect avec le lexème*
« habit », en l’occurrence, la religion représentée par les habits religieux ou
l’inverse, notamment la « sécularisation » qui intègre entre autres pour sens, :
l’« autorisation pour un religieux de porter l’habit séculier », ou encore « habit
laïque »
dans
l’article
« laïque ».
La
deuxième
catégorie
intitulée
Théâtre/Littérature laisse entendre qu’il s’agit du domaine du théâtre et de ses
costumes. La troisième catégorie englobe des personnes ou des personnages
dont le statut nécessite un habit particulier, à titre d’exemple, « arlequin », « un
habit d’arlequin » renvoie à « un tout formé de parties disparates » ou encore
au « clown » : « aux habits pailletés » ou à « l’habit vert d’académicien » dans
l’article « académicien ». La quatrième catégorie est intitulée « entrées habits »
parce qu’elle l’emporte sur les autres catégories en nombre d’articles
comportant essentiellement les synonymes du mot recherché.
Même si ce réseau d’articles (par opposition à celui du lexème*
« vêtement » que nous avons étudié auparavant) semble être en écho avec le
mot « habit », les éléments qui les constituent ne renvoient pas tous au lexème*
en question, à titre d’exemple, un bon nombre de synonymes repérés ne
renvoient pas forcément au terme « habit » comme marque et insigne dans
l’entrée « livrée ».
De plus, nous avons répertorié une seconde liste qui contient cette fois-ci
des verbes que nous avons subdivisés en trois sous-catégories ou en trois degrés
de relation avec le terme « habit » ; ainsi nous avons obtenu une nomenclature
d’actions
ayant
« déshabiller »,
une
relation
« endimancher »,
directe
avec
« habiller »,
« habit » :
« défroquer »,
« revêtir »,
« rhabiller »,
« soutacher », une deuxième sous-catégorie entretenant un rapport indirect :
« brosser », « croiser », « épousseter », « louer », « posséder », « prendre »,
« retourner », « supputer », « tâter » et enfin une dernière liste n’ayant aucun
rapport avec « habit » : quatre verbes relèvent de la famille étymologique de
- 214 -
notre lexème* comme les verbes « cohabiter », « déshabituer », « habiter » et
« réhabituer » et d’autres verbes comme « éclater », « faire », « fleurir » et
« parler » sont dépourvu de tout rapport logique avec le lexème* « habit ».
II. Les champs sémantiques du lexème* « habit »
dans le Petit Larousse : une similitude avec le
Petit Robert mais aussi une complémentarité
Comme dans le Petit Robert, la nomenclature du Petit Larousse ayant
requis l’usage du lexème* « habit » peut être répertoriée sous des catégories
presque identiques à celles listées dans le Petit Robert. Ainsi, á la différence
des autres dictionnaires, le Petit Larousse a le privilège de faire appel à des
entrées « noms propres » qui ont employé dans leur partie définitoire le
lexème* « habit », en l’occurrence Anne Hébert a été évoquée dans la
nomenclature « habit » parce qu’elle est l’auteur d’un roman intitulé « Un habit
de lumière » ou encore le duc de Joyeuse, un gentilhomme français, pour avoir
quitté l’habit du capucin ou encore Henri Lacordaire pour sa prise de l’habit
des dominicains. Notons au passage que l’entrée « arlequin » a été mentionné à
deux reprises. La première décrivant l’habit du comédien est évoquée avec un
« a » minuscule tandis que la deuxième renvoyant au personnage lui-même de
ce fait est écrit avec un « A » majuscule.
Dans la catégorie des « personnages » portant des « habits » particuliers
dans le Petit Robert, le Petit Larousse en rajoute d’autres, notamment
« clergyman », « marié », « mendiant » et « suisse ». Signalons que ces entrées,
dans le Petit Robert, substituant à « habit » d’autres synonymes, en
l’occurrence « robe » et « voile » dans l’article « marié ». L’adjectif
« déguenillé » fait écho à l’« habit » du « mendiant ». « Costume » fait office
de « habit » dans l’entrée « suisse ». Tandis que l’entrée « clergyman » ne fait
appel à aucun synonyme du lexème* « habit ».
- 215 -
En outre, les entrées suivantes « san benito », « sape », « spencer » et
« surcot » font partie du glossaire « entrée habits » complétant celui du Petit
Robert dans lequel le lexème* « habit » est respectivement paraphrasé par
« casaque jaune », « vêtements », « fringues », « habillement », « veste »,
« dolman » et « vêtement ».
En ce qui concerne les pièces vestimentaires relatives à la religion, le
Petit Larousse fait appel à l’« habit » des religieux dans deux entrées, à savoir
« coiffe » et « cornette ». Bien que ces deux entrées fassent l’objet de deux
définitions dans le Petit Robert, le lexème* « habit » n’y est cependant jamais
employé.
Le lexème* « farde » fait d’« habit » son origine étymologique dans le
Petit Larousse alors que le Petit Robert demeure sceptique quant à l’origine
étymologique de la même lexie : « Probablement de l’ancien français fardes
XIIe siècle ; var. de hardes ».
F.
LA TROISIÈME INVESTIGATION DICTIONNAIRIQUE
OU À LA RECHERCHE DE COTEXTES DE L’EMPLOI DU
LEXÈME* « HABIT »
Commençons par une première constatation. Nous avons effectué la recherche
dans les deux discours dictionnairiques du lexème* « habits », mais cette fois-ci la
traque a concerné le pluriel du mot en question. Dans le Petit Robert le résultat, c’està-dire le nombre d’articles, est le même que celui recherché pour le singulier (122
articles / réponses) tandis que le résultat dans le Petit Larousse s’élève à 42 articles
pour le pluriel de « habits ». Face au silence du Petit Robert quant à la recherche de
« habits » au pluriel, nous avons effectué une investigation linéaire afin de repérer les
articles ayant requis l’usage du signifiant* « habits ». Ils sont au nombre de 41
articles contenant le mot au pluriel sur 122 au singulier. Cependant, dans les
quarante-deux articles, l’usage du signifiant* « habits » n’est pas uniquement au
pluriel car, au cours de ces entrées auxquelles nous avons abouties en recherchant le
- 216 -
pluriel du lexème* en question, le Petit Larousse tout comme le Petit Robert obéit à
l’emploi tantôt au singulier, tantôt au pluriel.
Signalons une autre constatation à laquelle nous sommes arrivées en ce qui
concerne la morphologie des vingt-six entrées employant le signifiant* « habit » au
singulier : aucune d’elles ne représente un verbe.
Afin de mieux cerner l’intégralité des cotextes ou des champs actantiels du
signifiant* « habit(s) » dans ce qui suit, nous allons répertorier l’usage de cet archilexème* dans un tableau en fonction de son usage dans un exemple, une expression,
un développement définitoire, une citation, un proverbe ou bien en tant qu’un
synonyme et ce en faisant abstraction de la famille étymologique.
I.
Les emplois « habit(s) » dans le Petit Robert
1.
Emploi de « habit(s) » dans un exemple
académicien : épée, habit vert d'académicien.
brosse : brosse à habits
brosser : brosser ses habits, ses souliers.
cérémonie : tenue, habit, uniforme de cérémonie.
chamarrure : les chamarrures d'un habit.
commode : habit commode pour le voyage.
croiser : croiser un habit, une écharpe, les disposer de manière que les
côtés passent l'un sur l'autre.
dimanche : les habits, le costume du dimanche
écclésiastique : l'habit ecclésiastique.
élision : l'apostrophe est en français le signe graphique de l'élision (ex.
l'art, l'habit, qu'on, s'il, etc.).
habit: L'étoffe d'un habit. Habit de velours. Mettre ses habits
(
s'habiller).
habits
(
Habits de deuil, de travail; habits du dimanche*. De vieux
hardes),
en loques
(
guenille),
grotesques, ridicules
- 217 -
(
accoutrement, défroque, oripeau).
« S'il avait soin de lui-même et de
ses habits, il n'aurait pas l'air d'un va-nu-pieds » (Balzac). Brosse à
habits. Vieilli Marchand d'habits.
le, la, les : l'habit.
loqueteux : Habits loqueteux.
louer : louer un habit.
mettre : mettre ses vêtements, ses habits.
novice : personne qui a pris récemment l'habit religieux et passe un
temps d'épreuve
(
noviciat)
dans un couvent, avant de prononcer des
vœux définitifs.
or : habits de soie et d'or
ordre : règle, observance, habit d'un ordre.
parade : habit de parade.
pingouin : Loc. fam. en pingouin : en smoking ou en habit.
puce : des habits puce.
queue : basques plongeantes à l'arrière d'un habit.
revêtir : revêtir ses habits du dimanche, l'uniforme.
saleté : saleté des habits, du corps.
tenue : habit ou smoking, robe du soir
trente : avoir, mettre ses plus beaux habits.
vilain : vilains habits.
ville : habits, chaussures de ville
2.
Emploi de « habit(s) » dans une expression
arlequin :
Loc.
un habit d'arlequin
Lumière : habit de lumière
- 218 -
morue : habit queue* de morue.
nue : les Habits neufs de l'empereur
pan : s'attacher au pan de l'habit de qqn, pour le retenir, le supplier.
prendre : prendre le voile, l'habit : entrer au couvent.
prise :
PRISE D'HABIT, (1862) DE VOILE
: cérémonie par laquelle un
(une) novice prend l'habit, le voile.
religieux : habits religieux.
devenir religieux : entrer dans les ordres, en religion, prendre le voile,
l'habit.
religion : (cf. prendre l'habit*, le voile*).
vert : l'habit* vert.
vêture :
3.
prise (d'habit, de voile).
Emploi de « habit(s) » dans une citation
âme : « J'ai l'habit d'un laquais, et vous en avez l'âme » (Hugo).
demande : « Croyez-vous que l'habit m'aille bien ? – Belle
demande ! » (Molière).
draps : « un respect inné pour l'homme qui porte un habit de drap fin »
(Stendhal).
éclater : « L'or éclate […] sur les habits de Philémon » (La Bruyère).
épousseté : « Puis il épousseta d'une chiquenaude un grain de
poussière sur la manche de son habit » (Hugo).
estafette : « Il écrit à Paris qu'on lui envoie, ventre à terre, par une
estafette, ses autres habits habillés » (P.-L. Courier).
étoffe : « Je tâte votre habit; l'étoffe en est moelleuse » (Molière).
fleurir : « Le ruban rouge qui fleurissait la boutonnière de son habit »
(Balzac).
- 219 -
habit : « Les Habits neufs de la politique », d'Alain Duhamel.
laqué : « J'ai l'habit d'un laquais et vous en avez l'âme » (Hugo).
noir : « la monotonie de ces couleurs, noir gluant du goudron ouvert,
noir terne des habits, noir laqué des voitures » (Camus).
parler : « Malheureusement, son habit parlait peu pour lui »
(Michelet).
pékin : « Un habit de pékin bleu de France » (Nerval).
plaintif : « La plaintive élégie en longs habits de deuil » (Boileau).
posséder : « Celui-ci, sans mot dire, vend tout ce qu'il possède, linge,
habits, machines, meubles, livres » (Diderot).
queue : « Son habit avec de spacieux revers, une longue queue de
morue » (Hugo).
saint-frusquin : « Gervaise aurait bazardé la maison […] Tout le
saint-frusquin y passait, le linge, les habits, jusqu'aux outils et aux
meubles » (Zola).
serré : « habit boutonné, serré et pincé à la taille » (Hugo).
soin : « S'il avait soin de lui-même et de ses habits, il n'aurait pas l'air
d'un va-nu-pied ! » (Balzac).
solennité : Des « habits qui ne sortent de l'armoire que pour les
solennités » (Flaubert)
soutacher : « Des habits puérilement dorés, soutachés, galonnés »
(Aragon).
supputer : « Un tailleur, en vous voyant, suppute instinctivement
l'étoffe de votre habit » (Proust).
taille : Un « habit boutonné, serré et pincé à la taille » (Hugo).
tâter : « Je tâte votre habit : l'étoffe en est moelleuse » (Molière).
- 220 -
tic : « assis, il avait le tic de prendre les basques de son habit, et de les
croiser sur ses cuisses » (Diderot).
uniforme : « Ils haïssaient particulièrement l'uniforme qui donne à
tous le même aspect et soumet les esprits à l'habit et non à l'homme »
(Vigny).
4.
Emploi de « habit(s) » dans une citation
brochette : petite broche servant à porter sur l'habit plusieurs médailles
ou décorations
cache-misère : vêtement de bonne apparence sous lequel on
dissimule des habits ou du linge misérables.
clown : clown blanc : personnage à la face blanche, à la coiffure
tronconique, aux habits pailletés.
défroque : objets et vieux habits qu'un religieux laisse en mourant. La
défroque d'un moine appartient au Père abbé.
défroquer : faire quitter le froc, l'habit ecclésiastique à (un religieux).
déshabiller : enlever ses habits.
endimancher : revêtir des habits du dimanche, mettre une toilette
plus soignée que d'habitude.
équipage :
Vx
habit, toilette.
étoffe : tissu dont on fait des habits, des garnitures d'ameublement.
frac : habit masculin de cérémonie, noir, à basques en queue de morue.
friperie : vieux habits, linge usagé.
fripier : personne qui revend d'occasion des habits, du linge, de vieux
objets.
froc : Vieilli partie de l'habit des moines qui couvre la tête, les épaules et
la poitrine, et par ext. Habit monacal tout entier.
- 221 -
frusques : Fam. Habits, et spécialt Mauvais habits.
grimace : mauvais pli (d'une étoffe, d'un habit).
habillement : ensemble des habits dont on est vêtu.
habiller :
(XVe ◊ avec influence de habit) Couvrir (qqn) de
vêtements.
haut-de-forme : chapeau d'homme, en soie, haut et cylindrique, à
bords plus ou moins larges, qui se portait avec la redingote, la jaquette ou
l'habit.
livrée :
(fin XIVe) habits d'un modèle particulier, que portaient les
domestiques masculins d'une même maison et de nos jours, uniforme
analogue (dans certains hôtels).
oripau : (XVIIe) Mod., au plur. vêtements voyants, vieux habits dont un
reste de clinquant fait ressortir l'usure.
paillasse : ETYM. 1683 ◊ italien Pagliaccio, personnage du théâtre
italien dont l'habit était fait de toile à paillasse
sbire : ETYM. 1546 ◊ italien sbirro, birro; bas latin burrus, birrus
« roux », grec purrhos, à cause d'une couleur d'habit ou de la valeur péj.
de roux
sécularisation: (1964) autorisation pour un religieux de porter l'habit
séculier.
smoking: Veston de cérémonie en drap et à revers de soie que les
hommes portent lorsque l'habit* n'est pas de rigueur.
toge: Mod. Habit long, robe de cérémonie, dans certaines professions.
(1831) Habit, vêtement déterminé, obligatoire pour un
uniforme:
groupe (professionnel, etc.).
vestiaire :
ETYM.
v. 1380; vestuaire « lieu où l'on range les habits
sacerdotaux »
vêtu : ETYM. XIVe; « qui a revêtu l'habit religieux »
- 222 -
vêture : Vx ou littér. Habit, vêtement.
(1680) Mod. Relig. Cérémonie par laquelle les postulants d'un ordre
religieux reçoivent l'habit avec lequel ils feront leur noviciat.
5.
Emplois de « habit(s) » dans un proverbe
apparence : l'habit* ne fait pas le moine
chanson : L'habit* ne fait pas le moine
écorce : L'habit* ne fait pas le moine
faire : L'habit* ne fait pas le moine.
habit : L'habit ne fait pas le moine
moine : L'habit ne fait pas le moine
6.
Les
phrases
contenant
« habit »
comme
synonyme de costume
frac : Habit masculin de cérémonie, noir, à basques en queue de morue.
habit,
habillement : Ensemble des habits dont on est vêtu.
costume, effet,
habit,
jaquette : Vêtement masculin de cérémonie à pans ouverts descendant
jusqu'aux genoux.
habit
pelure : Fig. et fam. Habit, vêtement
vêtement : les vêtements de dessus
costume, habillement, habit
(opposé à sous-vêtements).
- 223 -
II. Les emplois « habit(s) » dans le Petit Larousse
1.
Emplois de « habit » dans un exemple
clergyman
Habit de clergyman : costume ecclésiastique proche de la tenue civile, adopté
par les prêtres catholiques depuis 1963.
s’endimancher :
habit :
− Habit vert : habit de cérémonie des membres de l'Académie française.
marié . Un marié en habit.
pauvre :
2.
Emplois de « habit » dans une expression
arlequin
littéraire. habit d'arlequin :
habit : − habit vert :
Québec. habit de neige
− Prise d'habit
lumière :
habit de lumière
morue :
familier. habit à queue de morue
vêture :
RELIGION cérémonie de la prise d'habit à l'entrée du noviciat, dans une
congrégation ou un ordre religieux.
- 224 -
3.
Emplois de « habit » dans un développement
définitoire
coiffe :
coiffure féminine en dentelle ou en tissu dont l'usage autrefois répandu se limite
aujourd'hui à des variétés régionales et à l'habit religieux.
cornette :
coiffure faisant partie de l'habit traditionnellement revêtu par les religieuses de
diverses congrégations catholiques.
frac :
habit masculin de cérémonie, noir, à basques étroites.
froc
vieux. habit de moine.
habit :
habit vert : habit de cérémonie des membres de l'Académie française.
Québec. habit de neige : vêtement d'extérieur, surtout porté par les enfants,
couvrant tout le corps et destiné à protéger du froid.
vêtement des religieux.
prise d'habit : cérémonie qui marque l'entrée en religion.
mendiant
les quatre mendiants, ou mendiant : dessert composé de quatre fruits secs :
figues, raisins secs, amandes, noisettes (par allusion à la couleur de l'habit des
quatre ordres mendiants principaux).
queue-de-pie
familier. habit de cérémonie masculin à longues basques en pointe.
san-benito:
(mot espagnol, saint Benoît, parce que ce vêtement rappelait l'habit des
bénédictins)
suisse:
- 225 -
Vieux. portier, concierge d'une grande maison, d'un hôtel particulier, portant un
habit chamarré.
uniforme :
habit militaire.
vêtement :
tout ce qui sert à couvrir le corps humain pour le protéger, le parer ; pièce de
l'habillement ; habit.
vêture
RELIGION cérémonie de la prise d'habit à l'entrée du noviciat, dans une
congrégation ou un ordre religieux.
4.
Emplois étymologiques de « habit(s) »
farde :
(aragonais farda, habit)
surcot
(de cotte, habit)
5.
Emplois de « habit(s) » comme synonyme
sape
Familier. (Surtout pluriel.) Vêtement, habit.
spencer
Vieux. Habit sans basques.
parer :
Tenue de cérémonie, ou, vieilli, grande tenue : uniforme, habit de parade.
uniforme
habit militaire.
vêtement :
- 226 -
Tout ce qui sert à couvrir le corps humain pour le protéger, le parer ; pièce de
l'habillement ; habit.
Nous remarquons que le terme « habit » dans cette dernière liste
est synonyme des entrées elles-mêmes
G. LES NOMS PROPRES
De plus, le Petit Larousse fait appel à des entrées noms propres qui ont
nécessité l’emploi du signifiant* « habit(s) ». Ainsi l’article consacré au personnage
d’Arlequin mentionne ce signifiant* dans la description du comportement
vestimentaire de ce dernier. Même pour Napoléon III qui fut surnommé
« Badinguet » pour avoir emprunté les habits d’un ouvrier ainsi nommé dans l’entrée
« Badinguet ».
En outre, l’officier et agent secret Charles de Baumont, chevalier d’Éon qui
portait souvent des habits de femme figure dans l’article « Éon », de même Nerval qui
endosse les « habits du mythe ». D’autres mentions du lexème* « habit(s) »
constituant un élément du titre d’un ouvrage peuvent servir comme exemples : « Les
nouveaux habits de l’empereur » rédigé par Andersen dans l’entrée « conte » et « Un
habit de lumière » dans l’entrée-auteur Anne Hébert.
À l’entrée « Hanson », les figures sculptées par ce dernier portent des habits.
Sur le plan religieux, l’habit est soit « quitté » comme l’a fait le duc de Joyeuse quant
il a quitté l’habit du capucin (cf. l’entrée « Joyeuse »), soit il est « pris » par le
religieux Henri Lacordaire qui a pris l’habit des dominicains (cf. l’entrée
« Lacordaire »).
H.
LES CONCORDANCES DICTIONNAIRIQUES DU MOT
« HABIT(S) »
Notre triple investigation dictionnairique continue avec un relevé exhaustif des
emplois du lexème* « habit(s) » dans l’intégralité du dictionnaire. Nous divisons ces
usages en deux parties en amont et en aval du terme « habit(s) et obtenons» ainsi
- 227 -
« une palette d’emplois, d’usages, propre à mieux en cerner la nature sémantique et
syntaxique ». 267
I.
En amont de « habit(s) »
« Habit(s) » se définit autant par des concordances valorisantes que
dévalorisantes, mais aussi par des concordances neutres.
Ainsi, on peut distinguer une première nature d’usage, à savoir l’usage
quotidien de l’habit en tant que tel et aussi le renvoi sémantique du verbe
« porter un habit », « mettre un habit », « revêtir un habit », « racheter un
habit », « enlever ses habits », « croiser un habit », « louer un habit ».
Un second usage que nous pouvons qualifier d’objectif et d’occasionel
peut être observé en examinant les exemples suivants : « revendre des habits »,
« enlever ses habits », « tâter l’habit », « supputer l’habit », « les basques de
l’habit » « ensemble d’habits », « la boutonnière de son habit », « partie de
l’habit ».
Les emplois valorisant l’habit résident dans le fait de « brosser ses
habits », « s’attacher au pan d’un habit », « prendre soin de ses habits », « les
chamarrures d’un habit », « mettre ses beaux habits » et enfin « ranger ses
habits », etc.
Quant aux usages dévalorisant de l’habit, nous énumérons quelques
exemples : « mauvais habits », « mauvais pli d’un habit » « monotonie d’un
habit », « soumettre l’esprit à l’habit », « saleté des habits », «vieux habits »,
« vilains habits », « dissimuler des habits ».
La religion est forcément impliquée dans le fait de « prendre l’habit » et
« la prise d’Habit ».
Le caractère complémentaire du Petit Larousse consiste dans son apport
d’autres combinaisons associées à notre terme de recherche : « un marié en
habit », « de pauvres habits », « prêter ses habits » « la couleur de l’habit »,
267
Jean Pruvost, Quelques concepts lexicographiques opératoires à promouvoir au seuil du XXIe
siècle, http://cat.insiste.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=16746601.
- 228 -
« les nouveaux habits », « quitter l’habit », « sortir des habits », « endosser les
habits », « remettre ses habits », « ôter ses habits ».
II. En aval de « habit(s) »
Examinons le champ concordanciel du lexème* « habit(s) ». Du côté de
la religion le Petit Robert emploie les séquences suivantes : « habit d’un
laquais », « habit ecclésiastique », « habit des moines », « habit monacal »,
« habit laïque », « habits religieux », « habit séculier ».
Sur le plan ostentatoire, le discours dictionnairique fait appel à « habit de
cérémonie », « habits de soie et d’or », « habit de parade », « habits de pékin »,
« habits puérilement dorés, soutachés, galonnés ».
L’état des habits est également abordé d’une façon péjorative et
dévalorisante dans les expressions suivantes : « habits loqueteux », « l’habit
n’est pas de rigueur », « un habit mangé des mites ».
À l’inverse, le même dictionnaire emploie le terme « habit » en le
valorisant : « habit commode », « habits habillés », « habits neufs de
l’empereur ».
D’autres contextes contribuent à la richesse sémantique des occurrences
du même signifiant*, à savoir telle ou telle circonstance ou telle ou telle
profession obligeant à endosser tel ou tel habit : « habit vert », « les habits du
dimanche », « habits de ville », « habits de deuil ». Quand la profession
l’oblige, on parle d’un « habit militaire », d’un « habit de lumière » (vêtu par le
torero) et d’un« habit d’arlequin ».
Les habits étant valorisés, ils rehaussent la valeur de la personne ainsi
habillée : « habits habillés », « habits neufs de l’empereur », « habit mode »,
« habits commodes ».
Le même discours dictionnairique décrit l’habit d’une manière objective :
« habit dont on est vêtu », « habit boutonné, serré, pincé à la taille », « l’habit
de quelqu’un », « habit d’un ordre », « habit de drap », « habit fait de toile »,
« les habits de philémon », « habit d’un modèle particulier », « habit puce ».
- 229 -
Comme le montrent aussi les exemples suivants, le Petit Larousse donne une
description pure et simple de tel ou tel habit en ajoutant des spécifications
relatives à la confection de l’habit ou à son origine : « habit sans basques »,
« un habit composé de petits morceaux », « les habits du mythe ».
Du côté du Petit Larousse, on trouve les entrées l’« habit de
clergyman », « l’habit du capucin », « l’habit des dominicains », mais aussi
l’« habit de neige » qui s’ajoutent à la catégorie des professions et
circonstances particulières dans lesquelles se porte l’habit.
En outre, par opposition au Petit Robert qui a omis cette notion, le Petit
Larousse évoque les deux genres, le masculin et le féminin : « habit
masculin », « il portait souvent des habits de femme ».
I.
LE DICTIONNAIRE CACHÉ DANS LE DICTIONNAIRE
Sans le support électronique, la procédure de la triple investigation
dictionnairique n’aurait pas vu le jour. D’autre part, cette doctrine permet non
seulement de mettre à jour la face cachée d’un terme quelconque, mais aussi de
mettre en valeur la richesse linguistique des dictionnaires. De prime abord, le fait de
ne consulter que l’article concerné par le mot recherché demeure très lacunaire vis-àvis des multiples usages implicites qu’offre l’ensemble du dictionnaire, c'est ce que
nous avons observé en travaillant sur la version informatisée. A priori, ces usages ne
sont pas pris en compte par le lexicographe lui-même au moment de rédiger l’article
du mot. Ainsi y a-t-il
forte redondances de quelques expressions, citations et
proverbes que nous avons pu constater tout au long des articles, à titre d’exemple, le
proverbe « L’habit ne fait pas le moine » qui a été cité six fois dans six entrées
différentes dans le TLFI en particulier dans les entrées « apparence », « chanson »,
« écorces », « faire », « habit » « moine », ce qui en soi n’est pas choquant.
En outre, les points de divergence et de convergence au sein d’un même
dictionnaire et aussi entre deux dictionnaires permettent d’assembler et de cumuler un
maximum d’informations sur le mot qui fait l’objet de l’investigation. De même
l’étude comparative des multiples emplois du terme en question s’avère éclairante.
- 230 -
SECTION III:
INVESTIGATION DICTIONNAIRIQUE
DE « VÊTEMENT » ET « HABIT »
Après avoir appliqué la triple investigation dictionnairique aux lexèmes*
« vêtement » et « habit » dans les deux discours dictionnairiques, le Petit Robert et le
Petit Larousse, l’idée nous est venue d’appliquer dans ce qui suit la triple
investigation pruvostienne, cette fois-ci sur la dichotomie synonymique « vêtement /
habit » au sein d’un même dictionnaire, en l’occurrence le Trésor de la Langue
Française informatisé 2004.
A.
DIVERGENCES ET / OU CONVERGENCES DES DEUX
ARTICLES « VÊTEMENT » ET « HABIT »
I.
Les divergences
Ayant relevé l’ensemble des séquences définissant les deux signifiants*,
nous procéderons à la comparaison des deux articles :
1.
« vêtement » dans le TLFI :
VÊTEMENT, subst. masc.
I. [Corresp. à vêtir]
A. 1. Ensemble des pièces composant l'habillement à l'exclusion des
chaussures, et servant à couvrir et à protéger le corps humain. Synon. fringues
(pop.), frusques (pop.), habit, mise, nippes (fam.). Elle enlevait ses vêtements
(...) d'abord sa coiffe de mousseline, puis sa robe élégante, ajustée à la mode
des villes (...). Ensuite son long corset de demoiselle (LOTI, Pêch. Isl., 1886, p.
58). La petite fille (...) ne pouvait pas s'endormir que tout ne fût en ordre dans
sa chambre, et bien pliés au chevet du lit les vêtements quittés (GIDE, Porte étr.,
1909, p. 594).
Au sing. coll. Commerce, fabrication, industrie du vêtement; travailler dans le
vêtement; symbolique du vêtement. Que de bien doit rester dans une telle
- 231 -
nature, pour qu'elle ait inventé les techniques du vêtement, de l'agriculture, de
l'industrie et de la navigation! (GILSON, Espr. philos. médiév., 1931, p. 127).
SYNT. Vêtements d'enfant, de femme, d'homme; vêtements féminins,
masculins; vêtements anciens, modernes, à la mode, démodés; vêtements
ajustés, amples, cintrés, collants, croisés, décolletés, drapés, droits, étroits,
fermés, flottants, lâches, larges, plissés, serrés, stricts, vagues; vêtement chaud,
court, léger, long, lourd, trois-quarts; vêtements d'été, d'hiver, de demi-saison;
vêtements de bonne coupe, de coupe élégante/sobre, bien coupés; vêtements de
confection; vêtements sur mesure; vêtements de coton, de cotonnade, de cuir,
de drap, de laine, de soie, de toile; vêtements élimés, fripés, froissés, hors
d'usage, neufs, rapés, usés; vêtements de bonne/mauvaise qualité; vêtements
baveux, souillés, tachés; vêtements habillés, de sport, de ville, du soir, de
travail; vêtements blancs, clairs, sombres; vêtements civils, convenables,
corrects; vêtements de dessous; assembler, bâtir, coudre, couper, faire, finir,
monter, tailler un vêtement; détacher, laver, nettoyer des vêtements; essayer,
acheter, mettre un vêtement; ôter, ranger, retirer ses vêtements.
En partic. Ensemble des pièces de l'habillement, à l'exclusion du linge de corps.
Paris lui ouvrit les yeux, en fit un beau jeune homme, pincé dans ses vêtements,
suivant les modes. Il était le Brummel de sa classe. Il s'y présentait comme dans
un salon, chaussé finement, ganté juste, avec des cravates prodigieuses et des
chapeaux ineffables (ZOLA, Curée, 1872, p. 409). Elle avait changé de
vêtements, remplacé sa jupe à cerceaux et son corsage à busc par une sorte de
robe flottante sous laquelle on la sentait nue (GIDE, Thésée, 1946, p. 1428).
Vêtement + adj./de + subst. Vêtement adapté à un usage précis, propre à
certaines fonctions, professions ou circonstances. Vêtements d'artisan, de
boucher, de cuisinier, d'ouvrier, de paysan, de valet de chambre; vêtements de
chasseur, de pêcheur; vêtement ecclésiastique, laïc, liturgique, militaire,
religieux; vêtements de deuil, de demi-deuil, de cérémonie; vêtements
sacerdotaux. Elles lui donnèrent pour linceul cette pauvre robe déchirée qu'elle
avait eue pour seule parure, et qu'elle-même avait désignée et désirée pour
- 232 -
vêtement mortuaire (MONTALEMBERT, Ste Élisabeth, 1836, p. 276). Le matin, il a
un vêtement d'intérieur que je trouve ravissant. C'est une sorte de redingote de
velours noir à corps droit, avec une petite jupe toute plissée (GYP, Souv. pte
fille, 1927, p. 42).
Vêtement d'altitude. Combinaison de vol spécialement conçue pour le vol en
altitude et comportant des dispositifs destinés à protéger l'organisme
d'éventuelles défaillances du système de pressurisation. (Dict. XXe s.).
2. Ensemble des objets destinés à recouvrir le corps pour le cacher, le protéger,
le parer. Ce paquet contenait une petite robe de laine, un tablier, une brassière
de futaine, un jupon, un fichu, des bas de laine, des souliers, un vêtement
complet pour une fille de huit ans (HUGO, Misér., t. 1, 1862, p. 507).
3. Pièce de l'habillement de dessus (manteau, veston, etc.). J'attends qu'une des
personnes qui surveillent aux vêtements puisse prendre mon pardessus et me
donner un numéro. Qu'est-ce que vous dites? (...) Est-ce que vous devenez
gâteux? On dit: « surveiller les vêtements » (PROUST, Prisonn., 1922, p. 228).
Hélène portait, pour la rue, un long vêtement imperméable qu'on appelait
waterproof et que je trouvais d'une élégance accomplie (DUHAMEL, Terre
promise, 1934, p. 56).
4. P. méton. Manière de se vêtir, de s'habiller. Les basques de son habit étaient
violemment renversées. Son gilet très ouvert laissait voir une chemise gonflée,
empesée, fermée par des épingles surchargées d'orfèvrerie. Enfin tout son
vêtement avait un caractère exagéré (BALZAC, Illus. perdues, 1837, p. 86). Son
penchant pour les délicatesses de la table et du vêtement faisait la joie de M.
Fellaire (A. FRANCE, Jocaste, 1879, p. 31).
B. Au fig. Ce qui couvre, protège, dissimule. Synon. manteau, parure. Vêtement
de la pensée, de la raison. Beaucoup de vague dans l'idée sous la pompe de
l'expression, une dialectique plus brillante que solide, des arguments grêles
sous un vêtement très ample (REYBAUD, J. Paturot, 1842, p. 356). Je n'aime
presque plus la beauté inutile du mensonge, quoiqu'il me prête encore ce
- 233 -
vêtement brillant de futilité, de gaminerie attardée, que vous connaissez tous...
que j'ôte pour vous, Annie (COLETTE, Cl. s'en va, 1903, p. 316).
II. HÉRALD. Pièce honorable formée par quatre triangles, qui couvrent les
quatre angles de l'écu, de manière à ne laisser voir du champ que la forme d'une
grande losange. Vêtement émaillé. La Chape est un Vêtement de deux triangles
rectangles, formés par les bords de l'Écu et par deux lignes menées du milieu
du chef à chacun des angles de la pointe (P.-B. GHEUSI, Le Blason, 1932, p. 80).
Prononc. et Orth.: [
]. PASSY 1914 [
vê-. Étymol. et Hist. A. 1. Fin
e
X
-]. Ac. 1718: vestement; dep. 1740:
s. vestiment « tout ce qui sert à protéger le
corps, à le couvrir » (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 219); ca 1100
vestement (Roland, éd. J. Bédier, 2348); 2. déb.
XIII
e
s. p. métaph. (Poème
moral, éd. A. Bayot, 37: Queil sunt li vestiment dont l'anrme est aorneie?
Vestue at pieteit, cariteit affiublee). B. 1904 hérald. (Nouv. Lar. ill.). Du lat.
vestimentum « vêtement, habit », dér. de vestis (veste*). Fréq. abs. littér.: 3
936. Fréq. rel. littér.: XIXe s.: a) 4 235, b) 5 723; XXe s.: a) 6 255, b) 6 296. Bbg.
GREIMAS
Mode 1948, p. 38. QUEM. DDL t. 28, 36, 40.
2. « habit » dans le TLFI :
HABIT, subst. masc.
A. 1. Au sing., vieilli ou littér. Manière d'être habillé, et, p. méton., ensemble
des vêtements de dessus. Synon. costume, habillement, tenue. Un pèlerin de
Palestine emporte sur son habit les coquillages de la rive (QUINET, Ahasvérus,
1833, 4e journée, p. 350). Je ne vous retrouve pas en moinillon, les mains dans
les manches et la tête dans le capuchon (...). C'est un habit commode (CLAUDEL,
Otage, 1911, II, 1, p. 250). V. costume ex. 4.
[Avec un déterm.] Manière d'être habillé, et, p. méton., ensemble des vêtements
de dessus propres à une personne, à un groupe social ou à une activité, une
circonstance. Des soldats, vêtus de l'habit sarrazin, entourent le prince (COTTIN,
Mathilde, t. 2, 1805, p. 282). Cet habit de plongeur (...) avec ses gros yeux et
son visage de morse (LOTI, Mon frère Yves, 1883, p. 31) :
- 234 -
1. Leur conversion [des barbares] au christianisme, qu'était-ce, sinon leur
affiliation à Rome, par les évêques, continuateurs directs de l'habit, de la
langue et des mœurs romaines?
, Avenir sc., 1890, p. 392.
RENAN
SYNT. Habit ecclésiastique, européen, laïque, monastique, religieux; habit
d'amazone, d'arlequin, de novice, de pénitent, de polichinelle, de religieux/euse; habit d'apparat, de bal, de cérémonie, de chasse, de cheval, de cour, de
deuil, de fête, de gala, de ville, de voyage; endosser, mettre, ôter, porter,
revêtir un habit; changer d'habit.
2. Au plur., cour. Ensemble des vêtements de dessus. Beaux, riches, vieux
habits; brosse à habits; marchand d'habits (synon. chiffonnier, fripier). Comme
il marchait vite dans ses habits trop larges, les pans de sa jaquette se
soulevaient derrière lui (RAMUZ, A. Pache, 1911, p. 15). Il déshabilla
précipitamment l'officier, pris (...) de rage parce que les habits ne se
dégageaient pas assez vite du corps (MALRAUX, Cond. hum., 1933, p. 386) :
2. Fix fut renversé et se releva, les habits déchirés (...). Son paletot de voyage
s'était séparé en deux parties inégales, et son pantalon ressemblait à ces culottes
dont certains Indiens (...) ne se vêtent qu'après en avoir préalablement enlevé le
fond.
, Tour monde, 1873, p. 147.
VERNE
[Avec un déterm.] Ensemble des vêtements de dessus propres à une personne, à
un groupe social ou à une activité, à une circonstance. Habits pontificaux,
royaux, sacerdotaux; habits de deuil, du dimanche. Le saltimbanque Nicolo,
encore vêtu de ses habits de tréteaux (PONSON DU TERR., Rocambole, t. 1, 1859, p.
534). Ce matin, elle est allée à la messe, mais avec les habits de son rang et
non plus déguisée en paysanne (CAMUS, Chev. Olmedo, 1957, 1re journée, 2, p.
722) :
3. Bien qu'elle aimât à lire, elle ne l'aurait jamais osé un jour de semaine, la
lecture étant (...) trop noble (...) pour s'y adonner en habits de travail. Mais le
- 235 -
dimanche après-midi, revêtue de sa bonne robe sur laquelle elle passait un
tablier blanc, (...) là elle pouvait sortir ses livres.
, Survenant, 1945, p. 57.
GUÈVREMONT
B. En partic.
1. Vêtement de dessus des religieux, des religieuses. Christophe Colomb, qui
vécut et mourut comme un saint et porta l'habit du bon saint François (A.
, Jard. Épicure, 1895, p. 284) :
FRANCE
4. ... ce siècle [le
e
XIX
] qui, à son aurore, avait applaudi et tressailli de joie à la
restauration du culte, en était revenu à la haine du prêtre; l'insulte s'attachait à
l'habit.
, Nouv. lundis, t. 4, 1863, p. 422.
SAINTE-BEUVE
,,Habit long. La soutane. Habit court. L'habit noir que portent les
ecclésiastiques quand ils ne sont pas en soutane`` (Ac. 1932). V. clergyman B.
Locutions
Prendre, recevoir/quitter l'habit. Entrer en religion/se défroquer. Une lettre du
roi (...) avec ordre de faire à l'instant quitter l'habit à ces novices et de les
renvoyer (SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 4, 1859, p. 25) :
5. Dans l'autobus (...) un groupe de six à huit converses est monté, accompagné
de deux religieuses; elles avaient pris l'habit aujourd'hui même...
, Journal, 1932, p. 257.
LARBAUD
Prise d'habit. Entrée en religion. Synon. (pour les religieuses) prise de voile,
vêture. La liturgie de la prise d'habit et de la profession (HUYSMANS, Oblat, t. 1,
1903, p. 203).
Loc. proverbiale. L'habit ne fait pas le moine. Il ne faut pas se fier aux
apparences (souvent trompeuses). Cela changea toutes mes idées sur les riches
commerçants; je reconnus alors que l'habit ne fait pas le moine, et depuis je ne
me suis plus trompé sur ce chapitre (ERCKM.-CHATR., Hist. paysan, t. 2, 1870, p.
332).
2. Vêtement masculin de dessus, couvrant le haut du corps, à longue(s)
basque(s) échancrée(s) par devant.
- 236 -
a) [Porté autrefois par les aristocrates, les bourgeois, le personnel de service en
grande tenue] Habit, veste et culotte de même étoffe (Ac. 1835, 1878). Les
huissiers en habit et en culotte bleu clair, avec l'épée et le tricorne (ZOLA, E.
Rougon, 1876, p. 162). Les uns étaient vêtus de la veste, de l'habit et de la
culotte, comme en l'ancien temps (A. FRANCE, Dieux ont soif, 1912, p. 148) :
6. ... le jeune d'Israëli (...) s'habilla avec une recherche extravagante, habit de
velours noir, manchettes de dentelle, bas de soie noirs à rubans rouges...
MAUROIS
, Disraëli, 1927, p. 29.
SYNT. Habit bleu, brun, écarlate, gris, marron, noir, rouge; habit de drap, de
nankin, de satin, de soie, de toile; basques, boutons, col, collet, manches, pans,
poches, revers d'un habit.
Habit français (vx), à la française. Habit aux basques pleines et non échancrées
par devant. On m'avait dit que l'habit français réussissait à la cour : je voulus
avoir un habit français (REYBAUD, J. Paturot, 1842, p. 224). M. Levrault (...)
avait commandé un magnifique habit à la française. Il était bien décidé à ne se
montrer au roi qu'en culotte courte, avec l'épée à poignée d'acier (SANDEAU,
Sacs, 1851, p. 43).
Habit habillé (vx). Habit qui était porté pour les cérémonies. Synon. habit à la
française. Un monsieur qu'à ses bas de soie et son habit habillé (à onze heures
du matin) je reconnus pour un candidat au corps-législatif (JOUY, Hermite, t. 3,
1813, p. 32). Bonaparte avait voulu que les hommes de la Révolution ne
parussent à sa cour qu'en habit habillé, l'épée au côté (CHATEAUBR., Mém., t. 2,
1848, p. 50).
Habit(-)veste. Habit à basques courtes. Poinsot était presque toujours en habit
veste, chapeau rond, quelquefois enfoncé dans de grandes bottes (MICHELET,
Mémorial, 1822, p. 192) :
7. Suivant leur position sociale différente, ils avaient des habits, des redingotes,
des vestes, des habits-vestes (...) très courts, ayant dans le dos deux boutons
rapprochés comme une paire d'yeux, et dont les pans semblaient avoir été
coupés à même un seul bloc, par la hache du charpentier.
- 237 -
, Mme Bovary, t. 1, 1857, p. 29.
FLAUB.
b) [Porté autrefois par les militaires, à l'exclusion des hussards] Habit de
dragon, de garde national; habit rouge des soldats anglais. Vieux royaliste de
province (...) il avait fort tardé à changer l'habit blanc des troupes de Sa
Majesté contre l'habit bleu des soldats de l'an II (A.
, Étui nacre, Mém.
FRANCE
volont., 1892, p. 241).
Habit (d')uniforme*. L'habit d'uniforme, les armes, le chapeau, etc., tout ce qui
fait un garde d'honneur (STENDHAL, Rouge et Noir, 1830, p. 100).
P. méton. Les habits rouges. Les soldats anglais. Waterloo. Vilaine date ! ah !
les habits rouges nous ont décousus, une fois pour toutes (ADAM, Enfant Aust.,
1902, p. 241). À Bordeaux, le bourgeois était pour le roi. Ils auraient voulu
voir débarquer les habits rouges (POURRAT, Gaspard, 1925, p. 178).
c) [À l'époque contemp., de couleur gén. noire, porté pour les cérémonies; le
plus souvent sans déterm.] Habit à queue d'aronde, de morue, de pie (synon.
frac, jaquette). Un académicien en habit brodé de palmes vertes, armé de son
glaive inoffensif et portant sous son bras ses œuvres complètes en plusieurs
tomes (COPPÉE, Bonne souffr., 1898, p. 158). Deux clients très élégants, en habit
et cravate blanche sous leurs pardessus (PROUST, Temps retr., 1922, p. 822).
L'indication de tenue de mondaine et d'habit du soir (MALÈGUE, Augustin, t. 2,
1933, p. 141). V. basque1 ex. 4:
8. ... lorsque Sylvain Itkine (...) me dit qu'il jouerait le chœur en habit de
soirée, j'approuvai son idée, qui manifestait que les paroles du chœur valent
pour aujourd'hui comme pour il y a six mille ans.
, Pasiphaé, 1936, p. 107.
MONTHERL.
En partic. Habit vert, académique, d'académicien. Habit noir à broderies
vertes, tenue officielle des membres de l'Institut. Broderies de l'habit
académique (DRUON, Gdes fam., t. 1, 1948, p. 47) :
9. ... il allait inaugurer devant les cinq académies réunies en assemblée
solennelle son habit d'académicien, tout luisant du drap neuf et de la broderie
soyeuse couleur d'espérance.
- 238 -
A. DAUDET, Femmes d'artistes, 1874, p. 227.
P. méton. Académicien. Que le diable emporte l'Académie et ses habits verts!
(BALZAC, Corresp., 1845, p. 781). Nordomus Évayren (...) va toujours frétiller
chez les habits verts (VOGÜÉ, Morts, 1899, p. 46).
Dignité d'académicien. Briguer l'habit vert. B. académicien arrivé par les
dîners (...). Enfin, il a son habit vert, il est content, il peut prêcher à autrui,
officiellement, la morale (TAINE, Notes Paris, 1867, p.131) :
10. La bêtise, la nullité de certains généraux célèbres, ou maréchaux de France
(hors de leur spécialité), fait la stupéfaction des intellectuels qui ont eu
l'occasion de les approcher; et il faut garder cet étouffant secret, sans quoi, pas
d'habit vert...
, Lépreuses, 1939, p. 1396.
MONTHERL.
C. P. métaph. ou au fig.
1. Ce qui recouvre, orne. Puisses-tu [un livre] (...) grâce à (...) ton bel habit de
maroquin, entrer dans la vitrine de quelque agent de change bibliomane (A.
, Bonnard, 1881, p. 503). Panturle a pris sa vraie figure d'hiver. Le poil
FRANCE
de ses joues s'est allongé, s'est emmêlé comme l'habit des moutons (GIONO,
Regain, 1930, p. 51) :
11.
Toute la nature met
Son habit fleuri de mai
L'habit est là préparé
Mais elle est nue à moitié
, Poés. div., 1952, p. 867.
CLAUDEL
2. Apparence. La révolte éternelle et invincible de l'instinct (...) éclatant
volontiers au moment le plus imprévu, sous l'habit le plus respectable (LEMAITRE,
Contemp., 1885, p. 288). Notre peau superficielle, notre habit familial et
social, notre convention bien établie étouffent les tempêtes, les maintiennent en
vase clos (ARNOUX, Double chance, 1958, p. 24) :
- 239 -
12. Cette simplicité qu'on exalte (...) tient souvent, pour la littérature, à des
tournures de langage plus incultes dans les poésies primitives : en un mot elle
est plus dans l'habit de la pensée que dans la pensée elle-même.
, Journal, 1857, p. 77.
DELACROIX
Prononc. et Orth. : [abi]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1155 abit
« vêtement de religieux » (WACE, Brut, éd. I. Arnold, 6489); ca 1350 prendre
l'habit de religion (G.
quart
XIII
e
LE MUISIS
, Poésies, t. 1, p. 142 ds T.-L.); 2. a) sing. 1er
s. habit « habillement » (Cortois d'Arras, éd. E. Faral, 592); b)
surtout au plur. av. 1288 fig. en simple abis (A. DE LA HALLE, Chansons, éd. J. H.
Marshall, XXVIII, 26); 3. 1670 habit « veston de cérémonie ajusté à la taille, et
à longues basques » (MOLIÈRE, Bourgeois gentilhomme, 11, 5). Empr. au lat.
habitus « mise, tenue », v. habitus. Fréq. abs. littér. : 4 818. Fréq. rel. littér. :
e
XIX
s. : a) 9 827, b) 11 622;
e
XX
s. : a) 5 060, b) 2 833. Bbg.
QUEM.
DDL t. 10,
16. 268
Signalons qu’à maintes reprises l’article consacré à la définition du terme
« habit » évoque le signifiant* « vêtement » :
- habit :
« ensemble des vêtements de dessus »
- l’habit :
« ensemble des vêtements et des dessus propres à une personne
une groupe social ou à une activité, une circonstance »
- habits :
« ensemble des vêtements de dessus »
- les habits : « ensemble des vêtements et des dessus propres à une personne,
un groupe social ou à une activité, une circonstance », en
particiculier le vêtement des religieux / des religieuses et le
vêtement masculin de dessus couvrant le haut du corps à
langue(s) basque(s) échancrée(s) par devant.
Par opposition, les séquences définitoires de l’article consacré à la
définition de « vêtement » ne requièrent à aucun moment l’usage du mot
268
Les termes des objets recherchés attachés à la définition de « habit » dans le TLFI sont omis ici et
ajoutés dans l’annexe 3g, pp. 398-423.
- 240 -
« habit ». Pour cette raison, nous ne pouvons faire état d’une relation de
réciprocité des deux lexèmes*.
Observons maintenant les synonymes
dans les deux entrées.
Contrairement à ce que nous venons de dire de l’usage du signifiant*
« vêtement » dans l’entrée « habit » et de l’absence du signifiant* « habit »
dans l’entrée « vêtement », nous notons l’emploi du synonyme « habit » dans
l’article « vêtement » alors que l’article « habit » ne fait pas appel à
« vêtement » comme synonyme de « habit ».
Contrairement au Petit Robert et au Petit Larousse, le TLFI remettrait-il
en question la notion de synonymie entre les deux mots « vêtement » et
« habit ».
II. Les convergences ou les semi-convergences
Par définition, dans le TLFI, les deux lexèmes* sont décrits comme
« Manière d’être habillé » et ce en première position pour l’article « habit ».
Placés dans la quatrième partie de la définition, ils renvoient par métonymie à
une « manière de se vêtir, de s’habiller » dans l’article « vêtement ».
En outre, les deux « objets » ainsi décrits dans l’article « vêtement »
servent avant tout à couvrir le corps humain. Le TLFI les définit comme suit :
1. vêtement : ce qui couvre, protège, dissimule.
2. habit :
ce qui couvre, orne.
Nous pouvons avancer que le vêtement est une nécessité puisqu’en plus
de couvrir, il protège l’être humain. Mais parfois il peut aussi dissimuler son
porteur. L’habit ainsi analysé ne serait par ailleurs qu’un superflu ou une
frivolité dont on peut se passer, puisqu’il s’agit d’un ornement remplissant
également la fonction de parure : « Ensemble des objets destinés à recouvrir le
corps pour le cacher, le protéger, le parer ».
- 241 -
B.
LES SYNTAGMES AUTOUR DES DEUX LEXÈMES*
« VÊTEMENT » ET « HABIT »
I. En amont
Dans ce qui suit, nous élaborons un tableau dans lequel nous établirons
un relevé de syntagmes concernant « vêtement(s) » et « habit(s) » dans les deux
articles qui y sont consacrés ; nous allons, dans un premier temps, procéder à
l’inventaire des champs actantiels qui précèdent nos deux lexèmes-vedettes.
vêtement(s)
habit(s)
commerce du vêtement
prendre l’habit
fabrication du vêtement
recevoir l’habit
industrie du vêtement
quitter l’habit
travailler dans le vêtement
prise d’habit
symbolique du vêtement
beaux habits
assembler un vêtement
riches habits
bâtir un vêtement
vieux habits
coudre un vêtement
brosse à habits
couper un vêtement
marchand d’habits
faire un vêtement
endosser un habit
finir un vêtement
mettre un habit
monter un vêtement
ôter un habit
tailler un vêtement
porter un habit
détacher des vêtements
revêtir un habit
laver des vêtements
changer d’habits
nettoyer des vêtements
basques d’un habit
essayer un vêtement
boutons d’un habit
acheter un vêtement
col d’un habit
mettre un vêtement
collet d’un habit
- 242 -
ôter ses vêtements
manches d’un habit
ranger ses vêtements
pans d’un habit
retirer ses vêtements
poches d’un habit
revers d’un habit
briguer l’habit
II. En aval
Relevons maintenant les concordances suivantes : « vêtement(s) » et
« habit(s) ».
vêtement(s)
habit(s)
vêtements d’enfant
habit ecclésiastique
vêtements de femme
habit européen
vêtements d’homme
habit laïque
vêtements féminins
habit monastique
vêtements masculins
habit religieux
vêtements anciens
habit d’Amazone
vêtements modernes
habit d’arlequin
vêtements à la mode
habit de novice
vêtements démodés
habit de pénitent
vêtements ajustés
habit de polichinelle
vêtements amples
habit de religieux / religieuse
vêtements cintrés
habit d’apparat
vêtements collants
habit de bal
vêtements croisés
habit de cérémonie
vêtements décolletés
habit de chasses
vêtements drapés
habit de cheval
vêtements droits
habit de cours
vêtements étroits
habit de deuil
- 243 -
vêtements fermés
habit de fêtes
vêtements flottants
habit de gala et de ville
vêtements lâches
habit de voyage
vêtements larges
habits pontificaux
vêtements plissés
habits royaux
vêtements serrés
habits sacerdotaux
vêtements strictes
habit du dimanche
vêtements vagues
habit bleu
vêtements chaudes
habit brun
vêtements courts
habit écarlate
vêtements légers
habit gris
vêtements longs
habit marron
vêtements lourds
habit noir
vêtements trois écarts
habit rouge
vêtements d’été
habit de draps
vêtements d’hivers
habit de nankin
vêtements de demie-seize ans
habit de satin
vêtements de bonne coupe
habit de soie
vêtements de coupe élégante
habit de toile
vêtements sobres
habit basque
vêtements bien coupés
habit français / à la française, habillé
vêtements de confection
habit-veste
vêtements sur mesure
habit de dragon
vêtements de carton
habit de garde
vêtements de cantonades
habit national ;
vêtements de cuir
habit rouge des soldats anglais
vêtements de drap
habit d’« uniforme »
vêtements de laine
les habits rouges
vêtements de soi
habit à queue d’aronde
vêtements de toile
habit à queue de morue
- 244 -
vêtements élimés
habit de pie
vêtements fripés
habit vert
vêtement froissé
habit académique
vêtements hors d’usage
habit d’académicien
vêtements neufs
vêtements râpés
vêtements usés
vêtement de bonne qualité
vêtements de mauvaises
qualités
vêtements baveux
vêtements souillés
vêtements tachées
vêtements habillés
vêtements de sport
vêtements de ville
vêtements du soir
vêtements de travail
vêtements blancs clairs
vêtements sombres
vêtements civiles
vêtements convenables
vêtements de dessous
vêtements d’artisan
vêtements de boucher
vêtement de cuisinier
vêtements d’ouvrier
vêtements de boucher
vêtements de cuisinier
vêtements d’ouvrier
- 245 -
vêtements de paysan
vêtements de valet de chambre
vêtements de chasseur
vêtements de pêcheur
vêtement ecclésiastique
vêtements de boucher
vêtements de cuisinier
vêtements d’ouvrier
vêtements de paysan
vêtements de valet de chambre
vêtements de chasseur
vêtements de pêcheur
vêtement ecclésiastique
vêtements de boucher
vêtements de cuisinier
vêtements d’ouvrier
vêtements de paysan
vêtements de valet de chambre
vêtements de chasseur
vêtements de pêcheur
vêtement ecclésiastique
vêtements de boucher
vêtements de cuisinier
vêtements d’ouvrier
vêtements de paysan
En analysant cet inventaire, nous pouvons déduire que l’emploi de
« vêtement(s) » ou de « habit(s) » n’est pas sémantiquement innocent. En effet,
l’emploi de « vêtement » ou de « habit » est relatif au fait s’il s’agit d’un usage
générique ou spécifique. Au signifiant* « vêtement » est assigné le caractère
- 246 -
générique tandis qu’au deuxième est attribué le caractère spécifique. En outre,
l’inventaire des syntagmes relatifs au deux signifiants* « vêtement(s) » et
« habit(s) » a permis de déterminer les « statuts linguistiques » des deux
termes. De ce fait, « vêtement » acquiert le statut de lexème* et « habit » celui
de sème.
C.
LA DEUXIÈME INVESTIGATION DICTIONNAIRIQUE :
UN REGARD SUR LA FACE OU LES FACES CACHÉES
D’UN DICTIONNAIRE ET DE DEUX PARASYNONYMES
« VÊTEMENT(S) » ET « HABIT(S) »
De la même manière que pour les démonstrations précédentes, nous faisons ici
état d’une nouvelle constellation ou carte conceptuelle, en partant en l’occurrence de
deux mots « vêtement » et « habit » traqués dans le discours d’un seul dictionnaire, en
l’occurrence le Trésor de la Langue Française Informatisé (TLFI).
De prime abord, on constate que le TLFI dispose de deux réseaux d’articles
employant distinctivement les deux termes « vêtement(s) » et « habit(s) ».
La première nomenclature englobe mille sept cent soixante-dix-neuf locutions
et par conséquent, le même nombre d’occurrences que le signifiant* « vêtement ». La
deuxième contient neuf cent quatre-vingt-onze articles. Notons que nous avons établi
une comparaison entre les deux nomenclatures ce qui nous a permis d’en créer une
troisième commune aux deux constellations. En outre, nous signalons la découverte
d’une quatrième microstructure au sein du même dictionnaire, plus précisément un
recueil de cent vingt-neuf entrées ayant requis simultanément l’usage de nos deux
morphèmes. (Ces deux nomenclatures sont annexées (cf. 3i, pp. 437- 439).
- 247 -
I.
« Vêtement » versus « vêtement(s) », « habit »
versus « habit(s) », « vêtement » et « habit »
versus « vêtement(s) » et « habit(s) »
Ajoutons que le fait d’évoquer le « vêtement » ou les « vêtements » n’est
pas sémantiquement innocent, de même qu’il ne l’est pas pour « habit(s) ». En
effet, nous avons suivi la même procédure, dans le même dictionnaire, pour
effectuer une recherche assistée, en cliquant sur « paragraphe quelconque »
dans le menu dérouleur de la cinquième zone, en tapant le terme recherché dans
la case « contenu » et en validant ensuite notre choix. Le nombre d’entrées
obtenu
ainsi, en tout 1779 unités lexicales, représente la nomenclature
consacrée au signifiant* « vêtement » au singulier. Cependant, elle n’est pas
identique à celle obtenue en recherchant le pluriel de ce même terme (1082
articles). La même constatation est valable pour la recherche « habit » au
singulier qui monte à 991 entrées tandis que la recherche de « habits » au
pluriel n’aboutit qu’à 380 entrées, plus précisément à 460, puisque certains
article parmis les 380 ont plusieurs entrées. Là encore, nous renvoyons le
lecteur à l’annexe 3h (cf. pp. 424-436) qui contient l’intégralité de toutes ces
entrées sans articles.
Terminons cette parenthèse théorique par la désignation d’une autre
nomenclature employant simultanément nos deux termes vedettes, « vêtement »
et « habit », dans un même article. En exécutant cette dernière recherche, nous
aboutissons à 129 articles, ce qui constitue un nombre différent et plus élevé
par rapport au résultat des 76 articles obtenus lors d’une autre recherche
exigeant la présence de tous les deux signifiants* au pluriel.
- 248 -
II. Analyse comparative des champs conceptuels des
deux signifiants* « vêtement » et « habit »
L’abondance conceptuelle des entrées requérant l’usage de l’un des deux
signifiants* « vêtement » et « habit » constitue une source pour un meilleur
discernement des deux parasynonymes.
En effet, les deux signifiants* pourtant synonymiques font appel à deux
réseaux d’articles distincts :
1. Radiographie du lexème* « vêtement »
Nous avons repéré quatorze sous-ensembles d’articles ayant en commun
l’emploi du signifiant* « vêtement » 269 . D’un côté, il y a treize entrées qui,
d’une manière ou d’une autre, entretiennent un lien logique, direct ou indirect
avec notre mot de recherche. De l’autre côté, nous avons observé deux réseaux
d’articles « qui n’aurai[en]t jamais été consulté[s] » 270 sans l’application
préalable de la triple investigation dictionnairique pruvostienne et pour cause,
car les entrées composant ces réseaux n’entretiennent aucun rapport
sémantiquement logique avec le signifiant* « vêtement » bien que celui-ci
figure pourtant dans le développement de chaque article constituant ces deux
réseaux et s’y retrouve même bien plus qu’une seule fois.
Complètement dépourvu de lien immédiat avec le « vêtement », les
sèmes du premier réseau sont employés dans l’exemplification des articles :
« abri », « accueil », « accusation », « admiratif », « aérer », « affaibli »,
« affecté »,
« aïeux »,
« âme »,
« amenuiser »,
« déjeuner »,
« déjà »,
« depuis », etc. Les sèmes composant le deuxième réseau entretiennent un
rapport plus ou moins indirect avec notre terme de recherche, qui presque dans
269
Seulement les sept cent quatre-vingt-dix premiers articles sur les mille sept cent soixante-dix-neuf
ont fait l’objet de ce repérage d’une manière systématique.
270
M. Jean Pruvost, Quelques concepts opératoires à promouvoir au seuil du XXIe siècle, op. cit.
- 249 -
la quasi-totalité des entrées, figure dans le développement définitoire de tel ou
tel article. Ce sont en fait des morphèmes qui peuvent s’assimiler au signifiant*
« vêtement » et peuvent constituer des cotextes du terme en question. Par
ailleurs, ces mêmes entrées ne représentent guère une exclusivité, c’est-à-dire
qu’elles ne sont pas réservées pour accompagner le vêtement, bien au contraire,
elles sont davantage compatibles avec d’autres signifiants*, à titre d’exemple :
l’adjectif « antiatomique » qui, outre le vêtement qu’il peut accompagner,
qualifie aussi « abri », le verbe « assembler » qui ne s’assimile à vêtement que
dans le sens de « coudre ». Le signifiant* « vêtement » une fois évincé, le
même verbe acquiert d’autres sens, comme par exemple « joindre »,
« intégrer », « réunir », « allier », « combiner », « agencer », etc. À l’entrée
« Audace », par exemple, le TLFI signale « l’audace d’un vêtement », mais
aussi l’audace « d’un regard, d’un geste, d’un amant », etc. Dans ce contexte,
le verbe « avoir » prend le sens de porter ou procéder. Le verbe
« bouchonner » qui peut accompagner des objets, des êtres humains et des
animaux ou encore le verbe « bouffer » n’en sont que d’autres exemples pour
illustrer ce mécanisme. Au sein de cette même nomenclature, d’autres
morphèmes ou éléments interpellent le « vêtement ». Nous citons quelques
substantifs comme « armoire », « corps », « chiffon », « fesse », « dos »,
« femme », etc., et beaucoup de verbes ou actions qui, entre autres, peuvent
s’associer à « vêtement » : « chiffonner », « couper », « coller », « croiser »,
« dédoubler », « déballer », « décapeler », « décapoter », « déchiqueter »,
« décrocher », « défaire », « défriper », « dégager », « dérober », etc.
À ces deux réseaux d’articles nous pouvons en joindre un autre dont les
composants sont des suffixes constituant des monèmes ayant un lien avec
l’univers vestimentaire : « -age » comme dans « lainage », « -ail » comme dans
« afublail », « -ane » comme dans « soutane », « -ing » comme dans
« smoking », etc.
- 250 -
Les dix ensembles restant concernent l’essence même de l’univers
vestimentaire.
o
Ainsi, nous avons obtenu une nomenclature de termes génériques propres
au vêtement : « affublement », « amadis », « atour », « décrochez-moi ça »,
« draperie », « ensemble », « fringues », « fripe », « habit », . . . .
o
Une autre nomenclature de termes spécifiques beaucoup plus riche que
celle des termes génériques englobe tout simplement des pièces vestimentaires.
Nous ne rapportons ici que quelques entrées-exemples : « aba », « abramide »,
« amict », « aube », « aumusse », « balandran », « barboteuse », « bliaud »,
« bustier », « cache-maillot », « calotte », « capeline », « chèche », « coltin »,
« dolman », « falzar », etc.
o
Une troisième catégorie constituant une partie de tel ou tel vêtement est
représentée par la nomenclature de lexèmes* désignant telle ou telle partie du
vêtement : « bretelle », « col », « collet », « emmanchure », « encolure »,
« épaule », « épaulette », « gousset », . . . .
o
Toujours dans le domaine du vêtement, nous avons repéré une
tomodensitométrie de termes relatifs à notre objet de recherche. Ce sont des
verbes
employés
« aboutonner »,
« chamarrer »,
exclusivement
« adonner »,
« déguiser »,
« déboutonner »,
« dénuder »,
un
« aiguilloter »,
« confection »,
« déboutonnage »,
dans
contexte
vestimentaire :
« attufer »,
« boutonner »,
« confectionner »,
« débrailler »,
« dépoitrailler »,
« couture »,
« déguisement »,
« déshabiller »,
« dévêtir »,
« draper », « effilochage », « enjuponner », « froufrouter », « habiller », . . .
o
En outre, les accessoires inhérents aux vêtements font l’objet d’un réseau
à part entière : « affiche », « agrafe », « agrappe », « agrément », « bitord »,
« bouton », « broches », « ceinture », « chamarrure », « clip », « cordelière »,
« fibule », « futaine ».
o
De plus, les matières premières dans lesquelles est confectionné tel ou tel
vêtement constitue des entrées-matières : « agneau », « alpaga », « barège »,
« batiste », « bique », « bougran », « bure », « caouchouc », « kasimir »,
- 251 -
« costor »,
« cellulare »,
« coutil »,
« crêpe »,
« drap »,
« draguet »,
« étamine », « étoffe », « flanelle », « grège », « grisette », « homespun ».
o
Nous avons également relevé un minuscule réseau qui représente des
outils vestimentaires : « aiguillette », « cintre ».
o
« Le vêtement décrit » ou « la description du vêtement » telle est l’intutilé
d’un autre ensemble ayant en commun l’usage du signifiant* « vêtement » :
« abeillé », « ample », « arrondi », « batismal », « biviolé », « bouffant »,
« chiffonner », « court-vêtu », « déboutonner », « débrailler », « déguenillé »,
« déloqueté », « draper », « étoffer », « filandreux » . . . .
o
Nous ajoutons un nombre de lexies représentant des couleurs de
vêtement : « cassonade », « coquerelle », « écarlate », « écru », « foncé »,
« gris »
o
Enfin nous présentons un ensemble de sèmes en alliance avec
« vêtement » exprimant une attitude ou un trait de caractère : « coquettement »,
« coquetterie », « douillettement », « endimanché » . . .
2.
Radiographie du lexème* « habit »
Les champs sémantiques qui se rapportent au signifiant* « habit » ne
représentent pas une grande différence par rapport à ceux que nous avons
catégorisés pour le lexème* « habit ».
Nous avons repéré tout de même quatre champs absents du territoire de
« vêtement », mais fortement présents dans des nomenclatures ayant requis
l’usage du signifiant* « habit ».
Le champs « habit-religion » englobe soit des religieux : « abbé »,
« abbesse », « beat », « bedeau », « blancs-manteaux », « novice », ..., soit des
objets ou des vêtements religieux (« mante », « défroque », ...) ou bien une
doctrine, un ordre ou une école religieuse (« carmel », « clérical », « ordre »,
...), mais aussi des actions religieuses (« cloîtrer », ...) ou encore des endroits
ou adjectifs relatifs à la religion (« ecclésiastique », « monastique », ...).
- 252 -
Le terme « habit » est employé également dans des entrées qui
s’opposent à la religion mais que nous avons tout de même classées dans le
champ
lexical
religieux :
« apostasie »,
« apostasier »,
« laïque »,
« paganisme », . . .
Le deuxième champ sémantique est relative aux personnages ou aux
individus en « habit » : À l’entrée « Adam », on obtient « en habit d’Adam » ; à
l’entrée « ami », c’est « un homme (...) portant beau sa cinquantaine et
l’habit » ; à l’entrée « arlequin », il est question de l’« habit arlequin ». À
l’entrée « bobèche », on trouve « un bobèche au pantalon couleur de soufre » ;
à « gilet », il s’agit d’un « gilet dont les ailes volaient sur un habit vert de
bouteille » ; à « bonjourier », « l’habit et la physionomie des bonjouriers » sont
mentionnés ; à l’entrée « calico » figure « l’habit chicorée à la crème des
calicos » ; à l’entrée « carapatin », il y a « Regarde ton carapatin de mari dans
son bel habit de pioupiou » ; à l’entrée « Chambellan », on trouve « avec
l’habit et la clef dans le dos d’un premier Chambellan » et bien d’autres :
« écheveau-légers », « clown », « comique », « huissier », « incroyable »,
« jeune-france »,
« mondarin »,
« jouvenceau »,
« marchand »,
« luron »,
« marié »,
« lycéen »,
« maheutre »,
« matassin »,
« ministre ».
« mirliflore », « ordonateur », etc. En somme, d’une manière ou d’une autre,
toutes ces lexies représentent eux-mêmes un habit ou bien elles désignent le
porteur d’un habit.
Dans une troisième catégorie, nous avons rassemblé des entrées ayant un
rapport avec les occasions, les circonstances, les lieux et le temps où l’on porte
un habit : « bal », « campagne », « cérémonie », « court », « dimanche »,
« jour », « lumière », « numéro », « occasion », « pénitence ».
Le quatrième champ non-partagé avec le signifiant* concerne les métiers
de l’habit : « apiéceur », « créateur », « fouleur », etc.
Certes, nous avons relevé une nomenclature ayant utilisé le terme
« habit » dans son article, mais nous notons par ailleurs l’absence d’un lien
- 253 -
direct entre « habit » et ces entrées. L’inverse serait faisable, à titre d’exemple :
à l’entrée « académique », le lexicographe pourrait parler d’« habit
académique », pourtant ce n’est pas le cas ici. La même remarque s’applique
aux lexies suivantes : « adapter », « ajuster », « associer», « chaud »,
« laisser », « modifier ».
Quant aux autres catégories, elles sont identiques à celles qui concernent
le signifiant* « vêtement » par leur intutilé, mais différentes par leur contenu ;
on peut parler de relation de complémentarité entre les deux parasynonymes
« habit » et « vêtement » dans la mesure où les composantes de ces champsnomenclatures ne sont pas identiques. La richesse du terme recherché réside
dans la multiplicité des champs et des termes qui s’ensuivent.
D.
LA
TROISIÈME
INVESTIGATION :
ILLUSTRATION
SÉMANTIQUE, SYNTAXIQUE CONCORDANCIELLE
Parcourir les mille sept cent quatre-vingt-dix articles ayant requis l’usage du
terme vêtement et les neuf cent quatre-vingt-dix articles qui ont en commun l’usage
du signifiant* « habit » dans le TLFI, pour y appliquer la théorie de la triple
investigation dictionnairique, dépasserait le cadre du sujet de cette thèse.
Nous avons donc optimisé ce travail, en travaillant sur la nomenclature des
entrées ayant requis l’usage des deux lexèmes* « vêtement » et « habit ».
I. En amont
Dans ce qui précède, les deux lexèmes* en distinguent trois natures
syntaxiques : des verbes mettant en exergue une relation d’action / vêtement ou
d’action vestimentaire ; des adjectifs décrivant nos deux parasynonymes ; enfin
des substantifs désignant des éléments ou des parties de vêtements ou d’habits.
Sur le plan sémantique, les concordanciers issus du TLFI ne représentent pas
d’importantes divergences.
- 254 -
En effet, dans une relation de contact corporel ou de comportement
vestimentaire quotidien, pour « vêtement » comme pour « habit », on peut les
« mettre », les vêtir, les revêtir, les porter, les passer ; par ailleurs « on prend »
l’habit mais pas le vêtement.
Dans la même perspective, nous avons repéré des verbes qui ne sont pas
exclusifs à l’un des deux lexèmes*, mais qui, dans le présent discours, ne sont
employés qu’avec l’un des deux termes. Exemple pour « vêtement » :
« relever »,
« retrousser »,
« désigner »,
« coudre »,
« confection »,
«
fabriquer », « recoudre » . . . . Pour « habit » : « tailler », « assembler »,
« confondre » . . .
En ce qui concerne la contre-action de s’habiller, les deux pièces
vestimentaires peuvent être « ôtées ».
Toujours en amont de nos deux unités lexicales, cette fois, le TLFI les
décrit, en attribuant au vêtement la qualité de « délicatesse » ; et l’adjectif
« ancien » au signifiant* « habit ».
Dans la troisième nature-catégorie, on a recours dans un bon nombre
d’articles aux mots « vêtement » et « habit » pour évoquer un élément
composant les deux lexèmes* : Pour « vêtement », on assiste à l’emploi des
termes suivants : « partie », « extrémité », « manche », « partie tombante »,
« faux plis », « bas ». Pour « habit », le même dictionnaire parle de « pan »,
« envers », « basques ». . .
. Les deux objets partagent les deux parties
suivantes : « le devant » et le « rebord ».
II. En aval
En examinant ce qui vient à la suite des deux termes de recherches, trois
associations se dégagent. Primo, ce sont les matières premières qui entrent dans
la confection de vêtement de « laine », de « crin grossier », de « soie » ou des
habits (de drap, de laines). Secundo, des individus et/ou des circonstances
constituent l’exclusivité de ce qui vient après le terme « vêtement » (« de
moine »,
« des
religieux »,
« d’homme »,
« masculin »,
« féminin »,
- 255 -
« mauresque », « de cavalier », « de femme », « d’enfant », « de soirée »,
« d’apparat », « monastique ») et « habit » (« sacerdotal », « de cérémonies »,
« de noces », « du savant », « de moine », « de valet », « de ce pauvre », « de
ville », « de fatigue »).
Quant à la troisième association, notamment la description par le biais
des adjectifs ou autres, elle n’est pas cotextuellement spécifique, qu’il s’agisse
de la position en amont ou en aval des deux termes ; mais elle est acceptable
dans les deux situations. La particularité observée dans ce qui précède les deux
substantifs par rapport à ce qui les suit réside dans l’abondance d’adjectifs
tantôt valorisants, tantôt dévalorisants.
E.
ADJECTIFS VALORISANTS
« vêtement »
« habit »
chaud, galonné, ajusté à la
taillé sur mesure, lustré, leste
taille, léger,
dégagé, élégant, miroité,
habillé, bien taillé,
F.
ADJECTIFS DÉVALORISANTS
Ample, non cintré, décati,
mal coupé, mal taillé, misérable, de
étriqué,
froid,
pénitence et d’humiliation, sale, trop
misérable, déchiré, sale, usé,
large, trop étroit, de carrure délabrée,
près à se déchirer, mal taillé,
usé, troué, décati, rapiécé.
ripé,
déformé par l’usure, rapé,
taché, troué, à caractère
exagéré, peu adapté au froid.
- 256 -
G. ADJECTIFS NEUTRES
Court, piqué, rabattu, replié,
incolore, fourré de mouton, noir,
traditionnel, bleu de ciel, boutonné.
SECTION IV : LE VOCABULAIRE DES VÊTEMENTS
MAROCAINS DANS DES PROVERBES
ARABES : ÉTUDE LEXICULTURELLE* ET
ANALYSE LEXICOGRAPHIQUE
Toujours dans le cadre de l’étude du phénomène vestimentaire et de son rapport
avec le système de la langue, nous procédons à l’analyse d’un bon nombre de
proverbes arabes contenant une trace vestimentaire.
Le corpus analysé correspond à environ cinquante recueils de proverbes
collectés à l’Institut du Monde Arabe. Nous étions confrontées à deux problèmes : la
rareté des proverbes traitant des vêtements ; l’absence de recueils consacrant un
chapitre ou une partie uniquement aux vêtements ou à l’article « vêtement ». Les
proverbes, dans la plupart des ouvrages consultés, sont classés par ordre alphabétique
ou par thèmes de la vie quotidienne (amitié, haine, divorce, mariage, etc.). Malgré le
nombre important d’ouvrages traitant des proverbes arabes, le classement de ces
derniers sous la rubrique d’un vocabulaire relatif au vêtement n’avait jamais été
effectué. Ce qui constitue une deuxième raison pour laquelle on s’est trouvé contraint
de puiser dans tous ces recueils de proverbes et de les lire dans leur intégralité, afin de
réunir un corpus de proverbes se rapportant au vêtement.
- 257 -
INTRODUCTION :
PROCÉDURES SUIVIES –
CLASSEMENT,
DISTINCTION
ET
ANALYSE
Dans l’étude qui suit, le travail passe par trois étapes. Dans la première, on a
classé les proverbes sous plusieurs rubriques. Dans chacune d’elle, chaque proverbe a
été relié à un autre par son appartenance à un groupe précis. Pour pouvoir classer le
grand nombre de mots-clefs relatifs au vêtement, la distinction entre deux catégories
primordiales, notamment entre les termes génériques et les termes spécifiques, s’est
avérée nécessaire. Les termes appartenant à la première catégorie sont ceux qui
désignent des genres en général plutôt que des spécimens en particulier. Le lexème*
« vêtement », par exemple, se réfère à une pièce vestimentaire quelconque en général,
non spécifiée et pour cette raison il a été classé sous la rubrique des termes
génériques. Le sème « turban », par ailleurs, se rapporte à un vêtement spécifique, il a
donc été subsumé sous la rubrique des termes spécifiques. Ainsi, les proverbes
comportant le terme « turban » sont classés sous la section intitulée « turban », qui à
son tour figure dans la rubrique des termes spécifiques. Une fois cet ordre établi, nous
avons fait suivre chaque proverbe d’un commentaire, en précisant son contexte et ses
circonstances, dans le but de permettre au lecteur une meilleure compréhension. Puis
nous avons ajouté une clarification de plus, qui paraissait essentielle. Il s’agissait de
dégager le sens profond visé par chaque proverbe afin de mettre en relief le sens
acquis et connoté suivant les différents contextes. Enfin, on a essayé de stratifier le
sens d’un point de vue linguistique en le soumettant à une analyse sémanticolexiculturelle* puisque les proverbes forment un champ linguistique où abondent les
expressions qui se réfèrent aux habitudes et traditions vestimentaires locales.
Avant de commencer par l’analyse linguistique, il est nécessaire de présenter les
caractéristiques d’un proverbe en en donnant une idée générale et une vue historique.
Le terme « proverbe » est tiré du latin « proverbium » qui signifie « parole mise en
avant ». Le mot est peu utilisable jusqu’au XIIIe siècle, on utilise alors en effet le
terme « respit » (souffle, discours) et « reprovier » (reproche, leçon). Au XIXe siècle,
- 258 -
une première approche scientifique de la parémiologie a été faite par Lerous de
Lincy 271 .
Les proverbes existaient déjà dans la plus ancienne civilisation égyptienne
connue par l’écriture. Du côté des Arabes, « mattal » peut être traduit par le mot
« semblable ». Depuis très longtemps, les Arabes ont accordé une grande importance
au discours parémiologique caractérisé par la concision et la pertinence de la
comparaison. Dans la langue française comme dans la langue arabe il s’avère difficile
de faire la distinction entre les différentes parémies qui sont en nombre de douze dans
la langue française (proverbe, dicton, maxime, slogan, adage, précepte, aphorisme,
apophtegme, devise, wellérisme). En langue arabe, il y a aussi une variété de
dénominations pour celles-ci : « mattal », « hikma », « kaul », « mâana », « kalima »,
« saïra ». Pour avoir une idée plus claire sur ce qu’est le proverbe, j’ai eu recours à
deux dictionnaires. Ainsi, le Petit Larousse donne la définition suivante : « Court
énoncé exprimant un conseil populaire, une vérité de bon sens ou d’expérience et qui
est devenu d’usage commun » 272 . Le Petit Robert définit le proverbe comme étant
« une formule présentant des caractères formels, stables, souvent métaphoriques ou
figurés et exprimant une vérité d’expérience ou un conseil de sagesse pratique et
populaire, commun à tout un groupe social. [. . . ] Pensée, sentence, parémiologie, le
proverbe est populaire, il appartient à la ‘sagesse des nations’ » 273 .
Il est à préciser que les proverbes populaires sont plus utilisés que les proverbes
de l’arabe classique, ces derniers n’étant connus et utilisés que par des gens cultivés.
Signalons pourtant que le dialecte marocain tire son origine de l’arabe classique.
« . . . La langue proverbiale (. . .) résume tous les faits sociaux, car elle
comprend et embrasse tout ce qui occupe l’activité des hommes en société, elle
éclaire l’histoire de la civilisation et des idées, dont elle reproduit, dans ses
transformations diverses, la physionomie caractéristique. En observant avec soin les
différences et les changements successifs de la langue proverbiale, on pourrait
marquer toutes les phases de l’esprit des peuples. Chaque époque a ses opinions
271
272
273
Lerous de Lincy, A. J. V., (1859), Le livre des proverbes français, 2 vol., Paris.
Le Petit Larousse, Paris, 2003.
Le Petit Robert, CD-ROM, Dictionnaire de la langue française, Paris, 2003.
- 259 -
dominantes, lesquelles se traduisent en formules populaires, et les proverbes d’un
siècle expliquent ses goûts, ses habitudes (. . .).
Il faut distinguer dans les proverbes une vérité générale qui est de tous les
temps et de tous les lieux . . .
Les proverbes qui sont fondés sur des opinions particulières et sur des coutumes
locales ne sortent guère du pays où ils sont nés, car ils ne seraient pas compris hors
du milieu et des circonstances qui les ont inspirés » 274 .
La plupart des énoncés parémiques sont anonymes, n’ont pas d’auteurs précis,
c’est-à-dire qu’ils proviennent du peuple. Ils sont issus des traditions. Certains ont
pour origine des histoires réelles ou fictives, des anecdotes. Les proverbes sont nés
des expériences de la vie et expriment surtout la sagesse d’un peuple quelconque.
Parmi les caractéristiques des proverbes, on remarque qu’ils évoquent une situation
historique qui permet à l’auditeur d’établir une comparaison entre l’événement
évoqué par le proverbe et la situation réelle de l’auditeur. Ce qui donne au proverbe
une popularité immense, c’est le fait qu’il est présenté sous la forme d’une tournure
condensée, elliptique, concise, brève, figée, en rupture de discours continu, facile à
apprendre et à retenir, car il est transmis le plus souvent de bouche à oreille. Chacun
de nous a entendu dès sa tendre enfance une centaine de proverbes qui ont nourri sa
langue. Les proverbes n’ont pas une souche utilisatrice définie, mais ils sont
prononcés par toutes les classes sociales et toute sorte d’individu, personnes âgées,
jeunes, femmes, hommes, lettrés et illettrés.
Après avoir souligné les traits divers inhérents aux proverbes, on va maintenant
expliquer les termes spéciaux qui ont été employés pour distinguer les différents types
de sèmes qui figurent dans les proverbes analysés par la suite.
A. TERMES SPÉCIFIQUES
Nous avons à analyser dans ce volet les proverbes qui comportent les termes
spécifiques, c’est-à-dire les termes qui appartiennent en propre à l’espèce du
274
Quittard, P. M., Dictionnaire étymologique et anecdotique des proverbes, Paris, 1842, pp. V – VI.
- 260 -
vêtement. Les proverbes suivants contiennent des sèmes comme par exemple
« turban », « burnous », « chéchia ». . .
Le terme « turban », [reza] ou [âamama], est présent dans tous les éléments du
corpus mentionnés ci-dessous. Expliquons maintenant les circonstances de chaque
proverbe.
I.
« turban »
[1]
« Les turbans sont les couronnes des Arabes. »
[2]
« Celui qui nous aime, nous l’aimons, et nous le mettrons sur nos
têtes comme un turban, et celui qui nous déteste nous le détestons
jusqu’au dernier jugement. »
[3]
« Ils revêtirent de beaux habits, mirent des turbans et devinrent des
notables de la ville. »
[4]
« Se raser embellit le visage, et un turban embellit la tête. »
[5]
« Celui qui n’a pas changé de turban, n’a jamais vu de délices. »
[6]
« Le turban est porté à l’étourneau alors que la chambre (dégarnie
de meubles) est vide. »
1.
[7]
« Combien de turbans sont sur les têtes des ânes ? »
[8]
« Un turban sans barbe provient d’un manque de modestie. »
Explication et analyse sémantique
« Les turbans sont les couronnes des Arabes. » [1] La première
expression parémique se veut une vérité absolue chez les Arabes en
général ; elle met en valeur cette coiffe qui chez les Arabes est un
élément vestimentaire incontournable en la comparant à une couronne.
Le présent proverbe se présente comme une affirmation du fait que le
turban soit une marque d’honneur, un insigne d’autorité, de dignité et de
noblesse, au même titre que la couronne traditionnellement portée par les
rois et le plus souvent confectionnée en or.
- 261 -
« Celui qui nous aime, nous l’aimons, et nous le mettrons sur nos
têtes comme un turban, et celui qui nous déteste nous le détestons
jusqu’au dernier jugement. » [2] Le deuxième proverbe est de portée
poétique, puisqu’on assiste à la présence d’une rime (dans la langue
d’origine, à savoir l’arabe). En effet, [kyama] « dernier jugement » rime
avec [âamama] « turban ». Le locuteur de ces propos qui sont passés en
tant que proverbe souligne la nature des relations humaines qui fait qu’on
traite les autres de la même manière avec laquelle ils nous traitent.
« Ils revêtirent de beaux habits, mirent des turbans et devinrent des
notables de la ville. » [3] La notion de beauté poétique est également
présente dans le troisième proverbe comportant le vestème* « turban »,
notamment dans la rime de [el fina] « de beaux habits » et [lmdina] « la
ville ». Le proverbe décrit des gens présomptueux qui s’habillent
ostentatoirement afin de se faire remarquer et apprécier, tout en feignant
d’avoir une situation sociale qui leur confère une certaine autorité.
« Se raser embellit le visage, et un turban embellit la tête. » [4] Le
quatrième proverbe à analyser met en exergue le rôle esthétique du
turban.
« Celui qui n’a pas changé de turban, n’a jamais vu de délices. »
[5] On désigne ironiquement dans le cinquième proverbe une femme qui
a épousé plusieurs maris.
« Le turban est porté à l’étourneau alors que la chambre est vide
(dégarnie de meubles). » [6] La sixième expression proverbiale
représente une sorte de critique et de rejet d’éléments incompatibles,
notamment le fait de porter un turban précieux et celui de ne même pas
avoir de meubles chez soi.
« Combien de turbans sont sur les têtes des ânes ? » [7] Le
septième proverbe du corpus ci-dessus est une méditation qui remet en
cause la valeur du turban puisque se coiffer d’un turban est si simple et
sans signification que même les ânes peuvent s’en coiffer.
- 262 -
« Un turban sans barbe provient d’un manque de modestie. » [8]
Le huitième et dernier proverbe comporte une dimension lexiculturelle* ;
rappelons une des définitions de la lexiculture* : « La lexiculture, son
objet d’étude, est la culture en dépôt dans ou sous certains mots, dits
culturels, qu’il convient de repérer, d’expliciter et d’interpréter » 275 .
Nous l’aurons compris, ce proverbe laisse entendre qu’un porteur de
turban dans le monde arabo-musulman doit laisser pousser sa barbe,
autrement il sera mal vu.
2.
La
divergence
de
sens
du
turban
selon
le
contexte et le sens figuré des proverbes
La pièce vestimentaire turban est présente dans les huit proverbes arabes
dont nous venons d’expliquer le sens. Vérifions maintenant quelle est la
signification de chacun.
Le premier proverbe n’a pas d’autres visées. Il s’agit simplement d’un
fait d’observation. C’est aussi le cas dans le quatrième proverbe.
Le deuxième proverbe porte le même sens que le proverbe français :
« De bons comptes font des bons amis » ou encore « Donnant donnant ».
Le turban dans ce contexte ne désigne pas cette « étroite bande de tissu
servant d’ornement, d’attache » 276 . Mais il acquiert le sens de primauté, de
qualité de celui et de ce qui passe en premier, en priorité.
Le troisième proverbe peut être paraphrasé par deux proverbes français :
« L’habit ne fait pas le moine » ou encore « Les apparences sont trompeuses »,
en d’autres termes, il ne faut pas se fier aux beaux habits, car ils ne reflètent pas
la vraie nature humaine. On peut même dire que les vêtements cachent ou
masquent la réalité de bien d’individus.
275
276
Gallison, R. et Pruvost, J. (rédaction), (octobre-décembre 1999), Études de linguistique appliquée,
revue de didactologie de langues-cultures, vocabulaire et dictionnaire en FLM et en FLE, Didier et
Érudition, Paris, p. 116.
Le Petit Robert informatisé, 2008.
- 263 -
Le sens de turban n’a pas changé dans ces proverbes. Il demeure cette
coiffe d’ornement de tissus plat et étroit. Ce rôle décoratif est souligné dans le
quatrième proverbe dans lequel le turban est employé dans un sens purement
dénotatif.
Les virtuèmes* suivants « bonheur », « plaisir », « jouissance »,
« enchantement » et « délices » sont attribués au turban dans la mesure où dans
le contexte revélé par le cinquième proverbe ils interpellent des maris.
Les deux avant-derniers proverbes soulignent des vices et des défauts
humains liés à l’ostentation, l’orgueil, la vanité, la frivolité et l’insignifiance ;
ce sont, on l’aura compris, des sèmes intrinsèques au vêtement turban dans ce
contexte précis.
Ajoutons que les deux proverbes français que nous avons cités plus haut
partagent un sens identique avec ces deux avant-derniers proverbes.
Enfin le huitième proverbe signifie que l’apparence est une chose et que
la respectabilité en est une autre.
Ce même proverbe se trouve opposé par le proverbe numéro quatre « Se
raser embellit le visage, et un turban embellit la tête. » [4]
Nous constatons, au terme de l’analyse que ce premier groupe contenant
le terme « turban » en tant que vêtement est tantôt valorisé, tantôt dévalorisé.
Ces deux jugements coexistent quelques fois au sein d’un même
proverbe, notamment dans les proverbes numérotés [3], [6] et [7] dans lequels
le turban est représenté comme un vêtement précieux, important et beau (qui ne
doit pas être porté par n’importe qui), mais qui est dévalorisé dans ces
contextes, soit parce qu’il est porté par des individus insignifiants* (cf. les
proverbes [3] et [7]), soit qu’il est porté vainement et dans un but faussement
ostentatoire (cf. les proverbes [6] et [7]), soit qu’il est porté d’une manière
inadéquate (cf. le proverbe [8]). Cependant l’amour et la passion des Arabes
pour le turban ne sont guère remis en question. L’abondance des proverbes que
nous avons collectés en témoigne. Pourtant la liste n’est pas exhaustive.
- 264 -
II. « burnous »
- Les différentes portées de sens du lexème*
« burnous » et ses définitions lexiculturelles* [1]
[2]
« Trois choses garantissent trois autres :
-
le burnous garantit la chaleur,
-
la balgha garantit d’aller pieds nus,
-
l’éloignement garantit la dureté du coeur. »
« Un khamès ne gagne pas(ne fait pas) un burnous. »
Variante [2a] « Jamais de ta vie, ô commerçant de la culture de figues, tu
n’achèteras un burnous. »
[3]
« L’année au cours de laquelle je pense acheter le pistolet, je vends le
burnous. »
[4]
« Après la calvitie et l’âge, on l’a revêtu d’un burnous rouge. »
Il s’agit d’observer si dans tous les contextes le terme « burnous » refère
à [grand manteau / de laine / à capuchon / sans manches / en usage dans les
pays du Maghreb] ou encore à [peignoir de bain pour bébé / à capuchon / sans
manches] 277 ou [manteau de laine/ à capuchon / sans manches / porté par les
Arabes / ou par les anciens régiments de spahis / grand manteau adopté par la
mode à certaines époques / manteau enveloppant / à capuche / à l’usage des
nouveaux-nés] 278 ou [manteau d’homme] 279 ou sinon, par défaut, s’il faut
dégager les nouveaux sèmes virtuels qu’a pris le sème.
« Trois choses garantissent trois autres :
-
le burnous garantit la chaleur,
-
la balgha garantit d’aller pieds nus,
-
l’éloignement garantit la dureté du coeur. » [1] Le premier proverbe n’a
pas une morale à proprement dite à nous enseigner à travers le burnous si ce
277
278
279
Le Petit Robert informatisé, 2008.
Le TLF informatisé (TLFI), 2004.
Le Petit Larousse informatisé, 2008.
- 265 -
n’est une information presque fortuite puisque toute la communauté arabe
connaît l’importance du burnous quand il fait froid. Or, dans les sèmes dégagés
plus haut et qui ne sont autres que des unités collectées dans le Petit Robert, le
TLFI et le Petit Larousse attribuant au signifiant* « burnous » une définition
sémantique, il n’y a à aucun moment la valeur ajoutée à ce vêtement qui fait du
burnous un vêtement incontournable pour lutter contre le froid, un vêtement qui
« garantit la chaleur » pour reprendre les termes mentionnés dans le proverbe ;
on l’aura compris, la lexie « burnous » comporte « une charge culturelle
partagée » : « cet implicite partagé par tous les locuteurs d’une communauté
linguistique que R. Gallisson appelle la lexiculture. La lexiculture représente
en fait pour le mot tout ce qui se trouve dans la valeur ajoutée, une valeur
ajoutée que tout le monde connaît et qui pourtant est presque toujours absente
des dictionnaires censés refléter la signification complète du mot » 280 .
« Un khamès ne gagne pas (ne fait pas) un burnous. » [2] « Jamais de ta
vie, ô commerçant de la culture de figues, tu n’achèteras un burnous. » :
Variante [2a] Le même principe lexiculturel* est valable pour le deuxième
proverbe. La lexie « burnous » admet dans le deuxième contexte proverbial
d’autres charges culturelles. Pour les connaître, nous procédons à l’explication
du sens du message que le proverbe transmet : la culture des figues n’est pas
rentable, le sens de ce proverbe s’étend à toute entreprise non payante malgré
les grands efforts qu’elle exige. Du coup, « burnous » dans ce proverbe outre
son premier sens de manteau est synonyme d’aisance, de somptuosité et de
luxe. En d’autres termes, ce n’est pas tout le monde dans la société marocaine
qui a la possibilité et les moyens de pouvoir se payer le luxe d’acheter un
burnous, celui-ci coûtant cher. La coexistence des sèmes réels et des sèmes
virtuels s’appelle l’équipollence.
« L’année au cours de laquelle je pense acheter le pistolet, je vends le
burnous. » [3] Les virtuèmes* ou les charges culturelles que le burnous
280
Pruvost, Jean, Quelques concepts lexicographiques opératoires à promouvoir au seuil du XXIe
siècle, http://www.cairn.info/resume.php?ID-ARTICLE=ELA-137-0007’#, revue de didactologie
des langues-cultures et de lexiculturologie, 2005-1 (no 137).
- 266 -
acquiert au troisième proverbe sont [indispensabilité, vitalité, nécessité]. En
effet, le locuteur de cette expression est un éleveur de moutons qui, écrasé par
la fatalité, a laissé échapper ces propos désabusés. L’année où il compte se
munir de superflu, il est obligé de se désaisir du nécessaire pour arriver à
joindre les deux bouts. Les contingences, notamment la sécheresse, sont plus
fortes que ses calculs et annéhantissent ses espoirs. On emploie ce proverbe
généralement quand les affaires connaissent une baisse de forme prolongée et
que la malchance s’en mêle.
« Après la calvitie et l’âge, on l’a revêtu d’un burnous rouge. » [4] Au
quatrième proverbe, on assiste à un sens purement dénotatif, dans la mesure où
le signifiant* « burnous » correspond aux sèmes [manteau enveloppant, à
capuche, à l’usage des nouveaux-nés] ; sur le plan lexiculturel*, on peut parler
ici de vêtement d’identité, étant donné que le burnous ici désigne le vêtement
qu’on revêt à un bébé, mais qui est dans ce contexte proverbial vêtu par un
homme âgé, le présent proverbe évoque une inadéquation vestimentaire.
Étonnamment, nous assistons à une double rime dans la langue d’origine aussi
bien que dans la langue de traduction. En effet, dans la première « lkbar » rime
avec « hmar », qui sont traduits par « âge » qui rime avec « rouge ».
III. « Chéchia »
[1]
« Ma tête et la tienne ne sont pas dans une seule chéchia. »
[2]
« Deux têtes dans une seule chéchia. »
[3]
« S’il décide de gagner sa vie dans le commerce des chéchias, les gens
naîtrons sans tête. »
[4]
« Ils acceptent qu’on leur enfonce les chéchias jusqu’aux oreilles. »
[5]
« Si la tête est épargnée, elle trouvera toujours une chéchia. »
[6]
« Déménagement des tolbas : Un bâton à la main et une aiguille dans la
chéchia »
- 267 -
1.
Les
sens
de
« chéchia »
empruntés
aux
contextes proverbiaux : dire ce que le proverbe dit
Constatons les emplois « chéchia » dans les éléments suivants : « Ma tête
et la tienne ne sont pas dans une seule chéchia. ». [1] En d’autres termes
proverbiales : « chacun pour soi et dieu pour tous » c’est-à-dire que chaque
individu est libre de faire ce que bon lui semble en étant indépendant de l’autre.
Le message que le locuteur de ces propos veut transmettre à son interlocuteur,
c’est que nous n’avons pas les mêmes idées, ni les mêmes intérêts, ni les
mêmes chemins. Ce même proverbe se trouve contredit avec la variante :
« Deux têtes dans une seule chéchia. » [2] qui désigne deux individus,
associés, amis, complices ou autres relations d’intimités. Le lexème*
« chéchia » dans ce duo proverbial est tantôt dévalorisé, notamment dans le
premier au cours duquel le vestème* « chéchia » acquiert les virtuèmes* :
égoïsme, égocentrisme, individualisme, tantôt valorisé, en l’occurrence par la
variante dans laquelle « chéchia » suggère des valeurs humaines : solidarité,
altruisme, générosité, dévouement.
Examinons le statut polysémique du même vestème* dans le contexte
proverbial suivant : « S’il décide de gagner sa vie dans le commerce des
chéchias, les gens naîtrons sans tête. » [3] Ce proverbe à portée fantastique
voire mythique a été prononcé à l’égard d’un malchanceux que le malheur
poursuit dans toutes ses activités et sa vie ; même la « chéchia », un signe
vestimentaire* riche lexiculturellement* car il n’est pas sans importance dans la
communauté arabe, est dépourvue des ses mérites et de ses vertus pour en
acquérir d’autres en l’occurrence : la malchance, le malheur et la malédiction.
L’expression parémique suivante : [4] « Ils acceptent qu’on leur enfonce
les chéchias jusqu’aux oreilles » a pour équivalent le proverbe français
suivant : « qui se laisse outrager mérite qu’on l’outrage », il est question
d’humiliation ; a priori, il ya des gens, ayant perdu toute indépendance et tout
orgueil, qui acceptent qu’on les abaisse et qu’on diminue leur valeur. Une fois
- 268 -
de plus, le vestème* « chéchia » dans ce contexte cède ces valeurs au détriment
des vices humains : humiliation, abaissement, diminution.
« Si la tête est épargnée, elle trouvera toujours une chéchia. » [5] La
chéchia dans ce proverbe connote l’espérance avec la certitude de la réalisation
de ce que l’on désire.
« Déménagement des tolbas : Un bâton à la main et une aiguille dans la
chéchia » [6] La chéchia dans le présent contexte renvoie aux virtuèmes*
suivants : fortune, ressources, trésor, capital, réussite, nous avons connoté la
chéchia à partir de la signification littérale du proverbe. En effet, les tolbas ou
étudiants étrangers de l’époque étaient souvent très pauvres. Ils vivaient
n’importe comment et n’importe où et quand ils arrivaient à se loger à deux ou
à trois, ils étaient très heureux. Ils avaient presque tous un bâton pour le voyage
à pied et une aiguille plantée à la chéchia. Cette aiguille leur servait de gagnepain quand ils raccommodaient ou cousaient des vêtements aux particuliers ; et
c’étaient là toute leur fortune.
2.
La définition du « chéchia » (un emprunt arabe)
dans des dictionnaires français
a.
Une quête lexiculturelle*
À la lumière des propos suivants de monsieur Pruvost : « s’intéresser à
la lexiculture, un terme et un concept propres à Robert Galisson désignant la
culture courante partagée par tous et en dépôt dans les mots, au-delà de leur
définition sémantique, c’est prendre en compte une dimension particulière et
fondamentale des mots qui, hélas, fait défaut en lexicologie comme en
dictionnairique » 281 , nous effectuerons une comparaison entre les deux
définitions du Petit Robert et du Trésor de la Langue Française 282 . Le Petit
Robert définit la « chéchia » comme « Coiffure en forme de calotte, dans
281
282
Pruvost, Jean, Quelques concepts opératoires à promouvoir au seuil du XXIe siècle, op. cit.
Notons au passage que le signifiant « chéchia » ne fait pas l’objet d’une définition dans le Petit
Larousse.
- 269 -
certains pays d'islam » le seul synonyme qu’évoque le Petit Robert pour ce
vestème* est « fez » (qui est à l’origine une ville au Maroc). La chéchia dans le
TLFI est une : « coiffure cylindrique et haute de gros drap rouge et garnie
d’un gland, que portent de nombreux peuples africains ainsi que certaines
troupes coloniales » ; le TLFI n’évoque pas de synonyme, ce qui constitue un
premier point de divergence entre les deux dictionnaires. Dans le Petit Robert,
la chéchia est portée dans certains pays d’islam ; dans le TLFI, elle est portée
par de nombreux peuples africains et par certaines troupes coloniales.
La chéchia dans les deux dictionnaires est forcément de couleur rouge, le
Petit Robert offre l’exemple suivant « Des chéchias rouges », le TLFI
mentionne la couleur rouge dans la partie définitoire.
Aucune des deux définitions dans les deux dictionnaires n’est détaillée.
Dans un souci de compléter les définitions et d’apporter d’avantage
d’informations sur cette coiffe, nos recherches effectuées à l’IMA ont abouti
aux informations suivantes : « Lorsqu’on regarde (la chéchia,) cette calotte en
laine rouge portée dans tout le monde musulman, on peut difficilement
imaginer le nombre de transformations qu’elle a dû subir pour avoir cet aspect
définitif et le nombre d’artisans qui ont pu participer à sa fabrication » 283
À son stade initial, la chéchia est un bonnet de tricot appelé kabbous puis
c’est kroudou. Lorsqu’après le foulage ce bonnet atteint la taille normale d’une
chéchia et que les mailles du tricot disparaissent sous un duvet épais, après cela
la chéchia « est cardée soigneusement et une fois teinte, elle garde sa couleur
et sa taille définitives mais sa préparation n’est pas terminée, car il faudra la
carder de nouveau, l’assouplir, la repasser et parfois lui poser des accessoires,
tel que le gland de soie et le turban » 284 .
Mais d’où vient donc la dénomination de la chéchia à nos jours?
283
284
Ferchiou, Sophie, Techniques et sociétés. Exemple de la fabrication des chéchias en Tunisie, p. 6,
Paris, 1972, ED, Institut de l’Ethnologie.
Op. cit.
- 270 -
b.
Un mot qui voyage
Par des ouï-dire (en l’absence de tout document scientifique) on sait que
la chéchia est d’origine tchéchène, un peuple caucasien musulman ; on l’aura
compris, le terme « chéchia » vient tout droit du nom même de ce peuple
converti à l’islam par des propagandistes musulmans qui se sont rendus au
Caucase, puis ont émigré en Tunisie et, bien évidemment, avec eux la chéchia a
émigré pour la première fois.
c.
Valeur lexiculturelle* de « chéchia »
La charge culturelle que comporte la chéchia est partagée certes par la
communauté musulmane, mais les premiers traits culturels de ce vestème* sont
nés et partagés à une époque déterminée à savoir le XVIIe siècle. En effet, « on
ne le répètera pas assez : la chéchia, de 1610 jusqu’à la moitié du siècle
dernier, en passant par toute la période du protectorat français, était une
distinction et un panache pour les Arabes musulmans que nous sommes » 285 .
Dans ces pays musulmans, à cette époque là, la chéchia était un signe* de
prestige, un homme sans chéchia, était à coup sûr, un chrétien ou un européen
libertin.
Cette coiffe était portée par des notables, ministres et hauts responsables ;
la volonté d’égaler ces personnalités considérables, l’émulation et la mode ont
conduit tous les Tunisiens de l’époque, de tout âge à se coiffer de la chéchia.
De plus, le lieu natal de la chéchia, en l’occurrence le Caucase, est réputé par le
froid qui ravage cette région pendant neuf mois, obligeait ses habitants au port
du bonnet de laine qu’est la chéchia procurant à ses porteurs une protection
contre le froid grâce à sa matière.
285
http://www.webmanagercenter.com/management/article.php?id=34477, Bouamoud, Mohammed,
Enquête : comment se porte la chéchia ? Tunisie, 19/10/2007.
- 271 -
3.
La lexiculture*, une information qui fait partie
intégrante de la définition du mot est pourtant
oubliée
Nous constatons que les traits lexiculturels* se rapportant à la chéchia,
bien installée dans les esprits de la communauté musulmane en général et dans
la communauté tunisienne en particulier, sont ignorés dans les définitions
qu’attribuent les dictionnaires à ce signifiant* (cf. les deux définitions de «
chéchia »). En effet les composantes lexicales que nous avons mentionnées cidessus sont de nature lexicuturelle. Cette dernière « se révèle (même)
indispensable pour un étranger, ou pour garantir auprès du locuteur natif la
bonne interprétation des mots, siècles après siècle » 286 .
4.
Comment se porte la chéchia à nos jours ?
Les deux proverbes suivants : « S’il décide de gagner sa vie dans le
commerce des chéchia les gens naîtront sans tête. » et « Si la tête est épargnée,
elle trouvera toujours une chéchia. » révèlent le même sens et constituent une
réponse à notre interrogation posée dans le titre, un jeu de mot à portée
polysémi que et connotative. En fait, le terme « tête » dans ces deux proverbes
laisse entendre qu’il s’agit d’une coiffe et donc d’un vêtement, ce qui
représente une réponse au premier sens de notre question. Le deuxième sens
réside dans le fait de savoir si on porte la chéchia comme avant, c’est-à-dire de
manière aussi fréquente, ou encore si la chéchia a conservé son importance, son
intérêt, son prestige et sa portée de l’époque où elle a vu le jour. Cette idée
s’étend pour atteindre les professionnels de la chéchia qui, tant bien que mal,
s’accrochent à la fabrication de ce produit en dépérissement et de plus en plus
suranné. Le premier proverbe désigne ce malchanceux qui veut gagner sa vie
dans le commerce des chéchias, mais qui ne trouvera pas de clients car « les
gens naîtront sans tête » et il renvoie aux artisans actuels des chéchias dont les
286
Quelques concepts opératoire à promouvoir au seuil du XXI s, op. cit.
- 272 -
clients sont de moins en moins nombreux car la chéchia est de moins en moins
à la mode.
IV. Le « haïk »
[1]
« A celui qui vient te demander ta sollicitude, fais-le asseoir sur un
pan de ton haïk ».
[2]
« À la longueur de ton haïk, longe ton pied ».
[3]
« Aveugle oh ! oui trois fois aveugle celui qui malgré les nuages
dont le ciel est couvert met son haïk à la lessive ».
1.
Le
haïk :
une
pratique
vestimentaire
traditionnelle ou une vesticulture*
Étude et explication des proverbes
Analysons ce corpus de proverbes éminemment lexiculturel*. Leur point
commun, c’est qu’ils contiennent tous le signifiant* « haïk », un concept
vestimentaire, qui jadis constituait l’essentiel du costume nord-africain et
particulièrement au Maroc et en Algérie.
Les trois proverbes ci-dessus partagent la mise en valeur de ce drapé. Le
terme « sollicitude » dans le premier proverbe [1] accentue la valorisation du
« haïk » qui, métaphoriquement, a de multiples usages, puisqu’un hôte peut
s’en servir comme un tapis au profit de son invité en guise de signe*
d’hospitalité et bienvenue.
Le « haïk » dans le deuxième proverbe [2] est synonyme de modestie, de
simplicité et d’autosatisfaction. Le troisième proverbe [3] atteste que sans le
« haïk », on ne peut pas sortir ; littéralement, le proverbe attribue l’anomalie
physique de cécité à une personne qui, malgré l’abondance des nuages, un
signe* avant-coureur de pluie, lave son haïk qui faute de soleil ne sèchera pas
assez vite, empêchant ainsi la personne de sortir.
- 273 -
2.
Définition de la lexie révélatrice d’une culture
non-partagée
Le troisième proverbe [3], tout particulièrement, nous révèle des charges
culturelles spécifiques dans le signifiant* « haïk ». D’une part, nous venons de
le dire, la femme nord-africaine ne pouvait pas circuler à l’extérieur sans
« haïk », d’autre part, cet habit se portait toute l’année par des femmes de tout
âge puisqu’il possède la faculté de protéger à la fois du froid et de la chaleur.
La description de ce vêtement « générateur de comportement
culturel » 287 n’étant porté que par des arabo-musulmanes, demeure très
lacunaire dans les dictionnaires, à titre d’exemple la définition du Petit Robert :
« longue pièce d’étoffe rectangulaire, dans laquelle les femmes musulmanes se
drapent comme dans un manteau, par-dessus les autres vêtements, et dont elles
relèvent parfois un pan, formant, voile sur la tête » ; ou le TLFI, apportant
encore moins de détails dans la partie définitoire : « Grande pièce d’étoffe
légère dans laquelle les orientaux et plus particulièrement les femmes
musulmanes se drapent ». Quelques autres renseignements sont représentés
dans des exemples qu’offre le même dictionnaire : « Elle n’avait plus sa belle
tunique de soie rouge ; un simple haïk blanc l’entourait ; elle en avait relevé un
pan sur sa tête (Benoît, Atlant, 1919, p. 279) ou « Qui reconnaîtrait cette
femme sous le haïk de laine qui l’enveloppe de la tête aux pieds et ne laisse voir
que les yeux ? » Ces deux exemples fournissent des informations sur la couleur
et la matière du haïk et plus ou moins sur la manière de le porter, plus ou moins
parce qu’il s’agit d’une description incomplète et fragmentaire de la forme
particulière concernant la manière de revêtir ce drapé. En effet (…) le haïk peut
prendre diverses formes selon les types d’activité quotidienne. ‘Il y a trois
manières de le porter, remarque Charles de Fouccauld : en le retenant par des
broches (grosses boucles d’argent, klâl) ou de simples nœuds au dessus de
chaque épaule ; en retroussant et attachant le bord supérieur au-dessus des
287
Pruvost, Jean, op. cit.
- 274 -
seins, les épaules et le haut de la gorge demeurant découvert en laissant
retomber la partie supérieure, le corps restant nu jusqu’à la ceinture. Dans les
trois cas, le vêtement est retenu à la taille par une bande de laine ; il est assez
court ; il ne descend guère au-dessous du genou. On le porte de la première
façon pour sortir, de la seconde pour travailler hors de la tente, de la troisième
à l’intérieur » 288 .
3.
Origine de la naissance du haïk et les raisons de
sa disparition
Le haïk est né suite à la volonté des femmes de se protéger contre les
convoitises des conquérants Normands et Espagnols qui ont envahi la Tunisie
au XVIe siècle. Les femmes se servaient de ce large tissu de coton ou de laine
d’à peu près 6 mètres de longueur sur 1,60 m pour se couvrir le corps et le
visage. D’une part, au Maroc devenu indépendant en 1956, et avec lui
l’indépendance des femmes devenues de plus en plus actives, le haïk
incommode et trop encombrant a été remplacé par la djellaba 289 . D’autre part,
sous la pression des modes et du style de vie européen, cet habit traditionnel a
perdu progressivement son authenticité et s’est transformé en un objet
touristique.
V.
La « djellaba »
[1]
« Muhand, je ne l’aime point, sa djellaba je la porte ».
[2]
« La djellaba ne fait pas le fkih ».
[3]
« Appelez-moi celui qui porte la djellaba, messieurs qu’êtes en
train de danser ».
[4]
« Deux (choses) rendent les jeunes hommes malades : se marier à
des filles minables et dormir dans une djellaba ».
288
289
M. Toussaint-Sanat, Histoire technique et morale du vêtement, Bordas, Paris, 1990, p. 4.
Un autre vêtement traditionnel que nous allons également observer dans un regroupement de
proverbes traitant de ce vêtement.
- 275 -
1. La djellaba, un vêtement unisexe
Nous venons d’avancer que les femmes arabes ont substitués le haik par
la djellaba. Or les expressions parémiques ci-dessus n’attribuent le port de la
djellaba qu’aux hommes. Le premier proverbe [1] associe la djellaba à Muhand
un prénom masculin dérivé du prénom Mohammed.
Le « fkih » au deuxième proverbe [2] veut dire qu’un imam, chef de son
état, préside les prières et dirige les musulmans ; dans la religion musulmane,
une femme ne peut jouer ce rôle, par conséquent la djellaba constitue encore
une fois une exclusivité masculine.
« Celui » et « messieurs » au troisième proverbe [3] réfèrent à des
hommes portant une djellaba.
La djellaba, une fois de plus portée par la gent masculine, est explicitée
au quatrième proverbe [4] par « les jeunes hommes ». En effet, la djellaba est
un habit pour les hommes. La djellaba a connu d’importantes transformations,
mais elle a gardé la même structure. Les femmes se sont approprié la djellaba
plus pratique que le haïk, elle leur permet plus de liberté de mouvement, surtout
que la femme a commencé à s’intégrer dans le monde du travail dès
l’indépendance du Maroc en 1956 pour participer à la construction d’un Maroc
riche. La djellaba est donc devenue un vêtement traditionnel unisexe porté par
les hommes aussi bien que par les femmes ; mais elle est différente par son
style et son objectif.
2.
Explication et analyse sémantico-lexiculturelle*
Le premier discours parémique ne désigne pas un homme en particulier
nommé ici « Muhand », mais il est adressé à l’homme en général. Le « je »
parlant ne renvoie pas à l’auteur de ce proverbe, il s’adresse métaphoriquement
à ceux qui nous aiment non pas pour ce que l’on est, mais pour ce que l’on peut
leur procurer.
- 276 -
Sur le plan lexiculturel*, le terme majeur de ce groupe de proverbes, à
savoir djellaba, comporte de maintes valeurs patriotiques. La djellaba est
l’habit représentatif de l’identité marocaine.
Découvrons le deuxième proverbe de cette section : « La djellaba ne fait
pas le fkih » [2]. Cette expression trouve sa traduction et son explication dans le
proverbe français : « L’habit ne fait pas le moine ». Bien que la djellaba soit
dévalorisée dans ce proverbe dans le sens où elle peut constituer une apparence
trompeuse, ce vêtement dans ce contexte proverbial est d’une portée
lexiculturelle* puisque la djellaba est un signe* religieux
« Il y a des versets
du Coran qui mentionnent la djellaba comme habit qui doit être porté par les
femmes
musulmanes » 290
car,
conformément
aux
normes
religieuses
musulmanes, la djellaba cache et recouvre tout le corps répondant ainsi aux
critères de pudeur exigés par l’islam.
Examinons le troisième proverbe « Appelez–moi celui qui porte la
djellaba, messieurs qui êtes en train de danser » [3]. Cette expression est
poétique puisqu’on y assiste à rime riche dans la langue d’origine : « djellaba »
et « laaba » (danseurs). Le locuteur de cette expression est une femme
amoureuse qui, de loin, a repéré un danseur qui l’a séduit. Il paraît que c’est le
seul homme qui est habillé en djellaba. Ce vêtement le distingue des autres
danseurs habillés en « abaya ». L’information culturelle que transmet cette
lexie réside dans le fait que la djellaba est aussi un vêtement de parade et de
festivité.
« Deux (choses) rendent les jeunes hommes malades : se marier à des
filles minables et dormir dans une djellaba. » [4] Ce dernier proverbe est une
mise en garde contre l’usage de la djellaba comme un pyjama. Certaines
personnes profitent du fait que la djellaba soit un vêtement confortable pour
s’en servir comme un pyjama et dormir avec ; or, la djellaba est un vêtement
290
De Foucauld, Ch., cité par Dolenda Largueche, Histoires des femmes au maghreb, culture
matérielle et vie quotidienne, Ed. Centre de Publication Universitaire, 2000, p. 203.
- 277 -
qui se porte pour sortir ou pour assister aux cérémonies religieuses ou bien aux
fêtes de mariage.
3.
La définition de la djellaba
Dans les trois dictionnaires que nous utilisons, les définitions de la
djellaba, djellabah ou jilbab sont presque identiques. Le TLFI la définit de la
sorte : « longue robe (en laine, coton ou drap), à manches longues et le plus
souvent à capuchon, ouverte sur la poitrine, portée par les hommes et les
femmes dans le monde arabe ».
La djellaba dans le Petit Robert est un « vêtement de dessus, longue robe
à manches longues et à capuchon portée par les hommes et les femmes, en
Afrique du Nord.»
La définition la plus brève de la djellaba est celle du Petit Larousse :
« Robe longue à capuchon portée par les hommes et les femmes, en Afrique du
Nord ».
Nous réalisons une fois de plus que les articles consacrés à la définition
de la djellaba dans les trois dictionnaires sont de très loin inférieurs aux
diverses informations apportés par les proverbes, ces derniers étant des vecteurs
éminemment lexiculturels*.
VI. « caban », « selham », « abaya »,
« fouqya »
Observons le corpus hétérogène suivant :
[1]
« Il a (fait sortir) renvoyé la main dans la manche du caban. »
[2]
« Il a acheté un caban. »
[3]
« Dans son sein son fils n’en est encore qu’à l’état d’embryon.
Elle, déjà, elle tisse pour lui son ‘salham’ pour grandes
occasions ! »
[4]
« Hammou est vilain, mais son ‘abaya’est belle. »
- 278 -
[5]
« Le ciel ne peut être caché par l’abaya. »
[6]
« Une fouqya qui n’est pas habituée à un dos nu s’y colle. »
[7]
« Tel celui qui emprunte une abaya. »
1. Le sens littéral
Bien que les éléments du présent corpus partagent l’emploi de différentes
variantes d’un même vêtement traditionnel, aucun d’entre eux ne figure dans
les dictionnaires que nous avons consultés.
Les signifiants* « caban », « salham », « abaya », « fouqya » renvoient
tous à des costumes traditionnels amples, unisexes, portés dans des pays
musulmans, au-dessus des autres vêtements. Dans un premier temps, nous
allons d’abord expliciter la dimension significative de chaque proverbe ; dans
un deuxième temps, nous examinerons la présence ou l’absence des sémèmes
attribués aux vestèmes* et nous dégagerons les éventuels virtuèmes* des
vestèmes* constituant notre corpus, tout en repérant la notion de la
vesticulture*.
Parcourons les expressions idiomatiques de ce corpus qui incluent des
signifiants* se rapportant au domaine vestimentaire.
« Il l’a (fait sortir) renvoyé la main dans la manche du caban ». [1] Cette
expression se dit d’une personne qui, en se retirant d’une association
commerciale, par exemple, s’en va sans rien gagner perdant même son capital
avec le fruit de son travail.
L’expression « Il a acheté un caban » [2] peut s’expliquer par deux sens
contradictoires l’un par rapport à l’autre ; le premier met en exergue la facilité
avec laquelle les gens peuvent acheter un caban qui devient ainsi un objet
banal ; le deuxième sens constitue l’inverse du premier, c’est-à-dire que ce
n’est pas tout le monde qui se paie le luxe d’acheter un caban, un objet original
et remarquable.
Dégageons le message que transmet le troisième proverbe : « Dans son
sein son fils, n’en est encore qu’à l’état d’embryon. Elle, déjà, elle tisse pour
- 279 -
lui son « salham » pour grandes occasions ! » [3]. La visée de cette expression
est claire : il ne faut pas brûler les étapes.
La quatrième expression traite d’un vice humain, en l’occurrence celui de
tirer profit : «Hammou est vilain mais son abaya est belle» [4].
Il est des évidences qui s’imposent à l’esprit avec une telle force qu’il
n’est besoin d’aucune autre preuve pour en connaître la vérité : « Le ciel ne
peut être caché par l’abaya » [5].
L’expression idiomatique « Une fouqya qui n’est pas habitué à un dos
nu s’y colle » [6] se dit à l’encontre des nouveaux riches qui tiennent à laisser
étaler leur richesse d’une manière ostentatoire.
Rapportons les circonstances contextuelles dans lesquelles le dernier
propos de cette série se rapportant au vestème* « abaya » a été prononcé :
« Tel celui qui emprunte une abaya » (7). Un maître d’école est invité à une
noce ; il rencontre le père d’un élève et lui dit qu’il n’ira pas à la noce parce
qu’il n’a pas de vêtement convenable – Qu’à cela ne tienne, dit l’autre, je vais
t’en prêter une « abaya ». Pendant le dîner, le prêteur ne cessait de rappeler au
maître d’école de prendre soin de son vêtement, il lui faisait signe que ses pans
traînent à terre, qu’il risquait de la tacher en mangeant, etc. Le maître d’école se
trouve confus de passer pour un miséreux aux yeux des invités de la fête, il se
promit de ne plus recommencer.
À quelque temps de là, un autre ami lui proposa d’emprunter son
« abaya » pour une autre fête. Mais il refusa net et raconta sa mésaventure avec
le prêteur indélicat. Mais son ami insista, lui promettant qu’il n’aurait rien à
craindre avec lui de pareil. Le maître d’école se laissa faire, emprunta l’
« abaya » et, instruit par une première expérience, prit des précautions pour que
les pans de l’habit ne traînent pas ; il relevait fréquemment les manches et osait
à peine manger du bout des doigts … son ami obligeant, observant tout cela, lui
dit : « Mets-toi à l’aise, je ne suis pas regardant comme l’autre ami… » et il
multipliait ses amabilités de la sorte qu’il attira ainsi l’attention des invités qui
comprirent que le pauvre maître d’école était venu habillé par le vêtement de
- 280 -
son ami ! Ce dernier se trouva doublement confus d’avoir un protecteur
maladroit.
2.
Le caractère conventionnel du signe linguistique*
en
général
et
du
signe
vestimentaire* :
lexiculture* et immotivation*, quel rapport ?
« Saussure a enseigné que la nature du signe est arbitraire(…) par
arbitraire l’auteur entend qu’il est immotivé […] nous appelons le signe la
combinaison du concept et de l’image acoustique » 291 .
En partant de ces deux points de vue, on va essayer de mettre en relief
l’arbitraire* du concept vestimentaire à travers les multiples dénominations :
« abaya », « fougya » et « selham » dans les sept contextes proverbiaux. La
démarche qui sera suivie consiste à dévoiler le noyau sémantique dans chaque
énoncé. De prime abord, nous bénéficions de sept énoncés comportant tous un
signifiant* de la même famille d’un seul vêtement, et parallèlement sept
significations du même vestème*. De plus, ces mêmes concepts sont tantôt
valorisé positivement, tantôt négativement.
Quand à la lexiculture* ou à la vesticulture*, nous essayons de la faire
émerger, en dégageant ses dimensions et en examinant son rapport avec
l’immotivation*.
En effet, dans le premier proverbe, « caban » ou « kabout » nous
renvoient au caractère irrésolu et indéterminé d’une personne. On peut avancer
que « caban » est ici plus ou moins négatif, bien qu’il n’ait pas dérogé
entièrement à son sens commun.
Le même vestème* acquiert une autre image, polysémique certes, mais
différente de celle aquise au premier contexte. Sur le plan lexiculturel*, le
« caban » représente un vêtement banal.
291
Saussure, Ferdinand de (1915, 1971), Cours de linguistique générale (C. L. G.,), publié par Charles
et Albert Sechehaye, Payot, Paris, p. 99.
- 281 -
Le « selham », une autre variante d’un même vêtement, représente dans
cette expression une double dimension. La première est dénotative et offre
l’information à caractère culturel que le « selham » est un vêtement avec lequel
on habille les nouveaux-nés dans la société marocaine. Il s’agit donc d’une
lexie révélatrice d’une culture partagée. La deuxième est connotative dans la
mesure où ce vestème* dans la présente circonstance renvoie au fait de
l’anticipation.
Dans le quatrième proverbe, l’« abaya » est synonyme d’exploitation et
de profit. La notion vesticulturelle réside alors dans le fait que dans cette
société arabe dans laquelle le présent proverbe a été prononcé les individus
échangent et se prêtent leurs vêtements de leur vivant.
Le même vestème* évoque, dans la cinquième expression idiomatique,
l’incontestabilité et l’indéniabilité ; lexiculturellement* « abaya » est un
vêtement de dessus, très léger et transparent qui se porte en été.
Sous le nom de « fouqya » (qui veut dire littéralement « au-dessus »), un
autre vêtement du même type que « abaya », « caban » et « selham »
acquièrent d’autres valeurs dans ce proverbe à caractère axiologique ;
la « fouqya » est un signe* ostentatoire, sa valeur lexiculturelle* résidant dans
le fait qu’elle représente un vêtement coûteux, et du coup, distingué qui ne peut
être porté que par les gens aisés.
Enfin, « abaya », dans le dernier proverbe, prend une valeur plus ou
moins négative puisque les deux prêteurs de ce vêtement désobligent celui
qu’ils prétendent aider ; la valeur lexiculturelle* de l’« abaya » demeure
identique à celle que nous avons dégagée au quatrième proverbe, à savoir le fait
que les Arabes se prêtent leurs vêtements, surtout les vêtements de fête. En
effet, le Maroc est connu pour la préservation de ses traditions, particulièrement
la tradition vestimentaire. Il suffit d’assister à une cérémonie de mariage, par
exemple, pour remarquer à quel point les Marocains sont fidèles à leur
patrimoine vestimentaire. Or les vêtements traditionnels marocains sont très
coûteux, et tout le monde ne possède pas les moyens d’en acheter. Pour cette
- 282 -
raison hommes et femmes se prêtent leurs vêtements pour assister à des fêtes.
Bien que cette habitude soit en vogue, les emprunteurs se trouvent embarrassés
de voir les autres découvrir que les vêtements qu’ils portent ne leur
appartiennent pas ; cette dernière notion est renforcée par un proverbe marocain
très connu : « Est nu celui qui s’habille avec les vêtements des autres ».
Nous avons ainsi pu démontrer qu’un vestème* au même titre que le
signe linguistique* est arbitraire*. Nous nous servons ici de deux langues
parallèlement, le français et l’arabe, ce qui constitue en soi, une preuve du
caractère immotivé du signe linguistique* en général, et du signe
vestimentaire* en particulier. Benveniste argumente cela de la sorte : « «Ainsi
l’idée de ‘sœur’ n’est liée par aucun rapport intérieur avec la suite de son s-ô-r
qui lui sert de signifiant* ; il pourrait être aussi bien représenté par n’importe
quelle autre : à preuve les différences entre les langues et l’existence même de
langues différentes : le signifié* ‘bœuf’a pour signifiant* b-ô-f d’un côté de la
frontière et o-k-s (Ochs) de l’autre » 292 . Nous ajoutons une autre preuve qui
correspond aux différents emplois du même vestème* et les sens multiples
qu’il peut avoir selon le contexte.
Quant à la lexiculture* et son rapport avec la motivation* ou
l’immotivation*, nous attestons l’existence d’un lien fort entre les deux
concepts dans la mesure où motivation* et lexiculture* dépendent d’un
contexte précis et que l’une comme l’autre change de sens premier et en
acquiert un autre dans l’agglomérat.
Selon J. Piget le structuralisme est : « Toute doctrine ou méthode qui,
avec un certain degré d’abstraction considère son objet d’études non comme
un simple agglomérat d’éléments disparates, mais comme un agencement
d’éléments solidaires tel que chacun dépend des autres et n’est définissable
que dans et par ses relations d’équivalence ou d’opposition avec les autres, à
l’intérieur de tout. » 293
292
293
Benveniste, E, (1996), Problèmes de linguistique générale, Gallimard, Paris, p. 49.
Piget, J., cité par Galisson, R. (1976), Dictionnaire de didactique des langues, Paris, Hachette, 24.
- 283 -
Examinons les différents vestèmes* « caftan », « niqab », « balgha » et
« babouche ».
VII.
« Caftan » et « niqab »: définition sémantiques
et lexiculturelles*
[1]
« A femme noble on ne dit jamais relève ton caftan. »
[2]
« Si tu avais été de noble origine, tu n’aurais pas laissé tomber ton
voile. »
Les deux pièces vestimentaires« caftan » et « niqab » (voile) qui
représentent deux vêtements féminins sont ici employées dans un même
contexte. Cafetan a été intégré dans la langue française, contrairement à niqab
qui est absent dans les trois dictionnaires que nous avons consultés, en
l’occurrence le Petit Robert, le TLFI et le Petit Larousse. Le « caftan » et le
« niqab » sont deux vêtements qui correspondent aux exigences de pudeur
dictées par la religion musulmane. Cette précision à caractère lexiculturel* est
absente dans les trois dictionnaires, le Petit Robert se contente de la
définition : « vêtement oriental, ample et long », le TLFI : « Riche vêtement
oriental en forme de longue pelisse fourrée que les souverains offraient, les
jours de cérémonies, aux personnages de rang élevé », le Petit Larousse est le
seul dictionnaire à avoir précisé que le caftan est porté dans les pays
musulmans.
Les deux vestèmes* désignent une même valeur aux yeux de l’islam, il
s’agit de la noblesse.
- 284 -
VIII. La
« balgha »
au-delà
de
la
définition
sémantique, la définition lexiculturelle*
- La « balgha » ou le « babouche » : sens
culturel emprunté au contexte [1]
« Trois choses garantissent trois autres :
le burnous garantit la chaleur,
la balgha garantit d’aller pieds nus,
l’éloignement garantit la dureté du cœur.»
[2]
« Si tu le vois effaré et la balgha à la main, sache qu’il a commis
quelques méfaits avec intention. »
[3]
« Il est cordonnier et il n’a pas réparé sa balgha. »
[4]
« Le saint dont nous désirions la bénédiction, nous l’avons trouvé dans
la mosqué les pieds chaussés. »
Examinons les emplois du terme « balgha » dans les expressions
suivantes : « Trois choses garantissent trois autres : le burnous garantit la
chaleur, la balgha garantit d’aller pieds nus, l’éloignement garantit la dureté
du cœur. » [1] Ce proverbe nous apprend que la « balgha » ne constitue pas de
vrais chaussures et qu’être chaussé d’une « balgha », c’est comme si on
marchait pieds nus. Dans ce contexte, « balgha » fait l’objet d’une simple
constatation informant sur le caractère accessoire de la « balgha ».
Le deuxième proverbe « Si tu le vois effaré et la balgha à la main, sache
qu’il a commis quelques méfaits avec intention. » [2] confirme l’idée du
caractère vulnérable de la « balgha ». En effet, celui qui commet un méfait doit
s’échapper en courant, or, être chaussé d’une « balgha » ne facilite pas l’action
de courir. Le malfaiteur est contraint de se déchausser afin de pouvoir
s’empresser, ce qui constitue une preuve à son encontre ; « balgha » dans ce
contexte renvoie à un « acte malveillant ».
- 285 -
Dans d’autres circonstances, être chaussé de sa « balgha » constitue une
déception pour les autres. Dans ce cas de figure, il s’agit de tout un protocole
culturel révélé par cette lexie dans le contexte précis du proverbe : « Le saint
dont nous désirions la bénédiction, nous l’avons trouvé dans la mosquée les
pieds chaussés » [4]. Deux normes culturelles ont été transgressées : la
première réside dans le fait d’entrer dans un lieu saint comme la mosquée et de
ne pas prendre la peine de se déchausser, un comportement encore moins
admissible venant d’un saint, ce qui constitue la deuxième norme culturelle
transgressée. Une fois de plus la « balgha » acquiert des valeurs culturelles
négatives traduites ici par la déception et la transgression de normes culturelles.
La fragilité de la « balgha » fait qu’elle est sujette aux déchirements et a
besoin d’être constamment raccommodée ; or, « Les cordonniers sont les plus
mal chaussés » comme l’explique également le dernier proverbe de la série
« balgha » : « Il est cordonnier et il n’a pas réparé sa balgha » [3].
Notons que la « balgha » a acquit dans les différents emplois du corpus
ci-dessus des virtuèmes* aussi bien sémantiques que culturels ; ce qui étaye
l’idée du caractère conventionnel de la lexiculture*. Par ailleurs, la « balgha » a
conservé sa valeur négative dans tous les éléments du corpus.
B.
TERMES GÉNÉRIQUES
Passons au deuxième volet de cette section et mettons en lumière les termes
dits « génériques ». La désignation « termes génériques » a été choisie pour classer les
sèmes qui font référence à une catégorie, une classe, comme par exemple
« vêtement » et « habit » tandis que la désignation « termes spécifiques» a été attribuée
aux sèmes qui dénotent les spécimens appartenant à leur tour à l'une ou l'autre
catégorie générique. Ces deux dénominations ont été élaborées pour pouvoir présenter le
grand nombre de proverbes relevés d'une manière systématique ensemble avec les
analyses sémantico-structurales.
Les sèmes analysés sous cette rubrique représentent seulement une sélection de
termes génériques nullement exhaustive. En tant que tels, les termes génériques
- 286 -
rassemblés ici englobent le sens littéral de quelque chose de vestimentaire en général
et non pas le sens d’un vêtement précis. Bien entendu, ces mêmes termes peuvent
aussi assumer un sens figuré en fonction du contexte dans lequel ils sont employés.
Dans ce qui suit, nous présentons un corpus assez long intégrant des
signifiants* ayant un lien avec l’univers vestimentaire que nous allons soumettre à
une analyse lexiculturelle* à partir d’une analyse générale :
[1]
« Le meilleur vêtement est celui qui couvre le corps, et le meilleur manger est
celui qui est présent. »
[2]
« Porte ce qui décemment te vêt et mange ce qui est prêt. »
[3]
« Le nageur nage et se rappelle ses vêtements. »
[4]
« Habille le bâtonnet et il deviendra mignon. »
[5]
«Celui qui coud ou celui qui raccommode son vêtement n’est pas déshabillé. »
[6]
« Le chaussé ne s’inquiète pas du va-nu-pieds ; celui qui est dans la joie rit des
soucis, celui qui est couché (habillé) de velours a chaud, se peut-il que le
sommeil vienne à celui qui est nu. »
[7]
« De paille ton ventre bourre ; de beurre ta bouche enduis le contour, puis
devant tes ennemis tour à tour pavane toi paré de tes plus beaux atours. »
[8]
« A leurs vêtements toujours neufs, oppose les tiens toujours propres. »
[9]
« Chaque fil est destiné à celui qui doit l’endosser. »
[10]
« Un tel est un tel qu’il soit bien ou mal vêtu. »
[11]
« Celui qui n’est pas habitué à (brûler) l’encens, se brûle les vêtements. »
[12]
« Si en coton ton habit, tu ne dois point t’approcher d’un incendie. »
[13]
« L’hiver est venu…celle qui n’a pas filé la laine restera nue. »
[14]
« Celui à qui la fortune sourit peut faire parade de ses beaux habits. »
[15]
« Dis-moi comment tu t’habilles, je te dirai ce que tu vaux » ou « Ta valeur est
égale à ce dont tu es revêtu. »
[16]
« Fou, il est, mais il ne perd pas de vue ses vêtements. »
[17]
« L’habit dont on couvre le nouveau-né à sa naissance est celui là même qu’on
lui ôte à sa mort. »
- 287 -
[18]
« Ose et tu seras couvert de kettan. »
[19]
« Si tu sais qu’il a des vêtements que t’importe s’il est mal habillé ? »
[20]
« Son dîner a la même valeur que son habit. »
[21]
« L’habit est précieux mais le diner est emprunté. »
[22]
« Celui qui ne raccommode pas ne s’habille pas. »
[23]
« De ta bouche à ta manche. »
[24]
« Habille-toi à ta taille, cela t’ira bien. »
[25]
« Est nu celui qui est habillé avec les vêtements des autres. »
[26]
« On exalte l’épouse du riche commerçant même si ses vêtements sont
raccommodés. »
[27]
« On méprise l’épouse du pauvre, même si elle est habillée d’or et d’argent. »
[28]
« Le pire parmi les hommes est celui qui ne peut lire sa missive, égorger son
mouton, faire cuir son repas et laver son linge ; mieux vaut pour lui être mort
que vivant. »
[29]
« Mange ce qui te plaît et porte ce qui plaît aux autres. »
[30]
« Il enjambe les flammes en pantalon de ‘halfa’ (paille). »
I.
Le vocabulaire vestimentaire d’origine
Il va s’agir ici de relever et d’analyser le vocabulaire relatif au
« vêtement » dans sa langue d’origine, en l’occurrence en arabe dialectal.
Dans le premier proverbe, le terme est « lbass » ; dans la variante du
même proverbe, l’équivalent du « vêtement » est « kasswa » ou encore
« kssatou » (ses vêtements) pour le deuxième proverbe. Les verbes « labbass »
(habille), « khayatt » (coud) et « rakkaâ » (raccommode) des troisième et
quatrième proverbes évoquent implicitement cette seconde peau exclusive à
l’être humain. De même, l’adjectif « aryane » (nu) ainsi que « lktiffa »
(velours) pour le cinquième proverbe. L’adjectif « mssaban » (linge propre) et
le substantif « sabonne » (lessive) pour le sixième et le septième proverbe ne
sont employés qu’avec le « vêtement » en règle générale. Le « fil » au huitième
proverbe évoque métonymiquement le « vêtement ». En ce qui concerne le
- 288 -
neuvième proverbe c’est la dichotomie (habillé /nu) « makssi/âaryane » qui
rappelle l’habit. Un autre synonyme de « vêtement » est employé dans la
dixième expression : « hwayjou » (ses habits). Le terme « kettan » (coton)
constitue une matière première dans la confection des vêtements. L’expression
« ghazlat » (filer la laine) propre au treizième proverbe constitue l’action de
confectionner un « vêtement ». Le vêtement est évoqué encore une fois par une
partie « kmamou » (ses manches) avec le proverbe numéro quatorze.
II. La
dimension
vestimentaires
musulmane :
lexiculturelle*
dans
la
« vêtement »
des
apparences
culture
arabo-
connoté
versus
« vêtement » dénoté
Au cours du corpus relatif à l’archilexème* « vêtement » mentionné cidessus, l’emploi de ce dernier est tantôt dénotatif tantôt connotatif ; en d’autres
termes, dans certains proverbes, le sémème « vêtement » conserve ses sèmes :
« ensemble d’objet », « fabriqué pour couvrir le corps humain », « le cacher »,
« le parer » ; dans d’autres, « vêtement » perd ses sèmes et acquiert des
virtuèmes*.
1.
Le vêtement dénotatif
« Celui- qui coud ou celui qui raccommode ses vêtements n’est pas
déshabillé. » [5] Coudre ou raccommoder soi-même ses vêtements représente
entre autres une habitude, voire un métier chez les Marocains, d’où la
dimension lexiculturelle* du présent proverbe.
La dichotomie habillé /nu évoquant la thématique vestimentaire au
sixième proverbe conserve son sens premier ; en effet, les propos suivants :
« Le chaussé ne s’inquiète pas du va-nu-pieds ; celui qui est dans la joie rit des
soucis ; celui qui est couché (habillé) de velours a chaud ; se peut-il que le
sommeil vienne à celui qui est nu » [6] semblent s’assimiler à des tristes
- 289 -
remarques à propos de l’individualisme. Le septième proverbe, « De paille [. .
.] tes plus beaux atours » [7], est également purement dénotatif ce qui ne fait
pas obstacle à la portée culturelle qui réside dans l’importance donnée aux
apparences.
Dans la même perspective, le septième proverbe exprime la même idée
que celle évoquée dans le proverbe précédent. En fait, en arabe, les deux termes
« mssaban » et « saboune » figurent respectivement dans ces deux proverbes,
les deux termes signifiant* « propreté » qui constitue un refuge et une
alternative pour les gens de basse condition qui ne pouvant pas se procurer de
nouveaux habits pour se faire respecter dans cette société d’ostentation.
« Chaque fil est destiné à celui qui doit l’endosser. »[9] Ce proverbe est
d’une portée lexiculturelle* essentielle ; en effet, dans la culture musulmane,
tout ce qui se rapporte à l’être humain (actes, comportement, destin, passé,
futur…) est pré-écrit par dieu ; du coup, chaque vêtement avant même qu’il soit
confectionné et qu’il ait atteint son étape finale, est prédestiné à un individu
précis.
« Un tel est un tel qu’il soit bien ou mal vêtu. » [10] Ce proverbe réfute
tous les autres proverbes rapportés et expliqués ci-dessus, dans la mesure où,
contrairement aux autres proverbes cités rendant hommage à l’apparence
vestimentaire, celui-ci étaye l’idée selon laquelle « L’habit ne fait pas le
moine » ou encore « La djellaba ne fait pas le fkih ». Ce proverbe arabe aussi
bien que le proverbe français « L’habit ne fait pas le moine » représente la
négation du vêtement comme reflet de l’être qui le porte.
« L’hiver est venu…celle qui n’a pas filé la laine restera nue » [13] Cette
expression rejoint, sur le plan sémantique, le quatrième proverbe, en
l’occurrence : « Celui- qui coud ou celui qui raccommode ses vêtements n’est
pas déshabillé » [5].
« Dis-moi comment tu t’habilles, je te dirai ce que tu vaux » [15], ce
proverbe s’explique par un autre : « La belle plume fait le bel oiseau »,
- 290 -
autrement dit, les vêtements, selon ce proverbe, communiquent la valeur du
vêtu.
« Si tu sais qu’il a des vêtements que t’importe s’il est mal habillé ? »
[19] L’essentiel est que la personne possède des vêtements et qu’elle les porte,
qu’ils soient beaux ou pas.
Dans
la
même
perspective,
nous
citons
les
deux
proverbes
suivants : « On exalte l’épouse du riche commerçant même si ses vêtements
sont raccommodés » [26] puisqu’on sait qu’elle est forcément riche du fait de la
richesse de son époux. Par ailleurs : « On méprise l’épouse du pauvre, même si
elle est habillée d’or et d’argent » [27] parce qu’on sait que ses vêtements ne
lui appartiennent pas.
2.
Le vêtement connotatif
Le vêtement dans les proverbes suivants : « Le meilleur vêtement est
celui qui couvre le corps, et le meilleur manger est celui qui est présent » [1],
« Porte ce qui décemment te vêt et mange ce qui est prêt » [2] connotent le
contentement et la bienséance.
Les deux proverbes suivants : « Le nageur nage et se rappelle ses
vêtements » [3] et « Fou, il est, mais il ne perd pas de vue ses vêtements » [16]
emploient le signifiant* « vêtement » dans le sens de « vigilance » ; la leçon
que nous pouvons tirer du premier proverbe, c’est qu’il ne faut pas oublier ses
devoirs tout en se distrayant. Le virtuème* « devoir » s’ajoute au signifiant*
« vêtement ». Le deuxième proverbe désigne un individu qui se se croit plus
bête qu’il n’est, de ce fait, le signifiant* « vêtement » acquiert une autre valeur
et un autre virtuème*, en l’occurrence « la confiance en soi ».
« Habille le bâtonnet et il deviendra mignon. » [4] Ici le verbe habiller
évoque le « vêtement ». Ce proverbe a un double sens, l’un constituant l’inverse
de l’autre. En prononçant ces propos, on peut valoriser le vêtement ou le
dévaloriser selon le sens figuré en question. Le premier sens valorisant veut que
les vêtements soient importants pour la respectabilité d’un individu quelconque.
- 291 -
Le deuxième sens dévalorisant fait du vêtement un masque qui cache bien des
défauts et vices, une parure qui camoufle la laideur.
« Celui qui n’est pas habitué à (brûler) l’encens, se brûle les
vêtements. » [11] « Si en coton ton habit, tu ne dois point t’approcher d’un
incendie. » [12] « Il enjambe les flammes en pantalon de ‘halfa’ (paille) .» [30]
Bien que ces trois proverbes semblent différents, ils traduisent pourtant un
même sens, ils s’appliquent à une personne inconsciente des risques qu’elle
prend ; par conséquent le signifiant* « vêtement » est employé dans le sens de
protection et de vigilance.
« Celui à qui la fortune sourit peut faire parade de ses beaux habits. »
[14] Traduit au pied de la lettre, l’expression arabe [kmam] correspond à
« manches », évoquant métonymiquement les « vêtements », en l’occurrence
les « beaux habits » représentant ici un signe* de richesse. L’expression « Bien
danse à qui la fortune chante » explique le sens du proverbe analysé, ce dernier
mettant en exergue le sens virtuel du vêtement.
« Ose et tu seras couvert de kettan. » [18] Le « kettan » est
polysémique ; il est traduit par « tissu », il peut désigner le tissu coûteux et
précieux dont les femmes marocaines confectionnent leur vêtements
traditionnels. En partant de ce point de vue, nous paraphrasons ce proverbe par
« Dépense et tu porteras de beaux habits ». Dans un deuxième sens, « kettan »
renvoie au linceul, dans ce cas, ce proverbe s’adresse - en guise de mise en
garde - à un individu audacieux, imprudent, et qui aime prendre des risques ;
nous schématisons les deux sens du vêtement dans ce proverbe de la sorte :
1. « kettan » = vêtement = richesse
2. « kettan » = tissu = linceul = vêtement drapé final = mort
Rapportons deux proverbes synonymes : « Son dîner a la même valeur
que son habit. » [20] et « Habille-toi à ta taille cela t’ira bien ». [24] L’habit
dans ces deux proverbes renvoie à la modestie et à l’autosatisfaction puisque
les deux proverbes évoquent des personnes pauvres.
- 292 -
Enfin, le virtuème* « discrétion » est interpelé par l’image métonymique
du « vêtement » en l’occurrence le signifiant* « manche » au dernier proverbe
« De ta bouche à ta manche » [23].
Les pratiques vestimentaires liées à la communauté arabo-marocaine, sont
reflétées par des proverbes, ces derniers, à leur tour, communiquant des us et
coutumes culturels vestimentaires.
Pour expliquer quelques proverbes, nous les avons fait suivre parfois par leurs
équivalents en langue et culture françaises : « La djellaba ne fait pas le fkih » trouve
tout à fait son explication dans le proverbe français : « L’habit ne fait pas le moine ».
Par ailleurs, les proverbes n’ont pas toujours leur équivalents, comme nous venons de
le voir, ils sont porteurs d’images différentes mais surtout de cultures différentes. En
l’absence de proverbes français équivalents, et aussi en l’absence d’explications
culturelles de l’usage d’un vêtement particulier dans les dictionnaires, nous nous
sommes efforcées de clarifier la valeur culturelle de chaque pièce vestimentaire. 294
Dans ce dernier chapitre, nous avons rassemblé deux procédures d’analyse : la
triple investigation dictionnairique et la lexiculture*. La première nous a permis
d’exploiter le plus richement possible trois dictionnaires : le Petit Robert, le Petit
Larousse et le Trésor de la Langue Française pour le terme « vêtement » au delà
même de l’article qui lui est consacré. Ainsi au terme de l’investigation
dictionnairique, nous avons pu collecter des informations complètes sur notre objet de
recherche et nous avons pu percevoir les définitions implicites cachées dans le
« désordre » alphabétique des dictionnaires. Le nombre important d’articles dans
lesquels est mentionné « vêtement » dans l’ensemble de chaque dictionnaire témoigne
de l’importance de ce concept.
En somme, « la triple investigation » nous a offert un dictionnaire caché dans
chacun des trois dictionnaires auquels nous avons eu recours.
294
Ce sont « balgha », « abaya », « djellaba », « haïk » et « babouche ».
- 293 -
Quant à la deuxième partie de ce chapitre, nous l’avons consacré à une quête
lexiculturelle* en analysant un bon nombre de proverbes se rapportant au seul thème
du « vêtement ».
CONCLUSION
Arrivé au terme de ce travail, essayons de mettre en exergue les idées
directrices, tout en soulignant les problématiques essentielles.
Une première idée était de cerner et de rassembler les différentes définitions
ainsi que les divers usages du vêtement. Pour cela, il était nécessaire de proposer tout
un chapitre purement théorique où nous avons compilé les définitions ou plutôt les
conceptions et les rôles de cette « deuxième peau » et son rapport étroit avec le
phénomène de la mode en étudiant les ouvrages de plusieurs spécialistes en la matière
et en prenant en compte leurs différents points de vue.
Une autre question s’est posée tour à tour implicitement et explicitement tout le
long de la présente thèse, nous nous la posons de nouveau ici en nous servant d’un
proverbe connu : « L’habit fait-il le moine ? » Nous optons plutôt pour la neutralité en
nous appuyant sur la notion de la relativité, en soulignant que selon la culture, les
situations et les circonstances des individus, l’habit peut parfois faire l’homme.
La rédaction du deuxième chapitre était tributaire de la résolution du problème
suivant : comment constituer un corpus convaincant qui ne nous amènerait pas à une
répétition interminable des mêmes procédés ou des mêmes résultats, mais qui nous
permettrait de démontrer comment les éléments théoriques présentés dans le premier
chapitre peuvent être appliqués à une sélection d’images publicitaires de mode
précises.
Nous nous sommes appuyée sur deux critères pour la composition de notre
corpus en choisissant comme premier critère la synchronie, c’est-à-dire que nous
avons restreint notre corpus à la période 2005 à 2008, et comme deuxième critère le
principe de la diversité des pièces vestimentaires. « Ce qui importe en effet, par
rapport au projet sémiologique, c’est de constituer un corpus raisonnablement saturé
de toutes les différences possibles de signes vestimentaires ; à l’inverse, il n’importe
- 294 -
pas que ces différences se répètent plus ou moins, car ce qui fait le sens, ce n’est pas
la répétition, c’est la différence » 295 .
Par ailleurs, Roland Barthes donne le conseil de respecter une certaine
« homogénéité de la temporalité » 296 sans oublier pour autant de garantir la diversité
(c’est-à-dire une hétérogénéité) des images publicitaires.
Pour ne pas obliger le lecteur à se référer constamment à l’annexe de la thèse,
nous avons placé chaque image considérée en tête de notre analyse. Ainsi nous avons
essayé de faciliter au lecteur la tâche, en lui permettant de suivre notre analyse de
près, en l’encourageant à se référer immédiatement à une image précise lui permettant
ainsi de vérifier le contenu de notre analyse.
Quant au troisième et dernier chapitre, le premier problème à résoudre était de
procéder au relevé des proverbes à analyser. Il fallait intensifier les recherches dans
plusieurs bibliothèques et même à l’étranger pour pouvoir rassembler un nombre
significatif de proverbes marocains en lien avec le vêtement. Il fallait glaner les
proverbes utiles pour cette étude dans une multitude de livres. De plus, on s’est trouvé
contraint de puiser dans l’intégralité de ces recueils de proverbes pour pouvoir réunir
un corpus satisfaisant de proverbes qui se rapportent au seul sujet du « vêtement ».
Parmi les milliers de proverbes arabes qui existent dans les livres spécialisés,
nous n’en avons retenu que soixante-huit. Ce corpus est donc sélectif et limité au seul
thème de l’habillement. Notons que malgré le grand nombre de livres sur les
proberbes arabes, aucun ne classe les proverbes propres aux vêtements dans un
chapitre ou une section spécifique.
L’analyse lexiculturelle* de ce corpus de proverbes arabes forme le centre
d’intérêt de ce dernier chapitre.
On s’est intéressé au côté lexiculturel* des sèmes vestimentaires ; nous avons
dégagé à chaque texte une dimension particulière et fondamentale des lexèmes* dans
tel ou tel contexte proverbial. Nous avons constaté que, grâce à cette méthode
d’exploitation dite lexiculturelle*, nous avons mis la main sur toute la richesse
295
296
Op. cit., p. 21.
Barthes, Roland, L’aventure sémiologique, Èditions du Seuil, Paris, 1985, p. 82.
- 295 -
culturelle, en l’occurrence la valeur ajoutée reflétant la signification et la définition
complète du mot, souvent absente des dictionnaires mais qui est pourtant une « partie
intégrante » de la définition du mot.
En somme, au terme de ce travail, nous mettons en exergue l’importance des
vêtements comme vecteur culturel et comme un élément pertinent. En effet, à la suite
de nos investigations dans trois grands dictionnaires, ainsi qu’à la suite de l’analyse
des proverbes que nous avons collectés, et enfin des recherches que nous avons
effectuées sur cette spécificité humaine qu’est le vêtement, nous confirmons que la
première perception des gens est visuelle, en d’autres termes, le style vestimentaire
d’une personne peut donner une première idée de sa personnalité, de son
comportement affectif et social, didactique et professionnel. C’est un truisme
confirmé par l’analyse linguistique.
Dans cet univers, la mode tiens une grande place, dans la mesure où la mode
vestimentaire est un phénomène impliquant le collectif via la société, le regard qu'elle
renvoie, les codes* qu'elle impose et le goût individuel qu’elle développe. La mode
vestimentaire est déterminée par d’autres facteurs, pour ceux qui la suivent, c’est un
moyen d’affirmer son rang social, son pouvoir d’achat, et sa personnalité.
Enfin, à travers la sémiologie vestimentaire* que nous avons prise en compte,
nous avons, croyons-nous, démontré que le vêtement, au même titre que la langue,
possède une sémanticité non négligeable, et qu’on peut même en dégager une
grammaire. En effet, nous avons tenté de mettre l’accent sur le système linguistique
en parallèle avec le système vestimentaire, les points communs sont importants
(néologisme*, archaïsme*, antonymie, contexte, etc…)
La sémiologie* du système vestimentaire constitue donc un moyen de
communication au même titre que le système linguistique et mérite d’être examiné
plus amplement dans des recherches postérieures.
- 296 -
ANNEXES
ANNEXE 1 : CORPUS DES PROVERBES ET CITATIONS
ANALYSÉS
I.
Corpus
des
proverbes
et
citations
analysés
au
chapitre I.
1.
Les proverbes analysés au premier chapitre
[1]
« Beau vêtement n’est rien sans la poche pleine ».
[2]
« Ventre de son, vêtement de velours ».
[3]
« Il y a des sottises bien habillées, comme il y a des sots bien
vêtus ».
[4]
« Le singe est toujours singe, fût-il vêtu de pourpre ».
[5]
« Coûteux vêtement montre pauvreté d’esprit ».
[6]
« Il est plus facile à une prostituée vêtue de fourrure d’entrer au
temple qu’à dix honnêtes femmes en haillons de pénétrer dans la
maison d’un homme de bien ».
[7]
« . . . Ce n’est pas sur l’habit que la diversité me plaît, c’est dans
l’esprit ».
[8]
« L’habit ne fait pas le moine ».
[9]
« Ne vous fiez pas à la blancheur du turban, peut-être le savon fut
pris à crédit ».
[10]
« Coûteux vêtement montre pauvreté d’esprit ».
[11]
« . . . Ce n’est pas sur l’habit que la diversité me plaît, c’est dans
l’esprit ».
[12]
« Vêtement de laine tient la peau saine ».
[13]
« À Saint Serge – Achetez vos habits de serge ».
- 297 -
[14]
« Prends tes habits légers le 24 juin –Et reprends ceux d’hiver le
lendemain ».
[15]
« Quand Mardi gras est de vert vêtu – Pâque met des habits
blanc ».
[16]
« L’habit volé ne va pas au voleur ».
[17]
« Si l’habit du pauvre a des trous, celui du riche a des tâches ».
[18]
« Un verre de vin vaut un habit de velours ».
[19]
« On est reçu selon l’habit, reconduit selon l’esprit ».
[20]
« Si l’habit ne fait pas l’homme, du moins il le pare ».
[21]
« L’habit fait l’homme ».
[22]
« Dans mon pays, mon nom ; dans un pays étranger, mon habit ».
[23]
« Les tailleurs font bien des grands seigneurs ».
[24]
« On pardonne plus volontiers un trou dans le caractère d’un
homme que dans ses vêtements ».
[25]
« Dans l’homme que l’on connaît, on respecte la vertu : dans
l’homme que l’on ne connaît pas, on regarde l’habit ».
[26]
« Fais en sorte que ton habit ne laisse pas voir ce que tu es, mais
ce que tu dois paraître ».
[27]
« Les belles plumes font les beaux oiseaux ».
[28]
« L’oiseau doit beaucoup à son plumage ».
[29]
« Sois toujours bien habillé, même pour mendier ».
[30]
« Mange à ton goût et habille-toi selon le goût des autres ».
[31]
« Un homme regarde le visage de la mariée, une femme examine
sa robe ».
[32]
« L’aiguille habille les autres et demeure nue ».
- 298 -
2.
Les citations analysées au premier chapitre
[1]
« Les vêtements sont la dernière priorité d’un ingénieur, pour peu
qu’ils soient adaptés à la température ambiante et ne franchissent
pas le seuil de la décence ».
[2]
« Vous êtes fort bien vêtu contre votre usage ; pourquoi sous cet
habit, qui est très propre, une chemise sale ?
– C’est que je n’en ai qu’une.
– Et pourquoi n’en avez vous qu’une ?
– C’est que je n’ai qu’un corps à la fois ».
[3]
« Eh bien oui, c’est cela, que l’habit aille à la taille de chacun : la
misère aux peuples, le malheur au roi ».
[4]
« Si nous n’étions pas aveuglé par la sotte habitude, nous nous
apercevrions que le corps humain n’est vraiment sain et beau que
dans sa nudité ».
[5]
« Nu je suis venu au monde, et nu je le quitterai . . . ».
[6]
« L’homme et la femme étaient tous deux nus et n’en avaient pas
honte ».
[7]
« C’est qui ces deux-là ? Je ne sais pas . . . C’est la réponse que
vous obtiendrez à cent pour cent, si vous mettez des habits à Adam
et Ève ».
[8]
« L’artifice du costume et de la parure est de ceux qui, par la sotte
vanité et le servile esprit d’imitation, entraînent le plus souvent à
la corruption générale de la société ».
[9]
« La nudité, c’est la vérité, c’est la beauté, c’est l’art ».
[10] « Le nu est la sincérité du corps. . . une honnêteté que les gens
habillés ne peuvent pas avoir ».
[11] « Peut-on se montrer tel que l’on est vraiment, sans être nu ? . .
. ».
- 299 -
[12] « La seconde moitié du vingtième siècle a inventé un nouveau
vêtement : le dévêtu ».
[13] « Viens à la joie et chante ! Rejette ton habit austère et danse ;
sinon, va t’asseoir dans ton coin, caché sous des voiles
hypocrites ».
[14] « Être libre, c’est vivre nu et sans honte ».
[15] « Les hommes naissent nus et vivent habillés, comme ils naissent
indépendant et vivent sous des lois ».
[16] « Bien que vous recherchiez en vos habits le sceau de votre liberté,
vous n’y trouverez bien souvent que des chaînes ».
[17] « Nu . . . il n’y a de bonheur que pour les corps libéré de leurs
vêtements ».
[18] « Je crois qu’il y a quelque chose de libérateur à se promener
complètement nu. Je me sens vraiment à l’aise avec la nudité ».
[19] « Nous vivons une époque étrange où tout le monde a peur de la
nudité, mais j’ai été élevée dans l’idée que c’est quelque chose de
beau ».
[20]. « Nos vêtements dissimulent beaucoup de notre beauté, et ne
cachent point ce qui n’est pas beau ».
[21] « La laideur de l’homme, c’est la laideur des vêtements ».
[22] « Le corps humain nu garde inchangé son lustre et sa beauté ».
[23] « Quand nous rendrons-nous compte que Dieu (Allah) qui a créé
le premier homme nu et la terre pourvu d’ornements, continue de
nous faire sortir du ventre de nos mères égaux dans la nudité, afin
que nous profitions des ornements de la terre ? »
[24] « Le nu éveille des émotions excessives. La chasteté du vêtement
les tempère. Comment dicter des lettres raisonables à une
secrétaire nue ? »
[25] « La nudité, c’est pire qu’indécent, c’est bestial ! Le vêtement,
c’est l’âme humaine ».
- 300 -
[26] « L’habit fait le moine. Les gens nus n’ont pas ou peu d’influence
sur la société ».
[27] « Le vêtement est parfois la partie la plus réelle des choses. Avezvous remarqué la vérité de cette vieille expression : ‘Vêtu et dans
son bon sens’. L’homme n’est pas dans son bon sens s’il n’est pas
revêtu des symboles de sa dignité sociale. L’humanité n’est pas
humaine quand elle est nue ».
[28] « Les moralistes du troisième millénaire noteront sans doute que
c’est au moment précis où les hommes cessèrent d’épouser les
femmes que les vêtements cessèrent d’épouser le corps ».
[29] « Les vêtements doivent entrer dans l’idée de la beauté ; ils font la
grâce ».
[30] « Les beaux habits sont un signe de joie ».
[31] « Chez certains gens, un habit neuf, c’est presque un beau
visage ».
[32] « Ma foi, les beaux habits servent bien à la mine ».
[33] « Oui, l’habit ça flatte toujours, et ce n’est pas moi qui suis
élégant, c’est mon costume ».
[34] « Il n’y a plus de mode, rien que des vêtements ».
[35] « Je ne crée pas des vêtements, je crée des rêves ».
[36] « joue contre les offenses exactement le même rôle que les
vêtements contre le froid ».
[37] « Si le fils d’un meunier, avec tant de vitesse, gagne le cœur d’une
princesse, (. . .) c’est que l’habit, la mine et la jeunesse, pour
inspirer de la tendresse, n’en sont pas des moyens toujours
indifférents ».
[38] « Gens en santé, payez-vous un grand luxe . . . passez une journée
en robe de chambre. Malades, payez-vous le luxe . . . d’une
journée en habit de voyageur ».
- 301 -
[39] « En vous voyant sous l’habit militaire, j’ai deviné que vous étiez
soldat ».
[40] « Ah mon habit, que je vous remercie ! – Que je valus hier, grâce à
votre valeur ! »
[41] « Ici l’habit fait valoir l’homme, là l’homme fait valoir l’habit ».
[42] « L’habit d’un homme proclame ce qu’il fait, sa démarche révèle
ce qu’il est ».
[43] « La parole est le vêtement de la pensée, et l’expression en est
l’armure ».
[44] « Rien ne met mieux en valeur la fraîcheur et la gentillesse d’un
enfant qu’un vêtement sombre et austère ».
II.
Corpus des proverbes marocains analysés au
troisième chapitre
1.
En français (dans l’ordre de la traduction en
arabe)
[1]
« À la longueur de ton haïk, longe ton pied ».
‘halfa’ (paille). »
[2]
« S’il décide de gagner sa vie dans le commerce des chéchias, les
gens naîtrons sans tête. »
[3]
« Ils acceptent qu’on leur enfonce les chéchias jusqu’aux
oreilles. »
[4]
« Si la tête est épargnée, elle trouvera toujours une chéchia. »
[5]
« Déménagement des tolbas : Un bâton à la main et une aiguille
dans la chéchia »
[6]
« A celui qui vient te demander ta sollicitude, fais le asseoir sur
un pan de ton haïk ».
[7]
« Aveugle oh ! oui trois fois aveugle celui qui malgré les nuages
dont le ciel est couvert, met son haïk à la lessive ».
- 302 -
[8]
« Muhand, je ne l’aime point, sa djellaba je la porte ».
[9]
« La djellaba ne fait pas le fkih ».
[10] « Appelez–moi celui qui porte la djellaba, messieurs qu’êtes
entrain de danser ».
[11] « Deux (choses) rendent les jeunes hommes malades : se marier à
des filles minables et dormir dans une djellaba ».
[12] « Il a (fait sortir) renvoyé la main dans la manche du caban . »
[13] « Il a acheté un caban . »
[14] « Dans son sein son fils, n’en est encore qu’à l’état d’embryon.
Elle, déjà, elle tisse pour lui son « salham » pour grandes
occasions ! »
[15] « Hammou est vilain mais son « abaya » est belle. »
[16] « Le ciel ne peut être caché par l’abaya .»
[17] « Une fouqya qui n’est pas habitué à être nu s’y colle. »
[18] « Tel celui qui emprunte une abaya. »
[19] « A femme noble on ne dit jamais relève ton caftan. »
[20] « Si tu avais été de noble origine tu n’aurais pas laissé tomber
ton voile. »
[21] « Si tu le vois effaré et la balgha à la main, sache qu’il a commis
quelques méfaits avec intention. »
[22]
« Le saint dont nous désirions la bénédiction, nous l’avons
trouvé dans la mosqué les pieds chaussés. »
[23] « Celui qui nous aime, nous l’aimons, et nous le mettrons sur nos
têtes comme un turban, et celui qui nous déteste nous le détestons
jusqu’au dernier jugement. »
[24] « Il enjambe les flammes en pantalon de
[25] « Il est cordonnier et il n’a pas réparé sa balgha. »
[26] « Porte ce qui décemment te vêt et mange ce qui est prêt. »
[27] « Le meilleur vêtement est celui qui couvre le corps, et le meilleur
manger est celui qui est présent. »
- 303 -
[28] « Le nageur nage et se rappelle ses vêtements. »
[29] « Habille le bâtonnet et il deviendra mignon. »
[30] «Celui qui coud ou celui qui raccommode son vêtement n’est pas
déshabillé. »
[31] « Le chaussé ne s’inquiète pas du va-nu-pieds ; celui qui est dans
la joie rit des soucis, celui qui est couché(habillé) de velours a
chaud, se peut-il que le sommeil vienne à celui qui est nus. »
[32] « De paille ton ventre bourre ; de beurre ta bouche enduis le
contour, puis devant tes ennemis tour à tour pavane toi paré de
tes plus beaux atours. »
[33] « A leurs vêtements toujours neufs, oppose les tiens toujours
propres. »
[34] « Chaque fil est destiné à celui qui doit l’endosser. »
[35] « Un tel est un tel qu’il soit bien ou mal vêtu. »
[36] « Celui qui n’est pas habitué à (brûler) l’encens, se brûle les
vêtements. »
[37] « Si en coton ton habit, tu ne dois point t’approcher d’un
incendie. »
[38] « L’hiver est venu…celle qui n’a pas filé la laine restera nue. »
[39] « Celui à qui la fortune sourit peut faire parade de ses beaux
habits. »
[40] « Dis-moi comment tu t’habilles, je te dirai ce que tu vaux » ou
« Ta valeur est égale à ce dont tu es revêtu. »
[41] « Fou, il est, mais il ne perd pas de vue ses vêtements. »
[42] « L’habit dont on couvre le nouveau-né à sa naissance est celui
là même qu’on lui ôte à sa mort. »
[43] « Ose et tu seras couvert de kettan. »
[44] « Si tu sais qu’il a des vêtements que t’importe s’il est mal
habillé ? »
[45] « Son dîner a la même valeur que son habit. »
- 304 -
[46] « L’habit est précieux mais le diner est emprunté. »
[47] « Celui qui ne raccommode pas ne s’habille pas. »
[48] « De ta bouche à ta manche. »
[49] « Habille-toi à ta taille, cela t’ira bien. »
[50] « Est nu celui qui est habillé avec les vêtements des autres. »
[51] « On exalte l’épouse du riche commerçant même si ses vêtements
sont raccommodés. »
[52] « On méprise l’épouse du pauvre, même si elle est habillée d’or
et d’argent. »
[53] « Le pire parmi les hommes est celui qui ne peut lire sa missive,
égorger son mouton, faire cuir son repas et laver son linge ;
mieux vaut pour lui être mort que vivant. »
[54] « Mange ce qui te plaît et porte ce qui plaît aux autres. »
[55] « Les turbans sont les couronnes des Arabes. »
[56] « Ils revêtirent de beaux habits, mirent des turbans et devienrent
des notables de la ville. »
[57] « Se raser embellit le visage, et un turban embellit la tête. »
[58] « Celui qui n’a pas changé de turban, n’a jamais vu de délices. »
[59] « Le turban est porté à l’étourneau alors que la chambre
(dégarnie de meubles) est vide. »
[60] « Combien de turbans sont sur les têtes des ânes ? »
[61] « Un turban sans barbe provient d’un manque de modestie. »
[62] « Trois choses garantissent trois autres :
-
-
le burnous garantit la chaleur,
-
la balgha garantit d’aller pieds nus,
l’éloignement garantit la dureté du coeur. »
[63] « Un khamès ne (fait pas) gagne pas un burnous. »
[64] « L’année au cours de laquelle je pense acheter le pistolet, je
vends le burnous. »
- 305 -
[65] « Jamais de ta vie, ô commerçant de la culture de figues, tu
n’achèteras un burnous. »
[66] « Nous avons celui qui met le burnous et se transforme en
marié. »
[67] « Après la calvitie et l’âge, on l’a revêtu d’un burnous rouge. »
[68] « Ma tête et la tienne ne sont pas dans une seule chéchia. »
Variante : « Deux têtes dans une seule chéchia. »
‫‪- 306 -‬‬
‫‪En arabe‬‬
‫]‪[1‬‬
‫‪2.‬‬
‫ﻋﻠﻰ ﻗﺪ ﺣﺎﻳﻜﻚ ﻣﺪ رﺟﻠﻴﻚ‬
‫]‪ - [2‬ﺗﻴﻠﺒﺴﻮا اﻟﺸﻮاﺷﻲ ﺣﺘﻰ ال‬
‫]‪ - [3‬ﺗﻴﻠﺒﺴﻮا اﻟﺸﻮاﺷﻲ ﺣﺘﻰ ال‬
‫]‪ - [4‬إذا ﺑﻘﻲ اﻟﺮاس ﻣﺎ ﺗﻌﺪﻣﻪ اﻟﺸﺎﺷﻴﺔ‬
‫]‪ - [5‬رﺣﻴﻞ اﻟﻄﻠﺒﺔ ‪ ،‬اﻟﻌﻜﺎز ﻓﻲ اﻟﻴﺪ و اﻟﻴﺒﺮة ﻓﺎﻟﺸﺎﺷﻴﺔ‬
‫]‪ - [6‬اﻟﻠﻲ ﺟﺎك و ﺗﺮﺟﺎك ﻓﺮﺷﻠﻪ ﻃﺮف ﻣﻦ ﺣﺎﻳﻜﻚ‬
‫]‪ - [7‬اﻋﻤﻰ ﺑﻦ ﻋﻤﻰ اﻟﻠﻲ ﻛﻴﺸﻮف اﻟﻐﻴﺎم ﻓﺎﻟﺴﻤﺎ و ﻳﺪﻳﺮﻫﺎ ﺣﺎﻳﻜﻮ ﻓﻲ اﻟﻤﺎء‪.‬‬
‫]‪ - [8‬ﻣﻮﺣﻨﺪ ﻣﺎ ﻧﺒﻐﻴﻪ و ﺟﻼﺑﺘﻮا ﻧﻠﺒﺴﻬﺎ‬
‫]‪ - [9‬اﻟﺠﻼﺑﺔ ﻣﺎ ﻛﺘﺪرﻳﺶ اﻟﻔﻘﻴﻪ‬
‫]‪ - [10‬ﻛﻠﻤﻮﻟﻲ ﻣﻮل اﻟﺠﻼﺑﺔ ‪ ،‬اﻟﻮاﻏﺶ اﻟﻠﻌﺎﺑﺔ‬
‫]‪ - [11‬زوج ﻳﻤﺮﺿﻮ اﻟﺸﺒﺎب ‪ ،‬زواج ﺑﻨﺎت اﻟﻜﻼب و اﻟﻨﻌﺎس ﻓﻲ اﻟﺠﻠﺒﺎب‬
‫]‪ - [12‬ﺧﺮﺟﻪ ﻳﺪه ﻓﻲ ﻳﺪ اﻟﻜﺒﻮط ﺷﺮى ﻛﺒﻮط‬
‫]‪ - [13‬ﻫﻮ ﺑﺎﻗﻲ ﻓﺎﻷرﺣﺎم و ﻫﻲ ﺳﺪات ﻟﻪ اﻟﺴﻠﻬﺎم‬
‫]‪ - [14‬ﺣﻤﻮ ﺷﻴﻦ و ﻋﺒﺎﻳﺘﻪ زﻳﻨﺔ‬
‫]‪ - [15‬اﻟﺴﻤﺎﻳﺔ ﻣﺎ ﺗﺘﻐﻄﺎش ﺑﺎﻟﻌﺒﺎﻳﺔ‬
‫]‪ - [16‬اﻟﻠﻲ ﻛﺴﺐ ﻓﻮﻗﻴﻪ ﺑﻌﺪ اﻟﻌﺮى ﺗﻠﺼﻖ ﻓﻮق ﻇﻬﺮه‬
‫]‪ - [17‬ﻣﺜﻞ اﻟﻠﻲ ﻣﺴﻠﻒ ﻓﻮﻗﻴﺔ‬
‫]‪ - [18‬اﻟﺸﺮﻳﻔﺔ ﻣﺎ ﺗﻘﻮﻟﻬﺎ ﻫﺰي اﻟﻘﻤﻴﺺ‬
‫]‪ - [19‬ﻟﻮ ﻛﻨﺖ ﺣﺮة ﻻ ﺗﻀﻴﻌﻲ ﻧﻘﺎﺑﻚ‬
‫]‪ - [20‬إذا ﺷﻔﺘﻪ ﺷﺎﻧﻖ و ﺑﻠﻐﺘﻪ ﻓﻲ ﻳﺪه ‪ ،‬اﻋﺮف ﺑﻠﻲ اﻋﻤﻠﻬﺎ ﺑﻴﺪه‬
‫]‪ - [21‬اﻟﺴﻴﺪ اﻟﻠﻲ ﻛﻨﺎ ﻧﺮﺟﺎ و ﺑﺮﻛﺘﻪ ‪ ،‬ﺻﺒﻨﺎه ﻓﻲ اﻟﺠﺎﻣﻊ ﻛﺸﻴﻄﺢ ﺑﺒﻠﻐﺘﻪ‬
‫]‪ - [22‬ﻟﻴﺒﻐﻴﻨﺎ ﻧﺒﻐﻴﻮا و ﻧﺪﻳﺮوه رزة ﻓﻮق رﺳﺎﻧﺎ و ﻟﻴﻜﺮﻫﻨﺎ ﻧﻜﺮﻫﻮه ﺣﺘﻰ ﻟﻴﻮم اﻟﻘﻴﺎﻣﺔ‬
‫]‪ - [23‬ﻳﺘﺨﻄﻰ اﻟﻨﺎر و ﺳﺮوال ﻣﻦ اﻟﺤﻠﻒ‬
‫]‪ - [24‬ﺧﺮاز و ﻣﺎ رﻗﻌﺸﻲ ﺑﻠﻐﺘﻪ‬
‫‪- 307 -‬‬
‫]‪ - [25‬ﻟﺒﺲ ﻣﺎ ﺳﺘﺮ و ﻛﻞ ﻣﺎ ﺣﻀﺮ‬
‫]‪ - [26‬ﺧﻴﺎر اﻟﻠﺒﺎس ﻣﺎ ﻳﺴﺘﺮ و ﺧﻴﺎر اﻷﻛﻞ ﻣﺎ ﻳﺤﻀﺮ‬
‫]‪ - [27‬ﺧﻴﺮ اﻟﻌﻴﺶ ﻣﺎ ﺣﻀﺮ و ﺧﻴﺮ اﻟﻜﺴﻮة ﻣﺎ ﺳﺘﺮ‬
‫]‪ - [28‬اﻟﻌﻮام ﻳﻌﻮم و ﻳﺘﻔﻜﺮ ﻛﺴﺎﺗﻪ‬
‫]‪ - [29‬ﻟﺒﺲ اﻟﻌﻮﻳﺪ ﻳﺮﺟﻊ ﺟﻮﻳﺪ‬
‫]‪ - [30‬ﻣﻦ ﺧﻴﻂ و رﻗﻊ ﻛﺴﺎﺗﻪ ﻣﺎ ﻋﺮﺗﻪ‬
‫]‪ - [31‬اﻟﻤﺼﺒﻂ ﻣﺎ درى ﺑﺎﻟﺤﺎﻓﻲ و اﻟﺰاﻫﻲ ﻳﻀﺤﻚ ﻋﻠﻰ اﻟﻬﻤﻮم ‪ ،‬اﻟﻠﻲ راﻗﺪ ﻓﻲ اﻟﻘﻄﻴﻔﺔ‬
‫داﻓﻲ و اﻟﻌﺮﻳﺎن ﻛﻴﻒ ﻳﺠﻴﻪ اﻟﻨﻮم‬
‫]‪ - [32‬ﻋﻤﺮ ﻛﺮﺷﻚ ﺑﺎﻟﺘﻴﻦ و ﻣﺴﺢ ﻓﻤﻚ ﺑﺎﻟﺴﻤﻦ و دوز ﻋﻠﻰ ﺣﺒﻴﺒﻚ و ﻋﺪوك ﻣﺼﺒﻦ‬
‫]‪ - [33‬إﻟﻰ ﻏﻠﺒﻮك ﺑﺎﻟﺠﺪﻳﺪ ﻏﻠﺒﻬﻢ ﺑﺎﻟﺼﺎﺑﻮن‬
‫]‪ - [34‬ﻛﻞ ﺧﻴﻂ ﻣﻜﺘﻮب ﻋﻠﻰ ﻟﺒﺎﺳﻪ‬
‫]‪ - [35‬ﻓﻼن ﻓﻼن ﻣﻜﺴﻲ و ﻻ ﻋﺮﻳﺎن‬
‫]‪ - [36‬اﻟﻠﻲ ﻣﺎ ﻣﺎﻟﻒ ﺑﺎﻟﺒﺨﻮر ﻧﺘﺤﺮق ﺣﻮاﻳﺠﻪ‬
‫]‪ - [37‬اﻟﻠﻲ ﺣﻮاﻳﺠﻪ ﻛﺘﺎن ﻣﺎ ﻳﻘﺮب اﻟﻨﺎر‬
‫]‪ - [38‬اﻳﺎم اﻟﺸﺘﺎ ﺟﺎت ‪ ،‬اﻟﻠﻲ ﻣﺎ ﻏﺰﻟﺘﺶ ﻋﺮﻳﺎﻧﺔ ﺑﻘﺎت‬
‫]‪ - [39‬اﻟﻠﻲ اﻋﻄﺎ ﺗﻮا ﻳﺎﻣﻮ ﻳﺸﺎﻟﻲ ﺑﻜﻤﺎﻣﻮ‬
‫]‪ - [40‬ﻗﺪ ﻣﺎ ﺗﻠﺒﺲ ﻓﺎﻟﻜﺴﻮة ﺗﺴﻮى‬
‫]‪ - [41‬اﺣﻤﻖ و ﺣﺎﺿﻲ اﺣﻮاﻳﺠﻪ‬
‫]‪ - [42‬ﻟﺒﺎس اﻟﻘﺎﺑﻠﺔ ﻛﺘﺰوﻟﻪ اﻟﻐﺴﺎﻟﺔ‬
‫]‪ - [43‬اﻟﻠﻲ زﻋﻢ ﻛﻴﻠﺒﺲ اﻟﻜﺘﺎن‬
‫]‪ - [44‬اﻟﻠﻲ ﻋﺮﻓﺖ ﻛﺴﺎه ﻣﺎ ﻳﻬﻤﻚ ﻋﺮاه‬
‫]‪ - [45‬ﻗﺪ ﻋﺸﺎه ﻗﺪ ﻛﺴﺎه‬
‫]‪ - [46‬اﻟﻜﺴﺎء ﺟﺮﻳﺪي و اﻟﻌﺸﺎء ﻛﺮﻳﺪي‬
‫]‪ - [47‬اﻟﻠﻲ ﻣﺎ رﻗﻊ ﻣﺎ ﻟﺒﺲ‬
‫]‪ - [48‬ﻣﻦ ﻓﻤﻚ ﻟﻜﻤﻚ‬
‫]‪ - [49‬اﻟﺒﺲ ﻗﺪك ﻳﻮاﺗﻴﻚ‬
‫‪- 308 -‬‬
‫]‪ - [50‬اﻟﻤﻜﺴﻲ ﺑﺪﻳﺎل اﻟﻨﺎس ﻋﺮﻳﺎن‬
‫]‪ - [51‬اﻣﺮاة اﻟﺘﺎﺟﺮ ﻣﺮﻓﻮﻋﺔ و ﻟﻮ ﻳﻜﻮﻧﻮا ﺣﻮاﻳﺠﻬﺎ ﺑﺎﻟﺮﻗﻌﺔ‬
‫]‪ - [52‬اﻣﺮاة اﻟﻤﺴﻜﻴﻦ ﻣﺤﻜﻮرة ‪ ،‬و ﻟﻮ ﺗﻠﺒﺲ اﻟﺬﻫﺐ و اﻟﻨﻘﺮة‬
‫]‪ - [53‬ﻻ ﺧﻴﺮ ﻓﺎﻟﺮاﺟﻞ اﻟﻠﻲ ﻣﺎ ﻳﻘﺮا ﺑﺮاﺗﻮ ‪ ،‬و ﻻ ﻳﺬﺑﺢ ﺷﺎﺗﻮا و ﻻ ﻳﺼﺒﻦ ﻛﺴﺎﺗﻮ ﻣﻮﺗﻮ ﺧﻴﺮ ﻣﻦ‬
‫ﺣﻴﺎﺗﻮ‬
‫]‪ - [54‬ﻛﻞ ﺑﺸﻬﻮﺗﻚ و ﻟﺒﺲ ﺑﺸﻬﻮة اﻟﻨﺎس‬
‫]‪ - [55‬اﻟﻌﻤﺎﻳﻢ ﺗﻴﺠﺎن اﻟﻌﺮب‬
‫]‪ - [56‬ﻟﺒﺴﻮ اﻟﻔﻴﻨﺔ و ﻋﻤﻠﻮا اﻟﺮزز و رﺟﻌﻮا ﻛﺒﺎر اﻟﻤﺪﻳﻨﺔ‬
‫]‪ - [57‬اﻟﺤﺴﺎﻧﺔ ﺗﺰﻳﻦ اﻟﻮﺟﻪ و اﻟﺮزة ﺗﺰﻳﻦ اﻟﺮاس‬
‫]‪ - [58‬اﻟﻠﻲ ﻣﺎ ﺑﺪل ﻋﻤﺎﻳﻢ ﻋﻤﺮه ﻣﺎ ﺷﺎف ﻧﻌﺎﻳﻢ‬
‫]‪ - [59‬اﻟﻌﻤﺎﻣﺔ زروري اﻟﺒﻴﺖ ﻗﺮ وري‬
‫]‪ - [60‬اﺷﺤﺎل ﻣﻦ ﻋﻤﺎﻳﻢ ﻓﻮق راس اﻟﺒﻬﺎﻳﻢ‬
‫]‪ - [61‬اﻟﺮزة ﺑﻼ ﻟﺤﻴﺔ ﻣﻦ ﻗﻠﺔ اﻟﺤﻴﺎ‬
‫]‪ - [62‬ﺛﻼﺛﺔ ﺿﻤﻨﻮا ﺛﻼﺛﺔ ‪:‬‬
‫]‪ - [63‬ﺧﻤﺎس اﻟﻜﺮﻣﻮس ﻣﺎ ﻳﺪﻳﺮ ﺑﺮﻧﻮص‬
‫]‪ - [64‬اﻟﻌﺎم اﻟﻠﻲ ﻧﻘﻮل ﻧﺸﺮي اﻟﻜﺎﺑﻮس ﻧﺒﻴﻊ ﻓﻴﻪ اﻟﺒﺮﻧﻮص‬
‫]‪ - [65‬ﻋﻤﺮك ﻳﺎ ﺧﻤﺎس اﻟﻜﺮﻣﻮس ﻣﺎ ﺗﺸﺮي ﺑﺮﻧﻮص‬
‫]‪ - [66‬ﺑﻌﺪ اﻟﺸﻴﺐ و اﻟﻜﺒﺮ ﻟﺒﺴﻠﻮا ﺑﺮﻧﻮص اﺣﻤﺮ‬
‫]‪ - [67‬راﺳﻲ و راﺳﻚ ﻣﺎ ﺷﻲ ﻓﻲ ﺷﺎﺷﻴﺔ وﺣﺪة‬
‫]‪ - [68‬ﺟﻮج رﻳﻮس ﻓﻲ ﺷﺎﺷﻴﺔ‬
- 309 -
ANNEXE 2 : CORPUS DES PUBLICITÉS ANALYSÉES
I.
Liste des publicités analysées et insérées au deuxième
chapitre
Les publicités mentionnées ci-dessous ont été intégrées dans le chapitre III et
non pas dans l’annexe pour servir au lecteur comme points de référence à
l’analyse des images en cours.
Image no 1 :
Publicité de miu miu, Le Monde, dimanche 2, lundi 3
mars 2008, p. 2, (cf. II, p. 98).
Image no 2 :
Publicité de miu miu, Le Figaro, 3 mars 2008, p. 1, (cf.
II, p. 101).
Image no 3 :
Publicité de Versace, Le Figaro, 27 octobre 2005, p. 29,
(cf. II, p. 107).
Image no 4 :
Publicité de Versace, Le Figaro, 6 mars 2008, p. 3, (cf.
II, p. 110)
Image no 5 :
Publicité de Versace, Le Figaro, 14 mars 2008, p. 3, (cf.
II, p. 112)
Image no 6 :
Publicité de Versace, Le Figaro, 1 mars 2008, p. 5, (cf.
II, p. 116).
o
Image n
7:
Publicité de Hugo Boss, Le Figaro, 14 mars 2008, p. 35,
(cf. II, p. 120).
Image no 8 :
Publicité de Dolce & Gabbana, Le Figaro, 16 mars 2008,
p. 22, (cf. II, p. 124).
Image no 9 :
Publicité de Dolce & Gabbana, Le Figaro, 20 mars 2008,
p. 16, (cf. II, p. 129).
o
Image n 10 :
Publicité de Hugo Boss, Le Monde, 26 novembre 2005,
p. 12, (cf. II, p. 133).
- 310 -
Image no 11 :
Publicité de Hogan, Le Monde, 13 mars 2008, p. 5,
(cf. II, p. 134).
Image no 12 :
Publicité de Canali, Le Monde, 3 avril 2008, p. 2,
(cf. II, p. 142).
Image no 13 :
Publicité de Ralph Lauren, Le Figaro, 11 Mars 2008, p. 62,
(cf. II, p. 143).
Image no 14 :
Publicité de la Chambre de Commerce et d’Industrie,
Le Monde, 23 mai 2008, p. 36, (cf. II, p. 148).
Image no 15 :
Publicité de la Chambre de Commerce et d’Industrie,
recto du dépliant 2008/2009, (cf. II, p. 149).
Image no 16 :
Publicité de la Chambre de Commerce et d’Industrie,
verso du dépliant 2008/2009, (cf. III, p. 317).
Image no 17 :
Publicité de Madonna for Versace, (DEA 2005, p. 117
et cf. les annexes, pp. 318-319 de la présente thèse).
- 311 -
II. Liste des publicités insérées uniquement dans les
annexes
Les images suivantes n’ont pas été intégrées au chapitre II parce que dans
le cas de l’image no 16, il s’agit d’une variante de l’image no 15 à la
différence que la personne représentée n’est pas un garçon mais une fille.
Les images no 17a et 17b n’ont pas été analysées dans la présente thèse
mais puisqu’il y a une référence à cette publicité de mode à la page 103,
nous avons choisi de l’inclure dans l’annexe pour des raisons
d’illustration.
Image no 16 :
Publicité de la Chambre de Commerce et d’Industrie,
verso du dépliant 2008/2009, p. 302 (cf. p. 317 de la
présente thèse).
Image no 17a :
Publicité de Madonna for Versace, (DEA 2005, p. 117 ;
et p. 318 de la présente thèse).
Image no 17b :
Publicité de Madonna for Versace, Vogue , no. 854,
février 2005, (cf. DEA 2005, p. 117 et p. 319 de la
présente thèse).
- 312 -
III. Corpus des publicités insérées uniquement dans
l’annexe
Cette publicité ne fait pas l’objet d’une analyse dans la présente thèse
parce que la jeune fille représentée n’est pas « cravatée » comme le jeune
homme sur l’image no15 parue dans le même dépliant publicitaire. Nous
l’avons cependant intégrée pour montrer que le développement du style
vestimentaire relatif à la dichotomie « vie privée » / « métier » y est le même.
Image no 16 : Publicité de la Chambre de Commerce et d’Industrie, verso du dépliant
2008/2009.
- 313 -
Image no 17a : Publicité de Versace, Vogue, no. 854, février 2005.
- 314 -
Image no 17b: Publicité de Versace, Vogue , no. 854, février 2005.
- 315 -
ANNEXE 3 : LISTES ALPHABÉTIQUES CONTENANT LES
TERMES « VÊTEMENT » ET / OU « HABIT »
Annexe 3a : Nomenclature contenant le terme
« vêtement » propre au Petit Robert 2008 :
575 entrées)
1.
abîmer • v. tr.
289. indispensable • adj.
2.
accoutrement • n. m.
290. industrie • n. f.
3.
affiquet • n. m.
291. induvie • n. f.
4.
agréable • adj.
292. informe • adj.
5.
aiguillette • n. f.
293. intérieur, ieure • adj. et n. m.
6.
aise • n. f.
294. jambière • n. f.
7.
ajuster • v. tr.
295. jaquette • n. f.
8.
antiglisse • adj. inv.
296. jaune • adj., n. et adv.
9.
archelle • n. f.
297. jean • n. m.
10.
armoire • n. f.
298. jeter • v. tr.
11.
arrière-saison • n. f.
299. juif, juive • n. et adj.
12.
assortir • v. tr.
300. jupe-culotte • n. f.
13.
atour • n. m.
301. jusque • prép. et conj.
14.
aube • n. f.
302. justaucorps • n. m.
15.
avachi, ie • adj.
303. juste • adj., n. m. et adv.
16.
badge • n. m.
304. kaki • adj. inv. et n. m. inv.
17.
balancer • v.
305. kimono • n. m.
18.
ballot • n. m.
306. lacérer • v. tr.
19.
bande • n. f.
307. lacet • n. m.
20.
barboteuse • n. f.
308. lâche • adj.
21.
bardane • n. f.
309. laine • n. f.
22.
bas • n. m.
310. lambeau • n. m.
23.
basique • adj.
311. lange • n. m.
- 316 -
24.
bâtir • v. tr.
312. large • adj., n. m. et adv.
25.
bip • n. m.
313. layette • n. f.
26.
blanc • n. m.
314. léger, ère • adj.
27.
blouse • n. f.
315. légèreté • n. f.
28.
body • n. m.
316. libre • adj.
29.
bord • n. m.
317. lichette • n. f.
30.
bordé • n. m.
318. ligne • n. f.
31.
bordure • n. f.
319. linge • n. m.
32.
bouchon • n. m.
320. liseré • n. m.
33.
boudiné, ée • adj.
321. liserer • v. tr.
34.
boudiner • v. tr.
322. lisière • n. f.
35.
bourrer • v.
323. liturgique • adj.
36.
bouton • n. m.
324. livrée • n. f.
37.
boutonnage • n. m.
325. long, longue • adj., n. m. et adv.
38.
boutonner • v.
326. loque • n. f.
39.
boutonnière • n. f.
327. luisant, ante • adj. et n. m.
40.
boxer-short • n. m.
328. maculer • v. tr.
41.
braderie • n. f.
329. maillot • n. m.
42.
bretelle • n. f.
330. malcommode • adj.
43.
broche • n. f.
331. malpropre • adj.
44.
brosser • v.
332. manche • n. f.
45.
bure • n. f.
333. manchette • n. f.
46.
bustier • n. m.
334. mannequin • n. m.
47.
cache-misère • n. m. inv.
335. manteau • n. m.
48.
cache-sexe • n. m.
336. marqué, ée • adj.
49.
cafetan • n. m.
337. martingale • n. f.
50.
caleçon • n. m.
338. matelasser • v. tr.
51.
camisard • n. m.
339. même • adj., pron. et adv.
52.
camisole • n. f.
340. mesure • n. f.
53.
caoutchouc • n. m.
341. mettable • adj.
- 317 -
54.
cape • n. f.
342. mettre • v. tr.
55.
cappa • n. f.
343. micro-cravate • n. m.
56.
capuchon • n. m.
344. mignonnette • n. f.
57.
caraco • n. m.
345. misérable • adj. et n.
58.
carrure • n. f.
346. miter (se) • v. pron.
59.
casaque • n. f.
347. miteux, euse • adj. et n.
60.
ceinture • n. f.
348. mode • n. f.
61.
chamarrer • v. tr.
349. modèle • n. m.
62.
chamarrure • n. f.
350. modiste • n.
63.
changer • v.
351. mouler • v. tr.
64.
chasuble • n. f.
352. nager • v. intr.
65.
chaud, chaude • adj. et n. m.
353. nettoyage • n. m.
66.
chausse • n. f.
354. nettoyer • v. tr.
67.
chaussette • n. f.
355. nettoyeur, euse • n.
68.
chaussure • n. f.
356. neuf, neuve • adj. et n. m.
69.
chemise • n. f.
357. nippe • n. f.
70.
chemiserie • n. f.
358. normaliser • v. tr.
71.
cher, chère • adj. et adv.
359. nu, nue • adj. et n. m.
72.
chevet • n. m.
360. orfroi • n. m.
73.
chiffon • n. m.
361. origine • n. f.
74.
chiffonner • v.
362. oripeau • n. m.
75.
cintre • n. m.
363. ornement • n. m.
76.
cintrer • v. tr.
364. ôter • v. tr.
77.
ciré, ée • adj. et n. m.
365. ouate • n. f.
78.
col • n. m.
366. ouatine • n. f.
79.
collant, ante • adj. et n. m.
367. paletot • n. m.
80.
collecte • n. f.
368. pan • n. m.
81.
coller • v.
369. panneau • n. m.
82.
collet • n. m.
370. panoplie • n. f.
83.
combinaison • n. f.
371. pantalon • n. m.
- 318 -
84.
combishort • n. m.
372. paquet • n. m.
85.
complet • n. m.
373. pardessus • n. m.
86.
concevoir • v. tr.
374. parement • n. m.
87.
confection • n. f.
375. parementure • n. f.
88.
confectionner • v. tr.
376. paréo • n. m.
89.
confortable • adj.
377. parure • n. f.
90.
contre • prép., adv. et n. m.
378. parurerie • n. f.
91.
convenir • v. tr. ind.
379. parurier, ière • n.
92.
corde • n. f.
380. passementer • v. tr.
93.
cordon • n. m.
381. passementerie • n. f.
94.
corps • n. m.
382. passepoil • n. m.
95.
corsage • n. m.
383. patère • n. f.
96.
corselet • n. m.
384. patte • n. f.
97.
costume • n. m.
385. pattemouille • n. f.
98.
cotte • n. f.
386. peignoir • n. m.
99.
cou • n. m.
387. pelé, ée • adj. et n.
100. coude • n. m.
388. pèlerine • n. f.
101. coudre • v. tr.
389. pelisse • n. f.
102. coule • n. f.
390. pelure • n. f.
103. couleur • n. f.
391. penderie • n. f.
104. coulisse • n. f.
392. pénétrant, ante • adj.
105. coupe • n. f.
393. pénétrer • v.
106. coupé, ée • adj. et n. m.
394. péplum • n. m.
107. couper • v.
395. percer • v.
108. coupeur, euse • n.
396. péter • v.
109. coupe-vent • n. m.
397. pièce • n. f.
110. court-vêtu, ue • adj.
398. pin's • n. m.
111. couture • n. f.
399. placard • n. m.
112. couvert, erte • adj.
400. plaid • n. m.
113. couvrir • v.
401. plastron • n. m.
- 319 -
114. créateur, trice • n. et adj.
402. pli • n. m.
115. crocher • v. tr.
403. plisser • v.
116. croisé, ée • adj. et n. m.
404. plomb • n. m.
117. croiser • v.
405. poche • n. f.
118. cuir • n. m.
406. pocher • v.
119. cuirasse • n. f.
407. pochette • n. f.
120. culotte • n. f.
408. poignet • n. m.
121. customisation • n. f.
409. point • n. m.
122. débarrasser • v. tr.
410. polaire • adj. et n. f.
123. débord • n. m.
411. polisson, onne • n. et adj.
124. déboutonner • v. tr.
412. portable • adj.
125. débraillé, ée • adj. et n. m.
413. portant, ante • adj. et n.
126. débrailler (se) • v. pron.
414. porte-jarretelles • n. m. inv.
127. déchirer • v. tr.
415. portemanteau • n. m.
128. décolleté, ée • adj. et n. m.
416. porter • v. tr.
129. décolleter • v. tr.
417. pou • n. m.
130. découpe • n. f.
418. poupée • n. f.
131. décousure • n. f.
419. pourpoint • n. m.
132. découvert, erte • adj.
420. pourpre • n. et adj.
133. découvrir • v.
421. prendre • v.
134. défaire • v. tr.
422. près • adv.
135. défendre • v. tr.
423. presseur, euse • n. et adj.
136. défraîchi, ie • adj.
424. pressing • n. m.
137. défraîchir • v. tr.
425. pressionné, ée • adj.
138. défriper • v. tr.
426. prêt-à-porter • n. m.
139. défroque • n. f.
427. pretintaille • n. f.
140. dégager • v. tr.
428. propre • adj. et n. m.
141. dégriffé, ée • adj.
429. pudicité • n. f.
142. déguiser • v. tr.
430. pull-over • n. m.
143. déharnacher • v. tr.
431. punk • n. et adj.
- 320 -
144. délustrage • n. m.
432. pyjama • n. m.
145. demi-saison • n. f.
433. rabat • n. m.
146. démodé, ée • adj.
434. raccommodage • n. m.
147. dépassant • n. m.
435. raccommodeur, euse • n.
148. déplisser • v. tr.
436. racket • n. m.
149. dépoitraillé, ée • adj.
437. rajeunir • v.
150. dépouille • n. f.
438. rajuster • v. tr.
151. dépouiller • v. tr.
439. râper • v. tr.
152. dérober • v. tr.
440. rapetasser • v. tr.
153. derrière • prép. et adv.
441. rapetisser • v.
154. désamidonner • v. tr.
442. rapproprier • v. tr.
155. déshabillé • n. m.
443. ras, rase • adj.
156. déshabiller • v. tr.
444. ravauder • v. tr.
157. désinfection • n. f.
445. reborder • v. tr.
158. dessiner • v. tr.
446. reboutonner • v. tr.
159. dessous • n. m.
447. rebroder • v. tr.
160. dessous-de-bras • n. m. inv.
448. rechange • n. m.
161. destroy • adj. inv.
449. recouper • v. tr.
162. détacher • v. tr.
450. redingote • n. f.
163. détacheur, euse • n.
451. réessayage • n. m.
164. deuil • n. m.
452. relever • v.
165. devant • prép. et adv.
453. remettre • v. tr.
166. développer • v. tr.
454. renforçage • n. m.
167. dévêtir • v. tr.
455. réparation • n. f.
168. discret, ète • adj.
456. repassage • n. m.
169. djellaba • n. f.
457. repasser • v.
170. dos • n. m.
458. repasseuse • n. f.
171. doublage • n. m.
459. replier • v. tr.
172. doubler • v.
460. reprendre • v.
173. douillet, ette • adj.
461. reprise • n. f.
- 321 -
174. douteux, euse • adj.
462. résistant, ante • adj. et n.
175. drapé, ée • adj. et n. m.
463. respirer • v.
176. draper • v. tr.
464. ressortir • v.
177. draperie • n. f.
465. retirer • v. tr.
178. dressing-room • n. m.
466. retouche • n. f.
179. droit, droite • adj. et adv.
467. retournage • n. m.
180. eau • n. f.
468. retourner • v.
181. écusson • n. m.
469. retrousser • v. tr.
182. effet • n. m.
470. retroussis • n. m.
183. emmanchure • n. f.
471. revendeur, euse • n.
184. emmitoufler • v. tr.
472. revers • n. m.
185. empêtrer • v. tr.
473. revêtir • v. tr.
186. empiècement • n. m.
474. robe • n. f.
187. encolure • n. f.
475. sac • n. m.
188. endimancher (s') • v. pron.
476. sacerdotal, ale, aux • adj.
189. endosser • v. tr.
477. sacristie • n. f.
190. enfiler • v. tr.
478. salopette • n. f.
191. engoncer • v. tr.
479. san-benito • n. m. inv.
192. entoiler • v. tr.
480. sangler • v. tr.
193. entournure • n. f.
481. sape • n. f.
194. entretenir • v. tr.
482. sarrau • n. m.
195. enveloppe • n. f.
483. saucissonné, ée • adj.
196. épaule • n. f.
484. scaphandre • n. m.
197. épauler • v. tr.
485. scapulaire • n. m.
198. épaulette • n. f.
486. série • n. f.
199. épendyme • n. m.
487. sex-shop • n. m. ou f.
200. épinglage • n. m.
488. sexy • adj. inv.
201. épitoge • n. f.
489. singlet • n. m.
202. épreuve • n. f.
490. sinus • n. m.
203. équipement • n. m.
491. skinhead • n.
- 322 -
204. érotique • adj.
492. slip • n. m.
205. escot • n. m.
493. sobre • adj.
206. essayage • n. m.
494. solidité • n. f.
207. essayer • v. tr.
495. somptuosité • n. f.
208. essayeur, euse • n.
496. sortable • adj.
209. estival, ale, aux • adj.
497. sortie • n. f.
210. étincelant, ante • adj.
498. soufisme • n. m.
211. étriqué, ée • adj.
499. sous-pull • n. m.
212. étroit, oite • adj.
500. sous-vêtement • n. m.
213. éventer • v. tr.
501. soutache • n. f.
214. façon • n. f.
502. soutane • n. f.
215. fatigué, ée • adj.
503. soutien-gorge • n. m.
216. fibule • n. f.
504. sport • n. m.
217. fini, ie • adj.
505. sportwear • n. m.
218. finir • v.
506. stopper • v. tr.
219. finition • n. f.
507. surcot • n. m.
220. flanelle • n. f.
508. surfiler • v. tr.
221. flottant, ante • adj.
509. surpiqûre • n. f.
222. flotter • v.
510. surplis • n. m.
223. fluide • adj. et n. m.
511. surtout • n. m.
224. fonctionnel, elle • adj.
512. survêtement • n. m.
225. fond • n. m.
513. suspendre • v. tr.
226. forme • n. f.
514. suspente • n. f.
227. fouille • n. f.
515. symétrie • n. f.
228. fouiller • v.
516. tablier • n. m.
229. fourbi • n. m.
517. tacher
230. fourniment • n. m.
518. tacon • n. m.
231. fourreur • n. m.
519. taillade • n. f.
232. fourrier • n. m.
520. taille • n. f.
233. fourrure • n. f.
521. tailler • v.
- 323 -
234. frange • n. f.
522. tailleur • n. m.
235. fringues • n. f. pl.
523. tartan • n. m.
236. fripe • n. f.
524. teindre • v. tr.
237. friper • v. tr.
525. teinture • n. f.
238. friperie • n. f.
526. teinturier, ière • n.
239. fronteau • n. m.
527. tenir • v.
240. froufrou • n. m.
528. tenue • n. f.
241. fumer • v.
529. tirer • v.
242. gaine • n. f.
530. toilette • n. f.
243. galon • n. m.
531. tombé, ée • adj. et n. m.
244. ganse • n. f.
532. tour • n. m.
245. garder • v. tr.
533. tout, toute • adj., pron., adv. et n.
246. garde-robe • n. f.
534. traditionalisme • n. m.
247. gâteux, euse • adj. et n.
535. traîne • n. f.
248. gêner • v. tr.
536. traîner • v.
249. genou • n. m.
537. transférer • v. tr.
250. gilet • n. m.
538. transfert • n. m.
251. giron • n. m.
539. transformer • v. tr.
252. glisser • v.
540. transpercer • v. tr.
253. godailler • v. intr.
541. travail, aux • n. m.
254. godet • n. m.
542. travestisme • n. m.
255. goût • n. m.
543. travestissement • n. m.
256. graisse • n. f.
544. triboélectricité • n. f.
257. grébiche • n. f.
545. tricot • n. m.
258. griffe • n. f.
546. triplure • n. f.
259. griffé, ée • adj.
547. trois-quarts • n. m.
260. gris, grise • adj. et n.
548. trou • n. m.
261. grossier, ière • adj.
549. trouer • v. tr.
262. grossir • v.
550. trousseau • n. m.
263. guenille • n. f.
551. trousser • v. tr.
- 324 -
264. guindé, ée • adj.
552. tunique • n. f.
265. gymnosophiste • n. m.
553. tweed • n. m.
266. habillage • n. m.
554. uniforme • adj. et n. m.
267. habillé, ée • adj.
555. usagé, ée • adj.
268. habillement • n. m.
556. usé, ée • adj.
269. habiller • v. tr.
557. user • v. tr.
270. habit • n. m.
558. valet • n. m.
271. habitus • n. m.
559. vareuse • n. f.
272. haïk • n. m.
560. vert, verte • adj. et n. m.
273. haillon • n. m.
561. veste • n. f.
274. haillonneux, euse • adj.
562. vestiaire • n. m.
275. haire • n. f.
563. vestimentaire • adj.
276. hardes • n. f. pl.
564. vêtement • n. m.
277. harnais • n. m.
565. vêtir • v. tr.
278. hausse-col • n. m.
566. vêtu, ue • adj.
279. homme • n. m.
567. vêture • n. f.
280. houppelande • n. f.
568. vieillir • v.
281. housse • n. f.
569. vintage • n. m.
282. huche • n. f.
570. vinyle • n. m.
283. immettable • adj.
571. voile • n. m.
284. imperméable • adj. et n. m.
572. voler • v.
285. importable • adj.
573. voyage • n. m.
286. impudeur • n. f.
574. zénana • n. m.
287. incommode • adj.
575. zéphyr • n. m.
288. indifféremment • adv.
- 325 -
Annexe 3b :
Nomenclature contenant le terme
« vêtement » propre au Petit Larousse
2008 : 266 entrées
1.
affiquet • n. m.
134. habiller • v. tr.
2.
agrafe • n.f.
135. habit • n. m.
3.
aise • n. f.
136. haillon • n. m.
4.
ajustement • n. m.
137. hijab • n. m.
5.
ajuster • v. tr.
138. hoqueton • n. m.
6.
allonger • v. tr.
139. importable • adj.
7.
alluré • adj.
140. industrie • n. f.
8.
antiglisse • adj. inv.
141. intérieur, ieure • adj. et n. m.
9.
arléquin • n. m.
142. jersey • n. m.
10.
arranger • v. tr.
143. jupe-culotte • n. f.
11.
avachi, ie • adj.
144. justaucorps • n. m.
12.
baleiné • adj.
145. kimono • n. m.
13.
barboteuse • n. f.
146. lacet • n. m.
14.
bas • n. m.
147. lainage • n. m.
15.
battle-dress • n. m.
148. laine • n. f.
16.
bleu • n. m.
149. lainé • adj.
17.
blousant • adj.
150. large • adj., n. m. et adv.
18.
blouse • n. f.
151. lichette • n. f.
19.
blouser • v. tr.
152. liseré • n. m.
20.
bobettes • n.f. pl.
153. liseuse • n. f.
21.
body • n. m.
154. loque • n. f.
22.
bouton • n. m.
155. lustrer • v. tr.
23.
boutonnage • n. m.
156. maillot • n. m.
24.
boutonnière • n. f.
157. manche • n. f.
- 326 -
25.
broche • n. f.
158. manteau • n. m.
26.
brûler • v. tr.
159. marquer • v. tr.
27.
bure • n. f.
160. martingale • n. f.
28.
burqa • n. m. ou f.
161. maxi • adj. invar.
29.
cache-cœur • n. m.
162. mesure • n. f.
30.
cache-mire • n. m.
163. mettable • adj.
31.
cache-misère • n. m. inv.
164. mettre • v. tr.
32.
caleçon • n. m.
165. mini • adj. invar.
33.
caoutchouc • n. m.
166. modestie • n. f.
34.
capuchon • n. m.
167. moulant• adj.
35.
caraco • n. m.
168. nager • v. intr.
36.
carrure • n. f.
169. négligé • n. m.
37.
ceinture • n. f.
170. nervure • n. f.
38.
chamarrer • v. tr.
171. nippe • n. f.
39.
chandail • n. m.
172. noir • n. m.
40.
chape • n. f.
173. normalisé • adj.
41.
chasuble • n. f.
174. ouatine • n. f.
42.
chausse • n. f.
175. pan • n. m.
43.
chemise • n. f.
176. panneau • n. m.
44.
cintrer • v. tr.
177. pardessus • n. m.
45.
ciré, ée • adj. et n. m.
178. paréo • n. m.
46.
civil • adj.
179. passant • n. m.
47.
civil • n. m.
180. patron • n. m.
48.
col • n. m.
181. patte • n. f.
49.
collant, ante • adj. et n. m.
182. patte • n. f.
50.
combinaison • n. f.
183. peignoir • n. m.
51.
combishort • n. m.
184. pèlerine • n. f.
52.
confectionner • v. tr.
185. pelure • n. f.
53.
corsage • n. m.
186. pièce • n. f.
54.
corselet • n. m.
187. pince • n. f.
- 327 -
55.
corset • n. m.
188. pin's • n. m.
56.
costume • n. m.
189. poche • n. f.
57.
cotte • n. f.
190. poignet • n. m.
58.
coude • n. m.
191. portable • adj.
59.
coule • n. f.
192. porter • v. tr.
60.
coupe • n. f.
193. pourpoint • n. m.
61.
coupe-vent • n. m.
194. prêt-à-coudre • n. m.
62.
court-vêtu, ue • adj.
195. prétexte • adj. f.
63.
couvert, erte • adj.
196. profiter • v. tr. indir.
64.
couvrir • v.
197. pyjama • n. m.
65.
cran • n. m.
198. queue • n. f.
66.
crevé • n. m.
199. raglan • n. m.
67.
croiser • v.
200. râpé • adj.
68.
cuir • n. m.
201. rapiecer • v. tr.
69.
culotte • n. f.
202. rebroder • v. tr.
70.
customiser • v. tr.
203. recouper • v. tr.
71.
dalmatique • n. f.
204. redingote • n. f.
72.
déboutonner • v. tr.
205. remettre • v. tr.
73.
déchirer • v. tr.
206. rentré • n. m.
74.
décintrer • v. tr.
207. reprendre • v.
75.
décolletage • n. m.
208. retouche • n. f.
76.
décolleter • v. tr.
209. retoucher • v. tr.
77.
découpe • n. f.
210. retoucheur • n. m.
78.
découvrir • v.
211. retournage • n. m.
79.
dédoubler • v. tr.
212. retourner • v.
80.
défaire • v. tr.
213. retroussis • n. m.
81.
défroisser • v. tr.
214. réversible • adj.
82.
défroncer • v. tr.
215. revêtir • v. tr.
83.
défroque • n. f.
216. robe • n. f.
84.
dégraisser • v. tr.
217. ruche • n. f.
- 328 -
85.
dégriffé, ée • adj.
218. saie • n. f.
86.
délustrer • v. tr.
219. salopette • n. f.
87.
demi-deuil • n. m.
220. san-benito • n. m. inv.
88.
demi-saison • n. f.
221. sape • n. f.
89.
dépassant • n. m.
222. scaphandre • n. m.
90.
déplisser • v. tr.
223. scaphandrier • n. m.
91.
dépoitraillé, ée • adj.
224. sequin • n. m.
92.
déshabillé • n. m.
225. serré • adv.
93.
dessous-de-bras • n. m. inv.
226. serrer • v. tr.
94.
deux-pièces • n. m.
227. siglé • adj.
95.
domino • n. m.
228. simarre • n. f.
96.
doublure • n. f.
229. slip • n. m.
97.
draper • v. tr.
230. soufflet • n. m.
98.
élargir • v. tr.
231. sous-vêtement • n. m.
99.
emmanchure • n. f.
232. soutane • n. f.
100. empiècement • n. m.
233. spencer • n. m.
101. encolure • n. f.
234. sport • n. m.
102. endosser • v. tr.
235. surpiquer • v. tr.
103. enfiler • v. tr.
236. surpiqûre • n. f.
104. engoncer • v. tr.
237. surplis • n. m.
105. épaulé • adj.
238. surtout • n. m.
106. épaulette • n. f.
239. survêtement • n. m.
107. épendyme • n. m.
240. suspendre • v. tr.
108. épinglette • n. f.
241. suspente • n. f.
109. essayage • n. m.
242. tablier • n. m.
110. essayer • v. tr.
243. taille • n. f.
111. essayeur, euse • n.
244. tailler • v. tr.
112. évaser • v. tr.
245. tartan • n. m.
113. falbala • n. m.
246. toge • n. f.
114. flotter • v.
247. tomber • v. itr.
- 329 -
115. fouille • n. f.
248. traîne • n. f.
116. fourrage • n. m.
249. traînerie • n. f.
117. fourrer • v. tr.
250. transfert • n. m.
118. fourrure • n. f.
251. travesti • n. m.
119. frange • n. f.
252. treillis • n. m.
120. fringues • n. f. pl.
253. trousser • v. tr.
121. fripe • n. f.
254. tunique • n. f.
122. froncer • v. tr.
255. uniforme • adj. et n. m.
123. froncis • n. m.
256. usé, ée • adj.
124. froufrou • n. m.
257. vague • adj.
125. gaine • n. f.
258. veste • n. f.
126. ganse • n. f.
259. vestimentifère • n. m.
127. garder • v. tr.
260. vêtement • n. m.
128. gilet • n. m.
261. vêtu, ue • adj.
129. griffe • n. f.
262. vintage • n. m
130. griffer • v. tr.
263. zipper • v. tr.
131. grimace • n. f.
264. Myake
132. guenille • n. f.
265. Saint Laurent
133. habillement • n. m.
266. Vionnet
Annexe 3c :
Nomenclature
« vêtement »
contenant
partagée
le
par
dictionnaires : 163 entrées
1.
affiquet • n. m.
83.
griffe • n. f.
2.
aise • n. f.
84.
guenille • n. f.
3.
ajuster • v. tr.
85.
habillement • n. m.
4.
antiglisse • adj. inv.
86.
habiller • v. tr.
5.
avachi, ie • adj.
87.
habit • n. m.
les
terme
deux
- 330 -
6.
barboteuse • n. f.
88.
haillon • n. m.
7.
bas • n. m.
89.
importable • adj.
8.
blouse • n. f.
90.
industrie • n. f.
9.
body • n. m.
91.
intérieur, ieure • adj. et n. m.
10.
bouton • n. m.
92.
jupe-culotte • n. f.
11.
boutonnage • n. m.
93.
justaucorps • n. m.
12.
boutonnière • n. f.
94.
kimono • n. m.
13.
broche • n. f.
95.
lacet • n. m.
14.
bure • n. f.
96.
laine • n. f.
15.
cache-misère • n. m. inv.
97.
large • adj., n. m. et adv.
16.
caleçon • n. m.
98.
liseré • n. m.
17.
caoutchouc • n. m.
99.
loque • n. f.
18.
capuchon • n. m.
100. maillot • n. m.
19.
caraco • n. m.
101. manche • n. f.
20.
carrure • n. f.
102. manteau • n. m.
21.
ceinture • n. f.
103. martingale • n. f.
22.
chamarrer • v. tr.
104. mesure • n. f.
23.
chasuble • n. f.
105. mettable • adj.
24.
chausse • n. f.
106. mettre • v. tr.
25.
chemise • n. f.
107. nager • v. intr.
26.
cintrer • v. tr.
108. nippe • n. f.
27.
ciré, ée • adj. et n. m.
109. ouatine • n. f.
28.
col • n. m.
110. pan • n. m.
29.
collant, ante • adj. et n. m.
111. panneau • n. m.
30.
combinaison • n. f.
112. pardessus • n. m.
31.
combishort • n. m.
113. paréo • n. m.
32.
confectionner • v. tr.
114. patte • n. f.
33.
corsage • n. m.
115. peignoir • n. m.
34.
corselet • n. m.
116. pèlerine • n. f.
35.
costume • n. m.
117. pelure • n. f.
- 331 -
36.
cotte • n. f.
118. pièce • n. f.
37.
coude • n. m.
119. pin's • n. m.
38.
coupe • n. f.
120. poche • n. f.
39.
coupe-vent • n. m.
121. poignet • n. m.
40.
court-vêtu, ue • adj.
122. portable • adj.
41.
couvert, erte • adj.
123. porter • v. tr.
42.
couvrir • v.
124. pourpoint • n. m.
43.
croiser • v.
125. pyjama • n. m.
44.
cuir • n. m.
126. rebroder • v. tr.
45.
culotte • n. f.
127. recouper • v. tr.
46.
déboutonner • v. tr.
128. redingote • n. f.
47.
déchirer • v. tr.
129. remettre • v. tr.
48.
décolleter • v. tr.
130. reprendre • v.
49.
découpe • n. f.
131. retouche • n. f.
50.
découvrir • v.
132. retournage • n. m.
51.
défaire • v. tr.
133. retourner • v.
52.
défroque • n. f.
134. retroussis • n. m.
53.
dégriffé, ée • adj.
135. revêtir • v. tr.
54.
demi-saison • n. f.
136. robe • n. f.
55.
dépassant • n. m.
137. salopette • n. f.
56.
déplisser • v. tr.
138. san-benito • n. m. inv.
57.
dépoitraillé, ée • adj.
139. sape • n. f.
58.
déshabillé • n. m.
140. scaphandre • n. m.
59.
dessous-de-bras • n. m. inv.
141. slip • n. m.
60.
draper • v. tr.
142. sous-vêtement • n. m.
61.
emmanchure • n. f.
143. soutane • n. f.
62.
empiècement • n. m.
144. sport • n. m.
63.
encolure • n. f.
145. surpiqûre • n. f.
64.
endosser • v. tr.
146. surplis • n. m.
65.
enfiler • v. tr.
147. surtout • n. m.
- 332 -
66.
engoncer • v. tr.
148. survêtement • n. m.
67.
épaulette • n. f.
149. suspendre • v. tr.
68.
épendyme • n. m.
150. suspente • n. f.
69.
essayage • n. m.
151. tablier • n. m.
70.
essayer • v. tr.
152. taille • n. f.
71.
essayeur, euse • n.
153. tartan • n. m.
72.
flotter • v.
154. traîne • n. f.
73.
fouille • n. f.
155. transfert • n. m.
74.
fourrure • n. f.
156. trousser • v. tr.
75.
frange • n. f.
157. tunique • n. f.
76.
fringues • n. f. pl.
158. uniforme • adj. et n. m.
77.
fripe • n. f.
159. usé, ée • adj.
78.
froufrou • n. m.
160. veste • n. f.
79.
gaine • n. f.
161. vêtement • n. m.
80.
ganse • n. f.
162. vêtu, ue • adj.
81.
garder • v. tr.
163. vintage • n. m.
82.
gilet • n. m.
- 333 -
Annexe 3d : Nomenclature des entrées employant le
terme « vêtement » dans le TLFI : 1156
entrées analysées (sur 1779 entrées au
total)
1.
ABA, subst. masc.
579. JAMBIÈRE, subst. fém.
2.
ABATTAGE, ABATAGE, subst.
580. JAQUE2, JACQUE, subst.
masc.
3.
ABDICATAIRE, adj.
581. JAQUETTE1, subst. fém.
4.
ABEILLÉ, ÉE, adj.
582. JARRETELLE, subst. fém.
5.
ABOUTONNER, verbe trans.
583. JARRETIÈRE, subst. fém.
6.
ABRAMIDE, ABRANIDE, subst.
584. JERSEY, subst. masc.
fém.
7.
ABRI, subst. masc.
585. JETÉ, subst. masc.
8.
ACCOMMODÉ, ÉE, part. passé et
586. JETER, verbe trans.
adj.
9.
ACCOMPAGNER, verbe trans.
587. JEÛNE, subst. masc.
10.
ACCORDÉON, subst. masc.
588. JOINT1, subst. masc.
11.
ACCOUTREMENT, SUBST.
589. JOINTIF, -IVE, adj.
MASC.
12.
ACCOUTRER, verbe trans.
590. JOURNADE, subst. fém.
13.
ACCROCHER, verbe trans.
591. JUPE, subst. fém.
14.
ACCUEIL, subst. masc.
592. JUPE-CULOTTE, subst. fém.
15.
ACCUSATION2, subst. fém.
593. JUPONNAGE, subst. masc.
16.
ADAMITE, ADAMIEN, IENNE, adj. 594. JUPONNER, verbe
et subst.
- 334 -
17.
ADMIRATIF, IVE, adj.
595. JUSQUE(S), prép.
18.
ADORNER, verbe trans.
596. JUSTAUCORPS, subst. masc.
19.
AÉRER, verbe trans.
597.
20.
AFFAIBLI, IE, part. passé, adj. et
598. JUSTE, adj., subst. et adv.
subst.
21.
AFFECTER1, verbe trans.
599. KAKI2, adj.
22.
AFFECTÉ1, ÉE, part. passé, adj. et
600. KIMONO, subst. masc.
subst.
23.
AFFICHE3, subst. fém.
601. LAÇAGE, subst. masc.
24.
AFFUBLEMENT, subst. masc.
602. LACER, verbe trans.
25.
AFFUBLER, verbe trans.
603. LACET, subst. masc.
26.
AGAVE, subst. masc.
604. LÂCHE, adj.
27.
virage (dans l'article -AGE, suff.)
605. LAINAGE1, subst. masc.
28.
lainage (dans l'article -AGE, suff.)
606. LAINE, subst. fém.
29.
AGNEAU, AGNELLE, subst.
607. LAMBEAU, subst. masc.
30.
AGRAFE, subst. fém.
608. LANGE, subst. masc.
31.
AGRAFER, verbe trans.
609. LARGE, adj., subst. masc. et adv.
32.
AGRANDIR, verbe trans.
610. LARGEMENT, adv.
33.
AGRAPPE, AGRAPE, subst. fém.
611. LARGEUR, subst. fém.
34.
AGRÉMENT, subst. masc.
612. LÉOPARD, subst. masc.
35.
AÏEUX, subst. masc. plur.
613. LESTE, adj.
36.
AIGUILLETER, verbe trans.
614. LÉVITE2, subst. fém.
37.
AIGUILLETTE2, subst. fém.
615. LIAISON, subst. fém.
38.
-AIL, suff.
616. LICHETTE, subst. fém.
39.
AILERON, subst. masc.
617. LIGNE, subst. fém.
40.
AJUSTEMENT, subst. masc.
618. LIMER, verbe trans.
- 335 -
41.
AJUSTÉ, ÉE, part. passé et adj.
619. LIN, subst. masc.
42.
ALPAGA, ALPACA, ALPAGUE,
620. LINGE, subst. masc.
subst. masc.
43.
AMADIS, subst. masc.
621. LINGER, -ÈRE, subst.
44.
AMAZONE1, subst. fém.
622. LINGERIE, subst. fém.
45.
ÂME, subst. fém.
623. LIQUETTE, subst. fém.
46.
AMENUISER, verbe trans.
624. LISERÉ, subst. masc.
47.
AMICT, subst. masc.
625. LISEUSE, subst. fém.
48.
AMINCIR, verbe trans.
626. LISIÈRE, subst. fém.
49.
AMINCI, IE, part. passé, adj. et subst. 627. LIT, subst. masc.
masc.
50.
AMPHION1, subst. masc.
628. LITHAM, subst. masc.
51.
AMPHION2, subst. masc.
629. LITURGIQUE, adj.
52.
AMPLE, adj.
630. LIVRÉE, subst. fém.
53.
AMPLEUR, subst. fém.
631. LOMBAIRE, adj.
54.
ANACHRONISME, subst. masc.
632. LONG, LONGUE, adj., adv. et
subst.
55.
ANATOMIE, subst. fém.
633. LOQUE1, subst. fém.
56.
-ANE, suff.
634. LOQUETEUX, -EUSE, adj.
57.
ANNEXION, subst. fém.
635. LOUTRE, subst. fém.
58.
ANTIATOMIQUE, adj.
636. LUI1, LEUR1, pron. pers.
59.
APERCEVOIR, verbe trans.
637. LUISANT, -ANTE, part. prés. et
adj.
60.
APIÈCEMENT, subst. masc.
638. LYCRA, subst. masc.
61.
APIÉCER, verbe trans.
639. MACFARLANE, MACFARLANE, subst. masc.
62.
APLAT, À-PLAT, subst. masc.
640. MACKINTOSH, subst. masc.
- 336 -
63.
APLATIR, verbe trans.
641. MACULA, subst. fém.
64.
ARBORER, verbe trans.
642. MAGUEY, subst. masc.
65.
ARGOT1, subst. masc.
643. MAILLOT, subst. masc.
66.
ARISTOCRATE, subst. et adj.
644. MAINTIEN, subst. masc.
67.
ARMOIRE, subst. fém.
645. MAL2, adv.
68.
ARRONDI, IE, part. passé, adj. et
646. MALSÉANT, -ANTE, adj.
subst.
69.
ASSEMBLER, verbe trans.
647. MANCHE2, subst. fém.
70.
ASSORTI, IE, part. passé et adj.
648. MANCHE3, subst. fém.
71.
ATOUR, subst. masc.
649. MANCHON, subst. masc.
72.
ATTENIR, verbe intrans.
650. MANDILLE, subst. fém.
73.
ATTIFER, verbe trans.
651. MANTE1, subst. fém.
74.
AUBE2, subst. fém.
652. MANTEAU, subst. masc.
75.
AUDACE, subst. fém.
653. MANTELET, subst. masc.
76.
AUDACIEUSEMENT, adv.
654. MARIN2, subst. masc.
77.
AUMUSSE, subst. fém.
655. MARINIÈRE, subst. fém.
78.
AUTOMNAL, ALE, AUX, adj.
656. MARITIME, adj.
79.
AVOIR1, verbe.
657. MARLOTTE, subst. fém.
80.
BADINER, verbe.
658. ARQUER, verbe
81.
BAIGNEUR, EUSE, subst.
659. MARQUÉ, -ÉE, part. passé et adj.
82.
BALANDRAN, subst. masc.
660. MARTIAL1, -ALE, -AUX, adj.
83.
BALBUTIER, verbe.
661. MARTINGALE, subst. fém.
84.
BAPTÊME, subst. masc.
662. MASCARADE, subst. fém.
85.
BAPTISMAL, ALE, AUX, adj.
663. MATÉRIELLEMENT, adv.
86.
BARBOTEUSE, subst. fém.
664. MATINÉE, subst. fém.
87.
BARCELONNETTE,
665. MAXI, adj. invar. et subst.
- 337 -
BERCELONNETTE, subst. fém.
88.
BARÈGE, subst. masc.
666. MAXI-, élém. formant
89.
BARINE, subst. masc.
667. MÉCHOUAR, subst. masc.
90.
BARIOLÉ, ÉE, part. passé et adj.
668. MENTONNIÈRE, subst. fém.
91.
BARLONG, ONGUE, BERLONG,
669. MENU-VAIR, subst. masc.
ONGUE, adj.
92.
BAS2, subst. masc.
670. MESURE, subst. fém.
93.
BAS-DE-CHAUSSES, subst. masc.
671. MÉTALANGAGE*, subst. masc.
plur.
94.
BASQUE1, subst. fém.
672. MÉTROPOLITAIN2, -AINE, subst.
masc. et adj.,MÉTRO, subst. masc.
95.
BASQUINE, subst. fém.
673. METTABLE, adj.
96.
BÂTIR1, verbe trans.
674. METTRE, verbe
97.
BÂTI, IE, part. passé, adj. et subst.
675. MI-, élém. formant
masc.
98.
BÂTIR2, verbe trans.
676. MICRO, subst. masc.
99.
BÂTISSAGE1, subst. masc.
677. MI-JAMBE(S) (À), loc. adv.
100. BÂTISSEUR1, subst. masc.
678. MINABLE, adj. et subst.
101. BATISTE, subst. fém.
679. MINCE, adj. et interj.
102. BATTLE-DRESS, subst. masc.
680. MINI, adj. et subst. invar.
103. BECQUET, BÉQUET, subst. masc.
681. MINI-, élém. formant
104. BÉLAMIE, subst. fém.
682. MI-PARTI, -IE, part. passé et adj.
105. BERMUDA, subst. masc.
683. MIROITÉ, -ÉE, adj.
106. BIAUDE, subst. fém.
684. MITEUX, -EUSE, adj. et subst.
107. BIQUE, subst. fém.
685. MIXTE, adj. et subst. masc.
108. BITORD, subst. masc.
686. MODE1, subst. fém.
109. BLIAUD, BLIAUT, subst. masc.
687. MODESTIE, subst. fém.
- 338 -
110. BLOUSE2, subst. fém.
688. MOINEAU, subst. masc.
111. BLOUSÉ, ÉE, adj.
689. MOLESKINE, MOLESQUINE,
subst. fém.
112. BLUE-JEAN, subst. masc.
690. MOLLET1, subst. masc.
113. BONNEMENT, adv.
691. MOLLETON, subst. masc.
114. BORD, subst. masc.
692. MOQUETTE, subst. fém.
115. BORDAGE1, subst. masc.
693. MOU, MOL, MOLLE, adj. et subst.
masc.
116. BORGHOT, subst. masc.
694. MOUCHE, subst. fém.
117. BOSSE1, subst. fém.
695. MOULER, verbe trans.
118. BOUCHONNER1, verbe trans.
696. MOUTON, subst. masc.
119. BOUDINER, verbe trans.
697. MOUVEMENT, subst. masc.
120. BOUDINÉ, ÉE, part. passé, adj. et
698. MUABLE, adj.
subst.
121. BOUFFANT, ANTE, part. prés., adj.
699. MÛR, MÛRE, adj.
et subst.
122. BOUFFER, verbe.
700. NÉGLIGENT, -ENTE, adj.
123. BOUGRAN, subst. masc.
701. NERVER, verbe trans.
124. BOUILLON, subst. masc.
702. NERVURER, verbe trans.
125. BOUILLONNÉ, ÉE, part. passé et
703. NERVURÉ, -ÉE, part. passé et adj.
adj.
126. BOURSE1, subst. fém.
704. NIPPES, subst. fém. plur.
127. BOUTON, subst. masc.
705. NOIR, NOIRE, adj. et subst.
128. BOUTONNANT, ANTE, part. prés.
706. NONNETTE, subst. fém.
et adj.
129. BOUTONNER, verbe.
707. NU2, NUE, adj. et subst.
130. BOUTONNÉ, ÉE, part. passé et adj.
708. NUDITÉ, subst. fém.
- 339 -
131. BOUTONNEUX, EUSE, adj.
709. NUITEUX, -EUSE, adj. et subst.
132. BOUTONNIÈRE, subst. fém.
710. NUPTIAL, -ALE, -AUX, adj.
133. BRAIE, subst. fém.
711. NYLON, subst. masc.
134. BRANDEBOURG, subst.
712. OFFICIER2, subst. masc.
135. BRASSIÈRE, subst. fém.
713. OGRE, OGRESSE, subst.
136. BRETELLE, subst. fém.
714. ORDINAIRE, adj. et subst.
137. BRIDE, subst. fém.
715. ORFRAZÉ, -ÉE, adj.
138. BRIDER, verbe trans.
716. ORFROI, subst. masc.
139. BRIDÉ, ÉE, part. passé et adj.
717. ORGANIQUE, adj.
140. BROCHE, subst. fém.
718. ORIPEAU, subst. masc.
141. BURE1, subst. fém.
719. ORLE, subst. masc.
142. BURNOUS, subst. masc.
720. ORNEMENT, subst. masc.
143. BUSTE1, subst. masc.
721. ÔTER, verbe trans.
144. CABAN, subst. masc.
722. OU, conj.
145. cache-cœur. (dans l'article CACHE-,
723. OUATE, subst. fém.
élément préf.)
146. cache-maillot. (dans l'article CACHE- 724. OUATINE, subst. fém.
, élément préf.)
147. cache-couture. (dans l'article
725. OURLER, verbe trans.
CACHE-, élément préf.)
148. CACHE-MISÈRE, subst. masc. inv.
726. OURLET, subst. masc.
149. CACHE-SEXE, subst. masc.
727. fouillouse. (dans l'article -OUSE, OUZE, -OUSER, -OUZER, suff.)
150. CACHET, subst. masc.
728. PAGNE1, subst. masc.
151. CAFETAN, CAFTAN, subst. masc.
729. PAILLASSE2, subst. masc.
152. CAGOULE, subst. fém.
730. PAILLETTE, subst. fém.
- 340 -
153. CAJOLEUR, EUSE, subst. et adj.
731. PALATINE, subst. fém.
154. CALEÇON, subst. masc.
732. PALESTRE, subst. fém.
155. CALOTTE, subst. fém.
733. PALETOT, subst. masc.
156. CAMAIL, subst. masc.
734. PALTOQUET, subst. masc.
157. CAMISOLE, subst. fém.
735. PAN1, subst. masc.
158. CANADIENNE, subst. fém.
736. PANACHE, subst. masc.
159. CANON1, subst. masc.
737. PANIER, subst. masc.
160. CAOUTCHOUC, subst. masc.
738. PANNE2, subst. fém.
161. CAPE1, subst. fém.
739. PANNEAU, subst. masc.
162. CAPELINE, subst. fém.
740. PANTALON, subst. masc.
163. CAPUCHON, subst. masc.
741. PANTY, subst. masc.
164. CAPULET, subst. masc.
742. PAPILLOTE, subst. fém.
165. CARACO, subst. masc.
743. PARASCÈVE, subst. fém.
166. CARRÉ1, ÉE, adj.
744. PARDESSUS1, subst. masc.
167. CARRURE, subst. fém.
745. pare-poussière. (dans l'article
PARE-, élém. de compos.)
168. CARTON, subst. masc.
746. PARE-BALLES, subst. masc. inv.
169. CASAQUE, subst. fém.
747. PAREMENT, subst. masc.
170. CASIMIR, subst. masc.
748. PAREMENTURE, subst. fém.
171. CASSONADE, subst. fém.
749. PARÉO, subst. masc.
172. CASSURE, subst. fém.
750. PARER1, verbe trans.
173. CASTOR, subst. masc.
751. PARFAIT1, -AITE, adj.
174. CAYENNE3, subst. fém.
752. PAS2, subst. masc.
175. CEINTURE, subst. fém.
753. PASSABLEMENT, adv.
176. CELLULAR, subst. masc.
754. PASSANT, -ANTE, part. prés., adj.
et subst.
- 341 -
177. CENTON, subst. masc.
755. passe-couloir , subst. (dans l'article
PASSE-, élém. de compos.)
178. CHAINSE, subst.
756. passe-bras. subst. (dans l'article
PASSE-, élém. de compos.)
179. CHAIR, subst. fém.
757. PASSEMENTER, verbe trans.
180. CHAMARRE, subst. fém.
758. PASSEPOIL, subst. masc.
181. CHAMARRER, verbe trans.
759. PASSEQUILLE, subst. fém.
182. CHAMARRURE, subst. fém.
760. PASSER1, verbe
183. CHAMBRE, subst. fém.
761. PASSÉ, -ÉE, part. passé et adj.
184. CHAMOISINE, subst. fém.
762. PATRICIEN, -IENNE, subst. et adj.
185. CHANDAIL, subst. masc.
763. PATRON2, subst. masc.
186. CHAOS, subst. masc.
764. PATTE1, subst. fém.
187. CHAPE, CHAPPE, subst. fém.
765. PATTE2, subst. fém.
188. CHASTE, adj.
766. PATTU, -UE, adj.
189. CHASUBLE, subst. fém.
767. PAUVRE, adj. et subst.
190. chauffe-cœur, subst. masc. (dans
768. PEAU, subst. fém.
l'article CHAUFFE-, élément préf.)
191. CHAUSSES, subst. fém. plur.
769. PÊCHE2, subst. fém.
192. CHAUSSURE, subst. fém.
770. PEIGNOIR, subst. masc.
193. CHÈCHE, subst. masc.
771. PEILLE, subst. fém.
194. CHÉCHIA, subst. fém.
772. PEINE, subst. fém.
195. CHEMISE, subst. fém.
773. PEINE (À), loc. adv.
196. CHEMISETTE, subst. fém.
774. PÉKIN2, subst. masc.
197. CHEVET, subst. masc.
775. PÉKINÉ, -ÉE, adj. et subst.
198. CHIFFON, subst. masc.
776. PELÉ, -ÉE, part. passé et adj.
199. CHIFFONNAGE, subst. masc.
777. PÈLERINE, subst. fém.
- 342 -
200. CHIFFONNER, verbe trans.
778. PELISSE, subst. fém.
201. CHIFFONNÉ, ÉE, part. passé et adj.
779. PELISSON, PELIÇON, subst. masc.
202. CINTRE, subst. masc.
780. PELLICULE, subst. fém.
203. CINTRER, verbe trans.
781. PELUCHE, subst. fém.
204. CINTRÉ, ÉE, part. passé, et adj.
782. PELUCHER, verbe intrans.
205. CIRER, verbe trans.
783. PELUCHEUX, -EUSE, adj.
206. CIRÉ, ÉE, part. passé, adj. et subst.
784. PELURE, subst. fém.
masc.
207. CIVIL, ILE, adj.; CIVIL, subst. masc. 785. PENDELOQUE, subst. fém.
208. CLIP, subst. masc.
786. PENDRE, verbe
209. COACHMAN, subst. masc.
787. PÉNÉTRER, verbe
210. COCHONNER, verbe.
788. PENSION, subst. fém.
211. COL, subst. masc.
789. PÉPLUM, PÉPLOS, subst. masc.
212. COLLANT, ANTE, part. prés., adj. et 790. PERCEPTION, subst. fém.
subst.
213. COLLER, verbe.
791. PERLER, verbe
214. COLLET, subst. masc.
792. PERLURE, subst. fém.
215. COLLETÉ, ÉE, part. passé et adj.
793. PERSAN, -ANE, subst. et adj.
216. COLOBE1, subst. masc.
794. PERSONNE1, subst. fém.
217. COLTIN, COLLETIN, subst. masc.
795. PETIT(-)GRIS, subst. masc.
218. COMBINAISON, subst. fém.
796. PÉTRISSAGE, subst. masc.
219. COMBINE, subst. fém.
797. PHILIBEG, subst. masc.
220. COMBINÉ, ÉE, part. passé, adj. et
798. PHYLACTÈRE, subst. masc.
subst. masc.
221. COMPLET1, ÈTE, adj.
799. PICARDAN(T), subst. masc.
222. COMPLET2, subst. masc.
800. PICOT1, subst. masc.
- 343 -
223. COMPRENDRE, verbe trans.
801. PICOTER, verbe trans.
224. CONFECTION, subst. fém.
802. PIÈCE, subst. fém.
225. CONFECTIONNER, verbe trans.
803. PIERRE, subst. fém.
226. CONFÉRENCE, subst. fém.
804. PIERROT2, subst. masc.
227. CONTENTIF, IVE, adj.
805. PINCE, subst. fém.
228. COORDONNÉ, ÉE, part. passé, adj.
806. PINCEAU, subst. masc.
et subst.
229. COQUE, subst. fém.
807. PINCER, verbe trans.
230. COQUERELLE, subst. fém.;
808. PINCÉ, -ÉE, part. passé, adj. et
COQUERET1, subst. masc.
subst. masc.
231. COQUETTEMENT, adv.
809. PIQUAGE, SUBST. MASC.
232. COQUETTERIE, subst. fém.
810. PIQUER, verbe trans.
233. CORDELIÈRE, subst. fém.
811. PIQUÉ, -ÉE, part. passé, adj. et
subst.
234. CORPS, subst. masc.
812. PIQÛRE, subst. fém.
235. CORRECT, ECTE, adj.
813. PLAID2, subst. masc.
236. CORSAGE, subst. masc.
814. PLASTRON, subst. masc.
237. CORSELET, subst. masc.
815. PLASTRONNER, verbe
238. CORSET, subst. masc.
816. PLAT1, PLATE, adj., adv. et subst.
masc.
239. COSTUME, subst. masc.
817. PLEURARD, -ARDE, subst. et adj.
240. COTILLON1, subst. masc.
818. PLI1, subst. masc.
241. COTTE1, subst. fém.
819. PLOMB, subst. masc.
242. COTTE-HARDIE, subst. fém.
820. PLUMEUX, -EUSE, adj.
243. COT(T)EREAUX, subst. masc. plur.
821. POCHE1, subst. fém.
244. COTTERON, subst. masc.
822. POCHER, verbe
- 344 -
245. COUDE, subst. masc.
823. POCHETTE, subst. fém.
246. COULE1, subst. fém.
824. POCHON1, subst. masc.
247. COUPE2, subst. fém.
825. POGNE, subst. fém.
248. COUPER, verbe trans.
826. POIGNARD, subst. masc.
249. COURONNÉ, ÉE, part. passé et adj.
827. POIGNET, subst. masc.
250. COURSE, subst. fém.
828. POIL, subst. masc.
251. COURT1, COURTE, adj. et adv.
829. POINT1, subst. masc.
252. COURT-VÊTU, UE, adj.
830. POINTE, subst. fém.
253. COUTIL, subst. masc.
831. POINTURE, subst. fém.
254. COUTURE, subst. fém.
832. POITRINE, subst. fém.
255. COUVERTURE, subst. fém.
833. POIVRE, subst. masc.
256. COUVRIR1, verbe trans.
834. POLITIQUE2, subst. fém.
257. COUVERT, ERTE, part. passé et adj. 835. POLKA, subst. fém.
258. CRAQUER1, verbe intrans.
836. POMPE1, subst. fém.
259. CRAVATE2, subst. fém.
837. PONCHO, subst. masc.
260. CRÊPE1, subst. masc.
838. PONT, subst. masc.
261. CREVÉ, ÉE, part. passé, adj. et subst. 839. PONT-LEVIS, subst. masc.
masc.
262. CROISER, verbe.
840. PORTABLE, adj.
263. CROISÉ, ÉE, part. passé, adj. et
841. PORTATIF, -IVE, adj. et subst.
subst. masc.
masc.
264. CROTTE, subst. fém.
842. PORTEFEUILLE, subst. masc.
265. CUCUL(L)E, subst. fém.
843. PORTE-QUEUE, subst. masc.
266. CUIR1, subst. masc.
844. PORTER1, verbe
267. CUIRASSE, subst. fém
845. PORTÉ, -ÉE, part. passé, adj. et
subst. masc.
- 345 -
268. CUISSARD, subst. masc.
846. POUCE, subst. masc.
269. CULOTTE1, subst. fém.
847. POUILLER, verbe trans.
270. CYLINDRE, subst. masc.
848. POURPOINT, subst. masc.
271. DALMATIQUE, subst. fém.
849. POURPRE1, subst. fém.
272. DANDY, subst. masc.
850. POURPRE3, adj.
273. DATE, subst. fém.
851. PRENDRE, verbe trans.
274. DÉBALLER, verbe trans.
852. PRÉSENTER, verbe
275. DÉBAUCHER, verbe trans.
853. PRESTANCE, subst. fém.
276. DÉBORD, subst. masc.
854. PRÊT2, PRÊTE, adj.
277. DÉBOUTONNAGE, subst. masc.
855. PRÉTEXTE2, subst. fém.
278. DÉBOUTONNER, verbe trans.
856. PROBATION, subst. fém.
279. DÉBOUTONNÉ, ÉE, part. passé et
857. PROMOTION, subst. fém.
adj.
280. DÉBRAILLER, verbe trans.
858. PROMPT, PROMPTE, adj.
281. DÉBRAILLÉ, ÉE, part. passé, adj. et 859. PROPRE2, adj.
subst.
282. DÉBRIDÉ, ÉE, part. passé et adj.
860. PULL-OVER, subst. masc.
283. DÉBUSQUER, verbe.
861. PULQUE, subst. masc.
284. DÉCAPELER, verbe trans.
862. PYJAMA, subst. masc.
285. DÉCAPOTER, verbe trans.
863. QUEUE1, subst. fém.
286. DÉCATI, IE, part. passé et adj.
864. QUITTER, verbe trans.
287. DÉCHIQUETAGE, subst. masc.
865. QUOTIDIEN, -IENNE, adj. et
subst.
288. DÉCHIQUETER, verbe trans.
866. RABAT, subst. masc.
289. DÉCHIQUETÉ, ÉE, part. passé et
867. RABATTANT, -ANTE, part. prés.,
adj.
adj. et subst. masc.
- 346 -
290. DÉCHIRURE, subst. fém.
868. RABATTU, -UE, part. passé, adj. et
subst.
291. DÉCORATION, subst. fém.
869. RACCOMMODER, verbe trans.
292. DÉCOUPURE, subst. fém.
870. RACCROCHER, verbe
293. DÉCOUSURE, subst. fém.
871. RACHER, verbe trans.
294. DÉCROCHER, verbe trans.
872. RAFISTOLER, verbe trans.
295. DÉCROCHEZ-MOI-ÇÀ, subst. masc. 873. RAIE1, subst. fém.
inv.
296. DÉDOUBLER2, verbe trans.
874. RAJUSTER, verbe trans.
297. DÉDOUBLER3, verbe trans.
875. RALLONGER, verbe
298. DÉFAIRE, verbe trans.
876. RAMAGER, verbe
299. DÉFINIR, verbe trans.
877. RAMENER, verbe trans.
300. DÉFRIPER, verbe trans.
878. RÂPER, verbe trans.
301. DÉFRONCER, verbe trans.
879. RÂPÉ, -ÉE, part. passé, adj. et
subst. masc.
302. DÉGAGEMENT, subst. masc.
880. RAPETASSER, verbe trans.
303. DÉGAGER, verbe trans.
881. RAPIÉÇAGE, RAPIÈCEMENT,
subst. masc.
304. DÉGRAFER, verbe trans.
882. RAPIÉCER, verbe trans.
305. DÉGRAFÉ, ÉE, part. passé et adj.
883. RAPIÉCETER, verbe trans.
306. DÉGRAISSAGE, subst. masc.
884. RAPPEL, subst. masc.
307. DÉGUENILLÉ, ÉE, part. passé et
885. RAPPORTER, verbe trans.
adj.
308. DÉGUISEMENT, subst. masc.
886. RAS3, RASE, adj.
309. DÉGUISER, verbe trans.
887. RATTRAPER, verbe trans.
310. DÉGUISÉ, ÉE, part. passé et adj.
888. RAVAUDAGE, subst. masc.
311. DÉHARNACHER, verbe trans.
889. RAVOIR1, verbe trans.
- 347 -
312. DÉJÀ, adv. de temps.
890. RAYÉ, -ÉE, part. passé et adj.
313. DÉJEUNER2, subst. masc.
891. rendosser, réendosser, verbe trans.
(dans l'article RE-, RÉ-, R-, préf.)
314. DÉLABREMENT, subst. masc.
892. REBORD, subst. masc.
315. DÉLABRER, verbe trans.
893. REBRAS, subst. masc.
316. DÉLABRÉ, ÉE, part. passé et adj.
894. RECOUDRE, verbe trans.
317. DÉLOQUETÉ, ÉE, adj.
895. RECOUPER, verbe trans.
318. DEMANDE, subst. fém.
896. RECTIFICATION, subst. fém.
319. DEMANDER, verbe trans.
897. RECTIFIER, verbe trans.
320. DÉMIS, ISE, part. passé et adj.
898. REDINGOTE, subst. fém.
321. DÉNUDER, verbe trans.
899. REFAÇONNER, verbe trans.
322. DÉPASSANT, ANTE, part. prés.,
900. REJETER, verbe
adj. et subst.
323. DÉPENAILLÉ, ÉE, adj.
901. RELEVER, verbe
324. DÉPOITRAILLER, verbe trans.
902. REMBOURSEMENT, subst. masc.
325. DÉPOITRAILLÉ, ÉE, part. passé et
903. REMETTRE, verbe trans.
adj.
326. DÉPOUILLE1, subst. fém.
904. REMMAILLER, REMAILLER,
verbe trans.
327. DÉPOUILLEMENT, subst. masc.
905. REMONTAGE, subst. masc.
328. DÉPOUILLER, verbe trans.
906. REMONTER, verbe
329. DEPUIS, prép. et adv.
907. REMPLI, subst. masc.
330. DÉRAIDIR, verbe trans.
908. REMUER, verbe
331. DÉROBER, verbe trans.
909. RENCONTRER, verbe
332. DÉSAGRAFER, verbe trans.
910. RENFILER, verbe trans.
333. DÉSHABILLER, verbe trans.
911. REPASSAGE, subst. masc.
- 348 -
334. DÉSHABILLÉ, ÉE, part. passé, adj.
912. REPASSER, verbe
et subst.
335. DÉSORDRE, subst. masc.
913. REPORTER1, verbe trans.
336. DESSINER, verbe trans.
914. REPOSER1, verbe trans.
337. DESSOUS2, subst. masc.
915. REPRISER, verbe trans.
338. DEUIL, subst. masc.
916. REQUIMPETTE, subst. fém.
339. DEUX, adj., subst. inv. et 1er élément
917. RESSERRER, verbe trans.
de composés.
340. DEVANT1, prép. et adv.
918. RESSORTIR1, verbe
341. DEVANT2, subst. masc.
919. RESSORTIR2, verbe trans. indir.
342. DÉVÊTIR, verbe trans.
920. RETAILLER, verbe trans.
343. DISCRET1, ÈTE, adj.
921. RETOUCHE, subst. fém.
344. DISTINGUER, verbe trans.
922. RETOUCHER, verbe trans.
345. DIVINISER, verbe trans.
923. RETOURNER, verbe
346. DJELLABA(H), subst. fém.
924. RETRANCHER, verbe trans.
347. DOLIMAN, subst. masc.
925. RETROUSSER, verbe trans.
348. DOLMAN, subst. masc.
926. RETROUSSÉ, -ÉE, part. passé et
adj.
349. DOMINO1, subst. masc.
927. RETROUSSIS, subst. masc.
350. DOS, subst. masc.
928. RÉUSSI, -IE, part. passé et adj.
351. DOUBLAGE, subst. masc.
929. REVENIR, verbe
352. DOUBLET, subst. masc.
930. REVERDI, -IE, part. passé, adj. et
subst. fém.
353. DOUILLET, ETTE, adj.
931. REVERS, subst. masc.
354. DOUILLETTE, subst. fém.
932. REVERSER2, verbe intrans.
355. DOUILLETTEMENT, adv.
933. RÉVERSIBLE, adj.
- 349 -
356. DOUTEUX, EUSE, adj.
934. REVÊTEMENT, subst. masc.
357. DRAP, subst. masc.
935. REVÊTIR, verbe trans.
358. DRAPEAU, subst. masc.
936. RHINGRAVE, subst.
359. DRAPER, verbe trans.
937. RICHESSE, subst. fém.
360. DRAPÉ, ÉE, part. passé, adj. et subst. 938. RIGUEUR, SUBST. FÉM.
masc.
361. DRAPERIE, subst. fém.
939. ROBE, subst. fém.
362. DROGUET, subst. masc.
940. ROMAIN, -AINE, adj. et subst.
363. ÉCARLATE, adj. et subst.
941. ROQUELAURE, subst. fém.
364. ÉCHARPE, subst. fém.
942. ROTONDE1, subst. fém.
365. ÉCLATER, verbe intrans.
943. ROUE, subst. fém.
366. ÉCOSSAIS, AISE, adj. et subst.
944. ROUGE, adj., adv. et subst.
367. ÉCOUTILLE, subst. fém.
945. ROUPE, subst. fém.
368. ÉCRU, E, adj. et subst.
946. ROUPETTES, subst. fém. plur.
369. EFFACER, verbe trans.
947. ROYAL, -ALE, -AUX, adj. et subst.
fém.
370. EFFILÉ, ÉE, part. passé, adj. et subst. 948. RUCHE, subst. fém.
masc.
371. EFFILOCHAGE, subst. masc.
949. RUINE, subst. fém.
372. EFFRANGER, verbe trans.
950. RUPIN, -INE, adj. et subst.
373. ÉLARGIR, verbe trans.
951. SABOT, subst. masc.
374. ÉLASTIQUE, adj et subst.
952. SAC1, subst. masc.
375. ÉLÉGAMMENT, adv.
953. AGE, adj. et subst.
376. ÉLIMER, verbe trans.
954. SAIE1, subst. fém.
377. ÉLIMÉ, ÉE, part. passé et adj.
955. SAISON, subst. fém.
378. ÉMAILLER, verbe trans.
956. SALE, adj.
- 350 -
379. EMBOBINER, verbe trans.
957. SALISSANT, -ANTE, part. prés. et
adj.
380. EMMANCHER, verbe trans.
958. SALOPE, adj. et subst. fém.
381. EMMANCHURE, subst. fém.
959. SALOPETTE, subst. fém.
382. EMPAQUETER, verbe trans.
960. SANGLANT, -ANTE, adj.
383. EMPIÈCEMENT, subst. masc.
961. SANGLÉ, -ÉE, part. passé et adj.
384. ENCOLURE, subst. fém.
962. SANS-CULOTTE, subst. masc.
385. ENDIMANCHER, verbe trans.
963. SAPE3, subst.
386. ENDIMANCHÉ, ÉE, part. passé et
964. SARONG, subst. masc.
adj.
387. ENDOSSAGE, subst. masc.,
ENDOSSURE, subst. fém.
965. SAROUAL, SAROUEL, subst.
masc.
388. ENDOSSE, subst. fém.
966. SARRAU, subst. masc.
389. ENDOSSER, verbe trans.
967. SAYON, subst. masc.
390. ENDOSSEUR, subst. masc.
968. SCAPHANDRE, subst. masc.
391. ENDROIT, subst. masc.
969. SCAPULAIRE, subst. masc. et adj.
392. ENFILER, verbe trans.
970. SCEAU, subst. masc.
393. ENFLAMMER, verbe trans.
971. SEC, SÈCHE, adj. et subst.
394. ENFOUIR, verbe trans.
972. SEIN, subst. masc.
395. ENFROQUÉ, ÉE, adj.
973. SEOIR, verbe intrans.
396. ENGAINER, verbe trans.
974. SEQUIN, subst. masc.
397. ENGONCER, verbe trans.
975. SERGE, subst. fém.
398. ENJUPONNER, verbe trans.
976. SERPILLIÈRE, subst. fém.
399. ENLEVER, verbe trans.
977. SERRER, verbe trans.
400. ENORGUEILLIR, verbe trans.
978. SERRÉ, -ÉE, part. passé et adj.
401. ENROBER, verbe trans.
979. SEXY, adj. inv.
- 351 -
402. ENSACHER, verbe trans.
980. SHOPPING, subst. masc.
403. ENSEMBLE2, subst. masc.
981. SICILIEN, -IENNE, adj. et subst.
404. ENTIER, IÈRE, adj. et subst. masc.
982. SIMARRE, subst. fém.
405. ENTOILAGE, subst. masc.
983. SINGLET, subst. masc.
406. ENTOILER, verbe trans.
984. SINUS2, subst. masc.
407. ENTOURNURE, subst. fém.
985. SLIP1, subst. masc.
408. ENVERS2, subst. masc., À
986. SMOCKS, subst. masc. plur.
L'ENVERS, loc. adv.
409. ÉPAULE, subst. fém.
987. SMOKING, subst. masc.
410. ÉPAULETTE, subst. fém.
988. SOBRE, adj.
411. ÉPENDYME, subst. masc.
989. SOBRIÉTÉ, subst. fém.
412. ÉPHOD, subst. masc.
990. SOIE1, subst. fém.
413. ÉQUIPAGE, subst. masc.
991. SOIGNEUSEMENT, adv.
414. ESCLAVINE, subst. fém.
992. SOIGNEUX, -EUSE, adj.
415. ESQUIMAU, AUDE, adj. et subst.
993. SOIN, subst. masc.
416. ESSAI, subst. masc.
994. SOIR, subst. masc.
417. ESSAYAGE, subst. masc.
995. SOIRÉE, subst. fém.
418. ESSAYER, verbe trans.
996. SOLEIL, subst. masc.
419. ESSAYEUR, EUSE, subst.
997. SOLIDE, adj. et subst. masc.
420. ÉTAMINE2, subst. fém.
998. SOMBRE, adj.
421. ÉTENDRE, verbe trans.
999. SOMMAIRE2, adj.
422. ÉTIQUETTE, subst. fém.
1000. SORTIE, subst. fém.
423. ÉTOFFE, subst. fém.
1001. SOUBREVESTE, subst. fém.
424. ÉTOFFÉ, ÉE, part. passé et adj.
1002. SOUFFLÉ, -ÉE, part. passé, adj. et
subst.
425. ÉTOLE, subst. fém.
1003. SOUFFLET, subst. masc.
- 352 -
426. ÉTOUPER, verbe trans.
1004. SOUFFRIR, verbe
427. ÉTREINDRE, verbe trans.
1005. SOULIGNER, verbe trans.
428. ÉTRIQUER, verbe trans.
1006. SOUQUENILLE, subst. fém.
429. ÉTRIQUÉ, ÉE, part. passé et adj.
1007. SOURIRE1, verbe
430. ÉTROIT, OITE, adj.
1008. SOURIRE2, subst. masc.
431. ÉTUI, subst. masc.
1009. SOUS, prép.
432. ÉTUVE, subst. fém.
1010. SOUS-, préf.
433. barboteuse. (dans l'article -EUR2/-
1011. sous-bras, subst. masc. (dans l'article
EUSE, -(A)TEUR/-(A)TRICE, suff.)
SOUS-, préf.)
434. liseuse. (dans l'article -EUR2/-EUSE, - 1012. sous-manche, subst. fém. (dans
(A)TEUR/-(A)TRICE, suff.)
435. EXHIBER, verbe trans.
l'article SOUS-, préf.)
1013. sous-patte, subst. fém. (dans l'article
SOUS-, préf.)
436. FAÇON, subst. fém.
1014. SOUS-VÊTEMENT, subst. masc.
437. FAIT, FAITE, part. passé et adj.
1015. SOUTACHE, subst. fém.
438. FALBALA, subst. masc.
1016. SOUTANE, subst. fém.
439. FALZAR, subst. masc.
1017. SOUTANELLE, subst. fém.
440. FAMILIER, IÈRE, adj.
1018. SOUTIEN-GORGE, subst. masc.
441. FARDE, subst. fém.
1019. SOUVENIR2, subst. masc.
442. FATIGUE, subst. fém.
1020. SOUVERAIN1, -AINE, adj. et subst.
443. FATIGUER, verbe.
1021. SOYEUX, -EUSE, adj. et subst.
masc.
444. FATIGUÉ, ÉE, part. passé et adj.
1022. SPACIEUX, -EUSE, adj.
445. FAUX1, adj., adv. et subst.
1023. SPENCER, subst. masc.
446. FEMME, subst. fém.
1024. SPORT, subst. masc.
447. FENDU, UE, part. passé, adj. et
1025. SPORTIF, -IVE, adj. et subst.
subst. fém.
- 353 -
448. FERMAIL, AUX, subst. masc.
1026. STRIP-TEASE, subst. masc.
449. FERMETURE, subst. fém.
1027. SUCCINCT, -INCTE, adj.
450. FESSE, subst. fém.
1028. SUÇON, subst. masc.
451. FIBULE, subst. fém.
1029. SUÈDE, subst. masc.
452. FIGURÉ, ÉE, adj.
1030. SUFFISANCE, subst. fém.
453. FILANDREUX, EUSE, adj.
1031. SUPERBE1, adj.
454. FILER, verbe.
1032. SUPPORTER1, verbe trans.
455. FINITION, subst. fém.
1033. SUPPRESSION, subst. fém.
456. FLANELLE, subst. fém.
1034. SUR, prép.
457. FLOCONNANT, ANTE, part. prés.
1035. SUR-, préf.
et adj.
458. FLOCONNER, verbe intrans.
1036. surmaillot, sur-maillot, subst. masc.
(dans l'article SUR-, préf.)
459. FLOTTANT, ANTE, part. prés. et
1037. SURAH, subst. masc.
adj.
460. FLOU, FLOUE, adj. et subst. masc.
1038. SURCOT, subst. masc.
461. FOLKLORIQUE, adj.
1039. SURFILER, verbe trans.
462. FONCÉ, ÉE, part. passé et adj.
1040. SUROÎT, subst. masc.
463. FOUILLE2, subst. fém.
1041. SURPLIS, subst. masc.
464. FOURREAU, subst. masc.
1042. SURPRISE, subst. fém.
465. FOURRER, verbe trans.
1043. SURTOUT2, subst. masc.
466. FOURRÉ, ÉE, part. passé et adj.
1044. SURVÊTEMENT, subst. masc.
467. FOURRURE, subst. fém.
1045. SUSPENDRE, verbe
468. FOUTA(H), subst. masc. ou fém.
1046. SYLLABUS, subst. masc.
469. FRAC, subst. masc.
1047. SYNTHÈSE, subst. fém.
470. FRAÎCHEUR, subst. fém.
1048. TABLIER, subst. masc.
- 354 -
471. FRAIS1, FRAÎCHE, adj., adv. et
1049. TACHER, verbe trans.
subst.
472. FRANGE, subst. fém.
1050. TACON2, subst. masc.
473. FRAPOUILLE, subst. fém.
1051. TAILLADE, subst. fém.
474. FRELUCHE, subst. fém.
1052. TAILLADER, verbe trans.
475. FRINGUES, subst. fém. plur.
1053. TAILLE, subst. fém.
476. FRIPE2, subst. fém.
1054. TAILLER, verb. trans.
477. FRIPER, verbe trans.
1055. TALAIRE, adj.
478. FRIPÉ, ÉE, part. passé et adj.
1056. TALIT, subst. masc.
479. FROC, subst. masc.
1057. TALPACK, subst. masc.
480. FROID, FROIDE, adj. et subst. masc. 1058. TAMPON, subst. masc.
481. FRONCE, subst. fém.
1059. TANNÉ, -ÉE, part. passé, adj. et
subst.
482. FROU-FROU, FROUFROU, subst.
masc.
483. FROUFROUTANT, ANTE, part.
1060. TAPECUL, TAPE-CUL, TAPECU,
subst. masc.
1061. TARBOUCH(E), subst. masc.
prés. et adj.
484. FROUFROUTER, verbe intrans.
1062. TARTAN1, subst. masc.
485. FUTAINE, subst. fém.
1063. TASSEAU1, subst. masc.
486. GABARIT, subst. masc.
1064. TEINDRE, verbe trans.
487. GAINE, subst. fém.
1065. TENDREMENT, adv.S
488. GAINER, verbe trans.
1066. TENIR, verbe
489. GALA, subst. masc.
1067. TENTER, verbe trans.
490. GALONNÉ, -ÉE, part. passé et adj.
1068. TENUE, subst. fém.
491. GAMBISON, subst. masc.
1069. TERMINER, verbe trans.
492. GANSE, subst. fém.
1070. TERRAIN, subst. masc.
- 355 -
493. GANT, subst. masc.
1071. TÊTE, subst. fém.
494. GANTER, verbe trans.
1072. TÉTONNIÈRE, adj. fém. et subst.
fém.
495. GARDE-, élém. de compos.
1073. TISSER, verbe trans.
496. GAUDIR, verbe
1074. TOGE, subst. fém.
497. GÊNE, subst. fém.
1075. TOI, pron. pers.
498. GÉNIE, subst. masc.
1076. TOILETTE, subst. fém.
499. GENOUILLÈRE, subst. fém.
1077. TOMBER1, verbe
500. GILET, subst. masc.
1078. TONIFIER, verbe trans.
501. GIRON, subst. masc.
1079. TONNELET, subst. masc.
502. GIRONNÉ, -ÉE, adj.
1080. TORSADE, subst. fém.
503. GODAILLER2, verbe intrans.
1081. TORSE, subst. masc.
504. GODER1, verbe intrans.
1082. TOULOUPE, subst. fém.
505. GODRONNÉ, -ÉE, part. passé et adj. 1083. TOURMENTER, verbe trans.
506. GOMMER, verbe trans.
1084. TOUT2, adv.
507. GONE, subst. masc.
1085. TRACÉ, -ÉE, part. passé, adj. et
subst.
508. GONNE1, subst. fém.
1086. TRAÎNE, subst. fém.
509. GORGERETTE, subst. fém.
1087. TRAÎNER, verbe
510. GOUSSET, subst. masc.
1088. TRAINING, subst. masc.
511. GRABAT, subst. masc.
1089. TRANCHER, verbe
512. GRATTER, verbe
1090. TRANSPARENT, -ENTE, adj. et
subst. masc.
513. GRÈGE, adj.
1091. TRAVAIL1, -AUX, subst. masc.
514. GRIFFE1, subst. fém.
1092. TRAVERSER, verbe trans.
515. GRIFFÉ, -ÉE, part. passé et adj.
1093. TREILLIS2, subst. masc.
- 356 -
516. GRIMACER, verbe
1094. triboélectricité, tribo-électricité,
subst. fém. (dans l'article TRIBO-,
élém. formant)
517. GRIMPANT, -ANTE, part. prés., adj. 1095. TRICOT1, subst. masc.
et subst.
518. GRIS1, GRISE, adj. et subst.
1096. TRICOTER1, verbe
519. GRISET, subst. masc.
1097. TRIMBAL(L)ER, verbe
520. GRISETTE, subst. fém.
1098. TROPICAL, -ALE, -AUX, adj.
521. GROG, subst. masc.
1099. TROTTEUR, -EUSE, subst.
522. GROSSIER, -IÈRE, adj.
1100. TROU, subst. masc.
523. GUENILLE, subst. fém.
1101. TROUER, verbe trans.
524. GUENILLEUX, -EUSE, adj.
1102. TROUÉ, -ÉE, part. passé et adj.
525. GUÊPE, subst. fém.
1103. TROUSSE, subst. fém.
526. GUÊPIÈRE, subst. fém.
1104. TROUSSEAU, subst. masc.
527. GUÊTRE, subst. fém.
1105. TROUSSER, verbe trans.
528. GUEULES, subst. masc.
1106. TROUSSÉ, -ÉE, part. passé et adj.
529. HABILLER, verbe trans.
1107. TULIPE, subst. fém.
530. HABIT, subst. masc.
1108. TUNICELLE, subst. fém.
531. HABITUÉ,-ÉE, part. passé, adj. et
1109. TUNIQUE, subst. fém.
subst.
532. HABITUS, subst. masc.
1110. TURBÉ, TURBEH, subst. masc.
533. HAÏK, subst. masc.
1111. TWEED, subst. masc.
534. HAILLON, subst. masc.
1112. TYPIQUE, adj. et subst.
535. HAILLONNEUX, -EUSE, adj.
1113. UNI, -IE, adj. et adv.
536. HAIRE, subst. fém.
1114. UNIQUE, adj.
537. HARDES, subst. fém. plur.
1115. USER, verbe
- 357 -
538. HARNACHEMENT, subst. masc.
1116. USÉ, -ÉE, part. passé et adj.
539. HARNAIS, HARNOIS, subst. masc.
1117. USURE2, subst. fém.
540. HAUSSE-COL, subst. masc.
1118. VAGUE1, adj. et subst. masc.
541. HAUT-DE-CHAUSSES, subst. masc. 1119. VAGUE4, subst. fém.
542. HIMATION, subst. masc.
1120. VAPOREUX, -EUSE, adj.
543. HOMESPUN, subst. masc.
1121. VAREUSE, subst. fém.
544. HONGRELINE, subst. fém.
1122. VELOUTÉ, -ÉE, adj.
545. HOUPPELANDE, subst. fém.
1123. VERDÂTRE, adj.
546. HOUSPILLER, verbe trans.
1124. VERDIR, verbe
547. HUMILIANT, -ANTE, adj.
1125. VERDISSANT, -ANTE, part. prés.
et adj.
548. HYPHOLOME, subst. masc.
1126. VESTE, subst. fém.
549. IDÉAL1, -ALE, -ALS ou -AUX, adj.
1127. VESTIMENTAIRE, adj.
550. -IER, -IÈRE, -ER, -ÈRE, suff.
1128. VESTON, subst. masc.
551. IGNOBLE, adj.
1129. VÊTEMENT, subst. masc.
552. ILOTE, subst.
1130. VÊTIR, verbe trans.
553. IMMETTABLE, adj.
1131. VÊTU, -UE, part. passé, adj. et
subst. masc.
554. IMPERMÉABLE, adj. et subst. masc. 1132. VÊTURE, subst. fém.
555. IMPRESSION, subst. fém.
1133. VIATIQUE, subst. masc.
556. IMPUDIQUE, adj.
1134. VICTORIEUX, -EUSE, adj.
557. INAMOVIBLE, adj.
1135. VIDÉ, -ÉE, part. passé, adj. et subst.
558. INCROYABLE, adj. et subst. masc.
1136. VIEILLERIE, subst. fém.
559. INDIGENCE, subst. fém.
1137. VIEUX, VIEIL, VIEILLE, adj.,
subst. et adv.
560. INDUVIE, subst. fém.
1138. VIGOGNE, subst. fém.
- 358 -
561. INÉLÉGANT, -ANTE, adj.
1139. VINAIGRE, subst. masc.
562. -ING, suff.
1140. VISIBLE, adj.
563. INNOCENCE, subst. fém.
1141. VISITE, subst. fém.
564. INQUIÉTER, verbe trans.
1142. VISITER, verbe trans.
565. INSALISSABLE, adj.
1143. VISON, subst. masc.
566. INSENSIBILITÉ, subst. fém.
1144. VITRINE, subst. fém.
567. INSEXUEL, -ELLE, adj.
1145. VOGUER, verbe
568. INSIGNE2, subst. masc.
1146. VOILAGE, subst. masc.
569. INSISTANT, -ANTE, part. prés. et
1147. VOILE1, subst. masc.
adj.
570. INSOUCIANT, -ANTE, adj.
1148. VOIR, verbe trans.
571. INVERSE, adj. et subst. masc.
1149. VOLANT2, subst. masc.
572. INVESTIR2, verbe trans.
1150. VOLER1, verbe
573. IRRADIÉ, -ÉE, part. passé et adj.
1151. VOTRE, VOS, adj. poss.
574. IRRÉPARABLE, adj.
1152. VOUÉ, -ÉE, part. passé et adj.
575. IRRÉPROCHABLE, adj.
1153. WATERPROOF, subst. masc. et
adj. inv.
576. ITALIANISER, verbe
1154. ZAZOU, -OUE, subst. et adj.
577. JACKET, subst.
1155. ZIBELINE, subst. fém.
578. JAMBE, subst. fém.
1156. ZIPPÉ, -ÉE, adj.
- 359 -
Annexe 3e :
Nomenclature des entrées employant le
terme « habit » dans le Petit Robert : 121
entrées
1.
âme • n. f.
62.
le, la, les • art. déf.
2.
apparence • n. f.
63.
livrée • n. f.
3.
arlequin, ine • n. m. et f.
64.
loqueteux, euse • adj.
4.
brochette • n. f.
65.
louer • v. tr.
5.
brosse • n. f.
66.
lumière • n. f.
6.
brosser • v.
67.
marqueterie • n. f.
7.
cache-misère • n. m. inv.
68.
mettre • v. tr.
8.
centon • n. m.
69.
mite • n. f.
9.
cérémonie • n. f.
70.
moine • n. m.
10.
chamarrure • n. f.
71.
morue • n. f.
11.
chanson • n. f.
72.
noir, noire • adj. et n.
12.
clown • n. m.
73.
novice • n. et adj.
13.
cohabitation • n. f.
74.
nu, nue • adj. et n. m.
14.
cohabiter • v. intr.
75.
or • n. m.
15.
commode • adj.
76.
ordre • n. m.
16.
costume • n. m.
77.
oripeau • n. m.
17.
croiser • v.
78.
paillasse • n. m.
18.
défroque • n. f.
79.
pan • n. m.
19.
défroquer • v.
80.
parade • n. f.
20.
demande • n. f.
81.
parler • v.
21.
déshabiller • v. tr.
82.
pékin • n. m.
22.
déshabituer • v. tr.
83.
pelure • n. f.
23.
dimanche • n. m.
84.
pingouin • n. m.
24.
drap • n. m.
85.
plaintif, ive • adj.
25.
ecclésiastique • adj. et n. m.
86.
posséder • v. tr.
- 360 -
26.
éclater • v.
87.
prendre • v.
27.
écorce • n. f.
88.
prise • n. f.
28.
élision • n. f.
89.
puce • n. f.
29.
endimancher (s') • v. pron.
90.
queue • n. f.
30.
épousseter • v. tr.
91.
réhabituer • v. tr.
31.
équipage • n. m.
92.
religieux, ieuse • adj. et n.
32.
estafette • n. f.
93.
religion • n. f.
33.
étoffe • n. f.
94.
retourner • v.
34.
faire • v. tr.
95.
revêtir • v. tr.
35.
fleurir • v.
96.
rhabiller • v. tr.
36.
frac • n. m.
97.
saint-frusquin • n. m.
37.
friperie • n. f.
98.
saleté • n. f.
38.
fripier, ière • n.
99.
sbire • n. m.
39.
froc • n. m.
100. sécularisation • n. f.
40.
frusques • n. f. pl.
101. serré, ée • adj.
41.
grimace • n. f.
102. smoking • n. m.
42.
h • n. m. inv.
103. soin • n. m.
43.
habillement • n. m.
104. solennité • n. f.
44.
habiller • v. tr.
105. soutacher • v. tr.
45.
habit • n. m.
106. supputer • v. tr.
46.
habitable • adj.
107. taille • n. f.
47.
habitacle • n. m.
108. tâter • v. tr.
48.
habitat • n. m.
109. tenue • n. f.
49.
habiter • v.
110. tic • n. m.
50.
habituation • n. f.
111. toge • n. f.
51.
habitude • n. f.
112. trente • adj. numér. inv. et n. inv.
52.
habitué, ée • n.
113. uniforme • adj. et n. m.
53.
habituel, elle • adj.
114. vert, verte • adj. et n. m.
54.
habituer • v. tr.
115. veste • n. f.
55.
habitus • n. m.
116. vestiaire • n. m.
- 361 -
56.
haut-de-forme • n. m.
117. vêtement • n. m.
57.
inhabité, ée • adj.
118. vêtu, ue • adj.
58.
inhabituel, elle • adj.
119. vêture • n. f.
59.
jaquette • n. f.
120. vilain, aine • n. et adj.
60.
laïque • adj.
121. ville • n. f.
61.
laquais • n. m.
Annexe 3f :
Nomenclature des entrées employant le
terme « habit » dans le Petit Larousse :
26 entrées
1.
Arlequin nom masculin
14.
San-benito nom masculin
2.
Clergyman nom masculin
15.
Sape nom féminin
3.
Coiffe nom féminin
16.
Spencer nom masculin
4.
Cornette nom féminin
17.
Suisse nom masculin
5.
Farde nom féminin
18.
Surcot nom masculin
6.
Frac nom masculin
19.
Tenue nom féminin
7.
Froc nom masculin
20.
Uniforme nom masculin
8.
Habit nom masculin
21.
Vêtement nom masculin
9.
Lumière nom féminin
22.
Vêture nom féminin
10.
Marié nom personne
23.
Arlequin personnage de comedia
dell’arte
11.
Mendiant nom personne
24.
Hebert(Anne) Sainte-Catherine-dela-jaques-cartier 1916- Montréal
2000
12.
Morue nom féminin
25.
Joyeuse (Anne, duc de) Joyeuse
1561-Coutras 1587
13.
Queue-de-pie nom féminin
26.
Lacordaire(Henri) Recey-surOurce, Côte-d’Or, 1802Sorèze,Tarn, 1861
- 362 -
Annexe 3g : Nomenclature des entrées employant le
terme « habit » dans le TLFI : 761 lexies
1.
A, subst. masc.
382. JUPONNER, verbe
2.
À, prép.
383. JURÉ, adj. et subst.
3.
ABBÉ, subst. masc.
384. JUSTAUCORPS, subst. masc.
4.
ABBESSE, subst. fém.
385. JUSTE, adj., subst. et adv.
5.
ABORDÉE, subst. fém.
386. LAINE, subst. fém.
6.
ABOUTONNER, verbe trans.
387. LAÏQUE, LAÏC, LAÏQUE, adj.
7.
ABRAXAS1, ABRASAX, subst.
388. LAISSER2, verbe (semi-)auxiliaire.
masc.
8.
ABRITER, verbe trans.
389. LAME, subst. fém.
9.
ABUSIF, IVE, adj.
390. LAMPION, subst. masc.
10.
ACABIT, subst. masc.
391. LE1, LA1, LES1, art. déf.
11.
ACADÉMIQUE, adj.
392. LENTEUR, subst. fém.
12.
ACCOMMODER, verbe trans.
393. LESTE, adj.
13.
ACCOMPAGNEMENT, subst.
394. LEVÉE, subst. fém.
masc.
14.
ACCOUTREMENT, SUBST.
395. LEVER1, verbe
MASC.
15.
ACCOUTRER, verbe trans.
396. LIBÉRABLE, adj. et subst.
16.
ACCUSABLE, adj.
397. LILAS, subst. masc. et adj.
17.
ADAM, subst. masc.
398. LIN, subst. masc.
18.
ADAPTER, verbe trans.
399. LION, LIONNE, subst.
19.
ADJOINT, OINTE, part. passé, adj. 400. LISTON, subst. masc.
- 363 -
et subst.
20.
ADMONESTER, ADMONÉTER,
401. LIVRÉE, subst. fém.
verbe trans.
21.
ADVENIR, AVENIR, verbe
402. LOCOMOBILE, adj. et subst. fém.
intrans.
22.
AFFAMER, verbe trans.
403. LOISIR, subst. masc.
23.
AFFAMÉ, ÉE, part passé, adj. et
404. LOSANGE, subst. masc.
subst.
24.
AFFECTÉ1, ÉE, part. passé, adj. et
405. LOUER2, verbe trans.
subst.
25.
AFFICHAGE, subst. masc.
406. LUI1, LEUR1, pron. pers.
26.
AFFUBLER, verbe trans.
407. LUMIÈRE, subst. fém.
27.
AGNELIN1, INE, adj. et subst.
408. LURON, -ONNE, subst.
28.
AGRAFER, verbe trans.
409. LUSTRAL, -ALE, -AUX, adj.
29.
AIL, AULX, subst. masc.
410. LUSTRÉ, -ÉE, part. passé et adj.
30.
AILE, subst. fém.
411. LYCÉEN, -ENNE, adj. et subst.
31.
AILERON, subst. masc.
412. MAGIQUE, adj.
32.
AÎNESSE, subst. fém.
413. MAGNIFIQUE, adj.
33.
AIR2, subst. masc.
414. MAHEUTRE, MAHOÎTRE, subst.
34.
AISE1, subst. fém.
415. MAÎTRE1, MAÎTRESSE, subst.
35.
AJUSTEMENT, subst. masc.
416. MAL-ÊTRE, subst. masc.
36.
AJUSTER1, verbe trans.
417. MANCHE2, subst. fém.
37.
-AL, -EL, suff.
418. MANCHETTE, subst. fém.
38.
ALLER1, verbe.
419. MANDARIN1, subst. masc. et adj.
39.
ALLOCUTION, subst. fém.
420. MANIE, subst. fém.
40.
ALPHABET, subst. masc.
421. MANNEQUIN1, subst. masc.
41.
AMAZONE1, subst. fém.
422. MANTE1, subst. fém.
- 364 -
42.
AMAZONE2, subst. et adj.
423. MANTEAU, subst. masc.
43.
AMENUISER, verbe trans.
424. MARCHAND, -ANDE, subst. et
adj.
44.
AMI, IE, subst.
425. MARCHE2, subst. fém.
45.
AMPLE, adj.
426. MARIÉ, -ÉE, part. passé, adj. et
subst.
46.
AMPOULE, subst. fém.
427. MARLOTTE, subst. fém.
47.
AMPUTATION, subst. fém.
428. MARQUER, verbe
48.
ANGLOMANE, adj. et subst.
429. MARRON1, subst. masc.
49.
ANTICHAMBRE, subst. fém.
430. MARTRE, MARTE, subst. fém.
50.
APIÉCEUR, subst. masc.
431. MATASSIN, subst. masc.
51.
APLAT, À-PLAT, subst. masc.
432. MATELASSÉ, -ÉE, part. passé et
adj.
52.
APLATIR, verbe trans.
433. MAUSSADERIE, subst. fém.
53.
APOSTASIE, subst. fém.
434. MAUVIETTE, subst. fém.
54.
APOSTASIER, verbe trans.
435. MERDE, subst. fém. et interj.
55.
APOSTROPHÉ, ÉE, part. passé et
436. MESQUIN, -INE, adj.
subst.
56.
ARÉNER, verbe.
437. METTRE, verbe
57.
ARGENTER, verbe trans.
438. MIEUX, adv.
58.
ARLEQUIN, INE, subst.
439. MINÉRAL, -ALE, -AUX, adj. et
subst. masc.
59.
ARLEQUINER, verbe.
440. MINIME, adj. et subst.
60.
ARONDE, subst. fém.
441. MINISTRE, subst. masc.
61.
ARQUEBUSIER, subst. masc.
442. MIRER, verbe trans.
62.
ARROGANT, ANTE, adj. et subst. 443. MIRLIFLOR(E), subst. masc.
63.
ARTISTEMENT, adv.
444. MIROITÉ, -ÉE, adj.
- 365 -
64.
ASPÉRITÉ, subst. fém.
445. MITOYEN, -YENNE, adj.
65.
ASSASSINAT, subst. masc.
446. MODE1, subst. fém.
66.
ASSEMBLER, verbe trans.
447. MODELER, verbe trans.
67.
ASSOCIER, verbe trans.
448. MODÉLISME, subst. masc.
68.
ASTRAKAN subst. masc.
449. MODIFIER, verbe trans.
69.
-AT, suff.
450. MODULE, subst. masc.
70.
ATHLÈTE, subst.
451. MOINE, subst. masc.
71.
ATTACHE, subst. fém.
452. MOINS, adv., prép. et subst. masc.
72.
AUNER, verbe trans.
453. MOLESKINE, MOLESQUINE,
subst. fém.
73.
AURORE, subst. fém.
454. MONASTIQUE, adj.
74.
AUTHENTIQUE, adj. et subst.
455. MONORAIL, adj. et subst. masc.
75.
AVACHIR, verbe trans.
456. MONTANT2, subst. masc.
76.
AVANTAGEUSEMENT, adv.
457. MORAL1, -ALE, -AUX, adj.
77.
AVOCAT1, ATE, subst.
458. MORCEAU, subst. masc.
78.
AVOIR1, verbe.
459. MOUTON, subst. masc.
79.
BACCHANTE, subst. fém.
460. MOUVANT, -ANTE, adj. et subst.
masc.
80.
BAGUER2, verbe trans.
461. MUR, subst. masc.
81.
BAGUETTE, subst. fém.
462. MÛR, MÛRE, adj.
82.
BAL, subst. masc.
463. NACARAT, subst. masc. et adj.
inv.
83.
BARBEAU1, subst. masc.
464. NÉGLIGÉ, -ÉE, part. passé, adj. et
subst.
84.
BASCULE, subst. fém.
465. NEUF2, NEUVE, adj. et subst.
masc.
85.
BASQUE1, subst. fém.
466. NEUTRALISER, verbe trans.
- 366 -
86.
BÂTIR2, verbe trans.
467. NOIR, NOIRE, adj. et subst.
87.
BAUME1, subst. masc.
468. NOTRE, NOS, adj. poss.
88.
BAVASSER, verbe intrans.
469. NOUVEAU, NOUVEL, -ELLE,
adj.
89.
BÉAT, ATE, subst. et adj.
90.
BEAU, BEL, BELLE, adj. et subst. 471. NU2, NUE, adj. et subst.
91.
BEDEAU, subst. masc.
472. NUMÉRO, subst. masc.
92.
BISET, subst. masc.
473. OCCASION, subst. fém.
93.
BLANCS-MANTEAUX, subst.
474. OCCUPANT, -ANTE, part. prés.,
masc.
470. NOVICE, subst. et adj.
adj. et subst.
94.
BLIAUD, BLIAUT, subst. masc.
475. OCCUPATION, subst. fém.
95.
BOBÈCHE2, subst. masc.
476. OIE, subst. fém.
96.
BOBINE, subst. fém.
477. ON, pron. pers. indéf.
97.
BONJOURIER, IÈRE,
478. ORDONNANCE, subst. fém.
BONJOURIEN, IENNE, subst.
98.
BORDEL, subst. masc.
479. ORDONNATEUR, -TRICE, subst.
et adj.
99.
BOUCHE, subst. fém.
480. ORDRE, subst. masc.
100. BOUFFER, verbe.
481. OREILLE, subst. fém.
101. BOUGRAN, subst. masc.
482. ORIGINAL1, -ALE, -AUX, adj.
102. BOUILLONNEMENT, subst.
483. ORNEMENTER, verbe trans.
masc.
103. BOURACAN, subst. masc.
484. OSTENSIBLE, adj.
104. BOUTEILLE, subst. fém.
485. ÔTER, verbe trans.
105. BOUTON, subst. masc.
486. OUATE, subst. fém.
106. BOUTONNER, verbe.
487. PAGANISME, subst. masc.
107. BRONZE, subst. masc.
488. PAGNON, subst. masc.
- 367 -
108. BROSSER, verbe.
489. PAILLASSE2, subst. masc.
109. BRUYÈRE, subst. fém.
490. PAILLETÉ, -ÉE, adj. et subst.
masc.
110. BUFFLETERIE, subst. fém.
491. PAILLETTE, subst. fém.
111. BUTINER, verbe intrans. et trans.
492. PAILLON, subst. masc.
112. CADENETTE, subst. fém.
493. PALETOT, subst. masc.
113. CADRER, verbe.
494. PALME1, subst. fém.
114. CAFÉ, subst. masc.
495. PAN1, subst. masc.
115. CALASIRIS, subst. fém.
496. PANETIER, subst. masc.
116. CALICOT2, subst. masc.
497. PANOPLIE, subst. fém.
117. CAMELOT1, subst. masc.
498. PAPIER, subst. masc.
118. CAMPAGNE, subst. fém.
499. PARAVENT, subst. masc.
119. CAPELER, verbe trans.
500. PARC, subst. masc.
120. CARAPATA, CARAPATE,
501. PAREMENT, subst. masc.
CARAPATIN, subst. masc.
121. CARMAGNOLE, subst.
502. PARFOIS, adv.
122. CARMEL, subst. masc.
503. PARKING, subst. masc.
123. CARRE, subst. fém.
504. PARLEMENTER, verbe intrans.
124. CARRÉ1, ÉE, adj.
505. PAROISSE, subst. fém.
125. CARRURE, subst. fém.
506. PARTITION, subst. fém.
126. CASSEROLE, subst. fém.
507. PAS1, adv. de nég.
127. CASTOR, subst. masc.
508. PASQUINADE, subst. fém.
128. CÉRÉMONIE, subst. fém.
509. PASSABLE, adj.
129. CERVELLE, subst. fém.
510. PASSER1, verbe
130. CHAÎNE, subst. fém.
511. PASSÉ, -ÉE, part. passé et adj.
131. CHÂLE, subst. masc.
512. PASSIONNER, verbe trans.
- 368 -
132. CHAMARRÉ, ÉE, part. passé et
513. PATCHWORK, subst. masc.
adj.
133. CHAMBELLAN, subst. masc.
514. PÂTIRA(S), subst. masc.
134. CHASSE1, subst. fém.
515. PAYSAGISTE, adj. et subst.
135. CHAUD, CHAUDE, adj., adv. et
516. PAYSAN, -ANNE, subst. et adj.
subst.
136. CHAUSSE, subst. fém.
517. PEAU, subst. fém.
137. CHEVAUCHÉE, subst. fém.
518. PÊCHE1, subst. fém.
138. CHEVAU-LÉGERS, subst. masc.
519. PEINDRE, verbe trans.
plur.
139. CHEVRONNÉ, ÉE, part. passé et
520. PÉKIN2, subst. masc.
adj.
140. CHICORÉE, subst. fém.
521. PENDELOQUE, subst. fém.
141. CHOYÉ, ÉE, part. passé et adj.
522. PÉNITENCE, subst. fém.
142. CICATRISÉ, ÉE, part. passé et adj. 523. PÉRIMÈTRE, subst. masc.
143. CIRER, verbe trans.
524. PÉRIPHÉRIQUE, adj. et subst.
masc.
144. CLÉRICAL, ALE, AUX, adj.
525. PERROQUET, subst. masc.
145. CLOÎTRER, verbe trans.
526. PERSONNAGE, subst. masc.
146. CLOWN, subst. masc.
527. PERSONNALISER, verbe trans.
147. CŒUR, subst. masc.
528. PET-EN-L'AIR, subst. masc. inv.
148. COIFFAGE, subst. masc.
529. PHYSIONOMIE, subst. fém.
149. COL, subst. masc.
530. PIÈCE, subst. fém.
150. COLLET, subst. masc.
531. PINCER, verbe trans.
151. COMIQUE, adj. et subst. masc.
532. PINCHINA, subst. masc.
152. COMMANDER, verbe trans.
533. PIQUÉ, -ÉE, part. passé, adj. et
subst.
- 369 -
153. COMPÉTENT, ENTE, adj.
534. PIQUETER, verbe trans.
154. COMPILER, verbe trans.
535. PISTE, subst. fém.
155. COMPLET2, subst. masc.
536. PLACE, subst. fém.
156. CONSOLER, verbe trans.
537. PLAN3, subst. masc.
157. CONTINENCE, subst. fém.
538. PLAQUE, subst. fém.
158. CONTRAINDRE, verbe trans.
539. PLAQUER, verbe trans.
159. CONTRAINT, AINTE, part. passé
540. PLASTRON, subst. masc.
et adj.
160. CONTRAINTE, subst. fém.
541. PLASTRONNER, verbe
161. CONVERSION, subst. fém.
542. PLEIN, PLEINE, adj., adv., prép. et
subst. masc.
162. COQUELUCHON, subst. masc.
543. PLI1, subst. masc.
163. COQUILLAGE, subst. masc.
544. POCHE1, subst. fém.
164. CORBEAU, subst. masc.
545. POINTURE, subst. fém.
165. CORRESPONDANT, ANTE, part. 546. POIS, subst. masc.
prés., adj. et subst.
166. COSTUME, subst. masc.
547. POMME, subst. fém.
167. COSTUMÉ, ÉE, part. passé et adj.
548. porte-habit. (dans l'article PORTE-,
élém. de compos.)
168. COUDE, subst. masc.
549. PORTER1, verbe
169. COUDRE1, verbe trans.
550. PORTRAIT, subst. masc.
170. COULISSIER, subst. masc.
551. POSSIBLE, adj. et subst. masc.
171. COUPE2, subst. fém.
552. pousse(-)cul. (dans l'article
POUSSE-, élém. de compos.)
172. COUPÉ, ÉE, part. passé, adj. et
subst.
173. COUR2, subst. fém.
553. préaménagé, -ée. adj. (dans l'article
PRÉ-, préf.)
554. préfinancé, -ée. adj. (dans l'article
- 370 -
PRÉ-, préf.)
174. COURT1, COURTE, adj. et adv.
555. PRÉCIS, -ISE, adj. et subst. masc.
175. COURTAUD, AUDE, adj. et subst. 556. PRÉDISPOSANT, -ANTE, part.
prés. et adj.
176. COUTURE, subst. fém.
557. PRÉDISPOSER, verbe trans.
177. COUTURIER, IÈRE, subst.
558. PRÉEXISTENCE, subst. fém.
178. COUVERTURE, subst. fém.
559. PRÉFABRICATION, subst. fém.
179. CRACHAT, subst. masc.
560. PRÉFABRIQUÉ, -ÉE, adj. et subst.
masc.
180. CRÉATEUR, TRICE, subst. et adj. 561. PRENDRE, verbe trans.
181. CRIMINOGÈNE, adj.
562. PRÉSERVATIF, -IVE, adj. et
subst. masc.
182. CROISADE, subst. fém.
563. PRÉSUPPOSÉ, -ÉE, part. passé,
adj. et subst. masc.
183. CROISILLON, subst. masc.
564. PRÉTENTION, subst. fém.
184. CROIX, subst. fém.
565. PRIMER2, verbe trans.
185. CROQUE(-)MORT, subst. masc.
566. PRIORITÉ, subst. fém.
186. CROTTIN, subst. masc.
567. PRISE, subst. fém.
187. CUIRASSE, subst. fém.
568. PRIVATIF, -IVE, adj.
188. CUMULER, verbe trans.
569. PRIVÉ, -ÉE, adj. et subst. masc.
189. DAMAS, subst. masc.
570. PRIX, subst. masc.
190. DÉBINE, subst. fém.
571. PROBATION, subst. fém.
191. DÉBORDER, verbe.
572. PROBOSCIDIEN, -IENNE, adj. et
subst. masc. plur.
192. DÉCATI, IE, part. passé et adj.
573. PROPORTIONNER, verbe trans.
193. DÉCHIRÉ, ÉE, part. passé, adj. et
574. protosyncelle (gr.
subst.
« ensemble,
avec » et lat. cella « magasin, petite
- 371 -
chambre »), subst. masc. (dans
l'article PROT(O)-, élém. formant)
194. DÉDOUBLER2, verbe trans.
575. PROVOQUER, verbe trans.
195. DÉFROQUE, subst. fém.
576. PRUDENCE, subst. fém.
196. DÉGALONNER, verbe trans.
577. PULSANT, -ANTE, adj.
197. DÉGUISÉ, ÉE, part. passé et adj.
578. QUARTIER1, subst. masc.
198. DÉLABREMENT, subst. masc.
579. QUEUE1, subst. fém.
199. DEMI-DIEU, subst. masc.
580. QUEUE(-)DE(-)MORUE, subst.
fém.
200. DÉMUNI, IE, part. passé et adj.
581. QUOLIBET, QUODLIBET, subst.
masc.
201. DÉPASSER, verbe trans.
582. RABATTRE, verbe trans.
202. DÉPAYSEMENT, subst. masc.
583. RABATTU, -UE, part. passé, adj.
et subst.
203. DÉPLISSER, verbe trans.
584. RACCOURCIR, verbe
204. DÉPLUMER, verbe trans.
585. RADIAL1, -ALE, -AUX, adj.
205. DERRIÈRE1, prép. et adv.
586. RÂPÉ, -ÉE, part. passé, adj. et
subst. masc.
206. DÉSAFFUBLER, DÉFUBLER,
587. RAPIDEMENT, adv.
verbe trans.
207. DÉSENNUYER, verbe trans.
588. RAPIÉCER, verbe trans.
208. DÉSIGNER, verbe trans.
589. RAPIOTER, verbe trans.
209. DÉTERMINABLE, adj.
590. RAPPEL, subst. masc.
210. DÉTERRER, verbe trans.
591. RAPPROCHER, verbe trans.
211. DÉTIRER, verbe trans.
592. redanser, verbe intrans. (dans
l'article RE-, RÉ-, R-, préf.)
212. DEUTÉRONOME, subst. masc.
593. RÉACTION, subst. fém.
- 372 -
213. DEVANT2, subst. masc.
594. RÉALISER, verbe
214. DIAGNOSTIC, subst. masc.
595. REBORD, subst. masc.
215. DIMANCHE, subst. masc.
596. RECOUDRE, verbe trans.
216. DOCTE, adj.
597. RÉCURER, verbe trans.
217. DOCTRINAIRE, subst. masc. et
598. REDINGOTE, subst. fém.
adj.
218. DODELINER, verbe.
599. REDRESSEMENT, subst. masc.
219. DORÉ, ÉE, part. passé, adj. et
600. REFAÇONNER, verbe trans.
subst.
220. DOS, subst. masc.
601. RÉGENCE, subst. fém. et adj. inv.
221. DRAP, subst. masc.
602. RELATIF, -IVE, adj.
222. DROGUET, subst. masc.
603. RELIGIEUX, -EUSE, adj. et subst.
223. DURÉE, subst. fém.
604. RELIGION, subst. fém.
224. ÉCARLATE, adj. et subst.
605. RELOGER, verbe trans.
225. ECCLÉSIASTIQUE, adj. et subst.
606. REMISE, subst. fém.
masc.
226. ÉCLATANT, ANTE, part. prés. et
607. RENFORT, subst. masc.
adj.
227. ÉCOURTER, verbe trans.
608. RENONCER, verbe trans.
228. ÉDUCATION, subst. fém.
609. RÉNOVATION, subst. fém.
229. EFFRAYANT, ANTE, part. prés.
610. RENTRAIRE, verbe trans.
et adj.
230. EH1, mot inv.
611. RENTRER, verbe
231. ELBEUF, subst. masc.
612. REPRENDRE, verbe
232. ÉLÉGANCE, subst. fém.
613. REPRÉSENTATIF, -IVE, adj.
233. ÉLÉGANT, ANTE, adj.
614. REPRÉSENTATION, subst. fém.
234. ÉLIMER, verbe trans.
615. RÉSILLE, subst. fém.
- 373 -
235. ÉLIMÉ, ÉE, part. passé et adj.
616. RÉSOLUTION, subst. fém.
236. ÉLYTRE, subst. masc.
617. RESSOUVENIR1 (SE), verbe
pronom.
237. EMBRASSER, verbe trans.
618. RESSOUVENIR2, subst. masc.
238. EMPALER, verbe trans.
619. RETIRER, verbe
239. EN2, pron. atone de la 3e pers.
620. RETIRÉ, -ÉE, part. passé et adj.
240. encorseter, verbe trans. (dans
621. RETOURNER, verbe
l'article EN-1, EM-1, préf.)
241. ENCUIRASSER, verbe trans.
622. RETOURNÉ, -ÉE, part. passé, adj.
et subst. masc.
242. ENDIMANCHER, verbe trans.
623. RÉTROCESSION, subst. fém.
243. ENDROIT, subst. masc.
624. RETROUSSER, verbe trans.
244. ENGAZONNER, verbe trans.
625. RÉVEILLER, verbe trans.
245. ENJUPONNER, verbe trans.
626. REVENIR, verbe
246. ENRICHISSEMENT, subst. masc.
627. REVERS, subst. masc.
247. ENTOILAGE, subst. masc.
628. REVÊTEMENT, subst. masc.
248. ENTOURNURE, subst. fém.
629. REVÊTIR, verbe trans.
249. ENVELOPPER, verbe trans.
630. RIGIDITÉ, subst. fém.
250. ÉPÉE, subst. fém.
631. RIGUEUR, SUBST. FÉM.
251. ÉPINGLÉ, ÉE, part. passé et adj.
632. ROBE, subst. fém.
252. ÉPISCOPAL, ALE, AUX, adj.
633. ROGUE1, adj.
253. EPSILON, subst. masc.
634. ROI, subst. masc.
254. ÉQUILIBRER, verbe trans.
635. ROMAIN, -AINE, adj. et subst.
255. ÉQUIPAGE, subst. masc.
636. ROMANESQUE1, adj. et subst.
256. ÉQUIPEMENT, subst. masc.
637. RONCEUX, -EUSE, adj.
257. ÉRAILLER2, verbe trans.
638. ROQUELAURE, subst. fém.
- 374 -
258. ESPACE1, subst. masc.
639. ROUGE, adj., adv. et subst.
259. ESSAYER, verbe trans.
640. SAC1, subst. masc.
260. ESTRAGON, subst. masc.
641. SALE, adj.
261. ÊTRE1, verbe intrans.
642. SARRASIN1, -INE, SARRAZIN1, INE, subst. et adj.
262. ÉTRIQUER, verbe trans.
643. SATELLITE, subst. masc. et adj.
263. ÉTUI, subst. masc.
644. SATIÉTÉ, subst. fém.
264. EUCALYPTUS, subst. masc.
645. SAVANT, -ANTE, adj. et subst.
265. EXALTÉ, ÉE, part. passé et adj.
646. SAVETER, verbe trans.
266. EXCENTRIQUE, adj. et subst.
647. SCAPHANDRE, subst. masc.
267. EXCITATIF, IVE, adj.
648. SCAPHANDRIER, subst. masc.
268. EXORBITANT, ANTE, adj.
649. SCIENTIFIQUE, adj. et subst.
269. EXPANSION, subst. fém.
650. SCOLAIRE, adj.
270. EXPROPRIATION, subst. fém.
651. SCOLARISER, verbe trans.
271. EXTASIER, verbe trans.
652. SÉCULARISER, verbe trans.
272. EXTENSION, subst. fém.
653. SÉCULIER, -IÈRE, adj. et subst.
273. EXTRAVAGANCE, subst. fém.
654. SEDAN, subst. masc.
274. FÂCHÉ, ÉE, part. passé et adj.
655. SEIGNEUR, subst. masc.
275. FAIRE1, verbe trans.
656. SEMBLANT, subst. masc.
276. FAISCEAU, subst. masc.
657. SEMIS, subst. masc.
277. FAMILIER, IÈRE, adj.
658. SENSIBILISER, verbe trans.
278. FARAUD, AUDE, subst. et adj.
659. SENSIBILITÉ, subst. fém.
279. FARINEUX, EUSE, adj.
660. SENSITIF, -IVE, adj.
280. FASTUEUX, EUSE, adj.
661. SÉPARATIF, -IVE, adj.
281. FATIGUE, subst. fém.
662. SÉPARATION, subst. fém.
282. FAUSSETÉ, subst. fém.
663. SHOPPING, subst. masc.
- 375 -
283. FÉDÉRÉ, ÉE, part. passé, adj. et
664. SIFFLET, subst. masc.
subst. masc.
284. FERTILE, adj.
665. SITE, subst. masc.
285. FIDÈLE, adj. et subst.
666. SMOKING, subst. masc.
286. FIN1, subst. fém.
667. SOCIAL, -ALE, -AUX, adj.
287. FLASQUE1, adj.
668. SŒUR, subst. fém.
288. FLATTER, verbe trans.
669. SOIE1, subst. fém.
289. FLATTEUR, EUSE, adj. et subst.
670. SOIRÉE, subst. fém.
290. FLÉCHÉ, ÉE, part. passé et adj.
671. SON1, SA, SES, adj. poss.
291. FLÉTRIR1, verbe trans.
672. SOUFFRE-DOULEUR, subst.
masc. inv.
292. FLEXIBILITÉ, subst. fém.
673. SOUILLER, verbe trans.
293. FOCALISER, verbe trans.
674. SOUVERAIN1, -AINE, adj. et
subst.
294. FONDAMENTAL, ALE, AUX,
675. SPACIEUX, -EUSE, adj.
adj.
295. FONDER, verbe trans.
676. SPÉCIALITÉ, subst. fém.
296. FONGUEUX, EUSE, adj.
677. SPENCER, subst. masc.
297. FORCER, verbe.
678. SPORTIF, -IVE, adj. et subst.
298. FOULEUR, subst. masc.
679. STADE1, subst. masc.
299. FRAC, subst. masc.
680. STEPPER2, verbe intrans.
300. FRANÇAIS, AISE, adj. et subst.
681. STRIP-TEASE, subst. masc.
301. FRICASSÉE, subst. fém.
682. SUEUR, subst. fém.
302. FRINGUES, subst. fém. plur.
683. SUITE, subst. fém.
303. FRIPÉ, ÉE, part. passé et adj.
684. SUPPUTER, verbe trans.
304. FROC, subst. masc.
685. SURPASSER, verbe trans.
- 376 -
305. FROID, FROIDE, adj. et subst.
686. SUSCEPTIBILITÉ, subst. fém.
masc.
306. FROISSEMENT, subst. masc.
687. SUSPICION, subst. fém.
307. FROISSER, verbe trans.
688. SYNTHÈSE, subst. fém.
308. FRONCER, verbe trans.
689. SYNTHÉTIQUE, adj.
309. FRUSQUES, subst. fém. plur.
690. TABAC1, subst. masc.
310. FRUSQUIN, SAINT(-
691. TABLIER, subst. masc.
)FRUSQUIN, subst. masc.
311. FUTÉ1, ÉE, adj.
692. TACHER, verbe trans.
312. GABARIT, subst. masc.
693. TAILLE, subst. fém.
313. GALON, subst. masc.
694. TAILLER, verb. trans.
314. GALONNÉ, -ÉE, part. passé et adj. 695. TANT, adv. et nom.
315. GARDE-MANCHE, subst. masc.
696. TEINTURIER, -IÈRE, subst.
316. GÊNER, verbe trans.
697. TERNE1, adj.
317. GENTIL2, -ILLE, adj.
698. TERRE-NEUVIEN, -IENNE, adj.
et subst.
318. GIGANTISME, subst. masc.
699. TERRER, verbe
319. GILET, subst. masc.
700. TÊTE, subst. fém.
320. GINGUET, -ETTE, adj.
701. TÊTE(-)DE(-)NÈGRE, adj. et
subst. fém.
321. GLISSOIRE, subst. fém.
702. TIGNASSE, subst. fém.
322. GONNE1, subst. fém.
703. TISSÉ, -ÉE, part. passé et adj.
323. GRADUER, verbe trans.
704. TISSU1, -UE, adj.
324. GRANDILOQUENT, -ENTE, adj.
705. TOI, pron. pers.
325. GRELOTTER, verbe intrans.
706. TOILE, subst. fém.
326. GRIMACE, subst. fém.
707. TOILETTE, subst. fém.
- 377 -
327. GROSSOYER, verbe trans.
708. TOMBER1, verbe
328. GROUPE, subst. masc.
709. TOUR1, subst. fém.
329. GUÈRE, adv.
710. TRAÎNE, subst. fém.
330. GUINDÉ, -ÉE, part. passé et adj.
711. TRAVERSER, verbe trans.
331. HABILLER, verbe trans.
712. TRAVESTIR, verbe trans.
332. HABILLÉ, -ÉE, part. passé et adj.
713. TRAVESTI, -IE, part. passé, adj. et
subst.
333. HABIT, subst. masc.
714. TRENCH(-)COAT, subst. masc.
334. HABITUS, subst. masc.
715. TRENTE(-)ET(-)UN, subst. masc.
inv.
335. HAILLON, subst. masc.
716. TRISTE, adj.
336. HAILLONNEUX, -EUSE, adj.
717. TROU, subst. masc.
337. HALLE, subst. fém.
718. TROUÉ, -ÉE, part. passé et adj.
338. HARNAIS, HARNOIS, subst.
719. TUNIQUE, subst. fém.
masc.
339. HAUT(-)DE(-)FORME, HAUTE(- 720. TWEED, subst. masc.
)FORME, subst. masc.
340. HECTARE, subst. masc.
721. TYMPAN, subst. masc.
341. HOMOLOGUE, adj.
722. UNIFORME1, adj.
342. HONGRELINE, subst. fém.
723. UNIFORME2, subst. masc.
343. HONNÊTE, adj.
724. UNIR, verbe trans.
344. HOUPPE, subst. fém.
725. UNITÉ, subst. fém.
345. HOUSSINE, subst. fém.
726. URBANISME, subst. masc.
346. HUIS, subst. masc.
727. USAGE, subst. masc.
347. HUISSIER, subst. masc.
728. VACHE, subst. fém. et adj.
348. ILLUSOIRE, adj.
729. VELOURS, subst. masc.
- 378 -
349. IMBOIRE, verbe trans.
730. VENTRE(-)DE(-)BICHE, adj. inv.
et interj.
350. IMITATIF, -IVE, adj.
731. VÊPRES, subst. fém. plur.
351. IMMÉMORIAL, -ALE, -AUX, adj. 732. VERDURE, subst. fém.
352. IMMEUBLE, adj. et subst. masc.
733. VERMEIL, -EILLE, adj. et subst.
353. IMPORTER1, verbe
734. VERMILLON, subst. masc.
354. IMPRÉVOYANCE, subst. fém.
735. VERNISSÉ, -ÉE, part. passé et adj.
355. IMPULSION, subst. fém.
736. VERROU, subst. masc.
356. IMPUNÉMENT, adv.
737. VERT, VERTE, adj. et subst. masc.
357. INALTÉRABLE, adj.
738. VESTE, subst. fém.
358. INCOMMODE, adj.
739. VESTIAIRE, subst. masc.
359. INCROYABLE, adj. et subst.
740. VÊTEMENT, subst. masc.
masc.
360. INDÉTERMINATION, subst. fém. 741. VÊTURE, subst. fém.
361. INDISCERNABLE, adj. et subst.
742. VÉTUSTE, adj.
masc.
362. INDUSTRIALISATION, subst.
743. VIBRER, verbe
fém.
363. INFLUENCE, subst. fém.
744. VICTIME, subst. fém.
364. INHÉRENCE, subst. fém.
745. VIDE-ORDURES, subst. masc.
inv.
365. INITIATIVE, subst. fém.
746. VIEILLI, -IE, part. passé et adj.
366. INSUFFISANT, -ANTE, adj.
747. VIEILLOT, -OTTE, adj. et subst.
367. INTERCALER, verbe trans.
748. VILLE, subst. fém.
368. INTERDIRE, verbe trans.
749. VINAIGRE, subst. masc.
369. INTERMINISTÉRIEL, -IELLE,
750. VIOLET, -ETTE, adj. et subst.
adj.
masc.
- 379 -
370. INTERNE, adj. et subst.
751. VIOLON, subst. masc.
371. INTERVERTIR, verbe trans.
752. VIOLONCELLE, subst. masc.
372. INTIME, adj.
753. VISAGE, subst. masc.
373. ISOLATION, subst. fém.
754. VISIBLE, adj.
374. JACQUES1, subst. masc.
755. VOISINAGE, subst. masc.
375. JAQUETTE1, subst. fém.
756. VOUER, verbe trans.
376. JARDIN, subst. masc.
757. VOYAGE, subst. masc.
377. JAUNE, adj., adv. et subst.
758. VRAISEMBLABLEMENT, adv.
378. JEUNE-FRANCE, subst. masc.
759. VUE, subst. fém.
379. JOUR, subst. masc.
760. Y1, y, lettre
380. JOUVENCEAU, -ELLE, subst.
761. Z.U.P., ZUP, subst. fém.
381. JUDICIAIRE, adj.
Annexe 3h : Nomenclature des entrées employant le
terme « habits » (au pluriel !) dans le TLFI :
380 lexies
1.
ABANDON, subst. masc.
191. JALOUX, -OUSE, adj.
2.
ABLUTION, subst. fém.
192. JARRETIÈRE, subst. fém.
3.
ACARE, ACARUS, subst. masc.
193. JETÉE, subst. fém.
4.
ACCESSOIREMENT, adv.
194. JOUER, verbe
5.
ACCOMMODER, verbe trans.
195. JUSTAUCORPS, subst. masc.
6.
ACCOMMODÉ, ÉE, part. passé et
196. JUSTE, adj., subst. et adv.
adj.
7.
ACCOUTRER, verbe trans.
197. JUSTICE, subst. fém.
8.
AFFUBLEMENT, subst. masc.
198. LAÏQUE, LAÏC, LAÏQUE, adj.
- 380 -
9.
virage (dans l'article -AGE, suff.)
199. LAME, subst. fém.
10.
AGRAFER, verbe trans.
200. LÉGER, -ÈRE, adj.
11.
AGRAFÉ, ÉE, part. passé et adj.
201. LESSIVEUR, -EUSE, subst. et adj.
12.
AGRIMINISTE, AGRÉMINISTE,
202. LEUR2, LEURS, adj. poss.
subst. masc.
13.
AH, AHA, AHAH, interj. et subst.
203. LION, LIONNE, subst.
masc.
14.
AILLEURS, adv.
204. LISETTE, subst. fém.
15.
AISANCE, subst. fém.
205. LIVRÉE, subst. fém.
16.
AISÉ, ÉE, adj.
206. LOGER, verbe
17.
AJONC, subst. masc.
207. LOQUETEUX, -EUSE, adj.
18.
ALBÂTRE, subst. masc.
208. LUXE, subst. masc.
19.
ALIMENT, subst. masc.
209. MAÇONNERIE, subst. fém.
20.
AMANT, ANTE, subst.
210. MAGNIFIQUE, adj.
21.
AMBRER2, verbe trans.
211. MAIGRE1, adj.
22.
AMEUBLEMENT, subst. masc.
212. MAISON, subst. fém. et adj. inv.
23.
AMPLEUR, subst. fém.
213. MALADROIT, -OITE, adj.
24.
ANGLOMANIE, subst. fém.
214. MANDARINE, subst. fém.
25.
APPAREIL, subst. masc.
215. MANGER1, verbe trans.
26.
ARMOIRE, subst. fém.
216. MANIAQUE, adj. et subst.
27.
ARRANGER, verbe trans.
217. MANTE1, subst. fém.
28.
ARSOUILLE, adj. et subst.
218. MANTEAU, subst. masc.
29.
ARTISON, subst. masc.
219. MARCHAND, -ANDE, subst. et
adj.
30.
ASTRAKAN subst. masc.
220. MARCHÉ, subst. masc.
31.
ATTIRAIL, subst. masc.
221. MARQUER, verbe
- 381 -
32.
AUVERPIN, subst. masc.
222. MASQUE1, subst. masc.
33.
AVACHI, IE, part. passé et adj.
223. MATER1, verbe trans.
34.
AVEINDRE, verbe trans.
224. MEDJIDIÉ, subst. masc.
35.
AZOTÉ, ÉE, adj.
225. MEMBRU, -UE, adj.
36.
AZURINE, subst. fém.
226. MÉNAGER2, -ÈRE, adj. et subst.
fém.
37.
BÂCHER1, verbe.
227. MENU-VAIR, subst. masc.
38.
BÂCHEUR, subst. masc.
228. MÉTAMORPHOSER, verbe trans.
39.
BÂCLER, verbe trans.
229. METTRE, verbe
40.
BADINE, subst. fém.
230. MINUTIEUSEMENT, adv.
41.
BAGUES, subst. fém. plur.
231. MITRE, subst. fém.
42.
BALAFRÉ, ÉE, part. passé et adj.
232. MONOTONIE, subst. fém.
43.
BALLER1, verbe intrans.
233. MONTURE, subst. fém.
44.
BALLON1, subst. masc.
234. MÛR, MÛRE, adj.
45.
BALTIQUE, adj.
235. NAPHTALINE, subst. fém.
46.
BARAQUE, subst. fém.
236. NÉCESSITEUX, -EUSE, adj. et
subst.
47.
BARATERIE, subst. fém.
237. NÉGLIGÉ, -ÉE, part. passé, adj. et
subst.
48.
BERGERONNETTE, subst. fém.
238. NETTOYER, verbe trans.
49.
BISCOTER, verbe trans.
239. NIOLLE1, subst. fém.
50.
BON1, BONNE, adj., adv. et subst.
240. NIPPES, subst. fém. plur.
51.
BONNE-GRÂCE, subst. fém.
241. NOCE, subst. fém.
52.
BOUCHE-TROU, subst. masc.
242. OIE, subst. fém.
53.
BOUE, subst. fém.
243. OISIF, -IVE, adj. et subst.
54.
BOUEUX, EUSE, adj.
244. OMIS, -ISE, part. passé, adj. et
- 382 -
subst. masc.
55.
BRAIE, subst. fém.
245. ON, pron. pers. indéf.
56.
BRAISILLANT, ANTE, part. prés. 246. OR1, subst. masc.
et adj.
57.
BRAVE, adj. et subst.
247. ORDRE, subst. masc.
58.
BRAVERIE, subst. fém.
248. ORDURE, subst. fém.
59.
BRIDE, subst. fém.
249. ORFROI, subst. masc.
60.
BRODERIE, subst. fém.
250. ÔTER, verbe trans.
61.
BROSSAGE, subst. masc.
251. OUVRAGE, subst. masc.
62.
BROSSE, subst. fém.
252. ouvre-gant(s). (dans l'article
OUVRE-, élém. de compos.)
63.
ÇÀ1, adv.
253. PALLIUM, subst. masc.
64.
CABINET1, subst. masc.
254. PARADE1, subst. fém.
65.
CACA, subst. masc.
255. PAREMENT, subst. masc.
66.
CALICE, subst. masc.
256. PARER1, verbe trans.
67.
CAMAÏEU, subst. masc.
257. PARTAGER, verbe trans.
68.
CANETTE2, CANNETTE, subst.
258. PASSION, subst. fém.
fém.
69.
CAPITONNER, verbe trans.
259. PÂTE, subst. fém.
70.
CAPSULE, subst. fém.
260. PÉKIN2, subst. masc.
71.
CARREAU, subst. masc.
261. PÊLE-MÊLE, adv. et subst. masc.
inv.
72.
CARROSSIER, subst. masc.
262. PELUCHEUX, -EUSE, adj.
73.
CHANGER, verbe.
263. PERROQUET, subst. masc.
74.
CHANGEUR, subst. masc.
264. PHYSIOGNOMONIQUE, adj. et
subst.
75.
CHAPEAU, subst. masc.
265. PINDARISER, verbe intrans.
- 383 -
76.
CHASUBLE, subst. fém.
266. PIQUEUR, -EUSE, adj. et subst.
77.
CHÂTEAU, subst. masc.
267. PIROUETTER, verbe intrans.
78.
CHIADE, subst. fém.
268. PLACIER, -IÈRE, subst.
79.
CHŒUR, subst. masc.
269. PLEURARD, -ARDE, subst. et adj.
80.
cisvestisme, subst. masc. (dans
270. PLISSER, verbe
l'article CIS-, élément préf.)
81.
CLOUER, verbe trans.
271. PLUMAGE, subst. masc.
82.
COFFRE, subst. masc.
272. POIVRER, verbe trans.
83.
COLLYRE3, subst. masc.
273. POLIR, verbe trans.
84.
COMMENÇANT, ANTE, part.
274. PONTIFICAL, -ALE, -AUX, adj.
prés., adj. et subst.
et subst. masc.
85.
COMPTER, verbe.
275. POUILLER, verbe trans.
86.
CONFECTIONNÉ, ÉE, part. passé 276. POUILLERIE, subst. fém.
et adj.
87.
CONFECTIONNEUR, EUSE,
subst.
277. pousse(-)cul. (dans l'article
POUSSE-, élém. de compos.)
88.
CONTRAINTE, subst. fém.
278. PRÉFÉRER, verbe trans.
89.
CONVENABLE, adj.
279. PRENDRE, verbe trans.
90.
COUPÉ, ÉE, part. passé, adj. et
280. PRÈS, adv.
subst.
91.
COURIR, verbe.
281. PRÉSENTATEUR, -TRICE, subst.
92.
CRIBLEUR2, subst. masc.
282. PRESTIGE, subst. masc.
93.
CROSSE, subst. fém.
283. PRIMEUR, subst. fém.
94.
CUIRE, verbe.
284. PROFÈS, -ESSE, adj. et subst.
95.
CUISTRERIE, subst. fém.
285. PROHIBÉ, -ÉE, part. passé et adj.
96.
CUL, subst. masc.
286. PROVINCIAL, -ALE, -AUX, adj.
et subst.
- 384 -
97.
DAIM, subst. masc.; DAINE,
287. PSALMODIER, verbe
subst. fém.
98.
DANSER, verbe.
288. QUEUE1, subst. fém.
99.
DE1, prép.
289. QUITTANCE, subst. fém.
100. DÉCROCHÉ, ÉE, part. passé et
290. RABIBOCHER, verbe trans.
adj.
101. DÉCROTTER, verbe trans.
291. RACCOURCIR, verbe
102. DÉFRIPER, verbe trans.
292. RAISONNER1, verbe
103. DÉGUENILLER, verbe trans.
293. RAME4, subst. fém.
104. DÉHANCHÉ, ÉE, part. passé, et
294. RÂPER, verbe trans.
adj.
105. DÉPOUILLER, verbe trans.
295. RAPIÉCETER, verbe trans.
106. DÉPOUILLÉ, ÉE, part. passé et
296. RAT, subst. masc.
adj.
107. DÉSINDIVIDUALISER, verbe
297. RAVAUDAGE, subst. masc.
trans.
108. DESSÉCHÉ, ÉE, part. passé et adj. 298. rendosser, réendosser, verbe trans.
(dans l'article RE-, RÉ-, R-, préf.)
109. DÉSUÉTUDE, subst. fém.
299. REBRODER, verbe trans.
110. DEUIL, subst. masc.
300. RECHANGER, verbe trans.
111. DÉVÊTIR, verbe trans.
301. RECOUDRE, verbe trans.
112. DEVOIR1, verbe.
302. RECOURBER, verbe trans.
113. DIMANCHE, subst. masc.
303. RÉLARGIR, verbe trans.
114. DORÉ, ÉE, part. passé, adj. et
304. REMBOURSER, verbe trans.
subst.
115. DURÉE, subst. fém.
305. REMPORTER, verbe trans.
116. ÉCHANCRER, verbe trans.
306. RENGAGER, RÉENGAGER,
- 385 -
verbe trans.
117. ÉCREVISSE, subst. fém.
307. REQUIEM, subst. masc.
118. ÉLECTEUR, TRICE, subst.
308. RESTE, subst. masc.
119. ÉLÉGANCE, subst. fém.
309. RETOURNER, verbe
120. EMBOUTIR, verbe trans.
310. RETOURNÉ, -ÉE, part. passé, adj.
et subst. masc.
121. EMPORTER, verbe trans.
311. REVÊTIR, verbe trans.
122. EMPRISONNER, verbe trans.
312. RHABILLER, verbe trans.
123. EMPRUNT, subst. masc.
313. RIGOLER1, verbe
124. ENAMOURER, verbe trans.
314. ROCHET1, subst. masc.
125. ENCRASSER, verbe trans.
315. ROMANESQUE1, adj. et subst.
126. ENCRAVATER, verbe trans.
316. ROSBIF, subst. masc.
127. ENCUIRASSER, verbe trans.
317. ROUGE, adj., adv. et subst.
128. ENDIMANCHER, verbe trans.
318. ROUTIER2, subst. masc.
129. ENDIMANCHÉ, ÉE, part. passé et 319. ROYAUME, subst. masc.
adj.
130. ENGORGER, verbe trans.
320. RUDIMENTAIRE, adj.
131. ENVELOPPE, subst. fém.
321. RUISSELANT, -ANTE, part. prés.
et adj.
132. ENVOLER (S'), verbe pronom.
322. RUISSELER, verbe intrans.
133. ÉPINE, subst. fém.
323. SACERDOTAL, -ALE, -AUX, adj.
134. ÉPOUSSETER, verbe trans.
324. SAGOUIN, -INE, subst.
135. ERRANT1, ANTE, adj.
325. SAIGNER, verbe
136. ÉTÉ, subst. masc.
326. SALOPETTE, subst. fém.
137. ÉTOFFE, subst. fém.
327. SAPE3, subst.
138. ÉTRIQUÉ, ÉE, part. passé et adj.
328. SARI, subst. masc.
- 386 -
139. ÉTUVE, subst. fém.
329. SAVOIR1, verbe trans.
140. EXHIBITION, subst. fém.
330. SEGMENT, subst. masc.
141. EX-VOTO, subst. masc. inv.
331. SELON, prép. et adv.
142. FAÇONNER, verbe trans.
332. SÉMINARISTE, subst. masc. et
adj.
143. FATAL, ALE, ALS, adj.
333. SEOIR, verbe intrans.
144. FATIGUE, subst. fém.
334. SERRÉ, -ÉE, part. passé et adj.
145. FÊTE, subst. fém.
335. SOMBRE, adj.
146. FEU1, subst. masc.
336. SOMMEIL, subst. masc.
147. FILLE, subst. fém.
337. SOMPTUEUX, -EUSE, adj.
148. FOURRER, verbe trans.
338. SORDIDE, adj.
149. FRESQUE, subst. fém.
339. SOUFI, subst. masc.
150. FRIPERIE, subst. fém.
340. SOUFRE, subst. masc.
151. FUMIGATION, subst. fém.
341. SOUQUENILLE, subst. fém.
152. GALON, subst. masc.
342. SOUS, prép.
153. GALONNÉ, -ÉE, part. passé et adj. 343. SPORTIF, -IVE, adj. et subst.
154. GALVAUDER, verbe
344. SUBSISTER, verbe intrans.
155. GANDIN, subst. masc.
345. SUER, verbe
156. GANT, subst. masc.
346. SÛR, SÛRE, adj.
157. GELÉ, -ÉE, part. passé et adj.
347. SURTOUT2, subst. masc.
158. GENÈSE, subst. fém.
348. TAILLANDERIE, subst. fém.
159. GIBERNE, subst. fém.
349. TAILLANDIER, subst. masc.
160. GODEBERT, subst. masc.
350. TAILLER, verb. trans.
161. GOMMÉ, ÉE, part. passé et adj.
351. TAILLEUR, subst. masc.
162. GOURMÉ, -ÉE, part. passé et adj.
352. TANNER, verbe trans.
163. GOUTTELETTE, subst. fém.
353. TAPECUL, TAPE-CUL,
- 387 -
TAPECU, subst. masc.
164. GRAINE, subst. fém.
354. TATOUER, verbe trans.
165. GRAVE1, adj.
355. TEL, TELLE, adj. et pron. indéf.
166. GRELOTTER, verbe intrans.
356. TENTE1, subst. fém.
167. GRILLER1, verbe
357. TIMBRE, subst. masc.
168. GUENIPE, subst. fém.
358. TIRER, verbe
169. HABILLER, verbe trans.
359. TOMBER1, verbe
170. HABIT, subst. masc.
360. TONNE, subst. fém.
171. HARNACHER, verbe trans.
361. TORRENTIEL, -ELLE, adj.
172. HARNAIS, HARNOIS, subst.
362. TORTILLON1, subst. masc.
masc.
173. HIRONDELLE, subst. fém.
363. TRAIN, subst. masc.
174. HOLLANDE1, subst. fém.
364. TRAÎNASSER, verbe
175. HOMME, subst. masc.
365. TRENTE(-)ET(-)UN, subst. masc.
inv.
176. HOULER, verbe intrans.
366. TRIMER, verbe intrans.
177. HOUSSINE, subst. fém.
367. TRIO, subst. masc.
178. HUGUENOT, -OTE, subst. et adj.
368. TROUÉ, -ÉE, part. passé et adj.
179. IDÉE, subst. fém.
369. USAGÉ, -ÉE, adj.
180. ILLUSION, subst. fém.
370. USER, verbe
181. IMITATION, subst. fém.
371. VAREUSE, subst. fém.
182. IMMENSITÉ, subst. fém.
372. VELOURS, subst. masc.
183. INDIEN, -IENNE, subst. et adj.
373. VENT, subst. masc.
184. INEXPRIMABLE, adj.
374. VENTRE, subst. masc.
185. INFINI, -IE, adj. et subst.
375. VERGETTE, subst. fém.
186. INNOMMÉ, -ÉE, INNOMÉ, -ÉE,
376. VESTIAIRE, subst. masc.
- 388 -
adj.
187. INSOLITE, adj.
377. VIEUX, VIEIL, VIEILLE, adj.,
subst. et adv.
188. INSOUCIANCE, subst. fém.
378. VOLET, subst. masc.
189. IRRÉPROCHABLE, adj.
379. VOTER, verbe
190. JADIS, adv., adj. et subst. masc.
380. VOUER, verbe trans.
Annexe 3i :
Nomenclature des entrées employant le
terme « habit » et « vêtement » dans le
TLFI : 78 entrées
1.
AMENUISER, verbe trans.
40.
METTRE, verbe
2.
APLAT, À-PLAT, subst. masc.
41.
MIROITÉ, -ÉE, adj.
3.
ASSEMBLER, verbe trans.
42.
MOUTON, subst. masc.
4.
BASQUE1, subst. fém.
43.
MÛR, MÛRE, adj.
5.
BÂTIR2, verbe trans.
44.
NOIR, NOIRE, adj. et subst.
6.
BLIAUD, BLIAUT, subst. masc.
45.
PALETOT, subst. masc.
7.
CARRÉ1, ÉE, adj.
46.
PAN1, subst. masc.
8.
CARRURE, subst. fém.
47.
PASSER1, verbe
9.
CASTOR, subst. masc.
48.
PINCER, verbe trans.
10.
COUDE, subst. masc.
49.
PIQUÉ, -ÉE, part. passé, adj. et
subst.
11.
COURT1, COURTE, adj. et adv.
50.
POCHE1, subst. fém.
12.
DÉCATI, IE, part. passé et adj.
51.
POINTURE, subst. fém.
13.
DÉDOUBLER2, verbe trans.
52.
RABATTU, -UE, part. passé, adj. et
subst.
- 389 -
14.
DÉGUISÉ, ÉE, part. passé et adj.
53.
RÂPÉ, -ÉE, part. passé, adj. et
subst. masc.
15.
DEVANT2, subst. masc.
54.
REBORD, subst. masc.
16.
DOS, subst. masc.
55.
RECOUDRE, verbe trans.
17.
ENDROIT, subst. masc.
56.
REDINGOTE, subst. fém.
18.
ENJUPONNER, verbe trans.
57.
RETROUSSER, verbe trans.
19.
ENTOURNURE, subst. fém.
58.
REVÊTEMENT, subst. masc.
20.
ÉTRIQUER, verbe trans.
59.
REVÊTIR, verbe trans.
21.
FATIGUE, subst. fém.
60.
RIGUEUR, SUBST. FÉM.
22.
FRAC, subst. masc.
61.
ROBE, subst. fém.
23.
FRINGUES, subst. fém. plur.
62.
SAC1, subst. masc.
24.
FRIPÉ, ÉE, part. passé et adj.
63.
SALE, adj.
25.
FROC, subst. masc.
64.
SMOKING, subst. masc.
26.
FROID, FROIDE, adj. et subst.
65.
SOIE1, subst. fém.
66.
SOIRÉE, subst. fém.
masc.
27.
GABARIT, subst. masc.
28.
GALONNÉ, -ÉE, part. passé et adj. 67.
STRIP-TEASE, subst. masc.
29.
GILET, subst. masc.
68.
TACHER, verbe trans.
30.
HABIT, subst. masc.
69.
TAILLE, subst. fém.
31.
HABITUS, subst. masc.
70.
TAILLER, verb. trans.
32.
HAILLON, subst. masc.
71.
TROU, subst. masc.
33.
INCROYABLE, adj. et subst. masc. 72.
TROUÉ, -ÉE, part. passé et adj.
34.
JAQUETTE1, subst. fém.
73.
TUNIQUE, subst. fém.
35.
JUSTAUCORPS, subst. masc.
74.
TWEED, subst. masc.
36.
LAINE, subst. fém.
75.
VESTE, subst. fém.
37.
LESTE, adj.
76.
VÊTEMENT, subst. masc.
- 390 -
38.
MANCHE2, subst. fém.
77.
VÊTURE, subst. fém.
39.
MARLOTTE, subst. fém.
78.
VINAIGRE, subst. masc.
ANNEXE 4 : INDEX DES TERMES LINGUISTIQUES
MARQUÉS PAR UN ASTÉRISQUE
Opposition de sens.
Antonyme (p. 101) :
Arbitraire
(pp.
40,
95,
142,
143, Dont le signifiant et le signifié sont liés
148, 281, 283) :
de façon conventionnelle, non naturelle.
Archaïsme (pp. 42, 296) :
Mot, expression, tour qu’on emploie alors
qu’il n’est plus en usage.
Archilexème (pp. 130, 289) :
Ensemble des caractéristiques pertinents,
communs
à
deux
lexèmes
dont
l’opposition est neutralisée.
Code (pp. 20, 39, 47, 55, 58, 59, 63, 120, Tout système rigoureux de relation
124, 125, 126, 296, 442) :
structurée entre signes et contenu.
Code vestimentaire (pp. 32, 33, 40, 54, Ensemble
55, 56, 59, 67, 73, 76, 124) :
de
règles
permettant
de
respecter et de ne pas transgresser des
normes prédéterminées dans le domaine
vestimentaire dans une communauté
quelconque.
Connotation (pp. 18, 33, 43, 143) :
Sens particulier d’un mot, d’un énoncé
qui vient s’ajouter au sens ordinaire selon
la situation ou le contexte.
Dénotation (pp. 33, 43) :
Élément invariant et non subjectif de
signification
Emprunts vestimentaires (p. 41) :
Un emprunt est un acte par lequel une
langue accueille un élément d’une autre
langue ;
élément,
(mot,
tour)
ainsi
- 391 -
incorporé.
Définition
applicable
au
domaine
vestimentaire.
Immotivation (pp. 40, 95, 281, 283) :
Qui n’est pas motivé, en parlant d’un
signe, d’une expression.
Lexème (pp. 66, 158, 204, 206, 207, 209, Morphème lexical libre.
210, 211, 212, 213, 214, 215, 225, 226,
227, 229, 239, 240, 245, 248, 250, 251,
253, 254, 257, 264, 267, 296) :
Lexiculture ;
lexiculturelle ; Elle représente pour le mot tout ce qui se
lexiculturellement ; (pp. 47,
149, 200, trouve dans la valeur ajoutée, une valeur
203, 204, 210, 256, 257, 261, 264, 265, ajoutée que tout le monde connaît et qui
266, 267, 268, 270, 271, 273, 276, 277, est pourtant presque toujours absente
278, 281, 282, 283, 284, 286, 289, 290, dans les dictionnaires.
293, 294, 295, 296) :
Métalangage (pp. 34, 47, 373) :
Langage (naturel ou formalisé) qui sert à
décrire la langue naturelle.
Motivation (pp. 40, 95, 142,143, 144, Relation naturelle de ressemblance entre
283) :
le signe et la chose désignée.
Mots-valises (p. 42) :
Mot
composé
de
morceaux
non
signifiants de deux ou plusieurs mots.
Néologisme (pp. 42, 125, 296) :
Mot nouveau ; sens nouveau d’un mot.
Onomatopée (p. 40) :
Création de mot suggérant ou prétendant
suggérer par imitation phonétique la
chose dénommée ; le mot imitatif luimême.
Palimpseste (pp. 44, 151) :
Détournement
linguistique
d’une
expression ou d’une formule connue.
Polysémie (pp. 8, 43, 204) :
Caractère
d’un
signe
qui
possède
plusieurs contenus, plusieurs sens,
- 392 -
Référent (pp. 44, 45, 141) :
C’est l’objet à quoi renvoie le signe dans
sa
totalité,
cet
objet
n’ayant
pas
forcément une existence réelle (une
image où est représentée une licorne ou
une sirène, par exemple).
Sème virtuel contextuel (p. 109) :
Unité signifiante évoquant un second
sens révélé par le contexte.
Sémiologie (pp. 8, 10, 37, 43, 92, 123, Science qui étudie les systèmes des
148, 296) :
signes (langues, codes, signalisation,
etc.).
Sémiologie gestuelle (p. 117) :
Étude et analyse des gestes et des
comportements en tant que signes.
Sémiologie vestimentaire (pp. 117, 296) :
Étude et analyse des vêtements comme
un système de signification composé de
signes.
Signe (pp. 75, 98, 109, 119, 129, 142, Unité linguistique formée d’une partie
144, 270, 273, 277, 282, 292) :
sensible ou signifiante (sons / lettres) et
d’une partie abstraite ou signifiée.
Signe linguistique (pp. 281, 283)
C’est
l’union
de
la
dichotomie
signifiant/signifié.
Signe volontaire (pp. 47, 124) :
Signe dit aussi communicationnel, ou
encore artificiel. On peut parler de signal
ou de symbole ayant un émetteur
intentionnel et qui a pour but de
communiquer une information.
Signe involontaire (p. 47) :
Signe dit aussi significatif ou encore
naturel. Il est sans émetteur intentionnel,
provenant donc d’une source naturelle
(exemple : les nuages considérés comme
un signe du beau ou du mauvais temps).
- 393 -
Signe iconique (pp. 45, 148) :
Signe visuel représentatif (image).
Signe vestimentaire (pp. 40, 43, 44, 45, Unité vestimentaire comportant un sens
46 47, 48, 94, 96, 98, 104,106, 107, 112, quelconque.
267, 281, 283) :
Signifiant (pp. 9, 28, 34, 40, 44, 119, 120, Manifestation matérielle du signe ; suite
135, 138, 141, 147, 150, 152, 157, 197, de
phénomènes
ou
de
lettres,
de
199, 200, 202, 203, 204, 208, 209, 210, caractères (graphèmes) qui constitue le
211, 214, 215, 225, 226, 229, 239, 245, support d’un sens.
246, 247, 248, 251, 252, 253, 263, 265,
266, 273, 279, 281, 283, 286, 290, 291,
292, 293) :
Signifiés (pp. 9, 28, 33, 34, 40, 44, 283) :
Contenu du signe linguistique (opposé et
lié au signifiant.
Vestème (pp. 43, 46, 47, 129, 135, 261, De même que le sème est la plus petite
267, 268, 269, 270, 280, 281, 282, 283, unité de signification dans la langue, le
284) :
vestème est la plus petite unité de
combinaison dans le signe vestimentaire.
Vesticulture (pp. 47, 66, 67,69, 70, 203, Inspiré du terme lexiculture, nous avons
273, 279, 281) :
crée le terme vesticulture qui veut dire la
culture vestimentaire.
Vestimentème (p. 47) :
Un calque sur sémantème qui est un sème
spécifique
de
l’unité
considérée,
permettant de la distinguer dans tous les
cas des autres termes relevant du même
paradigme.
Vêtement écrit (pp. 9, 44) :
C’est le vêtement décrit, transformé en
langage.
Vêtement-image (pp. 9, 43, 44) :
C’est
le
vêtement
photographié
ou
dessiné dans un journal de mode.
Virtuème (pp. 104, 109, 112, 123, 125, Ensemble de traits évoquant un sens
- 394 -
263, 266, 267, 268, 279, 286, 289, 291, particulier d’un terme, d’un énoncé dans
un contexte donné.
293) :
BIBLIOGRAPHIE
A. OUVRAGES
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- 395 -
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BOUTIN-ARNAUD, MARIE-NOËLLE, TASMADJIAN, SANDRINE,
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- 396 -
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.
- 405 -
TABLE DES MATIÈRES
Analyse sémio-linguistique
de quelques vêtements de mode
Esquisse
dictionnairique et lexiculturelle
INTRODUCTION :
..................................................................
CHAPITRE I :
AUTOUR DE LA MODE ET DU VÊTEMENT
3
ÉTUDE THÉORIQUE
-
RAPPROCHEMENT MODE – VÊTEMENT
-
RAPPROCHEMENT VÊTEMENT – LANGUE ....
6
INTRODUCTION :
LE RAPPORT VÊTEMENT – MODE ...................
7
SECTION I :
RAPPROCHEMENT ENTRE VÊTEMENT ET
LANGUE ....................................................
9
A. Regards historiques sur l’évolution de la
SECTION II :
mode ...................................................
11
B. Définition de mode .................................
12
C. L’évolution historique du vêtement ...........
14
I. Vêtement fonctionnel ..........................
14
II. Vêtement comme signe de pudeur .......
15
III. La parure et la distinction ...................
15
D. La préhistoire de la mode ........................
17
L’ÉVOLUTION DE LA MODE EN FRANCE ..........
19
A. La mode après la Renaissance ..................
19
.
- 406 -
B. La Haute Couture ...................................
19
C. La naissance de la presse spécialisée ........
21
D. L’image de la mode en France au XXe siècle
22
I.
L’émancipation de la femme après la
seconde guerre mondiale ...................
23
II. L’uniformité de la mode .....................
24
III. Les « top-models » et la starisation de
SECTION III :
la mode ..........................................
25
E. Les marques et les images puissantes .......
25
LA MODE ET LES SIGNES VESTIMENTAIRES ...
27
A. Approche sémiologique de la mode ...........
27
B. La Mode comme valeur ...........................
28
I. Les valeurs liées à la mode .................
29
1. Le changement, l'éphémère ............
29
2. L'original, le nouveau .....................
29
II. La fonction normative de la mode ........
30
1. Le caractère paradoxal de la mode ...
30
2. Les traits de la mode ......................
31
3. L’origine de la force normative de la
mode ...........................................
32
4. La fonction normative de la mode
écrite ...........................................
33
5. Le signifié rhétorique de la mode
écrite ...........................................
33
C. L’analyse sémiologique comme
métalangage ..........................................
35
D. Pourquoi l’être humain s’habille-t-il ? .........
35
E. Les différents emplois linguistiques du
« vêtement » ..........................................
37
.
SECTION IV :
- 407 -
ÉTUDE COMPARATIVE LINGUISTICOVESTIMENTAIRE .........................................
39
A. Les vêtements de mode, un vaste champ
pour l’analyse sémiotique .......................
43
B. Le concept du signe : le signe linguistique
et le signe vestimentaire ........................
44
I.
Le vêtement (re)présenté ..................
45
II. Le vêtement réel ..............................
46
III. Le vêtement-catégorie ......................
46
C. Caractères connotatifs et dénotatifs du
signe vestimentaire ...............................
I.
Les constituantes du signe
vestimentaire ...................................
II.
47
47
Les vêtements, entre signes
volontaires et signes involontaires :
Le signe vestimentaire dans le
processus de la communication ..........
48
1. Les signes vestimentaires
involontaires ..............................
48
2. Les signes communicationnels ......
50
D. Vêtement(s), mode(s) et communication ..
51
I.
Les vêtements communicants ou
l’ordinateur vestimentaire ................
II.
51
Les vêtements communicants de France
Télécom : une « nouvelle mode » de
communication ................................
53
III. Des normes vestimentaires imposées
dans des écoles publiques à la liberté
des individus ....................................
54
.
- 408 -
IV.
Les vêtements intelligents ..............
V.
Les dimensions provocatrices des
excès vestimentaires chez les écoliers
56
57
1. L’image professionnelle et les
codes vestimentaires .................
59
2. L’uniforme professionnel, une
liberté ou une contrainte ? une
forme d’égalité ou de
discrimination ? ........................
61
E. Les codes d’entretien vestimentaire :
décodage des symboles ........................
63
I.
Blanchiment ..................................
65
II.
Repassage ....................................
65
III. Nettoyage professionnel .................
65
IV.
66
Séchage en machine ......................
F. Le vêtement culturel, la culture du
vêtement ou la vesticulture ....................
I.
La culture : Quelle définition
thématico-contextuelle adéquate ? ...
II.
67
La vesticulture entre sous-culture,
contre-culture et acculturation .........
III.
66
68
Les costumes traditionnels : une
richesse vesti-culturelle dans le
monde ........................................
SECTION V :
69
LA DIMENSION SIGNIFICATIVE ET L’INTERPRÉTATION DE QUELQUES PIÈCES VESTIMENTAIRES DANS LES RÊVES EN ISLAM ........
71
A.
Le turban …..........................................
71
B.
Le bonnet ….........................................
72
.
- 409 -
C.
La tunique …........................................
72
D. Le voile …............................................
72
E.
Le manteau …......................................
73
II.
Les couleurs des vêtements en islam :
interprétation des songes …....................
SECTION VI :
LE VÊTEMENT ENTRE LIBERTÉ DE SOI ET
RESPECT DES AUTRES ….............................
II.
II.
74
Le voile islamique : un choix ou une
obligation, une liberté ou une contrainte ?
75
Voile . . . string . . . et liberté
vestimentaire ……………………………………………
SECTION VII :
73
75
LE SENS, LE RÔLE, L’ÉVALUATION DU
VÊTEMENT TANTÔT VALORISANTE TANTÔT
DÉVALORISANTE DANS LES EXPRESSIONS
PARÉMIQUES ET LES CITATIONS …..............
II.
B.
78
Les proverbes : le vêtement entre vice et
vertu …................................................
78
I.
Les proverbes discréditant le vêtement
79
II. Les proverbes valorisant le vêtement ..
82
Connaître le vêtement par des citations …
84
I.
Citations défavorables au vêtement ….
84
1. À l’origine l’être humain est nu …...
85
2. La vérité est toute nue …..............
86
3. La liberté du corps est dans sa
nudité ….....................................
87
.
- 410 -
4. La beauté du corps est dans sa
nudité ….....................................
II.
CONCLUSION I :
CHAPITRE II :
88
Citations favorables au vêtement,
défavorable à la nudité ….................
89
…............................................................
92
ANALYSE SEMIOLOGIQUE DE VÊTEMENTS
DANS DES PUBLICITÉS DE MODE ET ÉTUDE
COMPARATIVE LINGUISTICO-VESTIMENTAIRE
SECTION I :
94
CONTEXTE OU SITUATION VESTIMENTAIRE
INADÉQUATE …............................................
96
A.
La pièce vestimentaire « robe » …............
96
B.
Lecture dénotative …..............................
97
II.
Analyse sémiologique de la pièce
vestimentaire « robe » …........................
-
97
Image no 1 : Publicité de miu miu avec
un robe blanche, Le Monde, dimanche
2, lundi 3 mars 2008, p. 2 …..............
98
D.
Le double renvoi de la robe blanche …......
99
E.
Robe longue versus robe courte …............
100
-
Image no 2 : Publicité de miumiu avec
une robe noire, Le Figaro, 3 mars 2008,
p. 1 …..............................................
F.
Robe blanche versus robe noire, ange
versus démon …....................................
G.
101
102
La robe starisée ou la starisation d’une
robe …..................................................
103
.
SECTION II :
- 411 -
COMPORTEMENT VESTIMENTAIRE
INAPPROPRIÉ …..........................................
A.
B.
104
Les quatre pièces vestimentaires de la
mode Versace …...................................
104
Vêtements inversés …...........................
106
-
Image no 3 : Publicité de Versace avec
un manteau, Le Figaro, 27 octobre
2008, p. 29 ….................................
C.
107
Trois pièces vestimentaires, trois
significations, trois relations, un seul
contexte …...........................................
108
I. Le pantalon …..................................
108
II. La jupe …........................................
109
1. La jupe un vêtement féminin,
masculin ou unisexe ….................
-
109
Image no 4 : Publicité de Versace avec
un pantalon, Le Figaro, 6 mars 2008,
p. 3 …............................................
-
110
Image no 5 : Publicité de Versace avec
une jupe orange, Le Figaro, 14 mars
2008, p. 3 …...................................
112
2. La jupe : un vêtement remis en
question, en voie de disparition, un
D.
vêtement de préjugés …..............
114
III. La veste ….....................................
114
Contact vestimentaire et sensualité ou les
relations sentimentales envers les
vêtements – Lecture comparative de la
gestualité ….........................................
115
.
- 412 -
-
Image no 6 : Publicité de Versace avec
un blouson en cuir vert, Le Figaro, 1
mars 2008, p. 5 …...........................
E.
116
Attitude vestimentaire antonymique / pièce
vestimentaire antonymique : Boss et Dolce
& Gabbana ….........................................
118
I. Homme versus femme : analyse d’une
publicité de mode de la marque Boss
118
II. La sémiologie gestuelle, un calque sur
la sémiologie vestimentaire ? ….........
119
III. Scénographie du couple et
interprétation lexico-sémiotique du nom
de la marque Boss ….........................
-
119
Image no 7 : Publicité de Hugo Boss
avec un homme et une femme à la
piscine, Le Figaro, 14 mars 2008,
-
p. 35 …..........................................
120
IV. La relation significative du prénom
Hugo en rapport avec son aspect
vestimentaire …...............................
122
V. T-shirt et robe, le duo ou le couple
féminin chez Dolce Gabanna …..........
II.
Le T-shirt versus la jupe :
le duo « femme-femme » …..............
-
123
124
Image no 8 : Publicité de Dolce &
Gabbana avec un T-shirt et une robe
blanche, Le Figaro, 16 mars 2008,
p. 22 …..........................................
125
VII. Le T-shirt, un phénomène social
popularisé par le cinéma hollywoodien
126
.
- 413 -
VIII. L’antonymie ou la dichotomie présence
/ absence masculine …......................
126
IX. La robe vertugadin à panier versus le
T-shirt : antonymie vestimentaire …...
II.
127
Dolce Gabbana entre « make love »
et « make war » …...........................
128
F. Le vêtement théâtralisé ….......................
129
-
Image no 9 : Pub de Dolce & Gabbana
avec trois mannequins-hommes, Le
Figaro, 20 mars 2008, p. 16. …..........
130
G. La communication vestimentaire nonverbale : un signe de communication
volontaire …..........................................
I.
Le blouson de cuir : un vêtement
unisexe ….......................................
II.
131
131
Aperçu historique, origine, définition et
famille lexicale d’appartenance du
terme «veste » …............................
131
III. Origine et appartenance lexicologique
du terme «veste » …........................
-
131
Image no 10 : Publicité de Hugo Boss
avec un blouson de cuir noir, Le Monde,
26 novembre 2005,p. 12 …....
-
133
Image no 11 : Publicité de Hogan avec
un blouson en cuir jaune, Le Monde, 13
mars 2008, p. 5 …............................
134
IV. Le rapport linguistico-vestimentaire : le
nom de la marque ….........................
V.
135
L’absence du verbal : vers une
aventure d’interprétation sémiologique
136
.
- 414 -
VI. La poétique du vêtement-blouson et la
communication de sa qualité …...........
136
1. Le blouson de cuir : un vêtement
« mystérieux » ….........................
137
2. Le blouson de cuir, un symbole
d’évasion et de force : vers une
masculination de la femme ….........
138
3. Le blouson : symbole de résistance
et d’imperméabilité …...................
138
4. Le blouson de cuir, deux images,
deux couleurs, deux sexes pour une
seule symbolique …......................
139
H. La cravate comme accessoire ….................
140
I.
L’euphémisme vestimentaire …...........
II.
Esquisse diachronique et synchronique
d’une cravate et de la cravate …..........
-
140
141
Image no 12 : Publicité de Canali avec
un costume – cravate, Le Monde, 3
avril 2008, p. 2
142
….....................................
-
Image no 13 : Publicité de Ralph Lauren
avec un costume – cravate, Le Figaro,
11 mars 2008, p. 62 …......................
143
III. Le port de la cravate : un acte motivé
ou arbitraire ? …...............................
144
IV. La cravate – une mode qui ne se
démode pas …..................................
146
V.
Le rapport métier-cravate …...............
147
-
Image no 14 : Publicité de la Chambre
de Commerce et d’Industrie, Le Monde,
.
- 415 -
23 mai 2008, p. 36 …........................
-
148
Image no 15 : Publicité de la Chambre
de Commerce et d’Industrie, verso du
CHAPITRE III :
dépliant 2008/2009 …......................
149
INVESTIGATION DICTIONNAIRIQUE ET ÉTUDE
151
LEXICULTURELLE ….....................................
SECTION I :
ÉTUDE LEXICOGRAPHIQUE DU TERME
« VÊTEMENT » ….........................................
152
A. Enquête dictionnairique du terme
« vêtement »…......................................
152
B. Application de la triple investigation
dictionnairique au signifiant « vêtement » ..
153
I.
La première investigation dictionnairique 153
II.
La deuxième investigation
dictionnairique …..............................
157
1. Le vêtement sous-entendu ou les
sous-entendus du « vêtement » dans
le Petit Larousse …......................
II.
157
Au-delà d’une relation
sémantiquement logique –
Analyse de quelques entrées dans le
Petit Robert 2008 où apparaît le
terme « vêtement » - …..............
159
3. Le « vêtement » ou les
« vêtements » : quelle importance
ou quel regard dans les deux
références dictionnairiques ….......
160
a. Dans le Petit Robert …............
160
.
- 416 -
b. Dans le Petit Larousse ….........
160
III. La troisième investigation
dictionnairique ….............................
160
1. Pluriel ou singulier du terme
« vêtement » ….........................
161
2. Association favorable ou
défavorable …............................
169
3. Cotexte identique …....................
169
4. Cotexte différent ….....................
174
5. Cotexte partiellement identique /
différent …................................
182
6. Multiples cotextes dans une seule
entrée …...................................
197
C. Les vêtements sont-ils considérés comme
des objets dans le Petit Robert ? …...........
198
D. Le vêtement comme objet dans le Petit
Larousse 2008 …....................................
200
E. Les cotextes de « vêtement » relatif aux
couleurs dans le Petit Robert en vue d’une
quête lexiculturelle …..............................
200
F. Les cotextes de « vêtement » relatifs aux
couleurs dans le Petit Larousse en vue d’une
quête lexiculturelle …..............................
201
G. Cotexte relatif aux deux genres (féminin et
masculin)
dans
les
deux
références
dictionnairiques …..................................
202
H. Les cotextes exclusifs au « vêtement » dans
les deux inventaires …............................
202
I.
En aval ….......................................
203
II.
En amont …....................................
203
.
- 417 -
I. La vesticulture ….....................................
SECTION II :
203
LA TRIPLE INVESTIGATION DICTIONNAIRIQUE
DANS LA DOUBLE RÉFÉRENCE
DICTIONNAIRIQUE DU SIGNIFIANT « HABIT »
204
A. Deux définitions du terme « habit » ….......
205
I.
Dans le Petit Robert …......................
205
II.
Dans le Petit Larousse …...................
206
B. La définition du terme « habit » au pluriel …
207
I.
Dans le Petit Robert ….......................
207
II.
Dans le Petit Larousse …....................
207
C. À la recherche d’une synonymie exhaustive
de « habit » dans le Petit Robert …............
I.
Les synonymes de « habit » dans
l’article « habit » …...........................
II.
208
208
Autres synonymes de « habit » dans les
autres entrées …...............................
208
D. Les synonymes de « habit » dans le Petit
Larousse ….............................................
209
E. La deuxième investigation dictionnairique ou
la traque des occurrences de « habit » dans
le discours du Petit Robert et le Petit
Larousse ….............................................
I.
Les champs sémantiques du lexème
« habit » dans le Petit Robert ….........
II.
211
211
Les champs sémantiques du lexème
« habit » dans le Petit Larousse : une
similitude avec le Petit Robert mais aussi
une complémentarité ….....................
214
.
- 418 -
F. La troisième investigation dictionnairique ou
à la recherche de cotextes de l’emploi du
lexème « habit » …..................................
I.
215
Les emplois « habit(s) » dans le Petit
Robert …..........................................
216
1. Emploi de « habit(s) » dans un
exemple …...................................
216
2. Emploi de « habit(s) » dans une
expression …..............................
217
3. Emploi de « habit(s) » dans une
citation …...................................
218
4. Emploi de « habit(s) » dans une
citation …...................................
220
5. Emploi de « habit(s) » dans un
proverbe ….................................
222
6. Les phrases contenant « habit »
comme synonyme de costume -…..
II.
222
Les emplois « habit(s) » dans le Petit
Larousse ….......................................
223
1. Emplois de « habit » dans un exemple
…...............................................
223
2. Emplois de « habit » dans une
expression …...............................
223
3. Emplois de « habit » dans un
développement définitoire …..........
224
4. Emplois étymologiques de
« habit(s) »…...............................
225
5. Emploi de « habit(s) » comme
synonyme …................................
225
G. Les noms propres ….................................
226
.
- 419 -
H. Les concordances dictionnairiques signifiant
SECTION III :
« habit(s) » …........................................
226
I.
En amont de « habit(s) » …...............
227
II.
En aval de « habit(s) » …..................
228
I. Le dictionnaire caché dans le dictionnaire …
229
INVESTIGATION DICTIONNAIRIQUE DE
« VÊTEMENT » ET « HABIT » …......................
230
A. Divergences et / ou convergences des deux
articles « vêtement » et « habit » …...........
230
I.
Les divergences ….............................
230
1. « vêtement » dans le TLF …...........
230
2. « habit » dans le TLF ….................
233
II.
Les convergences ou les semiconvergences …................................
240
B. Les syntagmes autour des deux lexèmes
« vêtement » et « habit » …......................
241
I.
En amont …......................................
241
II.
En aval ….........................................
242
C. La deuxième investigation dictionnairique ou
lumière sur la face ou les faces cachées d’un
dictionnaire et/mais aussi de deux para
synonymes « vêtement(s) » et « habit(s) »
I.
246
« Vêtement » versus « vêtement(s) »,
« habit » versus « habit(s) »,
« vêtement » et « habit » versus
« vêtement(s) » et « habit(s) » …........
II.
247
Analyse comparative des champs
conceptuelles des deux signifiants …....
248
.
- 420 -
1. Radiographie du lexème
« vêtement » …............................
248
2. Radiographie du lexème « habit » …
251
D. La troisième investigation : illustration
SECTION IV :
sémantique, syntaxique concordancielle …...
253
I.
En amont …......................................
253
II.
En aval ….........................................
254
E. Adjectifs valorisants …..............................
255
F. Adjectifs dévalorisants …...........................
255
G. Adjectifs neutres …...................................
256
LE VOCABULAIRE DES VÊTEMENTS
MAROCAINS DANS DES PROVERBES ARABES :
ÉTUDE LEXICULTURELLE ET ANALYSE
LEXICOGRAPHIQUE …...................................
256
INTRODUCTION : Procédures suivies :
classement, distinction et analyse …................
257
A. Termes spécifiques …...............................
259
I.
Le « turban » …................................
260
1. Explication et analyse sémantique …
260
2. La divergence de sens selon le
contexte du turban et dans le sens
figuré des proverbes ……................
II.
262
Le « burnous » - Les différentes
portées de sens du lexème « burnous »
et ses définitions lexiculturelles …........
264
III. La « chéchia » …...............................
266
1. Les sens de « chéchia » empruntés
aux contextes proverbiaux : dire ce
que le proverbe dit …....................
267
.
- 421 -
2. La définition du « chéchia » (un
emprunt arabe) dans des
dictionnaires français ….................
268
a. Une quête lexiculturelle ….........
268
b. Un mot qui voyage …...............
270
c. Valeur lexiculturelle de
« chéchia » …..........................
3.
270
La lexiculture, une information
faisant partie intégrante de la
définition du mot et est pourtant
oubliée …....................................
4.
271
Comment se porte la chéchia à nos
jours ….......................................
271
IV. Le « haïk » ….....................................
272
1.
Le haïk : une pratique vestimentaire
traditionnelle ou une vesticulture :
Étude et explication des proverbes
2.
Définition de la lexie révélatrice
d’une culture non-partagée ….......
3.
272
273
Origine de la naissance du haïk et
les raisons de sa disparition …......
274
V. La « djellaba » …...............................
274
1.
La djellaba, un vêtement unisexe ..
275
2.
Explication et analyse sémantico-
3.
lexiculturelle …............................
275
La définition de la djellaba ….........
277
VI. « caban », « selham », « abaya »,
« fouqya »….......................................
277
.
- 422 -
1.
Le sens littéral …..........................
2.
Le caractère conventionnel du signe
278
linguistique en général et du signe
vestimentaire : lexiculture et
immotivation, quel rapport ? …........ 280
VII. « Caftan » et « niqab » : définition
sémantiques et lexiculturelles …..........
283
VIII. La « balgha » au-delà de la définition
sémantique, la définition lexiculturelle
II.
La « balgha » ou le « babouche » :
sens culturel emprunté au contexte …
284
B. Termes génériques …...............................
285
I.
II.
Le vocabulaire vestimentaire d’origine .. 287
La dimension lexiculturelle des
apparences vestimentaires dans la
culture arabo-musulmane :
« vêtement » connoté versus
« vêtement » dénoté …......................
288
1. Le vêtement dénotatif …................
288
2. Le vêtement connotatif …..............
290
CONCLUSION :
…...............................................................
293
ANNEXES :
…...............................................................
296
ANNEXE 1
CORPUS DES PROVERBES ET CITATIONS
ANALYSÉS …................................................
296
I. Corpus des proverbes analysés au chapitre I
296
1.
Les proverbes analysés au chapitre I ….
296
2.
Les citations analysées au chapitre I ….
298
.
- 423 -
II. Corpus des proverbes marocains analysés
ANNEXE 2
au chapitre III …......................................
301
1.
En français …....................................
301
2.
En arabe ….......................................
306
CORPUS DES PUBLICITÉS ANALYSÉES ….........
309
I. Liste des publicités analysées et insérées au
deuxième chapitre …................................
Image no1 :
309
Publicité de miu miu, Le
Monde, dimanche 2, lundi 3
mars 2008, p. 2, (cf. II, p.
98) …...............................
Image no2 :
Publicité
de
miu
miu,
309
Le
Figaro, 3 mars 2008, p. 1,
(cf. II, p. 101) …................
Image no3 :
Publicité
de
Versache,
309
Le
Figaro, 27 octobre 2005, p.
29, (cf. II, p. 107) …...........
Image no4 :
Publicité
de
Versace,
309
Le
Figaro, 6 mars 2008, p. 3,
(cf. II, p. 110) …................
Image no5 :
Publicité
de
Versace,
309
Le
Figaro, 14 mars 2008, p. 3,
(cf. II, p. 112) …................
Image no6 :
Publicité
de
Versace,
309
Le
Figaro, 1 mars 2008, p. 5,
(cf. chapitre II, p. 116) …....
Image no7 :
309
Publicité de Hugo Boss, Le
Figaro, 14 mars 2008, p. 35,
(cf. II, p. 120) …...............
309
.
- 424 -
Image no8 :
Publicité
de
Dolce
&
Gabbana, Le Figaro, 16 mars
2008, p. 22, (cf. II, p. 125)
Image no9 :
Publicité
de
Dolce
309
&
Gabbana, Le Figaro, 20 mars
2008, p. 16, (cf. II, p. 130)
Image no10 :
309
Publicité de Hugo Boss, Le
Monde, 26 novembre 2005,
p. 12, (cf. II, p. 133) ….......
Image no11 :
309
Publicité de Hogan, Le
Monde, 13 mars 2008, p. 5,
(cf. II, p. 134) …................
Image no12 :
310
Publicité de Canali, Le
Monde, 3 avril 2008, p. 2,
(cf. II, p. 142) …................
Image no13 :
310
Publicité de Ralph Lauren, Le
Figaro, 11 Mars 2008, p. 62,
(cf. II, p. 143) …................
Image no14 :
310
Publicité de la Chambre de
Commerce et d’Industrie, Le
Monde, 23 mai 2008, p. 36,
(cf. II, p. 148) …................
Image no15 :
310
Publicité de la Chambre de
Commerce et d’Industrie,
recto du dépliant
2008/2009, (cf. II, p. 149) ..
310
.
- 425 -
II. Liste des publicités insérées uniquement
dans l’annexe …......................................
Image no16 :
311
Publicité de la Chambre de
Commerce et d’Industrie,
verso du dépliant 2008/2009
311
Image no17a: Publicité de Madonna for
Versace, (DEA 2005, p. 117)
311
Image no17b: Publicité de Madonna for
Versace, Vogue , no. 854,
février 2005, (DEA 2005, p.
117) ................................. 311
III. Corpus des publicités insérées uniquement
dans l’annexe .......................................... 312
Image no16 :
Publicité de la Chambre de
Commerce et d’Industrie,
verso du dépliant 2008/2009
312
Image no17a : Publicité de Madonna for
Versace, (DEA 2005, p.
117) ; ..............................
313
Image no17b : Publicité de Madonna for
Versace, Vogue , no. 854,
février 2005, (cf. DEA 2005,
p. 117 ..............................
ANNEXE 3 :
LISTES ALPHABÉTIQUES CONTENANT LES
TERMES « VÊTEMENT » ET / OU « HABIT » ......
ANNEXE 3a :
314
315
Nomenclature contenant le terme « vêtement »
propre au Petit Robert 2008 : 575 entrées .......
315
.
ANNEXE 3b :
- 426 -
Nomenclature contenant le terme « vêtement »
propre au Petit Larousse 2008 : 266 entrées ....
ANNEXE 3c :
325
Nomenclature contenant le terme « vêtement »
partagée par les deux dictionnaires :
163 entrées ................................................. 329
ANNEXE 3d:
Nomenclature des entrées employant le terme
« vêtement » dansl le TLF 2004 : 1156 entrées
analysées (sur 1779 entrées au total) .............
ANNEXE 3e :
333
Nomenclature des entrées employant le terme
« habit » dans le Petit Robert : 121 lexies ........ 359
ANNEXE 3f :
Nomenclature des entrées employant le terme
« habit » dans le Petit Larousse : 26 entrées ....
ANNEXE 3g :
361
Nomenclature des entrées employant le terme
« habit » (au singulier !) dans le TLF : 761
lexies .........................................................
ANNEXE 3h :
Nomenclature des entrées employant le terme
« habits » (au pluriel !) dans le TLF : 380 lexies
ANNEXE 3i :
362
379
Nomenclature des entrées employant le terme
« habit » et « vêtement » dans le TLFI: 78
ANNEXE 4 :
lexies ........................................................
388
INDEX DES TERMES LINGUISTIQUES MARQUÉS
390
PAR UN ASTÉRISQUE
.
BIBLIOGRAPHIE :
- 427 -
A. OUVRAGES .............................................
394
I. Linguistique .......................................
394
II. Sémiotique ........................................
394
III. La mode et le vêtement ....................... 395
IV. Ouvrages, articles, sites sur le thème de
397
la couleur
V. Sources textuelles des citations ............
399
VI. Sur les proverbes ...............................
399
B. USUELS .................................................. 401
I. Dictionnaires ...................................... 401
II. Dictionnaires électroniques ..................
401
C. PÉRIODIQUES .........................................
401
D. SITES INTENET .......................................
402
TABLE DES MATIÈRES ...............................................................
405
La sémiologie du vêtement est ici traitée à partir de diverses perspectives.
Nous avons souhaité en effet nous interroger sur cette exclusivité humaine, à partir
de différents aspects linguistiques et sémiotiques, recensant et analysant
notamment les discours parémiques et citationnels pour tenter de dégager les
valeurs sémiotiques attribuées au vêtement.
Le phénomène de la mode représentant une partie intégrante de l’univers du
vêtement, nous avons par ailleurs procédé à une analyse sémiologique de quelques
vêtements de mode en considérant le vêtement comme un signe à part entière ; cela
nous a conduits à dévoiler l’existence d’un système vestimentaire semblable en
partie au système linguistique (archaïsme, néologisme, motivation, immotivation,
antonymie, codes de la communication, contexte vestimentaire, etc.)
Une étude dictionnairique complémentaire s’est également avérée nécessaire
pour déceler les facettes sémantiques cachées du signifiant « vêtement », en
appliquant la « triple investigation dictionnairique » sur les supports informatisés
de dictionnaires représentatifs.
Enfin, nous avons abordé le vêtement en tant que phénomène culturel, en
ayant recours à des proverbes issus d’un autre système linguistique, l’objectif étant
de mettre en relief la portée lexiculturelle du vêtement, en l’occurrence à travers la
tradition arabe.
Mots- clés : sémiologie, linguistique, vêtement, proverbe, publicité, sémantique,
image publicitaire, communication, signe volontaire, signe involontaire
---------------------------------------------------------------------------------------------------This doctoral dissertation deals with the semiology of clothes from different
points of view. We have considered the characteristics of clothes which constitute
an exclusively human phenomenon by analysing linguistic and semiotic aspects.
Recording and analysing proverbs and sayings about clothes, we tried to discern
their inherent semiotic value.
The phenomenon of fashion representing an integral part of the universe of
clothes, we examined the meaning of various garments in view of their quality as
signs. In this respect we pointed out the partial analogy between the system of
clothing and linguistics (cf. archaism, neologism, motivation, immotivation,
antonymy, codes of communication, context, etc.)
A complementary study of the dictionary proved useful for revealing the
hidden semantic facets of the word “garment”. To achieve this aim, we applied a
method known as “triple dictionary investigation”, taking advantage of computerbased versions of representative French dictionaries.
Last but not least, we looked upon garments as a cultural phenomenon. With
the help of proverbs from a different language, we tried to bring out the “lexicultural” value of garments more clearly. In the present case, we examined
traditional Arab garments.
Keywords: semiology, linguistics, garments, proverbs, advertising, semantics,
fashion poster, communication, intentional sign, unintentional sign

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